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Bulletin 61

Bulletin 61 - juin 2015
Sommaire

Editorial

L’année scolaire spirite se termine dans notre centre et le printemps flamboyant voit s’ouvrir et s’épanouir les bourgeons et les fleurs. Notre école va voir partir ses élèves après une année d’étude, d’efforts et de compréhension pour se rapprocher un peu plus du monde spirituel.
Il ne peut y avoir de bons médiums sans le passage par la connaissance des êtres qui nous entourent, des lois de l’univers et du rôle que chacun doit tenir dans sa vie et dans cette immensité. Combien de déceptions encore de ne pouvoir parvenir plus spontanément à obtenir les précieux signes des désincarnés, pourtant si proches de nous, mais dont le voile qui nous sépare ne peut se lever que par une école où s’apprennent la patience, la persévérance, le devoir et la charité.
Combien d’élèves reviendront transformés par les bienfaits de la philosophie spirite et avides d’en appliquer les conseils. Notre centre dépose dans chacun des élèves une graine qui ne demande qu’à germer et à grandir si elle est bien arrosée d’une année sur l’autre, et c’est chaque fois une grande joie que de voir des visages souriants, le cœur rempli d’espoir et d’amour, désireux de vouloir continuer le chemin avec nous. Bonnes vacances à tous.

Gilles Fernandez

L’intuition, phénomène animique ou spirite

L'intuition, c'est cette envie irrépressible d'acheter un journal dans lequel on trouvera ensuite la petite annonce de nos rêves. L'intuition, c'est cette porte que l'on pousse, on ne sait pas pourquoi, et derrière laquelle se trouve cette opportunité que l'on attendait tant. L'intuition, c'est ce chemin que l'on prend en marchant «au hasard» et sur lequel on rencontre un futur compagnon de route. L'intuition, c'est cet éclair, ce flash qui, sans effort apparent, nous dévoile d'un coup la clef d'une énigme. L'intuition, c'est tous ces petits riens qui nous guident chaque jour et nous amènent, sans même qu'on y prenne garde, dans la direction voulue. Nous en avons tous fait l'expérience à un moment ou à un autre de notre vie, plus ou moins souvent, plus ou moins régulièrement, mais nul ne peut nier sa réalité, son existence, pas même les scientifiques qui y sont, eux aussi, souvent sujets. Mais qu'est ce que l'intuition précisément ? D'où vient-elle ? Est-il possible de la reconnaitre sans reconnaitre pour autant le divin qui est en nous ? Les théories scientifiques sont-elles compatibles avec l'analyse spirite ?

Qu'est-ce que l'intuition ?

D'après le Petit Robert, l'intuition est une connaissance directe et immédiate qui ne recourt pas au raisonnement. Autrement dit, c'est une capacité de capter une information soudaine, exclusive, intéressante, pertinente, sans passer ni par la raison, ni par les cinq sens. C'est bien pour cela que certains l'appellent le «6ème sens». L'étymologie du mot vient du latin «intuiteri», qui signifie regarder attentivement, regarder dedans. Cela peut paraitre étrange puisque la définition implique plutôt une notion de passivité (je reçois spontanément une information) que d'activité (je regarde donc je suis actif ; je regarde attentivement, donc je suis même très actif). Mais il s'agit en fait ici d'un regard intérieur, d'un regard au fond de nous-même, dans la partie où le raisonnement n'a pas cours. L’intuition suggère donc une vision claire des choses, capable d’aller au-delà des apparences. En nous donnant accès à des informations essentielles, provenant de l'intérieur de nous-même, l’intuition nous mène directement à ce qui est juste pour nous. Elle est cette «force de l’inconnu qui nous pousse vers notre destinée» dit la romancière canadienne Minou Petrovski. Elle est ce qui nous permet de «devenir qui l’on est», pour paraphraser le philosophe Nietzsche. Et pour Henri Bergson, philosophe français qui a accordé à l’intuition une place centrale dans son œuvre, elle est un contact, une coïncidence, une fusion qui rend l'homme capable d'une expérience pure. L’intuition est selon lui «l’expression de l’âme tout entière, qui nous permet d’accéder à la nature profonde des êtres. Par l’intuition, notre conscience entre en sympathie avec ce qu’il y a de plus unique dans les objets et les êtres que nous observons. L’intuition nous révèle une coïncidence parfaite entre le moi et le monde.» Victor Hugo s'est aussi penché sur l'étymologie du mot puisqu'il écrivait [1] : «Chose inouïe, c’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors. (…) En nous penchant sur ce puits, notre esprit, nous y apercevons à une distance d’abîme, dans un cercle étroit, le monde immense. Le monde ainsi vu est surnaturel en même temps qu’humain, vrai en même temps que divin. Notre conscience semble apostée dans cette obscurité pour donner l’explication. C’est là ce qu’on nomme l’intuition». Enfin, citons aussi le docteur spirite Marlène Nobre pour qui «l'intuition est cette voie secrète, aux limites indéfinissables et inabordables, qui relie le Créateur à la créature, la chrysalide de la conscience à la sublime conscience de l'Univers [2].» Après toutes ces allégations, on comprend pourquoi il nous est si souvent dit qu'il faut écouter son premier instinct, son premier élan, car c'est lui qui nous indique le plus sûr chemin.
A ce propos, et pour parfaire cette étude, il nous semble important de préciser quelques nuances : l'instinct est différent de l'intuition. L'instinct désigne plutôt un comportement inné, transmis par voie génétique et qui s'exprime en l'absence d'apprentissage. Il s'agit d'une impulsion innée, automatique et invariable qui régit le comportement de tous les individus d'une même espèce. On parlera donc d'instinct de survie, d'instinct de reproduction, d'instinct maternel, etc. Pour être plus concret, on notera que crier quand un danger survient est instinctif mais que courir à droite plutôt qu'à gauche pour lui échapper relève de l'intuition.
Un autre mot, proche et souvent employé en parallèle de l'intuition, est le mot pressentiment. Le pressentiment, comme son nom l'indique, est la perception, le sentiment instinctif d'un évènement à venir (en étymologie, «pre» signifie avant, donc on est bien dans le sentiment avant). Ce n'est donc pas tout à fait pareil : on peut avoir le pressentiment qu'on va avoir une intuition bénéfique pour notre avenir en percevant, par exemple, une sensation un peu euphorique, une certaine excitation que quelque chose de bien va se passer sans savoir encore quoi. C'est l'intuition, ensuite, qui fera avoir le bon geste, au bon moment, pour que les évènements se déroulent comme prévus.

D'où vient l'intuition ?

Mais alors, d'où nous vient cette connaissance intérieure ? Qui commande cette petite voix ? Comment fait-elle pour savoir ce qui est bon pour nous ? Pourquoi sommes-nous si sûrs d'être dans le vrai sans être capables de l'expliquer ? C'est sur ce point que les chemins divergent car, si tous s'accordent à lui reconnaitre une existence et une emprise réelle sur nos vies, l'intuition ne fait pas encore consensus sur son origine. Par simplicité ici, on distinguera malgré tout, trois grandes tendances : la première, la plus matérielle, est la vision des neuro-scientifiques pour qui l'intuition est le fruit d'une analyse poussée et inconsciente de notre cerveau, capable d'emmagasiner toute la journée nombre de données, de les classer, les répertorier et les confronter pour aboutir finalement à «l'idée lumineuse» qui nous poussera à agir de telle ou telle manière. C'est donc notre cerveau qui fait une analyse inconsciente de nos données personnelles. On parle alors de l'inconscient personnel.
Carl Gustav Jung [3], a voulu dépasser cette notion d'inconscient personnel en créant le concept d'inconscient collectif qui nous fournit la deuxième grande tendance pour expliquer l'intuition. Le terme d'inconscient collectif est employé pour décrire des contenus universels qui existent depuis l’aube des temps et qui apparaissent régulièrement. Pour lui, l'individu dispose, pour s'adapter au monde extérieur et aux conditions de sa propre structure, de quatre fonctions principales que sont la pensée, le sentiment, la sensation (les cinq sens) et l'intuition, entendue par lui comme une sorte de flair, une fonction psychologique qui nous communique des perceptions par la voie de l'inconscient. Ce qui signifie que nous disposons tous de cette fonction sans pour autant l'exploiter systématiquement de la meilleure façon. Avec Jung, on entre dans le champs de la recherche de la télépathie ou de la physique quantique mais il n'en oubliait pas pour autant notre lien à l'au-delà et affirmait que «L'intuition est une fonction très naturelle, parfaitement normale et nécessaire ; elle s'occupe de ce que nous ne pouvons ni sentir, ni penser, parce que cela manque de réalité, comme le passé qui n'en a plus et l'avenir qui n'en a pas autant que nous le pensons. Nous devons être très reconnaissants au ciel de posséder une fonction qui nous octroie certaines lumières sur ce qui est par-delà les choses. Naturellement, les médecins qui se trouvent souvent en présence de circonstances énigmatiques ont le plus grand besoin de l'intuition. Plus d'un bon diagnostic est l’œuvre de cette mystérieuse fonction.».
Cette citation nous amène tout naturellement à la troisième tendance, la plus spirituelle, qui consiste à penser que l'intuition nous vient de l'au-delà et nous relie à Dieu et à l'Univers. Il s'agit ici de l'intuition qui nous transcende, c'est-à-dire celle qui nous permet de dépasser nos limites habituelles, nos limites normales. Cette intuition mystique est comme un don démesuré de l'Univers. Les grands mystiques nous enseignent qu'elle peut surgir quand nous nous mettons en résonance avec les ressources de notre inconscient et de notre moi profond. Comme pour les autres intuitions, elle est soudaine, rapide et génère la certitude d'avoir «touché» le vrai. Mais, comme nous sommes ici dans le spirituel, elle peut modifier l'être en profondeur et définitivement. L'intuition mystique est une fusion cosmique, une illumination. C'est ce qu'avait si bien compris le Bouddha qui disait «L'illumination n'est pas une goutte perdue dans l'immensité de l'océan, elle est tout l'océan contenu dans une goutte.»

Comment se manifeste l'intuition ?

Ces trois tendances intuitives ne sont pas incompatibles, au contraire, elles se complètent en intervenant chacune à des moments différents et de diverses manières selon les situations. La perception d'une intuition peut se manifester physiquement (battements de cœur qui accélèrent, poils qui se hérissent, mains moites, etc.) mais elle peut aussi se manifester émotionnellement (on a un attrait ou une répulsion immédiate et spontanée pour quelqu'un) mentalement (par la soudaine résolution d'un problème) ou encore spirituellement (en faisant une expérience mystique de l'ordre de la révélation).
Dans un entretien accordé au magazine Sciences et avenir, édité en juillet 2011, Christophe Haag, l'auteur du livre Poulp attitude [4]explique lui aussi que, selon les situations, on active trois mécanismes d'intuition distincts. Le premier repose sur l'expertise. Dès qu'il y a une décision rapide à prendre, face à une situation que nous avons rencontrée des dizaines de fois, nous décidons intuitivement en nous basant sur notre expérience. Si la situation est inédite et qu'aucune expertise ne peut être mobilisée, nous cherchons des souvenirs chargés affectivement dont certaines caractéristiques font penser à la situation présente. Enfin, si nous n'avons ni expérience, ni souvenir personnel, il nous reste comme guide l'émotion pure qui peut s'apparenter à un instinct de survie. Le cerveau bascule d'un mode à l'autre. L'expertise, l'expérience et l'émotion sont donc, pour lui, les trois moteurs qui doivent nous guider dans nos prises de décision.
Il n'y a donc pas une mais bien plusieurs intuitions comme l'atteste la technologie moderne qui a pu démontrer que, selon les différents types d'intuition, ce sont des zones bien distinctes qui sont stimulées dans le cerveau. Ainsi, bien que l'on ait coutume de dire que l'hémisphère droit est celui de la raison et l’hémisphère gauche celui de l'intuition, c'est bien dans les deux hémisphères que l'on trouvera les zones stimulées, en fonction du type d'intuition sollicité. Il y a certainement là de quoi donner du crédit à Descartes qui déclarait que pour arriver à la vérité, il fallait utiliser la raison et l'intuition...
Même Marlène Nobre, dans son livre L'âme de la Matière, consacre tout un chapitre à nos «trois cerveaux». Elle explique : «Le cerveau, chez l'humain, a évolué de manière à se constituer en un château de trois étages dont les lobes frontaux, le cortex moteur et la moelle épinière sont les éléments importants de chacune de ces structures. Il s'agit d'un cerveau unique qui se divise donc en trois régions distinctes.
Au premier étage, se trouve le cerveau initial, domaine des mouvements instinctifs, où habitent les habitudes et les automatismes. C'est le siège du subconscient, l'armoire du passé, la cave de l'individualité où sont archivées toutes les expériences et enregistrés les plus petits faits de la vie.
Au second étage résident les conquêtes actuelles, représentées par le cortex moteur, zone intermédiaire entre les lobes frontaux et les nerfs. C'est là que se situe le conscient, la possibilité de la manifestation de l'être, au moment évolutif actuel, en comptant pour cela sur deux outils fondamentaux : l'effort et la volonté.
Au troisième étage, trône la partie la plus noble du cerveau représentée par les lobes frontaux. C'est là que se constitue le superconscient, à travers lequel arrivent les stimulations de l'avenir, mettant l'emphase sur l'idéal et l'objectif supérieur.
Ce modèle est très semblable à celui du neuro-scientifique Paul Mac Lean qui s'exprimait ainsi : «Nous sommes obligés de nous regarder et de regarder le monde à travers les yeux de trois mentalités bien différentes», se référant aux trois cerveaux qu'il avait détectés dans ses recherches.» Les trois étages dont elle parle correspondraient donc à l'inné, à l'acquis puis au spirituel.

Qui est intuitif ?

On a coutume de dire que l'intuitif est celui qui, devant une décision à prendre, est capable de ressentir la bonne direction mais ne peut pas expliquer pourquoi elle est la meilleure. Autrement dit, quand un intuitif s'exprime, il dit souvent : «Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr que...». Puisque ce potentiel intuitif est en chacun de nous, qu'est-ce qui explique que certains l'utilisent et le développent plus que d'autres ? Carl Gustav Jung nous en fournit une explication : «L'intuition est une fonction que, normalement, on emploie peu pour autant que l'on vive une vie régulière, entre quatre murs, astreints à un travail routinier. Mais, si on s'occupe de bourse ou si on se trouve dans l'Afrique Centrale, on emploie ces hunches [5] tout comme autre chose. Vous ne pouvez pas, par exemple, calculer si à un détour de la brousse vous n'allez pas vous trouver face à face avec un tigre ou un rhinocéros, mais vous avez un hunch et cela vous sauvera peut-être la vie. Les gens qui vivent exposés aux conditions naturelles font un grand usage de l'intuition ; elle est employée aussi par tous ceux qui risquent quelque chose dans un domaine inconnu, qui sont des pionniers d'une manière ou d'une autre : les inventeurs, les juges, etc. Dès que l'on se trouve en présence de conditions nouvelles, encore vierges de valeurs et de concepts établis, on dépend de cette faculté d'intuition.»
Ces propos confirment l'analyse de Lyall Watson, qui écrit dans L'Histoire naturelle du surnaturel que, même si on prête traditionnellement aux femmes de plus grands pouvoirs intuitifs il y a en fait peu de preuves à l'appui de cette théorie. Selon lui, il est possible que les femmes aient été forcées d'être plus intuitives uniquement parce qu'on leur a refusé la chance d'un développement intellectuel. De même, les enfants sont souvent beaucoup plus intuitifs que les adultes, simplement parce qu'ils ne sont pas encore pervertis par l'éducation qui les pousse sur le raisonnement à outrance.

L'intuition au service de la créativité et de la science

Puisque ce n'est qu'une question de caractère, de personnalité, on comprendra que les intuitifs peuvent se trouver dans toutes les professions. Toutefois, il nous faut noter tout de même une nette prédominance de témoignages parmi les écrivains, les artistes ou même parmi des personnes très rationnelles comme des scientifiques ou des chefs d'entreprise.
Pour les écrivains, nous avons tous entendu parler de la fameuse «page blanche» qui peut désespérément rester vierge puis se remplir soudainement avec une grande facilité, parfois d'un seul trait. Même en laissant de côté des ouvrages psychographiés par des médiums connus, nous pouvons nous intéresser à des ouvrages clairement inspirés comme le court roman Titan, écrit par Morgan Robertson qui, 14 ans avant la catastrophe, prévoit avec des détails plus que frappants le naufrage du Titanic. La ressemblance dans les noms des bateaux (Titan et Titanic) n'est que la partie immédiatement visible des incroyables concordances entre le roman et la réalité future. Or, on ne peut pas, ici, parler d'une analyse rapide du cerveau, ni d'inconscient collectif ou de télépathie. À la rigueur, on peut parler de pressentiment (sentir avant) sauf qu'au moment ou Morgan Robertson écrivait son livre, il n'était absolument pas concerné par la catastrophe qui devait se produire 14 ans plus tard.
Si nombre d'écrivains font témoignage de l'étincelle qui les débloque et les amène à écrire avec plus de facilité, le phénomène est encore plus parlant en ce qui concerne les scientifiques et leurs découvertes. Nous avons tous en tête des exemples célèbres de ces «éclairs de génie» comme Archimède, sortant nu de sa baignoire en criant «Eurêka [6]» lorsqu'il a soudainement découvert le fameux principe qui porte son nom ou comme Newton, comprenant brusquement les lois de la gravitation universelle lorsqu'une pomme lui est tombée dessus. C'est encore Marie Curie qui a très vite eu l'intuition que «quelque chose se passait à l'intérieur de l'atome», c'est aussi Einstein et son E = mc² et tant d'autres. Tous les inventeurs connaissent parfaitement ce processus : un travail inconscient, et à fortiori intelligent, se manifeste très souvent par un flash ou dans les rêves, quand le chercheur a travaillé sur un sujet pendant plusieurs jours sans succès. Le mathématicien Henri Poincaré à qui l'on doit la formule «C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons», avait mis en évidence ce phénomène de découverte scientifique spontanée qui explique le processus de création dans l’inconscient, pendant une phase qu’il nommait «incubation». Puis, quand le mental était au repos, la solution de génie émergeait spontanément, il la nommait phase «d’illumination».
Albert Einstein spiritualise ce raisonnement en affirmant : «Ainsi le travail suprême du physicien est la découverte des lois élémentaires les plus générales à partir desquelles peut être déduite logiquement l'image du monde. Mais il n'existe pas de chemin logique pour la découverte de ces lois élémentaires. Il n'y a que la voie de l'intuition, aidée d'un sens de l'ordre, qui persiste derrière les apparences, et ce «einfuchlung [7]» se développe par l'expérience.» Quand on lui demandait pourquoi il préférait puiser son inspiration dans l'imagination plutôt que sur les sens, les données et le savoir, Einstein répondait : «Je crois en la fraternité humaine et en l’unicité des individus. Mais si l’on me demande de prouver ce que je crois, je ne le peux pas. Vous savez que c’est vrai mais vous pouvez passer votre vie entière sans pouvoir le prouver. L’esprit ne peut fonctionner que sur ce qu’il sait et peut prouver. C’est là qu’à un moment, l’esprit fait un bond. Appelez cela l’intuition ou ce que vous voulez ; soudainement l’esprit se situe sur un plan de connaissance plus élevé, mais est bien incapable de prouver comment il en est arrivé là. Ce genre de bond s’est produit pour toutes les grandes découvertes.». Ce génie de la physique qu'était Einstein tenait l'intuition en si haute estime qu'il se désolait du peu de place qu'on lui laissait dans nos sociétés occidentales, d'où son excellente formule : «Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don.»
C'est exactement ce que l'on retrouve dans le spiritisme car, quand Allan Kardec demande si les hommes d'intelligence et de génie puisent toujours leurs idées dans leur propre fond, il lui est répondu : «Quelquefois, les idées viennent de leur propre Esprit, mais souvent elles leur sont suggérées par d'autres Esprits qui les jugent capables de les comprendre et dignes de les transmettre. Quand ils ne les trouvent pas en eux, ils font appel à l'inspiration : c'est une évocation qu'ils font sans s'en douter [8]».
Le scientifique ou l’inventeur doit donc avoir l’esprit ouvert et être préparé à détecter et à comprendre l’importance de l’incident imprévu pour pouvoir l’utiliser de façon constructive. Comme l’a si bien dit le scientifique français Louis Pasteur : «Dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés». Si l'esprit est bien préparé, on peut même découvrir des choses que l'on ne cherchait pas. Il s'agit de découvertes, arrivées par «accident» dans des cerveaux qui ont, en un éclair de génie, compris ce qu'il fallait en faire. Le phénomène est si fréquent qu'on lui a donné le nom de sérendipité (de l'anglais serendipity, qui désigne le don de faire des trouvailles). La sérendipité, résumait il y a quelques décennies le facétieux médecin américain Julius H. Comroe, «c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin et en sortir avec la fille du paysan.» On cite volontiers sous cette appellation des découvertes aussi variées que la pénicilline, la radioactivité, le Teflon, le post-it, les édulcorants, le cellophane, le four à micro-ondes, le Viagra, les quasars, le Velcro, le pneumatique et tant d'autres.
Allan Kardec, pour expliquer comment une même idée, une découverte peut se produire sur plusieurs points à la fois, répond [9]: «Nous avons déjà dit que pendant le sommeil les Esprits se communiquent entre eux : eh bien ! Quand le corps se réveille, l'Esprit se rappelle ce qu'il a appris et l'homme croit l'avoir inventé. Ainsi plusieurs peuvent trouver la même chose à la fois. Quand vous dites qu'une idée est dans l'air, c'est une figure plus juste que vous ne croyez ; chacun contribue à la propager sans s'en douter.»

Une reconnaissance scientifique

Puisque l'histoire regorge de témoignages de scientifiques qui reconnaissent que l'intuition a joué une part non négligeable dans leurs découvertes, elle est devenue, depuis quelques années, un sujet de recherche à part entière pour de nombreux laboratoires spécialisés dans l'étude du système nerveux. D'après Dick Bierman, directeur du département de psychologie de l'université d'Amsterdam, «les premiers résultats confirment que notre esprit est capable d'anticiper, de faire un petit saut dans le futur, pour nous prévenir en particulier d'un danger nous menaçant». Il est totalement admis à présent que cette capacité existe en chacun de nous et peut se développer par la volonté et la méditation. Ce que les scientifiques continuent de chercher aujourd'hui c'est d'où vient l'intuition. Les avancées rapides de la physique quantique, remettant en cause les notions classiques d'espace et de temps, bouleversent notre vision du monde et vont aider à poser un regard neuf sur l'intuition. Ainsi, s'il est indéniable que certaines intuitions relèvent d'une analyse rapide et inconsciente ou de la télépathie, donc de phénomènes animiques, les scientifiques se penchent à présent sur ces intuitions qui n'entrent dans aucun des champs précédents mais qui se mesurent et se renouvellent, confirmant ainsi leur existence. Or quand un phénomène n'est pas animique, c'est qu'il est spirituel...
Nous terminerons donc sur le si bel éclaircissement spirite de Léon Denis : «Comme chaque monde roulant dans l'espace communie, à travers la nuit avec la grande famille des astres par les lois du magnétisme universel, de même l'âme humaine, étincelle émanée du foyer divin, peut communier avec la grande Âme éternelle et en recevoir des instructions, des inspirations, des illuminations soudaines.De cette explication, les sceptiques peuvent sourire. Mais n'est-ce pas de notre élévation vers Dieu que découlent les forces vives, les secours spirituels, tout ce qui nous fait plus grands et meilleurs ? Chacun de nous a, dans les profondeurs de son être, comme une issue ouverte sur l'infini. Dans l'état de dégagement psychique : rêve, extase, transe, le cercle de nos perceptions peut s'élargir dans des proportions incalculables ; nous entrons en rapport avec l'immense hiérarchie des âmes et des puissances célestes. De degré en degré, l'Esprit peut remonter jusqu'à la Cause des causes, jusqu'à l'intelligence divine, pour qui le passé, le présent, le futur se confondent en un tout et qui, de l'ensemble des faits connus, sait déduire toutes les conséquences.»

La médecine spirite

La médecine spirite est un processus en voie de développement. Elle a commencé avec Allan Kardec et le docteur Demeure dans la seconde moitié du 19ème siècle. Dans le Ciel et l’Enfer, voici comment Allan Kardec en parle : «M. Demeure était un médecin homéopathe très distingué d'Albi. Son caractère, autant que son savoir, lui avait concilié l'estime et la vénération de ses concitoyens. Sa bonté et sa charité étaient inépuisables, et, malgré son grand âge, aucune fatigue ne lui coûtait quand il s'agissait d'aller donner des soins à de pauvres malades. Le prix de ses visites était le moindre de ses soucis ; il regardait moins à se déranger pour le malheureux que pour celui qu'il savait pouvoir payer, parce que, disait-il, ce dernier, à défaut de lui, pouvait toujours se procurer un médecin. Au premier, non seulement il donnait les remèdes gratuitement, mais souvent il laissait de quoi subvenir aux besoins matériels, ce qui, parfois, est le plus utile des médicaments. On peut dire de lui qu'il était le curé d'Ars de la médecine.
M. Demeure avait embrassé avec ardeur la doctrine spirite, dans laquelle il avait trouvé la clef des plus graves problèmes dont il avait vainement demandé la solution à la science et à toutes les philosophies. Son Esprit profond et investigateur lui en fit immédiatement comprendre toute la portée, aussi fut-il un de ses plus zélés propagateurs. Des rapports de vive et mutuelle sympathie s'étaient établis entre lui et nous par correspondance.»
Dans la Revue Spirite de 1965, il y a un exemple d’intervention d’outre-tombe du docteur : «Nous avions caché à madame G…, médium voyant et somnambule très lucide, la mort de M. Demeure pour ménager son extrême sensibilité, et le bon docteur, entrant sans doute dans nos vues, avait évité de se manifester à elle. Le 10 février dernier, nous étions réunis sur l'invitation de nos guides qui, disaient-ils, voulaient soulager madame G… d'une entorse dont elle souffrait cruellement depuis la veille. Nous n'en savions pas davantage, et nous étions loin de nous attendre à la surprise qu'ils nous ménageaient. A peine cette dame fut-elle en somnambulisme, qu'elle fit entendre des cris déchirants en montrant son pied. Voici ce qui se passait. Madame G… voyait un Esprit courbé sur sa jambe, et dont les traits lui restaient cachés ; il opérait des frictions et des massages, en exerçant de temps à autre sur la partie malade une traction longitudinale, absolument comme aurait pu le faire un médecin. L'opération était si douloureuse que la patiente se laissait aller parfois à des vociférations et à des mouvements désordonnés. Mais la crise ne fut pas de longue durée ; au bout de dix minutes toute trace d'entorse avait disparu, plus d'enflure, le pied avait repris son apparence normale ; madame G… était guérie »
Comme on le comprend, par la nature et la finalité du spiritisme, les problèmes de santé humaine ne pouvaient échapper à Allan Kardec. Dans ce domaine et comme dans bien d’autres, Allan Kardec a agi avec prudence et sagesse en recherchant, en observant et en étudiant pour ensuite donner une orientation. Préoccupé par ses multiples recherches doctrinaires, il n’a pas eu le temps de laisser en héritage un traité de médecine spirite.
Malgré un début prometteur, la médecine spirite n’a pas réussi à avancer comme elle devait, en raison des forces dominantes de l’époque c’est-à-dire des barrières scientifiques, philosophiques et religieuses. Néanmoins, le succès des recherches scientifiques de Charles Richet, William Crookes, Notzing, Zöllner et de bien d’autres, dans le domaine des phénomènes médiumniques ont donné un nouvel élan.
Dans les années 70, la parapsychologie s’y est penchée. L’intérêt des scientifiques soviétiques s’est manifesté malgré les réticences idéologiques. Le docteur Wladimir Raikov, de l’université de Moscou, s’est distingué par la recherche de phénomènes médiumniques prouvant la réincarnation, sous l’habile désignation de suggestions. Dans les pays qui étaient sous la coupe soviétique, l’intérêt a grandi de manière surprenante. En Roumanie, il s’est même créé un courant scientifique appelé psychotronique. La plus grande conquête des soviétiques dans ce domaine a été la découverte scientifique de l’existence d’un corps bioplasmique des plantes, des animaux et de l’homme par la célèbre université de Kirov. Ce corps, qui correspond pleinement par sa structure et ses fonctions au périsprit, représente une révolution en biologie et en médecine. Malheureusement, l’état a interféré dans ce domaine et les recherches ont été suspendues pour des raisons idéologiques. Malgré cela, le livre de Sheila Ostrander et Lynn Schoeder Psychic Discoveries Behind the Iron Curtain, a continué à circuler. Ces scientifiques ont révélé que cette découverte ouvre de nouvelles perspectives.
Cette réalité s’est depuis enrichie d’un épisode brésilien, que l’on appelle le cas Arigó, le célèbre médecin spirite guérisseur de Congonhas do Campo, dans le Minas Gerais, étudié par une équipe de scientifiques et de médecins de plusieurs universités des Etats-Unis. Les recherches ont prouvé l’existence réelle de diagnostics, de guérisons de maladies incurables, comme des cancers en phase terminale et des interventions chirurgicales sans asepsie, ni anesthésie d’aucune sorte. Après sa mort accidentelle, Arigó a été calomnié, considéré comme un charlatan par les autorités ecclésiastiques, mais consacré par les scientifiques comme un des plus grands exemples de médiumnité guérisseuse du monde.

Qui était José Arigó ?

Dès l’enfance, il voyait et entendait les Esprits ; à l’adolescence il commença à éprouver des frayeurs nocturnes, et se sentit poursuivi par de visions effrayantes. Dans sa jeunesse comme il était catholique, il s’était enflammé pour l’idéal de pureté et de sainteté et avait entendu des voix qui lui conseillaient la chasteté. A l’âge mûr, il se maria et passa par une phase où il se montrait insouciant, joyeux et enjoué. Un jour, il eut à secourir un ami qui s’étouffait. Alors commença son étonnante médiumnité chirurgicale et avec elle, tous les problèmes d’un homme qui était recherché par un grand nombre de malades atteints de toute sortes d’infirmités. Guidé par un Esprit autoritaire mais généreux, qui se disait être le docteur allemand Fritz, mort lors de la première guerre mondiale, il devint d’un contact bourru, exigeant, d’une franchise rude.

Comment pratiquait-il ?

Il opérait en état de transe. En général, il agissait d’une manière violente, avec un couteau ou un canif, incisant le malade de façon abrupte, sans anesthésie, ni asepsie, et maîtrisant avec un étonnant doigté le flux sanguin. Il travaillait à la vue de tous, au milieu de gens et en présence de médecins célèbres ou inconnus, et très souvent, il appelait les médecins pour qu’ils voient de près ce qu’il faisait. Pour le malade, durant quelques jours, les douleurs continuaient encore, mais très vite commençaient à diminuer et disparaissaient puis la convalescence était rapide et la guérison totale. le médium Arigo
Plus proche de nous, nous avons maintenant le cas de Jean de Dieu dont le sujet a été traité dernièrement dans le bulletin numéro 54.
Ces médiums doués de ces facultés doivent être informés de manière doctrinale pour savoir comment se comporter dans la vie courante et que ces phénomènes ne sont pas produits par eux, mais par l’action des Esprits. Avec cela, ils se libèrent de la vanité niaise qui les pousse à croire en leurs pouvoirs personnels, à s’en juger maîtres et capables de les contrôler eux-mêmes. Cette médiumnité exige une constante vigilance en ce qui concerne les devoirs moraux et spirituels et une pleine conscience des responsabilités, la prière étant leur meilleure protection.
Cette médecine spirite n’est pas simplement une application pure et simple de la médiumnité guérisseuse à des cas de maladies incurables, ni une forme de chamanisme. C’est ce qu’Allan Kardec appelait une application des principes spirites sur le plan culturel et on les retrouve dans l’excellent ouvrage du docteur André Moreira, Guérison et auto-guérison, où en s’accordant aux lois divines, on apprend à guérir.
Au Brésil, grâce aux efforts du docteur Marlène Nobre, plusieurs associations de médecine et de spiritisme appliquent ces principes. En fondant l’Association de Médecins Spirites, elle ouvre la possibilité d’intégrer le spiritisme dans le milieu hospitalier, voir sur notre site le sujet du mois d’aout 2014. Dans ce cas, il apporte sa contribution par la médiumnité et la médecine apporte le savoir et l’expérience des médecins. Il y a des cas où cette double contribution se trouve rassemblée en une seule personne, c’est le cas des médecins spirites qui sont aussi médiums. Les médiums représentent les médecins de l’âme et, à travers eux, ils donnent leur contribution aux observations de l’au-delà. Ces médecins représentent la médecine moderne et cherchent à établir les liens nécessaires dans un effort commun et ce pour le bien de l’humanité. Nous avons ainsi un aspect important de l’idéal spirite d’Allan Kardec : le lien entre le monde spirituel et le monde matériel dans un travail commun d’élévation de la Terre. Nous avons encore confirmation de la thèse de Léon Denis selon laquelle le spiritisme réalise une synthèse du spirituel et du matériel dans le monde : «Il peut devenir un moyen de conciliation, un trait d'union entre ces deux systèmes ennemis : spiritualisme métaphysique et matérialisme, qui se combattent et se déchirent sans résultat depuis tant de siècles. Il adopte les principes du premier, fait sur eux la lumière et leur procure une base de certitude ; il donne satisfaction au second, en procédant d'après les méthodes scientifiques, en montrant dans le périsprit, corps fluidique semi-matériel, la cause de nombreux phénomènes physiques et biologiques. Il fait plus : il apporte à la science la synthèse philosophique et la conception morale dont celle-ci était dépourvue, et sans lesquelles elle restait sans action sur la vie sociale [10]

J’ai lu, j’ai aimé : Chronique d'un centre Spirite par l'Esprit Nora, psychographié par Emmanuel Cristiano

Nos séances du mardi, réservées à un cercle très restreint, donnent la parole aux Esprits guides de ce centre qui nous font part alors de leurs conseils, recommandations et mises en garde. C'est ainsi qu'il nous a été conseillé, à de nombreuses reprises, de veiller à renforcer la cohésion du groupe, à étendre notre moralité personnelle ainsi qu'à persévérer dans la poursuite des études en respectant toujours la ligne de l'enseignement d'Allan Kardec. Ces recommandations ayant pour but principal de nous protéger de l'attaque d'Esprits inférieurs qui ne cherchent qu'à jeter la désunion dans les groupes spirites afin de les dissoudre ce qui, évidemment, ne leur permettrait plus de poursuivre leur tâche qui est d'amener chacun, incarné comme désincarné, vers la voie de la lumière. Profitant des moindres brèches des collaborateurs du centre, la plus petite occasion de s'infiltrer leur permet de «jeter le ver dans le fruit» et c'est ensuite aux Esprits bienfaiteurs du centre d’œuvrer, avec l'appui des spirites les plus solides, pour que le centre puisse poursuivre sa mission sans être entièrement détruit.bull61 chroniquesB
Bien que ces mises en garde aient été fréquentes, l'appel à la vigilance de tous les instants maintes fois recommandé, c'est la lecture du livre «Chronique d'un Centre Spirite» d'Emmanuel Cristiano, qui me permit d'en mesurer réellement toute l'importance. C'est dans le centre spirite Allan Kardec de Campinas, au Brésil, que l'Esprit Nora s'est communiqué au médium pour lui dicter cet ouvrage qui relate en détails l'attaque d'Esprits inférieurs sur un groupe spirite qu'ils cherchent à détruire. C'est ainsi qu'on les voit chercher les diverses failles parmi les bénévoles pour jeter la désunion, le découragement, l'orgueil, le fanatisme, la frivolité ou autres penchants qui peuvent amener à quitter un centre. Parallèlement, on mesure concrètement le travail dévoué des Esprits supérieurs pour faire barrière à ces intrusions afin de nous protéger de ces attaques. Très instructif, le récit de cette lente infiltration et de sa défense se révèle captivant et il est difficile de lâcher le livre sans savoir la suite. Cet ouvrage réveille surtout en nous le devoir de vigilance qui nous incombe lorsqu'on s'engage dans la voie spirite et, à ce titre, il mérite la qualification de «livre d'intérêt général» et se doit d'être lu par le plus grand nombre d'entre nous.
L'extrait choisi, page 56 et suivantes, se passe pendant la séance de désobsession de Gonçalves, un Esprit obsesseur de l'armée des ténèbres :
«Gonçalves perdait complètement le contrôle de lui-même. L'accueil spirituel est presque toujours impossible sans une médiumnité disciplinée. Les entités amies eurent l'occasion de le vérifier dès que l'adversaire se calma suite à une fatigue passagère. Elles profitèrent de cette accalmie pour envelopper le médium orienteur qui, sous inspiration, parla en ces termes :
- Paix et Amour, c'est ce que nous souhaitons à tous ceux que Dieu nous envoie ! Mon frère, tu n'es pas attaché et encore moins prisonnier. Nous autres travaillons au nom de Jésus notre Maître.
- Ne prononce pas ce nom en ma présence. Il n'est pas mon maître. Le Christ veut nous tromper, nous tromper...
- Du calme, mon ami, dit l'orienteur avec affabilité et douceur. Le nom de Jésus représente la sublime bonté, l'amour véritable, cet amour que tu ne ressens plus depuis très longtemps. Il est l'amitié vraie qui ne sollicite pas de rétribution en retour, l'accolade affectueuse de Celui qui nous aime vraiment. T'en souviens-tu mon ami ? En t'adonnant à la pratique du Mal, tu as oublié que tu es fils de Dieu et que la tâche primordiale que tu dois réaliser, c'est ta réforme morale...
- Ma tâche primordiale à moi, c'est la destruction de ce centre ! Vous croyez tout savoir, vous pensez être protégés n'est-ce pas ? Nous allons vous montrer ! Mon maître est un spécialiste de la destruction des centres spirites comme celui-ci. J'ai déjà vu de nombreux centres dévorés par les spirites eux-mêmes et ce centre sera le prochain ! Attendez que viennent les phalanges inférieures et les esprits des ténèbres car l'heure est venue ! Cette guerre est gagnée d'avance !
L'adversaire vociférait toujours :
- Maître, viens à mon secours ! Seigneur des ombres, sauve-moi sans plus attendre !
Pendant qu'il hurlait, l'équipe spirituelle se fit visible, lui envoyant des vibrations intenses. Une entité vénérable s'approcha de l'orienteur et lui inspira cette supplique :
- Seigneur Jésus ! Voici ce que nous te demandons avec un amour sincère...
Ces simples mots, dits avec les intentions les plus sublimes, impressionnèrent le persécuteur. Il se tut momentanément, ce qui permit une action directe de l'équipe d'aide spirituelle. Des entités amies s'approchèrent, portées par la force extraordinaire de la prière, projetant sur des écrans fluidiques des images de la dernière incarnation de l'obsesseur.
L'envahisseur se revit, occupant une fonction importante dans une entreprise prestigieuse. Il sa rappela comment il avait exploité ses subalternes. Il se souvint d'avoir abusé de jeunes filles ingénues dont il avait exigé l'avortement afin d'échapper à une paternité indésirable. Il reprit conscience des démissions arbitraires qu'il avait suscitées et de la manière dont il avait usé du pouvoir pour satisfaire son besoin de domination et se perdre ensuite dans la nuit des vices. Ce comportement avait attiré à lui des entités malveillantes qui l'incitaient constamment au mal. Lors de sa désincarnation, la loi de cause à effet l'avait emporté vers la sinistre cité. Les obsesseurs qui l'avaient reçu l'avaient trompé au point d'effacer de sa mémoire certains souvenirs, faisant de lui un sinistre serviteur du mal. Gonçalves devint triste. Il réalisa que ses comparses le manipulaient. Humilié, il écouta avec attention la requête de l'orienteur qui poursuivait, ému, mettant tout son cœur dans ses paroles :
- Nous te prions, Seigneur, pour cet ami et ce frère ! Nous ne nous sentons pas supérieurs à lui car nous sommes conscients de nos propres limites. Nous t'implorons humblement de le comprendre et de l'aider à se reprendre afin qu'il retrouve le chemin de son propre progrès.
Nous connaissons aussi les souffrances de son âme, notre sœur. Elle est passée par de tristes nuits, elle a été meurtrie par la nostalgie, tourmentée par le froid et blessée à mort par la solitude ! Dans Ta miséricorde, accorde à notre frère de connaître la joie de servir dans le camp du Bien pour se guérir et se libérer de ses erreurs passées. Confiants dans Ton Amour, nous Te présentons cet ami, notre frère, et nous Te demandons de l'accueillir en Ton sein.
Aux derniers mots de cette prière, Gonçalves semblait être en extase. Son cœur avait été envahi par de tendres vibrations. Pour la première fois, depuis de nombreuses années, il se sentait respecté, valorisé, chéri, aimé. Et, plongé dans une profonde réflexion, le souvenir du chef persécuteur lui revint à la mémoire. Instinctivement, il désira fuir. Il s'étonna de voir que les entités du bien lui indiquaient la sortie, l'autorisant à quitter cette ambiance nouvelle pour lui. Aidé par l'Esprit qui l'avait amené à cette réunion libératrice, il se leva. L'entité lui donna une accolade remplie d'affection et lui dit :
- Mon fils, nous ne sommes pas des juges implacables. Ne nous considère pas comme des adversaires. Nous désirons être unis à toi dans l'amour de Dieu, notre Père. Mon ami, tu ne nous accorderas probablement pas pleinement ta confiance. Mais sache que si tu disposes d'une certaine liberté, c'est que tu restes dans les limites des lois divines. Tôt ou tard, ton action sera empêchée par les lois universelles. Ce processus d'assistance a pour objet de t'apaiser dans un dialogue plus étroit et de t'avertir du devoir que tu auras de réparer tout ce que tu as endommagé. Nous souhaitons que tu nous considères comme des amis très chers, disposés à te soutenir dans ton rétablissement. Mon frère, continue de réfléchir à tout ce que tu as vu, entendu et senti dans cette ambiance. Analyse nos propositions. Je sais que tu désires partir, toutefois, tu sais maintenant que tu demeures captif de ta propre conscience.
- Comment ? demanda l'obsesseur, coupant la parole de l'entité amie, je suis libre ?! Où sont les instruments de torture, le lavage de cerveau, les bourreaux encapuchonnés et porteurs de cravache dont mon maître parlait ?
- Nous ne disposons d'aucun de ces instruments, répondit l'ami spirituel. Nos outils de travail dans le domaine du bien sont l'amour, la compréhension et le pardon. C'est toi qui persiste à demeurer dans une éternelle torture ! Tu sais désormais que tu peux toujours compter sur nous pour t'aider à trouver le chemin du retour. Maintenant tu es maître de ta décision, consulte ta propre conscience.
L'obsesseur sorti ému de la réunion. Toutefois, l’orgueil et la vanité l'empêchèrent de se transformer intimement dès cet instant. Les instructeurs de la vie supérieure, responsables de l'institution, étaient néanmoins satisfaits car ils savaient que la semence de la vérité avait été répandue. Au moment opportun, elle germerait.»

Comuunication médiumnique

Un travail de recherche sur les fluides qu'effectue notre centre, depuis quelques années et il nous met en relation avec des Esprits instructeurs qui nous conseillent pas à pas dans notre apprentissage. Tant que les conseils donnés lors d'une réunion ne sont pas acquis par la pratique et la compréhension du phénomène, l'enseignement est reformulé la fois d'après jusqu'à acceptation par les médiums. Au cours de centaines de réunions, nous avons appris l'importance des fluides pour le développement de la médiumnité par l'adaptation de notre corps physique à ces énergies et l'éducation de notre force mentale. Chaque semaine, un guide spirituel nous assiste dans notre démarche et vient nous éclairer sur le chemin à suivre.
Il faut savoir que beaucoup de personnes qui viennent frapper à la porte de notre centre souhaiteraient voir se développer en eux une forme de médiumnité avec pour préférence l'écriture ou la médiumnité de guérison. Quelque soit leur sentiment pour atteindre cet objectif, il est maintenant indubitable pour nous que l'approche du monde spirituel ne peut se faire que par les éléments fluidiques qui le composent et nous entourent. C'est un travail d'endurance, de persévérance qui demande beaucoup d'abnégation, et le développement de nouvelles qualités morales afin de s'associer des guides d’une grande sagesse. La pensée dirigée vers le but à atteindre a une influence décisive sur l'éducation de la capacité médiumnique. Cette pensée doit être éclairée par la foi et par une volonté forte, mais cela ne suffit pas car il faut également le consentement du médium à ce travail d'appropriation des fluides. La matière dont est constitué l'être humain s'adapte difficilement aux fluides spirituels et ce n'est que par l'exercice répétée qu'une lente modification peut se produire. L'adhésion de la volonté du médium est essentielle, et dans son travail, celui-ci doit toujours émettre des pensées de confiance et de bonne volonté démontrant sa transformation morale en cours.
Nous allons vous livrer quelques passages d'un message reçu au cours de l'une de nos séances : «Les fluides sont là mais il faut encore grandir les forces. Nous avons travaillé pour les adapter à vos organismes. C'est à vous maintenant d'effectuer ce travail d’adaptation personnelle. C'est à ce propos que je voulais vous parler pour notifier que c'est un long travail, où vous mettez à profit votre temps pour pouvoir vous approprier ces fluides et travailler cette capacité à les rassembler et à les adapter rapidement. Vous devez être un bon outil.
Ce travail se fait par la pensée, par la volonté, mais cela ne suffit pas : il faut qu'ils s'adaptent à votre nature. Alors entre en jeu l'exercice répété. Mais, effectivement, c'est bien une histoire de volonté, c’est une lente maturation, la confirmation de vos projets d'aboutir dans votre médiumnité, d’être le meilleur instrument en vous rendant disponible. Il faut ranger ces fluides que nous vous apportons, les ordonner et répéter souvent cet exercice. Toute médiumnité passe par ce travail sur les fluides, ici, sur cette terre, ou en apprentissage dans l'au delà, mais tout reste à maitriser dans la matière, d'une vie à l'autre, lentement. Trop peu de spirites s'interrogent sur cette connaissance, trop peu ont la patience de répéter l’exercice dans le temps avec persévérance. Ils cherchent des sujets plus prompts à résoudre. Plus fort sera soutenu l'engagement, meilleur sera le résultat si longtemps escompté et obtenu avec courage. Vous devez parler de vos expériences afin de pérenniser ce que vous faites. Cela sera de votre devoir. Vous devrez également laisser des écrits pour montrer ce que vous avez fait, et ce que nous avons fait ensemble et pour parler normalement de ces relations entre nos deux mondes. Mais, il y a encore beaucoup à apprendre et nous poursuivrons ensemble tranquillement ce travail et ainsi vous continuerez à apprendre.
Vous êtes faits de matières et de fluides lourds et vous pouvez constater que vos organismes doivent s’adapter à ces fluides et s’en imprégner. Malgré les difficultés que vous observer à progresser, vous devez acquérir une grande discipline dans vos pensées, mettre de la joie dans ce travail et remercier pour les progrès accomplis. Ainsi, lentement une transformation se réalise dans chacune de vos cellules et peu à peu vos perceptions deviennent différentes. Pour que les accords se mettent en place, s’effectue une lente préparation du corps physique à ces fluides plus subtils qui viennent modifier vos propres fluides plus grossiers. C'est pour cela que nous vous recommandons une vie ordonnée, afin que rien ne vienne alourdir votre constitution matérielle. En préservant des temps de méditation et en vous adaptant à votre vie matérielle, vous démontrez que des rapprochements entre nos deux mondes sont réalisables. Vous démontrez que par cet effort journalier, nous pouvons nous rapprocher chaque jour un peu plus. Les forces que vous mettez en mouvement, galvanisées par votre foi rassemblent l’énergie nécessaire ; cette foi qui permet peu à peu l’élévation et les modifications de votre structure mentale. Ainsi, il ne reste plus qu’à fortifier votre courage, votre soif d’avancer et l’envie d’aider votre prochain. Ainsi, jour après jour, même si vos exercices ne sont pas forcément longs vous ressentez mieux nos approches.
Le travail que vous avez entrepris est long et difficile. Nos simples paroles d'encouragement ne suffisent pas toujours pour vous porter de jour en jour. Nombreux sont les frères qui vous entourent et vous secondent. Ce sont toujours des encouragements afin de fortifier vos âmes. Ils veillent à vous apporter des mots, des images, sur les projets futurs, afin qu'en conscience vous puissiez accepter ces apports que nous mettons en place, afin que vous ayez toujours ce cœur à l'ouvrage. Je reconnais : c'est un long combat au milieu d'une foule immense qui en ignore les bienfaits. Remerciez ces frères qui viennent. Ils sont comme des jalons sur cette route et, quels que soient les propos qu'ils tiennent, ils apportent le baume au cœur qui est nécessaire pour continuer.
Enfin, je voudrais rajouter que nous avons besoin de corps sains pour continuer l'ouvrage afin que vous puissiez effectuer ce travail d’aide à votre prochain. Aussi, nous veillons sur chacun de vous, dans les meilleures conditions qui soient, pour arriver au bout de l'ouvrage. L'amélioration de votre santé en fait partie. Chaque cas est traité avec soin afin de vous aider. Avancez d'un pas ferme et décidé et allez jusqu'au bout de ce que nous avons amené. »

[1] Préface de mes œuvres et post-scriptum de ma vie.

[2] L'Âme de la matière.

[3]Psychiatre-psychanalyste suisse, né en 1875 et mort en 1961

[4]En référence au fameux poulpe, Paul, qui pouvait prédire les résultats des matchs du Mondial de football en 2010.

[5] I've got a hunch : j'ai une impression, une idée. Locution employée dans le slang américain pour désigner l'intuition.

[6]Eurêka signifie «j'ai trouvé» en grec.

[7] Einfuchlung est un mot allemand qui peut se traduire par empathie.

[8]Question 462 du Livre des Esprits.

[9] Question 419 du Livre des Esprits.

[10] Après la mort de Léon Denis, chapitre 8, la crise morale.