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Bulletin 36

Bulletin 36 - Mars 2009
Sommaire

Editorial

Ils sont nombreux ceux qui occupent un poste important de notre société mais qui ne veulent pas se déjuger devant l’opinion publique. Une carrière matérielle même temporelle est encore aujourd’hui préférée au chemin épineux de l’âme immortelle. Il n’entre pas encore dans les conventions de croire au monde des Esprits. Impératrice ou président, ils ont cru aux forces de l’esprit sans jamais affirmer à la face du monde leur conviction. Les hommes de pouvoir s’entourent de philosophes attirés par cette connaissance et le clergé a toujours veillé à ne pas disperser ce qu’il considère comme une hérésie. A toutes les époques, des hommes ont été éclairés et avaient l’intuition de l’au delà et de ces secrets. La connaissance est donnée selon l’avancement moral de nos sociétés et de ses possibilités de compréhension ; chacun par ses intuitions en retire un enseignement. L’ectoplasmie fait partie de ces mystères qui produisent les mêmes effets dans les mêmes conditions. L’étude de ce phénomène n’a pas encore été suffisamment approfondi pour en mesurer l’impact sur notre civilisation tout comme l’acceptation de la révélation spirite n’a été qu’éphémère. Une flamme s’est éteinte laissant l’ignorance se répandre sans effort. Les braises ne demandent qu’à être attisés pour qu’une nouvelle génération en comprenne le caractère indispensable. Les idées naissent et ont besoin de mûrir, les âmes renaissent et ont besoin de grandir.

Gilles Fernandez

L'impératrice, Maria Féodorovna et Johann Kasper Lavaster, échanges de correspondances

 Johann Kasper Lavaster

C’est une suite de lettre que nous allons parcourir ensemble. Il s’agit d’une correspondance établie entre Johann Kaspar Lavater ou Gaspard Lavater et l'impératrice Marie de Russie, épouse de Paul Ier.
Lavater (1741–1801) était un théologien et un écrivain suisse qui s'est surtout fait connaître pour son ouvrage sur la physiognomonie (L’Art de connaître les hommes par la physionomie). La bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg a publié, en 1858, à un très petit nombre d'exemplaires, un recueil de ces lettres inédites.
Mais laissons de côté l’aspect historique de ces communications et attachons nous davantage à la philosophie, éminemment spirite qu’elles renferment, notamment sur les rapports qui existent entre le monde visible et le monde invisible, la médiumnité intuitive et l'influence des fluides.
Dans la revue spirite de 1868., on peut lire ces lettres, elles sont au nombre de six et présentent le plus haut intérêt, en ce qu'elles prouvent positivement que les idées spirites, et notamment celles sur la possibilité des rapports entre le monde spirituel et le monde matériel, germaient en Europe il y a bientôt soixante et dix ans, et que non seulement le célèbre physionomiste avait la conviction de ces rapports, mais qu'il était lui-même ce que, dans le Spiritisme, on appelle un médium intuitif, c'est-à-dire un homme recevant par intuition les idées des Esprits et transcrivant leurs communications. Les lettres d'un ami défunt que Lavater avait jointes à ses propres lettres, sont éminemment spirites ; elles développent et éclaircissent, d'une manière aussi ingénieuse que spirituelle, les idées fondamentales du Spiritisme, et viennent à l'appui de tout ce que cette doctrine offre de plus rationnel, de plus profondément philosophique, religieux et consolant pour l'humanité.

A la lecture de la première lettre, Lavater nous invite à réfléchir sur l’état de l’âme après la mort et nous fait part de ses impressions. Bien avant qu’Allan Kardec ne publie «le livre des Esprits», Lavater nous parle de l’existence de l’âme, des perceptions qu’elle acquiert après la libération du corps physique et d’un nouveau corps, le corps spirituel.
On retrouve dans la phrase «L'homme récolte ce qu'il a semé» toute l’instruction des Esprits relative à la loi de cause à effet. De même pour la loi d’affinité «Ce qui se ressemble tend à se réunir. Tout ce qui est identique s'attire réciproquement» d’où il en déduit, en l’occurrence très judicieusement, le positionnement des Esprits en fonction de leur élévation spirituelle. Voici quelques extraits :
“Très vénérée Marie de Russie !
Daignez m'accorder la permission de ne pas vous donner le titre de majesté, qui vous est dû de la part du monde, mais ne s'harmonise pas avec la sainteté du sujet dont vous avez désiré que je vous entretinsse, et afin de pouvoir vous écrire avec franchise et toute liberté.
Vous désirez connaître quelques-unes des mes idées sur l'état des âmes après la mort… Je pense qu'il doit exister une grande différence entre l'état, la manière de penser et de sentir d'une âme séparée de son corps matériel, et l'état dans lequel elle se trouvait pendant son union avec ce dernier. Cette différence doit être au moins aussi grande que celle qui existe entre l'état d'un enfant nouveau-né et celui d'un enfant vivant dans le sein de sa mère.
Nous sommes liés à la matière, et ce sont nos sens et nos organes qui donnent à notre âme les perceptions et l'entendement… Je pense que le monde visible doit disparaître pour l'âme séparée de son corps, tout comme il lui échappe pendant le sommeil. Ou bien le monde, que l'âme entrevoyait pendant son existence corporelle, doit apparaître à l'âme dématérialisée sous un aspect tout autre… Mais si elle est, aussitôt après avoir quitté son corps, ce que je trouve très vraisemblable, pourvue d'un corps spirituel, qu'elle aurait retiré de son corps matériel, le nouveau corps lui donnera indispensablement une tout autre perception des choses…
L'âme perfectionne elle-même, en existant sur la terre, les qualités du corps spirituel, du véhicule dans lequel elle continuera d'exister après la mort de son corps matériel, et qui lui servira d'organe pour concevoir, sentir et agir dans sa nouvelle existence.
Tout ce qu'on peut, et tout ce que nous ne pouvons pas encore dire sur l'état de l'âme après la mort, se basera toujours sur ce seul axiome permanent et général : L'homme récolte ce qu'il a semé…
Ce qui se ressemble tend à se réunir. Tout ce qui est identique s'attire réciproquement, s'il n'existe pas d'obstacles qui s'opposent à leur union.»… L’âme éprouvera une tendance irrésistible à se diriger vers les âmes qui lui ressemblent et à s'éloigner de celles qui lui sont dissemblables. Son propre poids intérieur, comme obéissant à la loi de la gravitation, l'attirera dans des abîmes sans fond (au moins c'est ainsi que cela lui semblera) ; ou bien, d'après le degré de sa pureté, elle s'élancera, comme une étincelle emportée par sa légèreté dans les airs, et passera rapidement dans les régions lumineuses, fluidiques et éthérées.

Dans la deuxième lettre il aborde l’état de l’âme après la phase de désincarnation. L’âme, comme il l’écrit très justement, ne se transforme en rien lors du passage dans le monde spirituel et se retrouve fatalement dans l’environnement qui lui correspond.
Les besoins éprouvés par l'esprit humain, durant son exil dans le corps matériel, restent les mêmes aussitôt après qu'il l'a quitté…
Le besoin que ressent l'âme de satisfaire les aspirations spirituelles d'autres âmes immortelles de leur procurer les pures jouissances de la vie, de leur inspirer l'assurance de la continuation de leur existence après la mort, de coopérer par là au grand plan de la sagesse et de l'amour suprêmes, le progrès acquis par cette noble activité, si digne de l'homme, ainsi que le désir désintéressé du bien, donnent aux âmes humaines l'aptitude, et, partant, le droit d'être reçues dans les groupes et les cercles d'Esprits plus élevés, plus purs, plus saints…
Et quelles sont les âmes, madame, que nous appelons impures ? Je pense que ce sont celles dans lesquelles le désir de s'épurer, de se corriger, de se perfectionner, n'a jamais prédominé. Je pense que ce sont celles qui ne se sont pas soumises au principe élevé du désintéressement en toutes choses, celles qui se sont choisies elles-mêmes pour centre unique de tous leurs désirs et de toutes leurs idées, celles qui se regardent comme le but de tout ce qui est en dehors d'elles, qui ne cherchent que le moyen de satisfaire leurs passions et leurs sens, celles enfin dans lesquelles règnent l'égoïsme, l'orgueil, l'amour-propre et l'intérêt personnel, qui veulent servir deux maîtres qui se contredisent, et cela simultanément. De pareilles âmes doivent se trouver, je pense, après leur séparation d'avec leur corps, dans le misérable état d'une horrible contemplation d'elles-mêmes ; ou bien, ce qui revient au même, du mépris profond qu'elles ressentent pour elles-mêmes, et être entraînées par une force irrésistible vers l'affreuse société d'autres âmes égoïstes, se condamnant elles-mêmes sans cesse.
On peut voir déjà dans quel ordre d'idées Lavater écrivait à l'impératrice Marie, et jusqu'à quel point il possédait l'intuition des principes du Spiritisme moderne. On en jugera mieux encore par le complément de cette correspondance. Pour entretenir une correspondance sur un pareil sujet avec l'impératrice, il fallait que celle-ci partageât ces idées, et plusieurs circonstances ne permettent pas de douter qu'il en était de même du tsar, son époux. C'est sur sa demande, ou mieux sur leur demande, que Lavater écrivait, et le ton de ses lettres prouve qu'il s'adressait à des personnes convaincues. Comme on le voit, les croyances spirites, dans les hautes régions, ne datent pas d'aujourd'hui.

 Paul 1er

On peut d'ailleurs voir, dans la Revue d'avril 1866, page 120, le récit d'une apparition tangible de Pierre le Grand à ce même Paul Ier.
Les lettres de Lavater ayant été lues à la société de Paris et une conversation s'étant engagée à ce sujet, l’Esprit de Paul Ier, attiré sans doute par la pensée qui était dirigée vers lui à cette occasion, se manifesta spontanément et sans évocation par l'un des médiums auquel il dicta la communication suivante, dont voici quelques extraits :
Le pouvoir est chose lourde, et les ennuis qu'il laisse impressionnent douloureusement notre âme ! Les déboires sont continuels ; il faut se conformer aux habitudes, aux vieilles institutions, au parti pris, et Dieu sait ce qu'il faut de résistance pour s'opposer à tous les appétits qui viennent battre le trône comme des flots tumultueux. Aussi quel bonheur quand, laissant un instant cette robe de Nessus appelée royauté, on peut s'enfermer dans un lieu paisible, où l'on puisse reposer en paix loin du bruit et du tumulte des ambitions !...
Lavater, ce grand cœur, ce grand Esprit, ce frère prédestiné, nous initiait à sa sublime doctrine ; ses lettres, que vous possédez aujourd'hui, étaient attendues par nous avec une fiévreuse anxiété. Tout ce qu'elles renferment était le mirage de nos idées personnelles ; nous les lisions, ces chères lettres, avec une joie enfantine, heureux de déposer notre couronne, sa gravité, son étiquette, pour discuter les droits de l'âme, son émancipation et sa course divine vers l'éternel…
Toutes ces questions, brûlantes aujourd'hui, nous les avons acceptées il y a soixante-dix ans ; elles faisaient partie de notre vie, de notre repos. Bien des effets étranges, des apparitions, des bruits, avaient fortifié notre opinion à ce sujet. L'impératrice Marie voyait et entendait les Esprits ; par eux, elle avait su des événements passés à de grandes distances…

Dans la quatrième lettre il disserte sur la responsabilité de l’âme par rapport à son devenir, et notamment sur l’unicité du chemin spirituel de chaque être.
Chaque Esprit, selon son caractère individuel, non seulement moral et religieux, mais même personnel et officiel, aura des souffrances à supporter après sa mort terrestre et jouira de félicités qui ne seront appropriées qu'à lui seul. La loi générale s'individualisera pour chaque individu en particulier, c'est-à-dire qu'elle produira dans chacun un effet différent et personnel, tout comme le même rayon de lumière traversant un verre coloré, convexe ou concave, en tire, en partie, sa couleur et sa direction…
Je me sentirai heureux en apprenant que vous avez compris comment chaque homme, par la formation de son caractère individuel et le perfectionnement de son individualité, peut se préparer à lui-même des jouissances particulières et une félicité appropriée à lui seul.
Il adjoint d’ailleurs à cette lettre, une communication reçue d’un ami désincarné qui nous éclaire sur la soif de se manifester depuis le monde spirituel et sur la manière dont se déroule un échange médiumnique. Lisons :
Je sais que le désir que tu éprouves d'avoir des notions sur moi, ainsi qu'en général sur l'état de tous les Esprits désincarnés, est bien grand, mais il ne surpasse pas le mien de t'apprendre ce qu'il est possible de révéler…
Je dois commencer par t'expliquer, mon bien-aimé, à toi que j'aime tous les jours davantage, par quel moyen il m'est possible de t'écrire, sans pouvoir toucher en même temps le papier et conduire la plume, et comment je puis te parler dans une langue toute terrestre et humaine que, dans mon état habituel, je ne comprends pas…
J'ai trouvé un Esprit, ou plutôt un homme accessible à la lumière, dont j'ai pu m'approcher, et c'est par son organe que je te parle. Sans son intermédiaire, il m'aurait été impossible de m'entretenir avec toi humainement, verbalement, palpablement, de t'écrire en un mot…
Tu reçois donc de cette manière une lettre anonyme de la part d'un homme que tu ne connais pas, mais qui nourrit en lui une forte tendance vers les matières occultes et spirituelles. Je plane au-dessus de lui ; je me pose sur lui, à peu près comme le plus divin de tous les Esprits s'est reposé sur le plus divin de tous les hommes, après son baptême ; je lui suscite des idées ; il les transcrit sous mon intuition, sous ma direction, par l'effet de mon rayonnement. Par un léger attouchement, je fais vibrer les cordes de son âme d'une manière conforme à son individualité et à la mienne. Il écrit ce que je désire lui faire écrire ; j'écris par son entremise ; mes idées deviennent les siennes…

La cinquième et la sixième lettre font état de communications reçues par psychographie, essentiellement sur les rapports qui existent entre les Esprits et ceux qu'ils ont aimés sur la terre. On y découvre aussi la notion de libre arbitre :
Nous éclairons dans la mesure de notre amour ; on nous reconnaît à cette clarté, et nous sommes attirés par toutes les natures aimantes et rayonnantes comme nous. Par l'effet d'un mouvement imperceptible, en donnant une certaine direction à nos rayons, nous pouvons faire naître dans des natures qui nous sont sympathiques des idées plus humaines, susciter des actions, des sentiments plus nobles et plus élevés ; mais nous n'avons le pouvoir de forcer ou de dominer personne, ni d'imposer notre volonté aux hommes dont la volonté est tout à fait indépendante de la nôtre.
Le libre arbitre de l'homme nous est sacré. Il nous est impossible de communiquer un seul rayon de notre pure lumière à un homme qui manque de sensibilité. Il ne possède aucun sens, aucun organe pour pouvoir recevoir de nous la moindre chose. Du degré de sensibilité que possède un homme dépend, - oh ! Permets-moi de te le répéter dans chacune de mes lettres, - son aptitude à recevoir la lumière, sa sympathie avec toutes les natures lumineuses, et avec leur prototype primordial. De l'absence de la lumière naît l'impuissance à s'approcher des sources de la lumière, tandis que des milliers de natures lumineuses peuvent être attirées par une seule nature semblable.
Mon bien-aimé, il existe des rapports impérissables entre ce que vous appelez les mondes visible et invisible, une communauté incessante entre les habitants de la terre et ceux du ciel qui savent aimer, une action bienfaisante réciproque de chacun de ces mondes sur l'autre.
Ne l'oublie pas, frère de la terre : tu vis visiblement dans un monde qui est encore invisible pour toi ! Ne l'oublie pas ! Dans le monde des Esprits aimants, on se réjouira de ta croissance en amour pur et désintéressé. Nous nous trouvons près de toi, quand tu nous crois bien loin. Jamais un être aimant ne se trouve seul et isolé. La lumière de l'amour perce les ténèbres du monde matériel, pour entrer dans un monde moins matériel.
Mais revenons à la revue spirite de 1868, dans laquelle est publiée une communication de Lavater, mais cette fois désincarné et donc à l’état d’esprit. On constatera que sa connaissance a évolué et que si l’essentiel du discours qu’il a tenu au travers de l’écriture de ces lettres, du temps de son vivant, est cohérent avec la réalité qu’il a pu découvrir, il n’en demeure pas moins qu’il reconnait certaines erreurs d’interprétation. Écoutons Lavater :
C'est qu'il faut, messieurs, tenir compte du temps, du degré d'instruction morale, et surtout du degré d'émancipation philosophique des peuples…
Les Esprits, dont je suis heureux aujourd'hui de faire partie, forment, eux aussi, des peuples, des mondes, mais ils n'ont pas de races ; ils étudient, ils voient, et leurs études peuvent incontestablement être plus grandes, plus vastes que les études des hommes ; mais, néanmoins, elles partent toujours des connaissances acquises, et du point culminant du progrès moral et intellectuel du temps et du milieu où ils vivent…
Mais l'éducation première, les enseignements étroits, la tradition et l'usage pesaient sur moi ; malgré mes aspirations à acquérir une liberté, une indépendance d'esprit que je désirais, aimant attractif pour les Esprits qui venaient se communiquer à moi, ne connaissant pas la science qui vous a été révélée depuis, je ne pouvais attirer que les êtres similaires de mes idées, de mes aspirations, et qui, avec un horizon plus large, avaient cependant la même vue bornée. De là, je le confesse, les quelques erreurs que vous avez pu remarquer dans ce qui vous est venu de moi…
C'est par le spiritisme que vous serez heureux, que sera assuré le bonheur des peuples ; que dis-je ? Le bonheur de tous les mondes ; car le Spiritisme, mot que j'ignorais, est appelé à faire de bien grandes révolutions ! Mais, rassurez-vous ; ces révolutions-là n'ensanglantent jamais leur drapeau ; ce sont des révolutions morales, intellectuelles ; révolutions gigantesques, plus irrésistibles que celles qui sont provoquées par les armes, par lesquelles tout est tellement appelé à se transformer, que tout ce que vous connaissez n'est qu'une faible ébauche de ce qu'elles produiront. Le Spiritisme est un mot si vaste, si grand, par tout ce qu'il contient, qu'il me semble qu'un homme qui en connaîtrait toute la profondeur ne pourrait le prononcer sans respect.

C’est alors que l’assemblée dans laquelle il se communiquait lui posa deux questions :
1° Vous dites que l'Impératrice porta ces idées à la connaissance de son entourage, et ainsi de proche en proche. Serait-ce à cette initiative, partie du point culminant de la société, que la doctrine spirite doit de rencontrer de si nombreuses sympathies parmi les sommités sociales en Russie ? – 2° Un point que je m'étonne de ne pas voir mentionné dans vos lettres, c'est le grand principe de la réincarnation, l'une des lois naturelles qui témoignent le plus de la justice et de la bonté de Dieu.
Réponse. – Il est évident que l'influence de l'Impératrice et de quelques autres grands personnages fut prédominante pour déterminer, en Russie, le développement du mouvement philosophique dans le sens spiritualiste ; mais, si la pensée des princes de la terre détermine souvent la pensée des grands qui se trouvent sous leur dépendance, il n'en est point de même des petits. Ceux qui ont chance de développer dans le peuple les idées progressives, ce sont les fils du peuple ; ce sont eux qui feront triompher partout les principes de solidarité et de charité qui sont la base du Spiritisme.
Aussi, Dieu, dans sa sagesse, a-t-il échelonné les éléments du progrès ; ils sont en haut, en bas, sous toutes les formes, et préparés pour combattre toutes les résistances. Ils subissent ainsi un mouvement de va-et-vient constant qui ne peut manquer d'établir l'harmonie des sentiments entre les hautes et les basses classes, et de faire triompher solidairement les principes d'autorité et de liberté.
Les peuples sont, comme vous le savez, formés d'Esprits qui ont entre eux une certaine affinité d'idées, qui les prédisposent plus ou moins à s'assimiler les idées de tel ou tel ordre, parce que ces mêmes idées sont, chez eux, à l'état latent et n'attendent qu'une occasion pour se développer. Le peuple russe et plusieurs autres sont dans ce cas par rapport au Spiritisme ; pour peu que le mouvement soit secondé au lieu d'être entravé, dix ans ne se passeraient pas avant que tous les individus, sans exception, soient Spirites. Mais ces entraves mêmes sont utiles pour tempérer le mouvement qui, quelque peu ralenti, n'en est que plus réfléchi. La Toute-Puissance, par la volonté de laquelle tout s'accomplit, saura bien lever les obstacles quand il en sera temps. Le Spiritisme sera un jour la foi universelle, et l'on s'étonnera qu'il n'en ait pas toujours été ainsi.
Quant au principe de la réincarnation terrestre, je vous avoue que mon initiation n'avait pas été jusque-là, et sans doute à dessein, car je n'eusse point manqué d'en faire, comme des autres révélations, le sujet de mes instructions à l'Impératrice, et peut-être cela eût-il été prématuré. Ceux qui président au mouvement ascensionnel savent bien ce qu'ils font. Les principes naissent un à un, selon les temps, les lieux et les individus, et il était réservé à votre époque de les voir réunis en un faisceau solide, logique et inattaquable.

Lavater.

Il serait superflu de faire ressortir l'importance de ces lettres de Lavater, qui ont partout excité le plus vif intérêt. Elles attestent, de sa part, non seulement la connaissance des principes fondamentaux du Spiritisme, mais une juste appréciation de ses conséquences morales. Mais le relai venait d’être assuré puisque dix ans avant cette ultime communication de Lavater, Allan Kardec publiait le livre des Esprits.

Maxence B.

Les phénomènes d'ectoplasmie

De la forêt à la civilisation, les Esprits enseignent aux hommes que la vie ne s’achève pas dans la tombe, de même qu’elle ne commence pas au berceau.

 Formation d'ectoplasme

Bozzano (1862, 1943) classa, pendant 30 ans, sous forme de fiches, tout ce qu’il lut et étudia en terme de phénomènes spirites et animiques. C’est au travers des 3000 volumes de sa bibliothèque qu’il put ainsi recenser l’ensemble des manifestations rapportées dans le monde. Il s’appuya notamment sur les recherches de l’anthropologue Andrew Lang et de l’ethnologue Max Freedom. On peut d’ailleurs lire, dans l’introduction de son ouvrage, Les phénomènes de hantise :
«L’un des cas est rapporté par le mythologiste Andrew Lang, dans un article publié par l’Occult Review (mars 1905) où il soutient la règle que les hantises ont pour origine les émanations subtiles des vivants conservées dans un milieu ordinairement inaccessible à nos sens. Il rapporte à ce sujet l’épisode suivant : Le poète Dante Gabriel Rossetti avait été passé quelques semaines dans un comté de l’Écosse ; et pendant son séjour il avait l’habitude de se promener dans sa chambre d’hôtel en déclamant des poésies. Du salon de l’hôtel, situé au-dessous, on percevait distinctement l’écho de ses pas et le son vibrant de sa voix. Quand le poète s’en alla, on continua à percevoir pendant plusieurs jours l’écho de ses pas et le son de sa voix qui déclamait des passages de poésies.»
Andrew Lang (1844 1912), pionnier de l'anthropologie étudie dans les tribus de Polynésie, pour démontrer l’existence des phénomènes spirites dans l’horizon tribal. Cet homme de lettre écossais, poète, romancier, critique littéraire, est surtout connu pour ses travaux sur le folklore, la mythologie et la religion. Il tente d'expliquer la formation de la religion, du surnaturel à partir du milieu naturel.
En ce qui concerne le problème des ectoplasmies, il convient de rappeler que l’ectoplasme, émanation fluidique du corps du médium, est aujourd’hui une réalité, scientifiquement démontrée. Le mot ectoplasme du Grec signifiant littéralement substance extériorisée fut forgé par le Professeur Charles Richet (1850 ,1935), professeur de physiologie à la Sorbonne à Paris, un lauréat du Prix Nobel et membre du prestigieux Institut de France qui enquêta sur ce sujet pendant trente ans.
La conclusion de Richet était : Il y a largement la preuve que la matérialisation expérimentale (ectoplasme) devrait prendre rang définitivement comme fait scientifique. Assurément nous ne le comprenons pas. Il est très absurde, si une vérité peut être absurde. Au début l’ectoplasme est invisible et intangible mais même là il peut être photographié en lumière infra rouge et pesé. Dans un deuxième temps il devient soit vaporeux ou liquide ou solide, avec une odeur voisine de celle de l’ozone. En dernier, quand il peut être vu et ressenti, il a l’apparence de la mousseline et est comme une masse de toiles d’araignée. A d’autres moments il est humide et froid et, en de rares occasions, sec et dur. Sa température est d’environ 4,5 ° Celsius ce qui explique la chute de température autour du phénomène physique.

Ce ne sont pas seulement les expériences classiques de Richet, Crookes, Schernck-Notzing et de bien d’autres qui ont prouvé son existence mais aussi et surtout les études expérimentales du professeur W. J. Crawford, de l’université de Belfast, en Irlande. Ces études ont été réalisées entre 1914 et 1920 par le médium Kathleen Goligher. Crawford a vérifié l’existence de leviers d’ectoplasme en produisant les phénomènes de lévitation. Plus tard, il a appelé ces leviers : «structures psychiques». Dans le Traité de Métapsychique, cependant, Richet se réfère à cette structure comme des «Leviers de Crawford». Le professeur W.J.Crawford était maître de conférence en ingéniérie mécanique à la Qeen’s University de Belfast (Université Royale de Belfast). Il mena de longues et méticuleuses études sur l’ectoplasme. Il écrivit trois livres : The Reality of Psychic Phenomena (1916), La réalité du phénomène psychique Experiments in Psychic Science (1919) Expérimentation dans le domaine psychique et The Psychic Structures in the Goligher Circle (1921) Les structures psychiques dans le Cercle Goligher. Il trouva que pendant la matérialisation le poids de son médium baissait de 54 kg à 30 kg. Le professeur Crawford trouva que toutes les manifestations physiques de ses médiums (élévation de tables, mouvements d’objets etc.) étaient réalisées par la construction d’ectoplasmes, lignes, entretoises, leviers. Dans ses Psychic Structures il fournit des photographies d’ectoplasme utilisé pour lever des tables.
Plus récemment, George Meek (1987) trouva que pendant la séance de matérialisation il y a une perte de poids temporaire à la fois du médium et du témoin car une substance est retirée de leurs corps. Dans ses propres expériences il trouva une perte de poids de 27 livres – approximativement 10 kilos – partagés entre le médium et quinze physiciens, psychologues et autres qui composaient l’équipe de recherche.
Gustave Geley a réalisé aussi des nombreuses expériences avec l’ectoplasme, en se servant du médium Eva Carrère, le même qui avait réalisé des séances avec Richet, à Alger, chez le général Noel, en produisant d’excellentes matérialisations de l’Arabe Bien Boas. Richet a publié dans le Traité une photographie de ces matérialisations, où l’on voyait le fantôme de Bien Boas planant dans l’air et relié par un «levier» au corps du médium. Geley a constaté, grâce aux critères scientifiques les plus rigoureux, les formes d’émanation fluidique de l’ectoplasme, qu’il a décrit comme «une substance blanchâtre qui sort du corps du médium». Nous conseillons à ceux qui s’intéressent à ce sujet de lire le chapitre intitulé Ectoplasme dans le livre Histoire du Spiritisme de Conan Doyle.
Mais ce qui nous intéresse, maintenant, c’est la relation de l’ectoplasme avec les forces magiques de Mana ou Orenda. Le terme Mana désigne un concept Polynésien que l'on retrouve sous différentes appellations dans d'autres peuples. C'est aussi le manitou des Algonquins, l'orenda des Iroquois. La notion de Mana, fondation de la magie et de la religion, est l'émanation de la puissance spirituelle du groupe et contribue à le rassembler. Mana, manitou, orenda, étaient aux forces de la nature le pendant de la tribu, le correspondant de son pouvoir.
Outre l’émanation fluidique blanchâtre décrite par Geley, l’ectoplasme se présente aussi sous une forme invisible. Il ressemble donc a une force impondérable, comme le magnétisme ou l’électricité. Le professeur italien Imoda dans ses expériences d’idéoplastie, qu’il a réalisé avec le médium Linda Gazzera, en collaboration avec Richet, expose une curieuse théorie des trois formes de l’ectoplasme : l’invisible, la fluidique et la concrète dans son livre Photographies de Fantôme. Geley, de son côté, a constaté que l’ectoplasme, dans sa forme invisible, tournait autour des personnes, pendant les séances, ou avant la production de phénomènes.
Le plus curieux, néanmoins, c’est la comparaison des données sur la force Mana ou Orenda, en Polynésie, par Freedom Long et les observations du professeur Crawford, à Belfast, sur l’ectoplasme. On vérifie donc la pleine correspondance entre les deux forces. Les peuples de Polynésie racontaient, comme nous l’avons déjà dit, que l’ectoplasme humain est produit par le mental. Le professeur Geley affirme, de son côté, que lors des séances expérimentales pratiquées par lui et par d’autres scientifiques européens et américains, les Esprits agissaient sur le cerveau des médiums et sur ceux des participants lors des réunions pour provoquer l’émanation de l’ectoplasme. La simple observation des sauvages, en traduisant une opinion sans prétention, coïncide ainsi avec l’observation scientifique de Geley. Comme dans bien des cas, la science confirme, de cette façon, une connaissance simple acquise par l’expérience ordinaire.
Une fois l’émanation provoquée, l’ectoplasme tourne autour des assistants, flue autour du groupe, en augmentant peu à peu son intensité et sa force pour se diriger finalement vers le médium. Il s’unit au système nerveux du médium en formant ce que Geley considère «un supplément». C’est grâce à ce «supplément» que les Esprits, appelés par Geley des «opérateurs», réussissent à produire, ensuite, les différents phénomènes de lévitation, de mouvement d’objets et de matérialisation. La théorie scientifique du «supplément» d’ectoplasme correspond aussi à la «superstition» polynésienne d’accumulation ou emmagasinement de Mana ou Orenda pour les opérations magiques postérieures. Il ne nous reste plus qu’à mettre en évidence que le processus de sélection du médium et de réalisation de séances est pratiquement le même chez les polynésiens et les spirites. Bozzano explique que ces peuples se servent d’individus sensitifs, après avoir éprouvé leurs qualités dans ce domaine, et ils réalisent leurs séances le soir ou à la tombée du jour évitant la lumière du soleil. Freedom Long donne des détails curieux. Les hommes se placent autour d’une petite hutte en paille pour chanter et danser à la tombée du jour. Le médium reste à l’intérieur de la hutte. Celle-ci correspond, comme nous pouvons le voir, à la cabine médiumnique des expériences scientifiques où le médium se débarrasse de l’incidence de la lumière dans la salle de séances. Les expériences de Crookes, par exemple, faites en pleine lumière, avec les matérialisations célèbres de Katie King, étaient de cet ordre. Le médium restait dans un cabinet ou dans une cabine, où se créait l’élaboration ectoplasmique. Ce n’est qu’après s’être matérialisé que l’esprit rejoint la salle éclairée.
Les phénomènes qui se produisent dans les forêts sont naturellement plus frustres, violents et forts que ceux qui se produisent dans les expériences scientifiques. Cela s’explique par la qualité mentale des assistants, du médium lui-même et, par conséquent, des «opérateurs» ou Esprits qui agissent dans ce milieu. Les phénomènes du milieu spirite sont plus subtils, revêtant, parfois, une harmonie et une beauté inégalable, comme cela se passait pendant les matérialisations de Katie King, avec Crookes, et pendant les célèbres séances avec le médium Douglas Home, où il y avait de merveilleuses matérialisations de mains.
Néanmoins, les mains plus rustres de la jungle et les délicates mains des séances de Home, révélaient la même chose : la survie de l’homme après la mort corporelle et la possibilité de communication entre incarnés et désincarnés. Les mains produites par Mana ou Orenda indiquent aux hommes le même chemin de spiritualisation indiqué par la main de l’ectoplasme.

José Herculano Pirès

Fils d’un pharmacien et d’une pianiste, Pires a eu très tôt un goût prononcé pour l’écriture. Autodidacte, il écrit son premier sonnet à neuf ans. Il publie son premier recueil de poésies à seize ans. Journaliste, philosophe, essayiste et enseignant, il fut un fervent spirite et nombre de ses œuvres furent acclamées par la critique.

 José Herculano Pirès

José Herculano Pires, ce grand écrivain spirite brésilien, ne se contentait pas de relater ce qu’il voyait. D’une part, il attaquait violemment le spiritisme, d’autre part, il en était un défenseur passionné. Le problème commun aux opposants et aux partisans du spiritisme est leur méconnaissance du sujet. «Les opposants partent d’une idée préconçue et agissent dans la précipitation. Les spirites se forgent une idée personnelle de la doctrine, un stéréotype mental dans lequel ils s’enferment.» (Introduction à la Philosophie Spirite) Il a beaucoup écrit et il a véhiculé les thèmes spirites les plus variés. La philosophie, l’éducation, la science, la religion et le mouvement spirite furent ses thèmes de prédilection. Il fut le sujet de nombreuses polémiques, et ne fuyait aucun débat.
Au sein du mouvement spirite et à l’extérieur, Herculano a défendu le spiritisme avec la ferveur d’un Don Quichotte. Ses écrits, ainsi que les débats auxquels il participa, ont marqué d’un sceau unique la défense publique du spiritisme, plus stigmatisée dans son compromis avec la logique et la vérité que dans ses personnalités et institutions. Les «prêtres magiciens» qui faisaient des expériences télévisées afin de « démontrer les fraudes des spirites» et les pasteurs, qui se dédiaient au combat contre le spiritisme, voyaient toutes leurs argumentations ou attaques contrées par les écrits ou les apparitions radio et télévisées de Herculano. Sa syntaxe se limitait à une exposition objective de faits et d’arguments. Sa sémantique préférée était celle du développement logique et rationnel.
Au sein du mouvement spirite, il combattait aussi les pratiques qu’il condamnait (comme les dérives de la médiumnité) et les concepts erronés (comme celui de la réforme de l’intime). Mal à l’aise avec les nombreuses entorses de la fédération spirite brésilienne, comme l’inexplicable soutien des thèses de Roustaing, Herculano ne se taisait pas, en arrivant, parfois, à heurter les sensibilités : «l’amour n’a de sens qu’allié à la vérité ».
Herculano était, sans aucun doute, passionné par le spiritisme. Dans ses études scientifiques, par exemple, se superposaient une infinité d’informations, jusqu’à leur étiolement, étayées par les études faites dans le monde entier. Fortement calquées sur la méthode kardéciste, elles aboutissaient à d’optimistes résultats, fruits de la recherche spirite.
Il est parvenu, dans la médiumnité, à confirmer la théorie spirite sur l’existence des énergies spirituelles et à démontrer qu’elle avait déjà été prouvée scientifiquement. Bien que ces conclusions soient discutables, la défiance envers les méthodes et conclusions de la recherche spirite est encore virulente aujourd’hui, on relève sa grande aptitude à mettre en relation des informations diverses. Cela, de manière à cerner un problème et ses causes potentielles, rappelant et complétant ce que faisaient Bozzano et Kardec : «la raison nous dit qu’il ne suffit pas de trouver une cause à un phénomène, il faut chercher la cause d’un assemblage consistant de phénomènes.» Quand il s’agit de sciences, il est fondamental de relever la contribution essentielle de Herculano ; dans ses études, il accomplissait la dissertation explicite entre le spiritisme et les segments les plus divers de la recherche psychique. De l’américain Rhine, au russe Vassiliev, du psychanalyste Freud, à l’ingénieur Bozzano. À l’inverse de beaucoup, qui préfèrent, timidement, dogmatiser la Doctrine, en débattant uniquement sur sa logique interne, Herculano expose et, ainsi, montre la force de la vision et de la méthode spirite.
Herculano était journaliste et travailla de nombreuses années au Diários Associados. L’écriture était sa vie, en vérité. Ce qui est frappant, en fait, c’est que son style ne se limitait pas strictement à l’objectivité journalistique. La discussion était fondamentale, ainsi que l’analyse et, parfois même, jusqu’à la divagation, à travers des chemins tortueux, qui à l’arrivée apportaient autre chose au point de départ. Sans aucun doute, Herculano était avant tout, un philosophe du spiritisme.
On peut, éventuellement, résumer la recherche continuelle de Herculano : sonder le grand mystère. À savoir : comprendre et disserter sur la vision spirite du monde, analyser sa contribution à la connaissance humaine, détailler sa méthode, évaluer le rôle de Kardec et des Esprits dans son élaboration et montrer ce que l’on a découvert.

Mauro Spinola