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Bulletin 84

Bulletin 84 - mars 2021
Sommaire

Editorial

Il aura bientôt 94 ans, le 5 mai prochain, Divaldo, que nous avons reçu à diverses occasions dans notre centre, est pourtant resté un inconnu pour nous jusqu’à ce que l’on découvre, il y a quelques mois, un livre qui parle plus intimement de sa vie, de sa mission et de son total dévouement pour le monde spirituel et la cause spirite. Cet ouvrage qui a pour titre «Le semeur d’étoiles», écrit par la médium brésilienne Suely Caldas Schubert, nous emmène dans les voyages de Divaldo à travers le monde, nous fait découvrir son incroyable médiumnité, ses tourments et ses combats. Aujourd’hui encore, après plus de soixante-dix ans d’apostolat, il s’accroche à la vie terrestre pour porter un dernier secours à notre humanité au seuil de grands bouleversements. Son dernier ouvrage «Vers un monde de régénération» psychographié en 2020 sous la dictée de l’Esprit Manoel Philomeno de Miranda, en est le témoignage. On ne peut que s’incliner humblement devant cet être de lumière incarné parmi les hommes.
Dans l’actualité spirite de 2020, il y a eu également le congrès médecine et spiritualité qui s’est tenu cette année, pandémie oblige, de manière virtuelle, organisée par l’Association Internationale Médico Spirite. Ces rencontres ont pour but d’étudier le spiritisme et ses principes dans le cadre de ses relations et de son intégration dans le domaine de la science en général et de la médecine en particulier. Gilles F.

Gilles Fernandez

Divaldo, Le Semeur d’étoiles

Avec plus de 600 honneurs d’institutions culturelles, sociales, religieuses, politiques et gouvernementales qui ont jalonné sa vie, il est difficile de parler du médium spirite Divaldo Pereira Franco sans redire ce qui a déjà été dit sur lui de nombreuses fois. Totalement dévoué aux sphères supérieures pour pouvoir venir en aide à son prochain, il est devenu un écrivain à succès, un conférencier international, un éducateur sans limites, et il reste un merveilleux exemple, toujours vivant, d’une pratique de charité spirite quotidienne et constante qui dépasse très largement la simple théorie.
Rapidement surnommé le semeur d’étoiles, à cause de toutes les lumières qu’il sait rallumer dans le cœur de ceux qui, incarnés ou désincarnés, le sollicitent, on apprend, dans le très beau livre que Suely Caldas Schubert lui consacre, sous le titre Le semeur d’étoiles[1], que c’est Chico en personne qui aurait dit que Divaldo avait une étoile dans la bouche.
Ce livre regorge de nombreuses anecdotes qui apportent un éclairage nouveau et édifiant sur la manière d’être, de faire ou de penser de ce grand homme qui a choisi de consacrer sa vie aux autres. C’est Divaldo lui-même qui témoigne d’anecdotes vécues en début de chapitre, puis Suely Caldas Schubert reprend ce même récit et l’analyse ou l’éclaire par le biais de grands ouvrages très variés de la littérature spirite classique dans la deuxième partie de chapitre. Cet ouvrage nous donne ainsi l’occasion de reprendre succinctement la biographie de Divaldo en l’agrémentant, entre autres, des très sages conseils de son guide spirituel, Johanna de Angelis.

Les premières années

Divaldo Pereira Franco est né le 5 mai 1927 à Feira de Santana, non loin de Salvador, au Brésil. Élevé dans une famille catholique nombreuse, il est le « numéro 13 », comme il aime à le raconter souvent, non sans humour, dans ses conférences.
Avant sa majorité, il est plusieurs fois confronté à la mort avec le décès brutal de sa sœur Nair et de ses frères Joao et José. Il a 17 ans lorsqu’il assiste, très dubitatif, à une première réunion spirite. Un an plus tard, accablé par diverses épreuves et une santé très fragile, il essaye de mettre fin à ses jours en se jetant dans le vide, mais il en est empêché en dernière minute par la vision de sa défunte sœur qui l’exhorte de ne pas passer à l’acte. Cet événement le trouble profondément. Il lit alors le Livre des Esprits et commence à fréquenter un peu plus assidûment les centres spirites, ce qui l’amène à prendre conscience de sa forte médiumnité. Il a 18 ans lorsque, le 5 décembre 1945, il débute un nouvel emploi dans une agence de service social de l’État où il restera 29 ans.

Joanna s’approche doucement

Ce même jour, il voit son guide spirituel, Joanna de Angelis, pour la première fois. L’approche de cette belle entité va se faire graduellement au fil du temps : «Je ne l’ai pas vue avec les caractéristiques religieuses avec lesquelles elle se présente depuis 30 ans[2], mais j’ai vu une très grande clarté, proche de moi et une voix douce qui m’a dit :
- J’ai la tâche de marcher avec toi dans l’existence corporelle actuelle et je déploierai tous les efforts pour que notre tâche soit couronnée de succès. Je ne te promets pas les avantages ni les commodités qui, parfois, engourdissent les sens et anéantissent les idéaux. N’attends pas de moi ce que le monde peut donner et que tu obtiendras par tes propres efforts, mais je t’assure que, dans ta fidélité à la parole du Seigneur, tu peux compter sur ma présence en tant qu’amie pour la simple raison que je peux compter sur toi pour les besoins de notre programme.»
Pendant des années, elle est restée anonyme, demandant simplement de l’appeler «un Esprit ami».
En 1949, lorsque le jeune Divaldo rencontre Chico, il en profite pour lui demander qui est cet Esprit ami qui le guide quotidiennement. Malheureusement, cela ne lui est d’aucune aide, car Chico lui répond qu’il l’a bien vu, mais qu’il ne s’est pas qui c’est.
Divaldo attendra encore plusieurs années avant qu’elle n’accepte de lui révéler sa véritable identité et de se matérialiser pour qu’il puisse enfin la voir réellement. S’étonnant qu’elle ne l’ait pas fait plus tôt, elle lui répond : «Tu étais très immature. Et la première leçon de sagesse que je voulais te donner était celle de la patience. Celui qui prétend servir Jésus doit apprendre avec le temps à discipliner sa volonté. La médiumnité est un ministère de maîtrise de soi, de discipline et de service. (…) En plus, je n’avais pas confiance en toi parce que tu n’avais pas cette maturité que les années offrent et que la souffrance imprime dans la personnalité. Je ne pouvais pas te donner une tâche au-delà de tes forces, parce que tu l’aurais soudainement abandonnée… je veux te dire que, pour nous, les Esprits responsables, une tâche finit par avoir de la valeur après que les dix premières années aient été vécues avec abnégation. Parce que dix années d’activité peuvent être considérées comme un travail d’enthousiasme, mais qui est fidèle après dix années de luttes, mérite déjà une promotion de responsabilité.»
Joanna lui explique qu’elle écrira beaucoup de choses en utilisant les mains de Divaldo et que le temps viendra où elle le réquisitionnera plusieurs heures pour le ministère de l’écriture. Alors il a commencé à psychographier tous les jours. De 5h à 6h du matin, avant qu’il ne parte travailler, elle écrivait une page avec lui. Il gardait cette discipline médiumnique même en voyage, sans se donner d’excuses inutiles afin de rester au service de Joanna, sous la direction de Saint François d’Assise. Au cours de cette longue période, il a psychographié pour elle plus de 6000 messages.

Son premier livre psychographié

À partir de 1952, il a commencé à publier quelques messages qu’il envoyait à des revues spirites. Dix ans plus tard, on lui suggère de réunir ces merveilleux messages dans un livre afin de les rendre plus accessibles. Il demande donc l’avis à Joanna qui lui confirme que l’activité du livre est bien dans sa tâche mais que son programme essentiel est dans la communication orale et dans l’exemple. C’est pour cela qu’a été créée la Maison du chemin (dont nous parlerons un peu plus loin), afin de démontrer dans les actes ce qui apparaît dans la parole. Mais comme Divaldo se dit prêt à porter le fardeau de cette activité, en payant encore un peu plus de sa personne, Joanna intercède auprès des mentors de la vie supérieure pour qu’elle puisse commencer plus tôt. Elle sélectionne des messages et organise le livre Messe de Amor (Moisson d’Amour) qui sortira pour son 37ème anniversaire, le 5 mai 1964.
Le soir où, très ému de voir concrètement le fruit du travail conjoint entre le plan physique et le plan spirituel, il ramène un exemplaire de son premier livre chez lui, Joanna de Angelis lui apparaît, telle une fée marraine dans les contes traditionnels pour enfants. Elle tient à la main un bouton de rose fermé sur une longue tige et le pose sur le livre. Le bouton s’ouvre alors et devient une très belle rose. Mais rapidement les pétales tombent, comme s’ils étaient en sang, et vont jusqu’à tâcher la couverture qui en gardera les marques. Joanna lui dit alors : «Ça, c’est le symbole de ton avenir en psychographie. Si tu as le courage d’aller plus loin, tu peux compter sur moi. Mais n’attends pas de fleurs. La fleur, ce sera le message, mais à toi reviendra la partie de souffrance. Si tu es prêt à témoigner en silence, à recevoir des critiques cinglantes et sarcastiques, à avoir ton âme blessée par les épines de la perversité d’autrui et à voir les messages portés sur la place publique tournés en ridicule, pour que ton cœur saigne, jusqu’à ce qu’on les jette à la poubelle, si tu acceptes cela comme un phénomène naturel, sans te défendre, ni chercher à défendre les messages, ni nous les Esprits, parce que notre défenseur est Jésus, tout va bien. Celui qui va se défendre perd du temps et, pendant qu’il se défend, les amis spirituels ne peuvent pas prendre les décisions compatibles pour que demeure la vérité. Le médium qui se défend est celui qui ne fait pas confiance à Dieu et qui n’est pas réellement un bon instrument. En tant que médium, ta tâche consiste à être fidèle à un devoir et à ne pas te soucier des résultats, qui ne sont pas les tiens mais ceux de Christ.
De plus, à la campagne, la houe ne s’inquiète pas des sillons qui ont été faits. Elle se soucie d’être docile entre les mains de l’agriculteur, pour qu’il fasse les sillons qu’il jugera utiles. Elle est un instrument soumis. Et toi y es-tu disposé ?»
Il acquiesce évidemment et elle l’informe donc qu’elle lui amènera plusieurs amis qui souhaitent collaborer à ce projet avec lui. Elle lui explique ensuite qu’elle ne lui avait rien dit avant pour ne pas lui faire peur, car il n’avait pas encore les résistances doctrinales et émotionnelles et devait lutter beaucoup avec lui-même pour mener de front toutes ses responsabilités familiales (son emploi de fonctionnaire lui permettait de soutenir sa famille), mais aussi les séances, la maison du chemin, les conférences, les voyages, etc.
On constate que Joanna a mis l’accent uniquement sur les importants efforts à fournir et la nécessité de rester droit et fidèle à la tâche, mais elle a volontairement tu toutes les bénédictions qui soutiendraient aussi le médium sur son chemin. En effet, même si la voie du bien nécessite d’importants sacrifices, elle permet aux Esprits supérieurs, qui trouvent enfin des instruments harmonisés sur terre, de s’approcher au plus près d’un médium charitable, intègre et dévoué et donc de le soutenir dans son quotidien afin de compenser les efforts qu’il fournit pour le service.

Au service des écrivains de l’au-delà

En avril 1970, c’est Victor Hugo qui apparaît à Divaldo et l’informe qu’il l’inspire dans certaines conférences. Il désire à présent écrire une dizaine de romans à travers lui. L’illustre écrivain avait auparavant dû faire naître un état grippal prononcé pour «casser» les résistances du médium devant une entité aussi renommée. Les symptômes grippaux ont effectivement totalement disparus après que Divaldo se soit plié au travail demandé. Des études comparatives avec les œuvres de l’illustre auteur confirmeront qu’il y a non seulement une homogénéité de pensées ainsi qu’une similitude de style, mais aussi une véritable continuité dans certains écrits qui apparaissent alors comme une authentique signature.
Manoel Philomeno de Miranda, grand auteur spirite désincarné en 1945, après être apparu quotidiennement à Divaldo pendant un mois pour faciliter l’échange psychique, a pu lui aussi utiliser le médium pour poursuivre l’écriture sur l’obsession et la désobsession, thèmes qu’il avait étudiés pendant près de 30 ans lorsqu’il était encore sur Terre.
En 1949, Marco Prisco le fera écrire puis ce sera Rabindranath Tagore, un poète hindou, prix Nobel en 1913, dont le premier livre psychographié, Filigranes de lumière, ne sortira qu’en 1965.
Il écrira aussi sous la dictée de la grande poétesse et dramaturge Amelia Rodrigues plusieurs ouvrages mais aussi le fameuxpoème de gratitude. On dénombre au total 211 auteurs spirituels traitant de sujets aussi divers que la philosophie, les doctrines, l'histoire, l'enfance, la psychologie ou bien encore, la psychiatrie. Le style est varié et utilise toutes les facettes de la littérature comme la prose, les chroniques, les essais, les romans ou la narration. Divaldo a déjà publié plus de 270 ouvrages, vendus à plus de 10 millions d’exemplaires, dont une petite centaine sont traduits en 17 langues.
Comme tout bon spirite qui se respecte, Divaldo ne vit que sur son petit salaire de fonctionnaire et reverse la totalité du fruit de la vente de ses livres et des droits d’auteur à diverses œuvres humanitaires, dont une qui lui est très chère : la Mansao do Caminho (ou la Maison de chemin) qu’il a fondé en août 1952 avec son fidèle ami Nilson Pereira.

Un éducateur sans limites

L’histoire commence en 1948. Alors qu’il voyage en train, Divaldo a la vision d’un lieu boisé avec de nombreux bâtiments. Il y voit un homme de dos entouré d’enfants. Lorsque l’homme se retourne, il a la surprise de se reconnaître, plus âgé. Une voie lui dit alors : «C’est ce que tu feras de ta vie.». Un an plus tard, lors d’une réunion spirite, un Esprit se manifeste et explique le programme spirituel prévu afin de mener à bien cette œuvre éducative. Avec l’aide d’amis qui le soutiennent, une première maison est achetée dans un des quartiers les plus précaires et violents de la ville de Salvador, où 70 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.
En 1952, Divaldo entend des pleurs provenant d’une petite décharge non loin de l’entrée de la Maison du Chemin. Il s’agit d’un petit enfant abandonné, rachitique et miséreux. L’enfant est recueilli et soigné par l’équipe émue. Divaldo sait qu’il doit maintenant passer à la réalisation des engagements pris et c’est donc avec une grande joie qu’il se rend à la mairie pour se faire enregistrer comme père de son premier fils adoptif. En guise de mère, l’Esprit de la poétesse Auta de Souza, désincarnée en 1901, lui suggère de mettre son propre nom. Divaldo continuera d’adopter les enfants abandonnés qui grandiront ainsi dans des foyers chaleureux. Il a aujourd’hui plus de 600 enfants adoptés, mais aussi plus de 200 petits-enfants et arrières petits-enfants.
La Maison du Chemin a progressivement pris de l’ampleur, au fur et à mesure des nouveaux besoins. Loin de n’offrir que des soins palliatifs, elle veut donner à tous le droit au travail, à l’éducation, aux loisirs et à la santé, sans critères d’argent, d’âge, de couleur ou de religion. C’est aujourd’hui un immense complexe éducatif composé de plus de 52 bâtiments sur environ 83 000 m², où l’on sert 5000 repas par jour, répondant à des besoins nutritionnels très divers.
On y trouve une unité santé qui comprend une maternité, une salle d’accouchement et un laboratoire ainsi qu’une polyclinique où on réalise des soins dentaires et des opérations chirurgicales pour les enfants et adultes de la région en difficulté.
L’unité couture réunit couturières et brodeuses bénévoles qui réalisent des trousseaux à distribuer aux femmes enceintes. L’unité d’aide à son prochain se rend dans les bidonvilles pour y apporter nourriture et médicaments. Les bénévoles organisent aussi des groupes de paroles autour de la non-violence et des problèmes liés à la précarité ou aux difficultés des familles monoparentales.
300 personnes sont assistées et soutenues dans l’unité pour les personnes âgées ou handicapées où elles reçoivent soins médicaux, et même passes magnétiques pour ceux qui le désirent, mais aussi vêtements ou aides financières pour payer les factures en souffrance.
La plus grosse unité est celle de l’éducation. Elle se compose d’une crèche qui accueille les bambins de 2 mois à 3 ans, d’une école maternelle où les enfants de 4 à 6 ans peuvent se rendre entre 7h30 et 17h, d’une école qui mène les élèves de la première classe (notre CP) à la huitième classe (notre 4ème de collège). On peut y ajouter des classes musicales et des activités sportives, théâtrales ou manuelles pour éveiller ces jeunes au bien-être, à l’art et à la culture.
Les plus grands peuvent aussi y apprendre un métier comme la mécanique, la menuiserie, le jardinage, ou bien la boulangerie qui va fournir le pain aux différentes unités et cafétérias de la petite ville qu’est devenue la Maison du Chemin. Les métiers de l’impression ou de l’édition sont également enseignés permettant de prendre en charge la conception et l’édition des ouvrages de Divaldo dont, nous le rappelons, il ne retire aucun bénéfice, mais aussi d’autres tirages pour des clients extérieurs.
Nourriture, uniformes, matériels et fournitures scolaires sont offerts gracieusement à tous ces enfants sélectionnés dans les familles les plus nécessiteuses des bidonvilles voisins. Le programme éducatif, qui laisse une large place à la bienveillance et à la stimulation positive, est reconnu par le ministère de l’Éducation. L’école est souvent citée en exemple car, bien qu’elle soit gratuite et dans l’un des pires quartiers qui soit, elle présente le plus bas taux de violence et d’absentéisme des écoles de la région.
Divaldo s’implique énormément dans l’organisation de la structure et dans l’accueil des 3500 enfants et adultes qui s’y présentent quotidiennement rendant ainsi exacte la vision médiumnique qu’il avait eue en 1948. Pourtant, il trouve toujours, en plus, le temps de poursuivre sa mission de semeur en allant faire des conférences dans le monde entier.

Un conférencier international

Joanna de Angelis avait bien dit à Divaldo que son programme essentiel était dans la communication orale et dans l’exemple, puis Chico a confirmé les talents d’orateur de Divaldo en disant de lui qu’il a une étoile dans la bouche. Tous ceux qui ont eu la chance de participer à une de ses conférences peuvent, en effet, attester de son lyrisme qui parviendrait même à nous faire «toucher les étoiles»… Divaldo nous emporte dans son discours, tout en faisant preuve d’une culture générale d’une rare ampleur. Il faut avouer que sa médiumnité lui est une auxiliaire très précieuse pour les conférences. Il voit les scènes qu’il décrit et il a une sorte de prompteur médiumnique. En effet, il voit comme un ruban qui défile devant lui avec du texte. Ce ruban passe rapidement devant sa vision psychique et il le lit en énonçant les postulats qui y sont inscrits.
Si le monde spirituel le soutient autant dans ses conférences, c’est parce qu’ils ont bien conscience des efforts que fournit Divaldo faisant preuve d’une grande abnégation pour se mettre au service de son prochain. Par exemple, alors qu’il était toujours fonctionnaire, Divaldo utilisait ses jours de congés pour pouvoir répondre aux très nombreuses invitations partout dans le monde. Il ne pouvait donc pas rester trop longtemps dans un pays, s’il voulait satisfaire le plus grand nombre, mais partout où il est allé, des centres spirites se sont créés et fonctionnent toujours.
Après un séjour au Portugal, au début des années 70, il a reçu des invitations du Mozambique et d’Angola, puis d’Afrique du Sud. Alors qu’il était à Luanda, en Angola, Divaldo a psychographié deux messages de l’Esprit de monseigneur Manuel Alves de Cunha. Ils contiennent des mots en langue kimbundu et révèlent des faits jalousement tenus cachés du public. Les autorités ont estimé que son attitude providentielle égarait la mentalité culturelle et religieuse du pays et il a alors été considéré comme «persona non grata», avec interdiction de retourner au Portugal et dans toute ancienne colonie. Cette interdiction ne cessera que 4 ans plus tard, en 1975, avec la chute du régime dictatorial et l’indépendance qui a suivi.
Depuis plusieurs décennies, Divaldo fait en voyage en Europe par an et ne manque jamais de faire un tour dans la patrie d’Allan Kardec qu’il affectionne tant. Et même en prenant de l’âge, ce n’est pas les 93 ans qu’il a eu en 2020 mais bien la Covid qui l’a empêché de venir en France l’an passé...
Nous avons eu le plaisir de le recevoir dans notre centre de Bron en 2005 puis en 2007. Les membres de notre centre ont eu diverses occasions de le revoir, lors du congrès spirite international de Lisbonne en 2016, lors du symposium de Menton en 2018, ou lors de diverses conférences annuelles sur Paris. C’est à chaque fois un enchantement de revoir ce grand médium rayonnant de lumière et de joie, nous transmettre l’enseignement de hautes entités aux messages édifiants, tout en parvenant à rester si simple et humble, toujours avec le sourire et beaucoup d’humour.

Un semeur d’étoiles exemplaire

Divaldo a toujours eu à cœur de ne vivre que de son salaire d’employé modeste pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il a souvent eu, sur sa route, des personnes généreuses qui, touchées et émues, ont voulu lui offrir des biens et des valeurs considérables mais le médium s’est toujours appliqué à faire en sorte, qu’à sa désincarnation, aucun patrimoine non acquis à la sueur de son front ne vienne laisser une marque négative sur sa conduite spirituelle.
A la lecture de l’ouvrage Le semeur d’étoiles de Suely Caldas Shubert, on découvre divers récits merveilleux, certainement très habituels pour un grand médium spirite comme Divaldo. On lit comment les Esprits agissent pour aider quelqu’un à s’améliorer s’il en manifeste le désir, et comment ils font faire un détour de 20 kilomètres, à Divaldo, sur un trajet pourtant parfaitement maîtrisé, pour l’amener à sauver une jeune fille du suicide. On y voit aussi des Esprits, appelés par la prière de Divaldo, empêcher d’une très judicieuse manière une jeune fille de tomber dans l’habile piège d’un rabatteur de filles pour maisons closes. On comprend, à travers de nombreux exemples comment l’intervention divine se manifeste empêchant des actes désespérés, redonnant paix et espoir, stimulant les cœurs, nourrissant les âmes, permettant la rencontre appropriée au moment voulu..
Ainsi, on comprend encore mieux pourquoi Divaldo peut servir de si bon modèle pour un spirite. On le découvre dans la vie quotidienne, en proie à des Esprits persécuteurs, luttant contre des émotions qu’il s’efforce de combattre, usant d’une infinie patience pour répondre à toutes les demandes, même celles qui ne sont pas formulées, faisant preuve d’une abnégation exemplaire et d’une bonté d’âme telle qu’on comprend que l’on a encore bien du chemin à parcourir avant d’en arriver à ce stade…
Malgré ces bientôt 94 printemps et la crise sanitaire mondiale, Divaldo poursuit inlassablement sa mission de semeur d’étoiles et reste plus qu’actif au service de son prochain, avec une énergie toujours intacte et ce grand sourire chaleureux qui sait si bien nous illuminer de l’intérieur.
Souhaitons que la lecture de ce bel ouvrage sème aussi l’envie de s’améliorer, en visualisant un peu mieux un objectif concret vers lequel se diriger, grâce au très bel exemple de ce grand médium spirite contemporain.

Le spiritisme est autre chose qu’un scientisme spiritualiste

Cela faisait plusieurs années que les membres de notre centre n'avait pas eu l'opportunité d'assister au Congrès Médico-Spirite International. La dernière en date remontant en 2016 en notre belle ville de Lyon.
Marquée par le contexte actuel, l'édition 2020 est la première du genre en ligne. S’il n'était pas possible d'échanger avec les chercheurs invités pour revenir sur des concepts et des travaux incompris, il a été possible d'entendre ce que chacun des chercheurs de diverses origines (Canada, États-Unis, Colombie, Brésil, Portugal et Angleterre) avaient à dire sur les effets que les pandémies ont sur nos sociétés, sur des études en lien avec la médiumnité, ou sur l'accompagnement de proches et les personnes âgées. Aussi, il a été question du "Manifeste pour une science post-matérialiste", écrit en 2018 par le Dr. Mario Beauregard (université de Montréal). D’autres différences ont été remarquées par rapport à l'édition lyonnaise du congrès, c’est l’absence de Marlène Nobre, aujourd’hui décédée, et la présence de chercheurs spiritualistes, étrangers au spiritisme, venus aussi nous interpeller sur le caractère scientifique du spiritisme et la question du matérialisme.
Tout d'abord, nous allons commencer cet exposé en revenant sur ce qui est constituant de la scientificité du spiritisme. En effet, dès la première édition du Livre des Esprits, le spiritisme est présenté comme une doctrine scientifique, c'est à dire qu'elle repose sur une démarche empirique des faits présentés lors d'expériences de table tournante, puis d'écriture automatique. Elle n'est ni neuve pour l'époque, ni le fruit de la pensée d'Allan Kardec seule. Il s'agit d'une entreprise qui commencera à s'initier dans l'Europe du XVIème siècle, avec les travaux de l'anglais Francis Bacon. À ce titre, il décrira dans son livre Novum Organum, déjà à cette époque, une tendance de l'esprit humain à voir dans la nature ce qu'il projette dessus au lieu de la refléter fidèlement. Ce qu'en substance répondra un Esprit à la question 148[3]. De cet empirisme moderne naîtra une nouvelle manière d'observer et d'étudier le monde pour l'époque, encore imprégnée de la scolastique. Autrement dit, la science procède d'abord de ce que nous percevons puis devient un instrument de notre raison en tant que nous lui donnons à mesurer pour quantifier ce qu'elle perçoit et le comparer[4], parce que nos sens sont moins fiables que ce que nous pensons (illusions d'optique), conformément à ce qu'énonce Descartes[5], alors nous avons besoin d'outils pour permettre à tout un chacun de voir ce que d'autres ne peuvent voir. Claude Bernard, médecin lyonnais fondateur de la médecine expérimentale au XIXème siècle, en rédigera les principes pour la chirurgie et la médecine académique.
Procédant des mêmes principes, l'étude des phénomènes de l’Esprit, défendue trois siècles plus tard par Allan Kardec, sera novatrice en raison seulement que des phénomènes dits paranormaux seront étudiés à égalités des phénomènes naturels, avec des outils spécifiques, puisqu'ils seront au commencement du Livre présenté a priori comme relevant de la nature. Ainsi, il réaffirme (question 222) que la primeur des concepts du spiritisme comme la métempsychose, la pluralité des existences ne provient pas de lui, faisant remonter les traces dont il dispose à partir de l'antiquité, notamment chez Pythagore, "les indiens" et "les égyptiens". De cette façon, ce n'est qu'après une étude approfondie que le paranormal devient normal, tant au sens de la norme que de ce qui est courant. Actuellement, l’IFRES contribue à la création d'un outil photographique[6] nous aidant à comprendre la façon dont les Esprits et l’âme parviennent à agir sur des gouttelettes d’eau. Avec les photographies d’ectoplasme, les suspicions de fraudes subsistaient puisqu’il suffit d’ajouter un élément à la photographie avant d’enclencher l’appareil. Aujourd’hui, avec le nombre croissant de canulars photographiques sur Internet, des outils d’analyse de modification des clichés existent (FotoForensics est l’un des plus connus) et permet à tout un chacun de vérifier leurs résultats d’expériences.
Maintenant que nous avons rappelé que le spiritisme s'inscrit, dans ses principes et sa méthode, en continuité de l'histoire des sciences, nous allons définir le champ de ce qui caractérise la matière, de ce que se réclamer "du matérialisme" implique (Kardec, question 1009) pour comprendre la proposition post-matérialiste et ce que l'Association Médico-Spirite Internationale pourrait en faire.
Voulant partir d’une approche dialectique, nous commencerons par en analyser le radical. À la question 22 du Livre des Esprits, voulant vérifier l'exactitude de la définition de la matière, comme «ce qui a de l'étendue ; ce qui peut faire impression sur nos sens ; ce qui est impénétrable», l'Esprit ajoute cependant que ça n'est vrai qu'autant que nous ne nommons les choses que d'après ce que nous en connaissons, ajoutant qu'elle peut être «tellement éthérée et subtile qu'elle ne fasse aucune impression sur [nos] sens». Conformément aux éclaircissements qui seront donnés quant aux propriétés de la matière, apprenant que le périsprit est une «substance vaporeuse pour [nous], mais encore bien grossière pour [eux]» (Kardec), «une matière» que l'Esprit puise «dans le fluide universel de chaque globe» avant de s'incarner ou de se communiquer, la matière s’entend comme faisant aussi partie du monde spirituel, bien que différemment du nôtre, conformément à ce qu’en relate André Luiz dans sa description de Nosso Lar ou bien Carita[7]. Gardons en vue ceci : «Tous les phénomènes spirites, sans exception, sont la conséquence de lois générales ils nous révèlent une des puissances de la nature, puissance inconnue, ou pour mieux dire incomprise jusqu'ici, mais que l'observation démontre être dans l'ordre des choses.» Kardec
Nous allons maintenant tenter de comprendre ce qui fait la distinction entre des scientifiques matérialistes et spiritualistes.
Dans l'Introduction à la doctrine spirite, le matérialisme est présenté comme l'opposé du spiritualisme, soit la croyance dans le fait de n'avoir rien d'autre que la matière. Dans le matérialisme pur, tout cesse avec la vie, l'âme y compris. Les Esprits répondent qu'il est le produit de l'orgueil humain (question 148), le présentant comme un système de penser par défaut, attendant qu'un autre, à même de combler leurs lacunes, se présente (question 149). Le matérialisme de certains scientifiques, à distinguer du matérialisme scientifique, provient davantage du désir de conclusions qu'eux-mêmes désirent tirer de leurs recherches que de l'objet des recherches qu'ils mènent, usant de leur autorité pour présenter leurs conclusions comme découlant de leurs enquêtes. Par exemple, Claude Bernard présentera des arguments contraires au vitalisme, le fait de penser que le corps est animé d'un principe vital, une force extérieure au corps. Pourtant, dans le chapitre consacré au principe vital, l'usage qui est d'abord fait du concept pourrait laisser penser que cet agent animant la matière pourrait aussi bien être le cocktail de molécules présentes dans nos organismes et servant à activer les aires cérébrales qui vont animer le corps, André Luiz relatant la multitude des agents invisibles agissant sur notre organisme, ainsi que le périsprit, l'intermédiaire entre l'Esprit et la matière (Kardec, question 65). En cela, si je suis certain que tout meurt avec la fin de la vie, j'aurai uniquement besoin de chercher l’âme dans le corps, intangible par essence et, ne la trouvant pas, rester convaincu de ce que je crois. Ainsi, lorsqu'à la question 799, il est demandé la manière dont le spiritisme peut contribuer au progrès, nous apprenons que le matérialisme est vu dans le monde spirituel comme une plaie de la société que la compréhension de la vie spirituelle détruira au moyen de trois vertus : la foi, la charité et l'espérance.
Pourtant, bien que l'empirisme ait permis de constituer de nouvelles connaissances, nous comprenons que la révolution scientifique part davantage du XIIème siècle avec la redécouverte des écrits d'Aristote suite à la reconquête espagnole[8]. C'est aussi la période où les universités sont fondées avec les débuts de la scolastique qui aura eu le mérite d'initier un courant d'autonomie de la recherche scientifique à l'égard du pouvoir religieux en conciliant théologie (la Bible) et philosophie (Aristote, Averroès, etc), sans que celle-ci soit conforme au dogme papal en cours. La condamnation d’Étienne Tempier en 1270 (évêque de Paris) marquant la fin de cette période. À partir de là, ce que nous avons dit sur Descartes et Bacon, et qui se situe au XVIIème siècle, s'inscrit à l'aube d'un second mouvement d'autonomisation des sciences qui verra la concrétisation des sociétés savantes royales qui protègent les scientifiques de l'hérésie religieuses et affirment la suprématie des monarchies à l’égard du pouvoir papal, confortant l'importance qu'une démarche et une méthode scientifique ont pour le développement des sciences. C'est fort de cette connaissance de l'histoire des sciences que les détracteurs du spiritisme s'opposent aux thèses et aux expériences spirites, soit avec la même réserve que Kardec connut à ses débuts, parce que a priori non sérieuses et empreintes de superstition. Néanmoins, c'est en acceptant de les étudier, notamment parce qu’il avait connaissance du magnétisme, qu'il en saisit la différence et en devint le codificateur, à l'inverse d'une Église barcelonaise qui réprouvera les ouvrages spirites le 9 octobre 1861, alors même que l’Église française avait validé sa publication. Le même rapprochement est effectué avec certains matérialistes se réclamant des sciences naturelles (la botanique, la zoologie, la minéralogie, voire l'astronomie), ce que Kardec entend par «ils se couvrent du manteau de la raison et de la science» Le Livre des Esprits, conclusion, II. Agissant de la sorte, il leur est plus facile de se réclamer des découvertes scientifiques passées et qui constituent le nœud polysémique de ce terme. Ainsi, au XIXème siècle, se réclamer du matérialisme revient à se revendiquer d’un naturalisme qui aujourd’hui encore forge notre compréhension du monde physique en sus d’une vision particulière de la société, une vision matérialiste, distincte du naturalisme de cette époque. Ainsi, Claude Bernard, médecin et naturaliste, est également matérialiste dans sa définition de la nature et de ce qui en fait partie, et lorsque le dr Beauregard propose une science post-matérialiste, il devrait se figurer que ce sont les hommes et non les disciplines qu’eux-mêmes créent qui doivent dépasser ces points de vue.
Nous ne pouvons que vous inviter à relire la Conclusion II du Livre des Esprits pour vous rendre compte des obstacles auxquels avaient pu se confronter les premiers spirites. Si cette description vous apparaissait actuelle, il faudrait alors vous figurer, au même titre que la distinction qu’il fait entre le religieux et la religion, que l’observation et la démarche empiriste des naturalistes sont distinctes des conclusions matérialistes. Une approche spirite amène ensuite seulement à considérer l’Esprit comme réel, observable et donc sujet d’étude. De cette façon, à l’aune de la codification, l'étude des phénomènes de l'esprit participe au progrès humain en constituant de nouvelles connaissances d'une part, le spiritisme ôtant à l'hermétisme le privilège de ces sujets par l'ordonnancement de termes faussement synonymes (à commencer par la distinction entre l'âme et l'Esprit) ou philosophique (expliquant notamment ce que "tout est dans le tout" veut dire), et elle intéresse les académies (Charles Richet) ainsi que d’autres couches de la société d'autre part.
Aussi, malgré un scepticisme que déplore le dr Beauregard, il est intéressant de rappeler qu’aucune discipline émergente ne fait l’unanimité. Par exemple, la psychologie avait à ses débuts nombre de détracteurs qui ne reconnaissaient pas la théorie de l'inconscient, préférant voir des causes dans la biologie (rappelons que l'hystérie était alors localisée dans l'utérus). C'est en sondant le discours des patients normalement relégués aux asiles plutôt que leur corps qu'il a été possible de comprendre la dynamique de ces troubles, préférant sonder la pensée plutôt que la matière. Et si la théorie freudienne fit consensus auprès des médecins c'est pour de multiples raisons, parmi lesquelles la constitution d'une société psychanalytique capable de discuter une multitude d'hypothèses et de cas qui lui permit de se faire une place au sein des académies et des universités plutôt que par la photographie de l'appareil psychique. L’image de l’iceberg n’étant qu’un support de réflexion, qu’une photo figée.
Sans faire la preuve matérielle de l'existence de l'âme ou de la matérialité de la pensée, les intervenants des précédents congrès sont parvenus à rendre compte d’études capables de mettre en évidence des effets de la pensée sur la santé, au titre desquels une démarche spirituelle (réflexion et pratique) est comptée. Cette année encore, les chercheurs membres de l'AMEI ont montrés qu'une recherche scientifique éminente et ambitieuse est possible lorsque l'on est spirite, montrant également que la neutralité du chercheur garantit faussement les capacités des chercheurs à mener des investigations impartiales. Nous nous remémorons, dans son intervention au 4ème Congrès Spirite Mondial, que Raoul Teixeira[9] rappelait que la science n’a aucune possibilité de se prononcer sur le spiritisme et la réalité de l’Esprit. Si cela était fait, ce sont des scientifiques en tant que personne et non en tant que communauté scientifique qui s’en chargeraient. Pour nous, spirites, cela n’est pas important. Quand bien même dans La Génèse[10], Kardec dit que la science sera un jour religieuse, c’est dans le sens de la «re-liaison» avec les pouvoirs de la vie et non comme institution que cela prendra forme.
D’un point de vue uniquement formel, nous remarquons dans le manifeste du dr Beauregard qu’aucune source à ses affirmations n’est donnée, rendant difficile la vérification de ses dires, quant au dépassement de la physique «classique» par la mécanique quantique, alors qu’il est admis qu’elle a été enrichie par cette dernière, il n’est pas question de remettre en cause les constituants de la matière mais bien de comprendre les conditions de leur réalisation et d’améliorer notre connaissance de leur constitution. Ainsi, n’encombrant pas son propos de sources vérifiables d’une part, semblant confondre les termes expérimentateur et expérienceur, ne différenciant pas les médiums «doués» des médiums spirites d’autre part, nous ne pouvons que vous conseiller d’être vigilant quant à ses affirmations et de les vérifier.
Après notre exposé, nous comprenons que ce qui doit animer le chercheur est avant tout le désir d’étendre le champ de compréhension de l'existant plutôt que la formulation d'hypothèses exotiques, accessibles moyennant finances et basées sur rien qui ne nous soit connu, comme c'était le cas de certains chercheurs invités méconnaissant les missions et les principes de l'AMEI. Dès lors, la proposition du dr Beauregard pour une science post-matérialiste nous apparaît spiritualiste, autrement dit non-spirite. Bien qu’en apparence cousine des principes et des missions de l'AIME, les buts et les socles de son propos nous apparaissent être à rebours de ce qu’elle fait et démontre depuis sa création, notamment lorsque ses membres font états de recherches avec des chercheurs de renom mettant en jeu des médiums dans leur environnement, la réversibilité d’états habituellement observés chez des sujets pathologiques, faisant apparaître le monde de la recherche plus enclins à étudier ces phénomènes dans un cadre interdisciplinaire à l’intersection des sciences sociales qu’à les répudier au titre d’une idéologisation de la pensée de certains chercheurs. Plus proche de nous, les participations de Matthieu Ricard (moine bouddhiste ayant collaboré à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand) à des expérimentations et des publications sont des signes qu’en France aussi des recherches publiques de ce type peuvent être menées . Ainsi, bien que les idées émanent de l’incarné, nous nous rappelons que des Esprits parfois les lui suggèrent s’ils le jugent capable de les comprendre et digne de les transmettre (Kardec, question 462).
Pour finir, en science comme en médiumnité les Esprits s'appuient sur les qualités des chercheurs pour faire avancer nos connaissances scientifiques. Si les auteurs spirites montrent par les témoignages de désincarnés que l'individu n'est pas réductible à la matière, il demeure que nous avons encore et toujours à apprendre d'elle. À ce titre, Raoul Teixeira rappelait à la fin de son intervention que si nous devions certes nous aimer, puisque Dieu est amour, nous avons aussi le devoir de nous instruire, pour ne pas dire l’obligation.
C'est en ce sens qu'à la question 802, les Esprits disent ne pas être venus hâter le développement de la conscience mais l'orienter pour nous laisser le seul mérite d'être convaincu par la raison. De cette façon, le spiritisme apparaît comme venant aider l'acquisition de connaissances plutôt que forcer l'adoption de croyances, de dogmes. Bien que les opinions du chercheur orientent ses choix d'investigation, il doit demeurer humble, honnête et rigoureux dans son travail d'analyse pour ne pas qu’elles servent de marche pied à son ambition personnelle, comme su l'être Allan Kardec ainsi que d'autres avant et après lui, rappelant que ça n’est pas à la science d’être spirite, mais aux spirites d’être scientifiques et que «si un jour cette Société Académique parvient à prouver que le spiritisme est en erreur sur quelques points, la doctrine spirite, et nous spirites, changerons sur ce point pour suivre celui de la science».

Divaldo tombe presque dans le piège d’un obsesseur

Les Esprits ont une réelle influence dans notre vie de chaque jour, sur nos pensées, bien sûr, mais également sur les évènements, dans les choses les plus ordinaires de la vie. Ils peuvent provoquer la rencontre de deux personnes qui apparaitra comme un fait du hasard, ils peuvent inspirer à quelqu’un la pensée d’agir de telle manière, de prendre une direction ou une autre lorsque l’on cherche un lieu, ils peuvent attirer l’attention d’une personne pour l’amener au résultat qu’ils désirent et tout cela en laissant croire à l’individu qu’il suit sa propre pensée en bénéficiant de son libre arbitre.
Ils nous amènent ainsi par leurs interventions sur l’un ou sur l’autre, dans un couple ou dans une assemblée, à des situations désagréables lorsqu’il s’agit d’Esprits malveillants. Les motifs de ces derniers sont multiples, ce peut être des ennemis que l’on s’est fait durant une autre incarnation ou dans celle-ci, d’autres fois ils s’acoquinent par affinité de pensées ou de mœurs et profite d’une occasion pour s’imposer.
Fort heureusement ,il y a aussi dans notre environnement de bons Esprits appelés guide spirituel, ange gardien, Esprits familiers, protecteurs ou sympathiques. Ils sont là pour nous aider de leurs conseils, nous diriger dans la bonne direction, nous redonner du courage dans les épreuves de la vie, mais ils ne sont pas là pour faire le travail d’évolution à notre place.
Il y a une question qui revient souvent : pourquoi notre ange gardien ne nous protège-t-il pas des mauvais Esprits ? Le guide est toujours à notre écoute, encore faut-il avoir foi en lui, lui faire confiance et suivre ses conseils, car si la volonté de subir l’influence des Esprits inférieurs est plus forte, alors il ne pourra pas se faire entendre et attendra le bon vouloir de son protégé. Le guide est un éducateur qui ne peut faire les choses à notre place, c’est un ami fidèle toujours prêt à nous épauler, mais qui trop souvent est contrarié par notre comportement.
Chacun de nous est un Esprit en évolution porté vers le progrès.
Dieu laisse à notre conscience le choix de la route que nous devons suivre, et la liberté de céder à l’une ou à l’autre des influences contraires qui s’exercent sur nous.
Quand de mauvaises influences agissent sur la personne c’est qu’elle les appelle par une pensée inférieure, et les Esprits du même ordre viennent à son aide dans le désir évoqué. Son guide ou d’autres Esprits d’une moralité supérieure tenteront une influence opposée et c’est là qu’intervient le libre arbitre, la volonté de lutter contre de basses pensées qui viendront souvent flatter notre orgueil, nous décourager dans l’effort à entreprendre, ou nous laisser profiter d’une situation facile mais pas toujours honorable.
Au-delà de l’influence simple que chacun expérimente chaque jour dans sa vie, il y a l’obsession qui est l’action presque permanente d’un Esprit, qui fait que nous sommes sollicités par un besoin incessant d’agir dans tel ou tel sens, de faire telle ou telle chose.
Trop souvent l’obsédé voudrait se libérer de l’emprise par un travail de prière que d’autres feraient à sa place.
C’est l’élévation de l’âme vers Dieu, vers son guide qui permet de recueillir les fruits de sa libération. Chacun à sa mesure peut y parvenir par amour pour cette vérité, par les prières qu’il fait, par ce temps qu’il consacre à son élévation. Rien ne résiste quand la volonté se met en place pour réaliser les desseins divins.
C’est le comportement de chaque instant, l’orientation des pensées qui permettent d’éloigner les Esprits imparfaits et d’attirer les bons, la nature a horreur du vide et remplit ce que chacun cultive dans son jardin intérieur.
Dans l’exemple qui va suivre nous pouvons constater dans toute son ampleur l’influence du monde spirituel qu’il soit supérieur ou inférieur. D’un côté le médium spirite Divaldo, d’une très haute qualité morale, n’écoutant que son cœur, veut aller porter secours à une jeune femme qui demande de l’aide. Son guide Joanna de Ângelis, avec qui il est en parfaite connexion le retient et le conseille pour lui éviter un écueil.
De l’autre côté une jeune femme psychiquement déséquilibrée, subissant une obsession et se laissant manipuler par un Esprit pervers. Ce dernier ne pouvant atteindre directement Divaldo aurait pu, malgré tout, par une fourberie porté atteinte à la notoriété du médium. Cette illustration nous montre que la vigilance doit être de tous les instants et que le lien à établir avec son protecteur est une prière permanente.
Écoutons Divaldo :
«Je suis allé prêcher dans une ville et j'ai séjourné dans une résidence où il n’y avait pratiquement que des femmes. C'était une maison riche et grande. Il y avait 2 filles mariées et d'autres célibataires. Toute la famille était réunie pour m'accueillir.
J'ai tout de suite remarqué un dérangement chez la fille aînée, une anxiété, une insatisfaction, un déséquilibre... J'ai noté une aura très lourde et compris son problème. Sans que l'on ne me dise rien, j'ai compris le drame d'épouse qu'elle vivait. Mais je suis allé à mon travail, puis je suis rentré et je suis allé me coucher. Plus tard, j'ai entendu un bruit sur la porte et je me suis réveillé, effrayé.
Une voix m'appelait :
- Divaldo, Divaldo, aide-moi ! Ouvre la porte !
Je me suis levé, mis ma veste de pyjama et quand j'ai tenu la poignée de la porte, j'ai vu la main de Joanna de Ângelis, très pâle, tenant la mienne.
Elle m'avertit me disant :
- N'ouvre pas cette porte et parle très fort.
Je me suis alors exclamé :
- Une petite minute, je m'habille !
De l'autre côté, un murmurement me disait :
- Ouvre la porte !
Je répondais presque en criant :
- Un instant, j'arrive. Va appeler ta mère.
Pendant que je parlais, j'ai entendu le clic d'un interrupteur dans le salon et un claquement, comme un coup.
J’ai rapidement ouvert la porte : c'était le père qui était venu et giflait sa fille. Je me suis mis devant le géniteur indigné.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Le père en colère me dit :
- Ma fille est indigne ! Son mari dort et elle est venue te déranger. On ne peut pas avoir des invités à la maison parce qu'elle est... et il a utilisé des expressions très viles.
Pour la défendre, je dis :
- Vous vous trompez. Vous me respectez ! Votre fille est malade, elle m'avait demandé de l'aide mais j'ai oublié, j'étais tellement fatigué. Tu es venue me demander de t'appliquer des passes ma fille ?
- Oui, dit la fille.
Alors je lui ai donné la main, j'ai demandé au père d'appeler sa femme et j'ai dit de prier. Nous avons pratiqué l'Évangile. Pendant ce temps, je voyais l'obsesseur, un Esprit de vibration morale basse qui vampirisait la fille. C'était une obsédée sexuelle assaillie par une volupté sans fin.
Cette jeune fille avait perdu sa dignité, se détestait, car l'obsesseur préparait son suicide ou l'assassinat par son mari.
C'était un drame du passé. Après la lecture de l'Evangile, nous avons magnétisé l'eau et appliqué de longues passes. Quand j'ai eu terminé, elle a crié :
- Maman, quelque chose est sorti de moi.
Puis, elle embrassa sa mère en pleurant. »
Divaldo conclut en disant.
«Jusqu'à aujourd'hui, nous sommes restés amis. Cette jeune femme est aujourd'hui grand-mère. Elle a éduqué cette force négative et canalisé ces excès par l’application des passes. En elle s'est révélée une belle médiumnité curative.
Mais supposons que si ce jour-là, j'avais ouvert la porte et qu'elle était entrée dans ma chambre, le papa aurait imaginé qu'on avait arrangé cette rencontre, un scandale aurait éclaté et en attendant de prouver mon innocence, qui m'aurait cru ?
Avec quelle facilité les scandales prennent corps, car il y a beaucoup de méchanceté et de médisance, même dans notre mouvement.
Beaucoup disent des choses qu'ils ne peuvent prouver, leur donnant des nuances et des teintes de vérité.
Nous devenons alors victime d'un piège obsessionnel.»

 

[1] Le semeur d’étoiles, écrit au Brésil en 1988, est paru en mars 2021 aux Éditions Philman.

[2] Ce récit, fait en septembre 1987, au centre spirite Joanna de Angelis, est cité plus longuement dans le livre Le Semeur d’Etoiles de Suely Caldas Schubert.

[3]Le Livre des Esprits, Éditions Philman, p. 65.

[4]Malherbe, M. et Pousseur, J.-M. (1985). Avant-Propos. Dans Francis Bacon : science et méthode : actes du colloque de Nantes (p. 7-10). Librairie Philosophique J. VRIN

[5] René Descartes (2020, 27novembre). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Descartes

[6]La Cellule de contact de l’IFRES. (2021, 17 janvier). Dans IFRES.org. http://ifres.org/la-cellule-de-contact/

[7] De Faget, L. (2016). Pensées de Carita et Réflexions de Marie. (2e éd., p. 25). Éditions Philman.

[8]Giraud, T. [Monsieur Phi]. (01/11/2020) Qu’a-t-on fait d’Aristote pendant 2000 ans. YouTube. https://youtu.be/0-6mXQ746KI

[9] Teixeira, R. J. (2004, 2-5 octobre). Allan Kardec, L’Éducateur et le Codificateur de la Doctrine Spirite [communication orale]. 4ème Congrès Spirite Mondial, Paris, France

[10] Kardec, Allan (1868). La Genèse, les miracles et les prédictions selon le spiritisme.https://www.cslak.fr/images/cslak/bibliotheque/livres/Allan_Kardec/La_genese_les_miracles_et_les_pr%C3%A9dictions.pdf