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Bulletin 53

Bulletin 53 - juin 2013
Sommaire

Editorial

Qu’est ce qui fait que certains hommes ont cette capacité de lire dans la mémoire de notre âme et d’entrer en relation avec des forces que notre intelligence réfute, alors que d’autres cherchent inlassablement leur chemin de vie dans un parcours spirituel sans jamais atteindre leur but. Faut-il envier ceux qui font don de leur temps, de leur vie pour venir en aide à la souffrance humaine. Il est donné à chacun selon ses œuvres et la finalité est toujours le résultat d’une recherche. On ne peut acquérir la sagesse en une seule vie et il n’y a point d’injustice à ne pouvoir satisfaire ses envies même les plus louables.
Cayce, comme Chico, comme Kardec sont allés au bout de leur conviction, de leur foi, de leur vie. Pour quelques-uns qui mènent à bien leur mission, combien ont chuté par manque de persévérance, d’abnégation, d’humilité. La quête d’un idéal entretient l’espoir et fait grandir en nous la force de la vérité dans le but de nous préparer à des luttes plus grandes. Quel que soit l’objectif que nous nous soyons fixés, quels que soient les résultats que nous puissions obtenir, l’important est de ne pas se laisser décourager par un aboutissement que l’on considère trop infime pour soi. Le chemin accompli vers le bien est toujours remarquable.
Alors chaque fois que vous pensez que vous n’y arriverez pas, que ce sera pour une autre fois, méditez sur le chemin parcouru et sur celui qu’il reste à explorer car vous aurez écrit à votre tour une page de ce livre que vous retrouverez dans l’au-delà et qui vous servira à votre retour.

Gilles Fernandez

Edgar Cayce : le prophète dormant

Edgar Cayce doit son surnom de «prophète dormant» aux incroyables aptitudes médiumniques qu'il développait pendant des transes hypnotiques. Cet homme très simple, tendre époux, père attentionné, photographe talentueux et amateur de jardinage, enseignant le catéchisme à l'école du dimanche, ne cherchait qu'à avoir une vie calme et tranquille. Mais, comme il était aussi soucieux d'aider ses semblables, il a dû se résigner à plonger régulièrement dans un sommeil auto hypnotique afin d'effectuer ce qu'il appelait des «Lectures».
Lorsqu'il était en état de transe, Cayce était capable de disserter sur de nombreux sujets d'ordre médical, spirituel, philosophique, onirique, historique, économique et autres. La transcription de toutes ces Lectures représente, encore aujourd'hui, une des plus importantes sources d'études sur les mystères de l'âme provenant d'un seul individu. Pourtant, Cayce ne cessait de répéter : «Je ne fais rien que vous ne puissiez faire» car il disait n'appliquer que des lois naturelles que tout le monde pouvait apprendre à utiliser. Mais Cayce était-il vraiment comme tout le monde ?

Un paysan du Kentucky
Edgar Cayce est né le 18 mars 1877 dans une ferme du Kentucky. Bien qu'il eut ensuite quatre petites sœurs, il aimait jouer avec des compagnons fictifs et racontait à ses parents ses visions surnaturelles et les conversations qu'il avait avec son grand-père défunt.
Edgar n'était pas un très bon élève. Il n'avait appris à lire que pour pouvoir déchiffrer la Bible tout seul. Il aimait se réfugier dans la lecture des Saintes Écritures qui lui apportaient tant de satisfaction qu'il résolut, dès son plus jeune âge, de relire intégralement la Bible chaque année de sa vie. Et il tint la promesse qu'il s'était faite, d'où de fréquentes citations de versets dans ses propos. Les histoires et personnages bibliques acquirent une place prépondérante durant toute son existence.
À 11 ans, alors qu'il avait déjà lu la Bible 3 fois, il partit lire les Écritures dans la forêt et prier pour obtenir le pouvoir d'aider son prochain, de l'aider à se comprendre lui-même et surtout de secourir les enfants malades. Il fut alors brusquement environné par une lumière radieuse et sut que ses prières avaient été entendues et que ses vœux seraient exaucés.
Plus tard, pendant une épuisante leçon d'orthographe avec son père, il s'aperçut qu'il pouvait mémoriser le contenu d'un livre juste en s'endormant dessus, même pendant un court instant. Puisqu'il n'avait plus de problèmes pour mémoriser ses leçons, son apprentissage scolaire s'en trouva grandement facilité mais, afin de soulager financièrement ses parents, il quitta malgré tout l'école à seize ans pour aller travailler dans la ferme de sa grand-mère.
Selon son fils, Hugh Lynn Cayce, ses talents de médium apparurent après qu'il eut reçu une balle de base-ball directement dans la colonne vertébrale alors qu'il avait quinze ans. L'accident le fit sortir de sa réserve habituelle. Il se mit à s'agiter et à se battre, poussant des cris et lançant des objets. Le soir même, Edgar sombra dans un coma pendant lequel, à la surprise générale, il demanda à ce qu'on lui mette sur la nuque un cataplasme spécial dont il donna les ingrédients, faute de quoi il ne reviendrait jamais à son état normal. N'ayant rien à perdre, les parents s'exécutèrent et virent, après l'installation du cataplasme, Edgar s'endormir calmement. Le lendemain, il avait retrouvé son état normal.
La famille Cayce s'installa à Hopkinsville où Edgar fit la connaissance de Gertrude Evans avec qui il se fiança le 14 mars 1897, soit 4 jours avant son vingtième anniversaire. Ils avaient pour projet de se marier dès qu'ils auraient les moyens de fonder un foyer mais Edgar devait d'abord stabiliser sa situation professionnelle.

Une extinction de voix
Il eut différents petits postes dans des librairies ou grands magasins avant de s'associer à son père, alors agent d'assurances. C'est alors qu'Edgar se mit à voyager, de ville en ville, vendant des assurances ainsi que des livres ou des fournitures de bureau. Alors âgé de 23 ans, sa situation financière s'améliorait lui laissant espérer un mariage proche. Mais, après la prise d'un sédatif, prescrit pour cause de surmenage du fait de l’accumulation de ces petits emplois mal payés, il fut soudainement atteint d'une extinction de voix qu'aucun médecin ou spécialiste consulté n'arrivait à soigner. Le corps médical le déclara incurable.
Incapable de s'exprimer, Edgar ne pouvait plus exercer son emploi de représentant. Le photographe local lui donna l'opportunité de se reconvertir comme assistant laborantin, emploi pour lequel il n'avait pas besoin de la parole et qui lui donnait, au moins, l'opportunité de rester près de Gertrude et de sa famille.
Un jour, le célèbre hypnotiseur Hart vint à Hopkinsville. À cette époque, le grand public se passionnait pour cette technique(1). Informé de la maladie incurable d'Edgar, il voulut tenter de le guérir. Dans une première séance, Hart suggéra à Edgar endormi de recouvrer la voix et les personnes présentes furent surprises d'entendre Edgar répondre d'une voix normale à toutes les questions qu'Hart lui posait. Malheureusement, la suggestion ne durait que le temps de l'hypnose et sitôt les yeux rouverts, la voix s'envolait. L'expérience fut retentée plusieurs fois mais toujours avec le même résultat : Edgar ne parvenait à s'exprimer que quand il était endormi.
Malgré tout, le résultat était suffisamment spectaculaire pour que les journaux locaux commentent l'évènement et que d'autres personnes s'intéressent à son cas. D'autres hypnotiseurs vinrent tenter l'expérience mais Cayce résistait toujours à la suggestion post-hypnotique de garder sa voix. C'est alors qu'Al Layne, simple gérant d'un magasin de mode sur Hopkinsville, mais passionné de médecine et d'hypnotisme, émit l'hypothèse que les résistances de Cayce indiquaient qu'il avait la capacité de s'endormir tout seul à volonté, autrement dit de s'auto-hypnotiser. Il lui proposa d'entrer dans un état analogue à celui qui lui permettait de mémoriser ses livres de classe lorsqu'il était adolescent. Fatigué par les nombreux échecs précédents, Cayce accepta de se livrer à cette ultime tentative. Il s’allongea sur son canapé et s'endormit tout seul. Au lieu de seulement lui suggérer de retrouver sa voix, Al Layne eut l'ingénieuse idée de lui demander de se prononcer sur les raisons de son problème en regardant à l'intérieur de son corps.
Edgar, à voix haute et intelligible répondit : «Oui, nous voyons le corps. Nous constatons une paralysie partielle des cordes vocales, provoquée par une trop forte tension nerveuse. Il faudrait suggérer au corps d'amplifier la circulation du sang dans la zone malade pendant quelques minutes.» Llayne s'exécuta et les assistants purent observer une subite rougeur empourprer la gorge de Cayce. Puis, quelques minutes après, le dormeur ajouta : «La maladie est guérie. Maintenant, suggérez à la circulation sanguine de revenir à l'état normal puis au corps de se réveiller.»
Lorsque Cayce éveillé vit qu'il avait retrouvé la voix, il se mit à chanter et crier comme un fou.
Ce jour-là, le 31 mars 1901, Edgar venait de donner sa première prescription ou première «Lecture», se rétablissant lui-même d'une maladie qui avait duré un an.

La première Lecture pour autrui
Llayne, qui souffrait depuis des années de douleurs gastriques qu'aucun docteur n'avait su soulager, demanda si Cayce ne voudrait pas tenter de le guérir aussi. Tout à l'euphorie de sa voix retrouvée, Cayce accepta de tenter l'expérience dès le lendemain. Ne connaissant rien à la médecine, il refusa de lire les questions préparées par avance par Layne, mais, à son réveil, Layne lui apprit qu'il avait décrit tous ses symptômes et même préconisé certaines plantes médicinales, un régime et des exercices physiques. Après une semaine, Layne, guéri et enthousiaste, proposa à Cayce de s'associer pour monter un cabinet ensemble. En effet, tout le monde voulait savoir d'où venait la mine resplendissante de Layne et les demandes affluaient donc déjà.
Cayce qui, à ce moment-là, n'aspirait qu'à fonder un foyer avec Gertrude et vivre une vie de famille tranquille, était d'autant plus hésitant qu'il ne comprenait pas le phénomène et ne possédait aucune formation médicale. Layne le rassura, sûr que ses propres connaissances en médecine lui permettrait d'identifier et donc de demander le remplacement d'un produit dangereux ou difficilement procurable, et lui parla de la responsabilité morale qu'il avait de mettre son talent au service de l'humanité. Edgar accepta donc à la condition de ne jamais voir le patient ni de savoir son nom avant de s'endormir et d'arrêter immédiatement les lectures s'il émettait un jour quelque conseil dangereux.

Voyance sous hypnose
Le bouche à oreille aidant, les malades vinrent en foule.
Layne prenait les rendez-vous, préparait les remèdes indiqués et pouvait procéder à quelques manipulations ostéopathiques, selon des directives données par Cayce, car il avait étudié cette technique même s'il n'avait pas encore de diplôme officiel.
Aussi, Cayce vivait dans la crainte continuelle d'être accusé d'exercice illégal de la médecine ou, pire, de provoquer une mort. Pourtant, dès qu'il décidait d'arrêter les consultations il perdait la voix et devait se donner une consultation à lui-même. À chaque fois, il retrouvait la voix «à condition d'accepter de recevoir de nouveaux malades.»
Considérant que c'était le prix de l'honnêteté absolue, Cayce refusait toute rémunération. Dans la journée, il exerçait son métier de photographe et, le soir, poussé par sa famille qui lui faisait la morale en lui répétant qu'il devait mettre son don au service de son prochain, il allait chez Layne, mais toujours à reculons.
Gertrude s'inquiétait pour son fiancé car les mystérieux informateurs qui s'exprimaient par la voix de Cayce avaient, à plusieurs reprises, donné la recommandation de ne pas dépasser deux lectures par jour sous peine d'y perdre sa santé et même sa vie.
Arrivé chez Layne, Cayce s'allongeait sur un divan, croisait les mains au niveau du plexus solaire et se plongeait dans un sommeil auto hypnotique. Une fois dans cet état de transe, il suffisait de donner le nom d'une personne et l'adresse où elle devait se trouver au moment de la lecture pour que Cayce pût parler d'elle et répondre aux questions qu'on lui posait à son sujet. On demandait seulement au malade de rester à l'adresse donnée pendant l'heure de la lecture, si possible en priant ou méditant.
Cayce épousa enfin Gertrude le 17 juin 1903, après des fiançailles de plus de six ans. Elle lui donnera 3 fils mais l'un d'eux ne vécut que 2 mois.

Un homme inculte devient médecin sous hypnose
En 1909, Cayce, parti rendre visite à son père, fut présenté au docteur Wesley Ketchum qui avait entendu parler des Lectures par l'un de ses patients. Comme il venait de se diagnostiquer une appendicite, il voulut en profiter pour tester le don du médium en vérifiant s'il allait être capable de la déceler. Mais Cayce parla d'un trouble très différent et proposa un traitement simple. Afin de le ridiculiser, Ketchum consulta un de ses confrères qui corrobora le diagnostic médiumnique. À présent persuadé de la véracité des Lectures, le docteur Ketchum commença à recourir aux facultés de Cayce dans les cas difficiles qu'il rencontrait.
En 1910, il soumit un rapport à la Société Américaine de Recherches Cliniques où il qualifiait Cayce de génie en médecine. Le résultat ne se fit pas attendre : le 9 octobre, le journal The New York Times publiait un long article intitulé : «Un homme inculte devient médecin sous hypnose».
Les demandes de Lectures affluèrent de toutes parts poussant des admirateurs fortunés à fonder la Psychic Reading Corporation(1).
Puisque la source donnait de bons résultats du point de vue médical, les demandes pour connaitre les prochains tiercés, tirages de la loterie ou cours de la bourse ne tardèrent pas à arriver et Cayce dut rapidement fixer des limites car il ne voulait pas apporter à une personne un avantage injuste sur les autres. Il s'était fixé pour règle de n'apporter une réponse que si elle pouvait être constructive pour l'individu.
Chaque demande d'assistance était tournée en demande de réflexion. C'est ainsi que, si on lui demandait un conseil médical, il répondait : «Que comptez-vous faire de votre existence si vous guérissez ?»
Sa femme Gertrude, qui était la mieux placée pour respecter la droite ligne de son mari, dirigeait les Lectures et Gladys Turner Davis(2), transcrivait tout ce qui était dit pendant les séances.

Évolution des Lectures
Au fil du temps, Cayce s'aperçut qu'il pouvait, endormi, disserter sur n'importe quel sujet. Il accepta de mettre ses capacités au service de la connaissance et se hasarda à ne plus se contenter d'explorer le corps humain mais de s'intéresser aussi à l'esprit. Les thèmes abordés et l'information transmise se diversifièrent considérablement. C'est ainsi que l'on trouve des lectures traitant d'astrologie, d'astronomie, d'alchimie, de théosophie, de civilisations anciennes, de santé mentale, de méditation ou de yoga par exemple.
Mais ce qui nous intéresse, à nous spirites, c'est le jour où ce médium malgré lui, fervent protestant qui lisait entièrement la Bible chaque année et enseignait le catéchisme à l'école du dimanche, découvrit le concept de réincarnation.
Il faudra, pour cela, attendre le 10 août 1923, lorsque Cayce, invité par Arthur Lammers à se rendre dans un hôtel de Dayton, dans l'Ohio, pour y faire des séances de Lecture, découvrit, en écoutant la transcription de ce qu'il avait dit pendant son sommeil que, loin d'être un mythe, la réincarnation était un fait indubitable.
Lammers qui avait longuement étudié les phénomènes parapsychologiques et les religions orientales était aussi triomphant que Cayce était effrayé. Son éducation, tendant à une acceptation littérale de la Bible, ne pouvait laisser place à l'idée saugrenue qu'un homme puisse vivre plus d'une fois sur cette planète.
Depuis plus de vingt ans, Cayce avait soulagé les maux de nombreux patients mais sans jamais entrer dans ce domaine interdit des forces occultes. Pourtant les mots sortis de sa bouche étaient on ne peut plus clairs et les Lectures faisaient de plus en plus souvent référence à des vies antérieures ce qui consternait Cayce lorsqu'il découvrait ses propos une fois réveillé.... Il ne comprenait pas que cette «fantaisie indienne» se mêle aux enseignements du Christ et il dut faire un énorme travail d'étude et d'approfondissement pour vérifier si la Bible, à défaut d'utiliser le mot «réincarnation», en contenait au moins l'idée. Avec l'aide de sa femme Gertrude, il interrogea la mystérieuse source d'information à laquelle il avait recours quand il était endormi, demandant par exemple :
Q : «Où la réincarnation est-elle enseignée dans la Bible ?»
R : «Dans l'Évangile de Jean et dans tout le reste en général.» (Lecture 452-6)
La relecture de la Bible avec cette nouvelle conception vainquit ses dernières réticences et, dès lors, les Lectures thérapeutiques s'enrichirent de cette dimension supplémentaire, qui permettait, lorsque c'était nécessaire, de puiser dans les existences passées des enseignements destinés à améliorer les conditions de la vie présente. Ces Études de vie qui prenaient en compte l'évolution de l'entité sur plusieurs incarnations fournirent, on peut s'en douter, un tout autre éclairage sur les difficultés à surmonter.

Le karma
La notion de karma apparait dans les Lectures et en vient à être précisée petit à petit. Il en parle aussi à travers l'astrologie qui apparait, dans les informations données, en même temps que l'idée de réincarnation. Si l'astrologie karmique occupe une place de plus en plus importante pendant les Lectures, Cayce dit aussi : «Mais que ceci soit bien clair : aucune action d'aucune planète, ni les phases du soleil, de la lune ou de n'importe quel corps céleste ne peuvent transformer la règle du libre arbitre de l'homme : ce pouvoir que le Créateur a donné à l'homme dès le commencement, lorsqu'il devint une âme vivante, douée de la capacité de choisir librement pour son propre compte...»
Il faut dire que Cayce ne mâchait pas ses mots lorsqu'il avait à faire à une personne faisant preuve de lassitude, de passivité ou de plaintes continuelles et qui mettait cela sur le compte d'un malheureux karma.
À une jeune fille qui lui demandait : «Y a-t-il une sorte de dette karmique dont je devrai m'acquitter auprès de l'un ou de l'autre de mes parents ? Devrais-je rester avec eux jusqu'à ce que j'aie réussi à les adoucir à mon égard.»
Cayce répondit sur un ton cassant : «Qu'est-ce qu'une dette karmique ? Tu mélanges tout ! Tu embrouilles cette idée dans ton esprit ! Qu'est-ce que la vie sinon un don de ton Créateur, afin que tu puisses pleinement être Un avec Lui ? Tes relations à ton prochain, à travers les différentes expériences des incarnations terrestres, s'éclairent à la lumière des forces créatrices, dans ta relation à l'acte en soi. Et, plus précisément, pour tes relations personnelles avec ton père, ta mère, ton frère ou n'importe qui d'autre, ce qui compte c'est de te regarder en face, dans le cadre des relations mises en oeuvre par tes proches. Il ne s'agit pas d'une dette karmique entre toi et tes parents ; c'est une dette karmique avec toi-même, qui doit être travaillée au moyen des relations familiales qui existent aujourd'hui. Et cela est vrai pour chaque âme !» (Lecture 1436-3).

La mémoire akashique
Pourtant, Cayce n'a jamais osé s'intituler guérisseur. Il avait modestement accroché à la porte de son cabinet une petite enseigne : «Edgar Cayce, psychic diagnostician(1)».
En effet, Edgar Cayce se «contentait», endormi, d'aller lire des informations sur une entité (c'est ainsi qu'il nommait les sujets qui lui étaient présentés), d'où le terme de «lecture» et non pas de «consultation» comme on aurait pu s'y attendre.
Voici comment Cayce décrit ce qui lui arrive lorsqu'il est endormi : «J'arrive dans un grand bâtiment, dans la salle des archives, où une main me tend un livre, ouvert à la page qui concerne telle entité ou tel évènement, et je n'ai plus qu'à lire ce qui la concerne...»
Il s'agirait du fameux Livre de vie dont parle l'Apocalypse ou de l'Akasha dans la tradition ésotérique occidentale.
«La lumière se déplace dans le temps et l'espace. Et, sur cet écran, situé entre les deux, chaque âme écrit l'enregistrement de ses activités à travers les éternités. Ces « mémoires » sont écrites grâce à la conscience de l'âme. Pas seulement à travers sa connaissance consciente, pas seulement dans la matière, mais dans la pensée... (Lecture 815-2).
Sur le temps et l'espace sont écrits les pensées, les faits et gestes de chaque entité. C'est ce que l'on a parfois appelé le Livre de la Mémoire de Dieu... (Lecture 1650-1).
Ces enregistrements, donc, ne sont pas exactement comme des images sur l'écran, ni comme des mots écrits. Mais ce sont des énergies qui restent actives dans la vie d'une entité et qui sont, comme on le pense bien, indescriptibles en mots. (Lecture 288-27). » Edgar Cayce et sa femme Gertrude

Développement de l'activité
Ce n'est qu'à partir de 1924 que Cayce se résigna à renoncer à la photo pour être un guérisseur médiumnique à plein temps.
Cette même année, l'hôpital Cayce, où devait exercer du personnel capable de comprendre les traitements donnés par les Lectures, fut construit à Virginia Beach grâce à l'aide financière d'un jeune agent de change de New York. Mais le manque de ressources financières, à la suite du grand krach de 1929, obligea l'hôpital à fermer en 1931.
C'est cette même année que, suite à un rêve fait par Cayce, fut fondée à Virginia Beach l'ARE(1) dont un groupe d'étude et de prière en était le juste prolongement.
Durant la seconde guerre mondiale, la détresse était si grande de par le monde, que Cayce recevait de pleins sacs de courriers. Soucieux d'aider un maximum de personnes, il augmenta les séances et fit, malgré les recommandations, jusqu'à 6 ou 7 lectures par jour jusqu'à tomber d'épuisement au printemps 1944.

L'héritage de Cayce
Lorsqu'il se désincarna, le 3 janvier 1945, au jour et à l'heure qu'il avait prédit, Edgar Cayce laissa 14 306 Lectures(2) réalisées sur plus de 6 000 personnes pendant 43 ans.
Regroupées sous le titre général d'«Études» et augmentées des témoignages, rapports et suivis s'y rapportant, elles constituent l'ensemble le plus considérable de documents psychiques émanant d'un seul individu et restent disponibles pour le public au siège de l'ARE. L'ARE qui ne comptait que quelques centaines de membres à la mort de Cayce en 1945 est actuellement une organisation d'envergure mondiale, dirigée par le petit fils de Cayce : Charles Thomas Cayce.
La clinique de l'ARE, à Phoenix en Arizona, est un des centres les plus importants de traitement holistique au monde. La médecine holistique est une pratique visant à traiter la personne de façon globale (le corps et l'esprit) et non pas seulement la partie affectée par les symptômes.) On y applique les principes et les remèdes de Cayce concernant la santé, en complément des pratiques médicales et chirurgicales traditionnelles.
Les groupes d'études et de prières ressemblent à s'y méprendre à nos réunions d'aide spirituelle. À en croire Dorothée Koechlin de Bizemont qui écrivit de nombreux ouvrages sur Cayce et put bénéficier des bienfaits de ces séances, le groupe se réunit tous les mercredis et, après méditation, ils prient pour la guérison des vivants et des morts (simplement en disant tout haut les noms et prénoms) puis imposent les mains sur les personnes présentes qui désirent être guéries.
Cayce s'est longuement expliqué là dessus : «Toute guérison vient de la même source. Et qu'elle se fasse par la diète, ou par les médicaments, ou même par la chirurgie, c'est pareil : il s'agit d'amener à la conscience ces forces qui résident à l'intérieur du corps et qui sont le reflet de la Force Créatrice de Dieu» (Lecture 2696-1)
«Par dessus tout, prie ! Pour tout ce qui concerne le corps, fais confiance aux forces spirituelles. Car la prière des justes guérira les malades. Sache que toute force, toute guérison, de quelque nature qu'elle soit, consiste à modifier les vibrations du Moi intérieur. La guérison consiste à mettre les tissus vivants du corps en résonance avec les Énergies Créatrices (Dieu) (...) Ainsi, par la prière, et si vous vivez jour après jour dans la ligne de votre prière, vous pourrez aider ce corps.» (Lecture 1967-3)
Et lorsqu'on lui demandait si l'action de guérir en groupe est plus efficace que la guérison opérée par un individu isolé, Cayce endormi répondait : «Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. Ces mots furent prononcés par la Vie, la Lumière, l'Immortalité et sont fondés sur une loi. Car l'union ne fait-elle pas la force ? Et pourquoi ? Parce que l'unité de buts, de désirs, dynamise les énergies qui résident à l'intérieur du corps et les met en mouvement. La diversité des idées peut engendrer la confusion, mais les lignes de force regroupées sur une personne sont de nature à augmenter l'efficacité et l'influence de cette loi universelle qui produit la guérison.» (Lecture 281-24).
Mais si le groupe peut aider sur une prière, il ne doit pas être un alibi pour fuir sa propre vie intérieure : «L’Église est là, à l'intérieur de toi-même, et non pas dans un pape ou un prédicateur quel qu'il soit. Ni dans un bâtiment mais en toi-même, puisque ton corps est le Temple du Dieu Vivant...» (Lecture 5125-1)

Sagesse et humilité
À une mère qui lu demandait comment réagir face au tempérament de son enfant afin d'en tirer le meilleur parti, Cayce répondit : «Il ne s'agit pas tant de «réagir» que d’aller à sa rencontre ! Sois aussi patiente que tu voudrais que le soit ton enfant ; il sera alors plus patient avec toi.»
Cayce invitait souvent son auditoire à «tester» ses suggestions plutôt que de les accepter parce qu'ils «croyaient» en lui. Il pensait que ses déclarations en état de transe n'étaient vraies que dans la mesure où elles mènent à une vie meilleure pour la personne à qui elles sont destinées : «Si elles aident à faire de meilleurs maris, de meilleurs businessmen, de meilleurs voisins, de meilleurs artistes, de meilleurs hommes d'église, alors adhérez-y, sinon rejetez-les.»
Qu'il soit éveillé ou en transe, sa foi intense le ramenait toujours vers Dieu ou le Christ. «Ce que tu dois savoir, c'est que c'est la loi du seigneur qui est parfaite, et non la conception que s'en font les hommes. La loi s'appliquera. Le feras-tu ? Ou quelqu'un d'autre le fera-t-il à ta place ? Celui qui cherche trouvera. Celui qui frappe à la porte, on lui ouvrira. Tout cela est irréfutable, ce sont des lois immuables.»
Des centaines de livres ont été écrits sur la vie d'Edgar Cayce et sur l'étude de ses Lectures. Nous vous invitons à vous y reporter afin de vérifier par vous-même que, même si Cayce parle peu des Esprits qui l'assistent mais dit aller chercher ses informations dans le Grand Livre de la Vie, l'enseignement qu'il en ramène ne contredit en rien la doctrine spirite, comme vous l'aurez certainement remarqué à travers les quelques extraits reproduits ici.

Étude de vie
Nous terminerons cet article par une Étude de vie dont nous avons tiré un passage qui peut s'adresser à la plupart d'entre nous. Après quelques données astrologiques sur le thème de la personne étudiée, Cayce explique:
«Pour cette raison, il importe que l'entité se fixe constamment un idéal, non pour le besoin d'être idéal, mais plutôt pour disposer d'un modèle qui lui permette de juger ses propres actes. Car tout idéal de justice ne peut jamais s'appliquer qu'à soi-même.
Car si tu disposes de la vie, tu dois la donner ! Comme les lois s'appliquent à la spiritualité, elles s'appliquent dans la pratique. Car l'Esprit est le Fondateur !
Si tu veux avoir de l'amour, tu dois te montrer aimable. Si tu veux avoir des amis, tu dois te montrer amical. Si tu veux la paix et l'harmonie, cesse de ne penser qu'à toi, agis avec harmonie et paix dans tes associations.
Car chaque âme suit le processus de son développement pour devenir pleinement consciente de l'existence de son Créateur. Le Seigneur a dit : «Comme tu agis à l'égard du plus modeste de ceux que tu rencontres, jour après jour, ainsi tu agis à l'égard de ton Dieu.»
Ne sois pas déçu et ne te méprends pas. On ne se rit pas de Dieu. Car ce que l'homme a semé, l'homme le récolte et il est sans cesse confronté à lui-même !
Si tu essaies d'agir par toi-même, c'est alors le karma. Fais plutôt le bien comme Il l'a fait, à ceux qui font preuve de haine à ton égard et là tu vaincras, quoi que tu aies fait à tes semblables !»

J’entends des voix, pas vous ? Selon l’Express

L'Express a fait paraître, dans son numéro 3224 sorti le 17 avril 2013, un article intitulé «J'entends des voix, pas vous ?» dans lequel la journaliste Estelle Saget expose, sur deux pages, la particularité de ceux qui entendent des voix provenant de l'invisible. En s'en tenant au titre, on ne peut pas savoir si l'article est traité sous un aspect psy ou sous un aspect mystique. Mais, le ton est ensuite vite donné quand, dès le préambule, on peut lire qu'un français sur dix aurait des «hallucinations auditives». Soit ! Mais alors, que viennent faire, dans cet article, les illustrations de Jeanne d'Arc, Jésus et Socrate, mises sur le même plan que les photos d'Amélie Nothomb et Zinedine Zidane qui s'intercalent parmi ces illustres figures de l'histoire mondiale ? Le journal de l'Express

Mme Saget commence son article par un retour en arrière, à l'époque où «entendre des voix n'était pas signe de maladie mentale» et cite, bien entendu, la plus célèbre des médiums auditives, incontournable en la matière, notre célèbre Jeanne d'Arc. Aurait-elle aujourd'hui réussi à galvaniser l'armée comme elle le fit en 1429 ? La question reste évidemment posée mais, ce que semble ignorer Mme Saget, c'est que, même à cette époque, Jeanne d'Arc a dû faire preuve d'une foi inébranlable et d'une puissante détermination pour permettre aux bons Esprits de l'assister autant que possible dans sa mission, comme nous pouvons le lire, entre autre, dans le livre d'Ermance Dufaux, «Jeanne d'Arc par elle-même».
Puis, la journaliste remonte à l'Antiquité et évoque le non moins célèbre Socrate qui affirmait entendre une voix qu'il attribuait à un Esprit d'une très grande sagesse qui l'aida à développer «une école de pensée si influente qu'elle traversa les siècles sous le nom de méthode socratique». Ici encore, on fait silence sur les farouches oppositions auxquelles il dut faire face et qui l'amenèrent jusqu'au procès à l'issue duquel Socrate fut condamné à boire un poison mortel.
Il n'y a plus qu'un pas à sauter pour affirmer ensuite que les prophètes des grandes religions, comme Jésus ou Mahomet, auraient été diagnostiqués schizophrènes s'ils avaient été nos contemporains. Selon la journaliste, un médecin, aujourd'hui, les dirait victimes d'hallucinations auditives, signe qui authentifie une psychose.
C'est vraiment ne porter aucun crédit aux propos des prophètes, ni aux comportements, gestes ou actes qui étaient les leurs, justement peut-être parce qu'ils étaient influencés par une voix. C'est leur faire injure que de les comparer à un schizophrène commun qui n'a certainement pas le verbe et le rayonnement d'un Jésus puisque la voix entendue n'est pas de même « qualité », c'est le moins qu'on puisse dire... Par contre, ce qui rapproche Jeanne d'Arc, Socrate ou Jésus du schizophrène c'est qu'ils ont tous dû, chacun à leur époque, faire face aux attaques virulentes qui leur étaient adressées parce qu'on les prenait pour des «illuminés», à la différence que les premiers ont tous été condamnés à mort parce que, jusqu'à la fin, ils ont refusé de renier leurs voix, alors que le schizophrène d'aujourd'hui ne sera, au pire, que «condamné» à être soigné en hôpital. C'est donc une vision bien simpliste que de prétendre que c'était mieux avant, en oubliant toutes les batailles qu'il a fallu mener et qui aboutirent toutes, tout de même, à des condamnations à mort...
La suite de l'article est plus intéressante : «Le regard porté sur cette particularité plus répandue qu'on ne l'imagine devrait changer avec les débuts, en France, du Réseau sur l'Entente de Voix[1]» Le REV serait un mouvement d'entraide, créé en 2011, sur le modèle des Alcooliques Anonymes. Leur but est de s'épauler entre pairs pour essayer de mener une vie normale, même si l'on converse avec des «gens» invisibles pour l'entourage.
Estelle Saget se demande si le problème ne viendrait pas en fait de nos sociétés trop cartésiennes et laïques car, dans d'autres cultures, il n'y a pas le même tabou. Et elle cite, pour illustrer ses propos, l'idole du football Zinedine Zidane qui a admis être revenu au football, un an après avoir quitté l'équipe de France car il avait parlé avec une voix, une nuit à 3 heures du matin. La journaliste cite une biographie du joueur où il est écrit que, «pour un musulman, ce peut être valorisant d'entendre une voix car, implicitement, Dieu s'adresse à vous, ce qui est un honneur.» Et pour un chrétien ? Cet honneur n'existerait pas ? Nous en voyons pourtant régulièrement qui sont particulièrement honorés de recevoir ce qu'ils perçoivent comme des «missions très secrètes».
De toute manière, que ce soit chez les chrétiens ou chez les musulmans, Zidane n'a eu qu'à subir quelques petites moqueries qui ne l'ont, quoi qu'il en soit, pas empêché de revenir au football. Serait-ce uniquement parce que les footballeurs sont considérés par certains comme les dieux du stade ?
Selon une hypothèse scientifique, «les voix seraient en fait un discours intérieur qui ne serait plus repéré comme tel par le cerveau, donc considéré comme une production extérieure» et elles surviendraient plus volontiers après un choc émotionnel. L'expérience concernerait 4 à 10 % de la population, et même le double chez les jeunes adolescents entre 11 et 13 ans.
La journaliste tente une nouvelle comparaison hasardeuse en écrivant : «Au Moyen Age, Jeanne d'Arc révèle qu'elle entend des voix et galvanise l'armée. Six siècles plus tard, quand Amélie Nothomb prétend la même chose, elle passe pour une fêlée.»
En dehors des réactions engendrées par la révélation de ces phénomènes qui, comme on l'a vu, ne sont pas aussi « évidentes » que Mme Saget semble l'affirmer, la teneur des messages, leur qualité, leurs objectifs, c'est à dire ce que les voix nous poussent à faire, ne permettent pas de mettre Jeanne d'Arc dans le «même panier» qu'Amélie Nothomb ou qu'un autre jeune, cité par ailleurs dans l'article, qui s'en prenait violemment à ses camarades de classe en pensant que c'étaient eux qui l'insultaient.
Notre intérêt s'éveille lorsque la journaliste laisse la parole à Vincent qui explique, qu'après un an de travail avec le groupe d'entraide d'Armentières, il a pu, non seulement se débarrasser de la plus agressive des voix qui l'insultait avec véhémence mais, aussi, et c'est là que l'approche est différente, accepter qu'une nouvelle voix s'élève à présent pour le défendre quand les autres le tourmentent. Ce changement est dû au fait qu'il a appris à considérer les voix comme des personnes réelles sur lesquelles il cherche à reprendre le dessus : il leur donne des rendez-vous pour s'expliquer et refuse de discuter en dehors, il pose des limites et, de ce fait, limite leur pouvoir, ...
Aussi, oublions les comparaisons malheureuses entre, d'une part, Jésus, Socrate et Jeanne d'Arc qui, d'après Estelle Saget, auraient eu toutes les facilités du monde dues à la reconnaissance accordée à leurs voix et, d'autre part, les «pauvres» Zinedine Zidane et Amélie Nothomb qui doivent essuyer quelques (rares) moqueries lorsqu'ils admettent courageusement entendre des voix et ne voyons que l'aspect positif de cet article qui est dans l'information de la démarche novatrice du groupe d'entraide REV. Là bas, sans avoir à séparer le schizophrène du mystique, on apprend à gérer les voix en différenciant les voix perturbatrices des voix qui peuvent nous soutenir et nous guider, appelées aussi les voix de Dieu ou voix de la conscience.
Même si l'on ne s'en rend pas toujours compte, la voix de la conscience est souvent étouffée par une multitude d'autres voix qui aimeraient nous imposer leur point de vue. Remettons donc de l'ordre dans nos idées et, comme dans la vraie vie avec notre entourage, faisons taire les perturbateurs et choisissons de n'écouter que les conseils les plus sages. Comment les distinguer ? Ce sont les voix qui nous poussent uniquement à faire le bien en taisant toutes les colères, rancoeurs ou jalousies qui pourraient nous parasiter. Vous pensez que c'est plus facile à dire qu'à faire et vous avez raison ! Mais c'est là qu'interviennent l'amour, la volonté et la persévérance assistées de la foi qui permettra toujours d'avoir le secours nécessaire pour «distinguer la vérité de l'imposture».

L'ABC du coeur

Nous recevons quotidiennement, au centre, de nombreuses demandes d'informations, de renseignements, d'appui ou de secours et nous nous efforçons d'y répondre du mieux possible. Parmi les courriels de demandes habituels, nous avons eu l'agréable surprise de trouver un message qui, par sa généreuse initiative, se distinguait des autres.
En effet, Benoît nous écrivait : «J'ai lu la plupart des ouvrages de Kardec et Denis ; durant mes lectures, j'ai noté tous les adjectifs qui correspondent aux hommes de bien. Je les ai noté, puis ajouté leurs définitions et autres annotations. J'utilise ce petit «résumé» pour me rappeler le plus souvent possible du chemin que je dois prendre afin de me perfectionner. Je vous le transmets, si cela vous semble utile, vous pouvez y apporter vos commentaires et le diffuser dans votre centre. »
Après avoir pris soin de confirmer son autorisation, nous sommes heureux de pouvoir vous faire profiter, aujourd'hui, du patient travail de Benoît. Afin de ne pas lasser votre attention par une suite de définitions qui s'avèrerait trop rébarbative, nous avons choisi de commencer par vous transmettre, dans ce numéro, uniquement les qualités de coeur commençant par l'une des trois premières lettres de l'alphabet ce qui présente au moins l'avantage (valable uniquement cette fois-ci) d'être en totale conformité avec le titre...

Abnégation (oubli de soi)
Renoncement ou sacrifice consenti pour des motifs de perfection morale et spirituelle.

Affable
Se montre d'un accueil bienveillant et engageant envers les personnes qui viendraient à l'approcher

Aide
Action d'aider quelqu'un, concours que l'on prête, soutien moral ou secours matériel que l'on apporte

Amour
Depuis le créateur jusqu'à la plus humble des créatures, rien n'échappe à la grande loi de l'amour. Les corps simples tendent par l'attraction, qui est une sorte d'amour, au point de l'espace qui leur fut destiné. Les corps composés ont une sympathie, un amour du même genre que le précédent, pour les lieux où ils se formèrent ; ils y acquièrent la plénitude de leur développement ; ils en tirent toutes leurs vertus. Les plantes manifestent déjà une préférence, un amour plus marqué, pour les climats, les expositions, les terrains plus favorables à leur complexion. Les animaux donnent des signes d'un attachement plus vif, d'un amour aisément reconnaissable, qui les rapproche entre eux et quelquefois les rapproche de l'homme. L'homme enfin est doué d'un amour qui lui est propre pour les choses honnêtes et parfaites,... F. OZANAM, Essai sur la philosophie de Dante, 1838, p. 139.
Avec cet amour rien n'est plus nécessaire pour nous sur la terre, parce qu'il contient tout, qu'il est tout, et qu'il apprend tout. Voilà pourquoi nous sommes toujours en rapport avec Dieu, parce qu'il est l'amour universel.L.-C. DE SAINT-MARTIN, L'Homme de désir, 1790, p. 402.
Je vous le dis en vérité, celui qui aime, son coeur est un paradis sur la terre. Il a Dieu en soi, car Dieu est amour. F.-R. DE LAMENNAIS, Les Paroles d'un croyant, 1834, p. 150.
Les hommes sont malheureux par manque de foi ou par égoïsme. Mais comment faire comprendre cela ? Qu'une âme se dise à la fois religieuse et malheureuse, cela est une extraordinaire invention.
(...) Bien peu d'âmes comprennent que l'on peut se sauver de l'égoïsme par un autre amour que par celui des créatures (par le pur amour de Dieu). A. GIDE, Journal, 1895, p. 57.
L'amour n'aime pas en vue d'une récompense, puisqu'il cesserait alors par le fait même d'être l'amour ; mais il ne faut pas non plus lui demander d'aimer en renonçant à la joie que lui donne la possession de son objet, car cette joie lui est coessentielle ; l'amour accepterait de ne plus être l'amour s'il renonçait à la joie qui l'accompagne. Tout amour vrai est donc à la fois désintéressé et récompensé ; disons plus, il ne peut être récompensé que s'il est désintéressé, puisque le désintéressement est son essence même. Qui ne cherche dans l'amour d'autre prix que l'amour reçoit la joie qu'il donne ; qui cherche dans l'amour autre chose que l'amour perd à la fois l'amour et la joie qu'il donne. L'amour ne peut donc exister que s'il ne demande point de salaire, mais il lui suffit d'être, pour être payé. É. GILSON, L'Esprit de la philosophie médiévale, t. 2, 1932, p. 77.

Aumône
Don matériel ou en espèces fait aux pauvres par charité.

Bienveillance
Une affection qui nous porte à désirer le bonheur de notre prochain. Qualité d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. Qualité de celui, celle qui prodigue ses bienfaits à autrui, tendance à faire du bien.

Bonté
Caractère de ce qui est conforme au bon, au bien, aux valeurs morales reconnues favorables à l'épanouissement de l'Homme. Qualité d'une personne bonne, portée à considérer, traiter les autres d'une façon favorable, en s'abstenant de leur nuire, et surtout en oeuvrant pour leur épanouissement vital, aux dépens même de ses propres intérêts.

Candeur
Pureté de l'âme qui se manifeste par un comportement simple et sincère.

Charité
Principe de lien spirituel, moral qui pousse à aimer de manière désintéressée. La loi de justice enseigne que tous sont égaux devant leur père qui est Dieu, et devant leur seul maître qui est le Christ. La loi de charité leur apprend à s'aimer et à s'entraider comme les fils d'un même père et les disciples d'un même maître.

Clémence
Vertu suivant laquelle celui qui a autorité de punir, est enclin à pardonner au coupable ou à modérer son châtiment. La clémence infinie de Dieu ; la clémence royale ; user de sa clémence ; la clémence du juge, d'une mère ; des paroles de clémence.

Concorde
Rapport moral, situation qui existe entre des personnes ayant même disposition de coeur, d'esprit, et vivant en harmonie, éventuellement en collaborant à une oeuvre commune.

Courage
Fermeté de coeur, force d'âme qui se manifestent dans des situations difficiles obligeant à une décision, un choix, ou devant le danger, la souffrance. Qualité de caractère d'un individu, qui le rend prêt à réagir positivement devant une situation morale difficile.

Rubrique “Lu et aimé” : Et la vie continue Le livre Et la vie continue

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a ouvert les yeux de façon très réaliste sur le lien et les interactions entre nos vies passées et les épreuves présentes. De manière très explicite, et à partir du vécu de deux personnes sur terre, nous comprenons ce que nous pouvons être amenés à faire lorsque nous arrivons dans le monde des Esprits : cela montre notre impact de notre vie, sur Terre et les possibilités de réparer tant sur terre, qu’après notre mort (dans l’au-delà)…
J’ai choisi un extrait du livre sur un aparté à caractère général, que je trouve très positif ; pour autant, ce texte ne représente pas le contenu du livre tel que je l’ai présenté ci-dessus :
«Frères de la Terre, apprenez à tolérer et à pardonner, pendant que vous vivez les vicissitudes de l’expérience humaine. Si vous fûtes blessés ou calomniés, insultés ou exécrés, oubliez le mal, tout en faisant le bien… Vous qui avez eu la confiance trahie, l’esprit déchiré par les pièges de l’ombre, faites de l’amour la lumière qui éclairera les lieux où vous vous trouvez !... Compagnons qui fûtes vilipendés ou insultés dans vos intentions les plus sublimes, oubliez les offenses et bénissez les outrages car ils vous épurent le cœur et vous acheminent vars la Vie Majeure !... Sœurs qui subirent d’indescriptibles agressions dans votre propre chair, méprisées par les bourreaux qui vous rendirent folles d’angoisse après vous avoir comblées de fausses promesses,bénissez ceux qui détruisirent vos rêves !... Mères célibataires qui fûtes chassées du foyer et battues jusqu’à la chute dans la prostitution, pour avoir eu le courage suffisant de ne pas assassiner dans votre propre ventre les enfants de votre malheur, par la folie de l’avortement provoqué ; mères angoissées auxquelles, maintes fois, on refuse le droit de défense accordé à nos frères criminels dans les prisons, pardonnez vos bourreaux. Pères qui portez aux épaules, écorchées par la souffrance, la charge douloureuse d’avoir des enfants ingrats, fils qui subissez dans la chair et dans l’esprit, le despotisme et la brutalité des pères insensibles, et conjoints qui vivez dans l’incompréhension et l’égoïsme, pardonnez-vous les uns des autres !...
Obsédés de tous genres, entourez de pitié et d’espoir les êtres malheureux aussi bien incarnés que désincarnés qui torturent vos heures ! Créatures lésées ou persécutées de tous les coins du monde, pardonnez à tous ceux qui furent les causes de vos souffrances et de vos larmes.
Quand vous serez sur le point de rendre une offense, rappelez-vous celui qui vous apprit à «aimer les ennemis» et «à prier pour ceux qui nous persécutent et nous calomnient… Vous faire atteindre la libération tant souhaitée !»

Ainsi lorsque Evelina décède, elle retrouve un fiancé, qui s’est suicidé parce qu’elle avait finalement choisi un autre. Elle devra comprendre en quoi, elle a contribué à la souffrance et à la mort de ce fiancé et comment elle pourra l’aider dans l’au-delà et ainsi réparer ses erreurs. En réalité, ce fiancé ne s’est pas suicidé mais il a été tué par l’autre fiancé d’Evelina, qui est d’ailleurs devenu son mari. Il n’en demeure pas moins qu’elle est pour partie responsable de la souffrance et du grand sentiment d’amour que son ex-fiancé lui voue.
Ce qui m’a touché dans ce livre, c’est le réalisme de nos interactions dans nos relations dans notre vie sur terre et de fait, ce qui nous rend si humains et donc aussi si faibles, si tant de défauts. Ce qui me touche aussi, c’est d’avoir réalisé, à travers ce livre, l’amplitude des conséquences de nos actes sur les autres personnes, même le simple petit fait peut avoir des répercussions telles que cela me questionne sur mes propres actes envers les autres.
Par moments, ces interactions sont telles, que cela m’attriste, et pourtant ce n’est pas mon histoire. Alors, je me dis que je peux peut être au moins essayer de faire quelque chose pour ma propre histoire. Parfois, j’arrive à encaisser, supporter les attitudes des autres, à ne surtout pas leur répondre et en quelque sorte leur pardonner ou du moins les excuser ; pourtant, j’aimerai tant les remettre à leur place parfois ! Mais, d’autant plus, après avoir lu ce livre, je sais pourquoi je ne réponds pas aux attaques stériles et déplacées car je préfère me taire plutôt que moi aussi, être responsable d’avoir pu blesser ces mêmes personnes. Parfois, je cède encore à mes pulsions et à mon orgueil mais je sais aujourd’hui pourquoi souvent je préfère me taire et excuser… Celui qui ne sait pas ce qu’il fait… Alors que moi je sais les risques et conséquences que mes actes peuvent avoir.

Un film de cet ouvrage vient d’être réalisé,
nous attendons donc la sortie du dvd avec impatience.

[1] Site: http://www.revfrance.org/