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Bulletin 47

Bulletin 47 - Décembre 2011
Sommaire

Editorial

Les Esprits, qui ne sont rien d'autre que les âmes de nos chers disparus, restent pour la plupart attachés à notre Terre où ils ont vécu. Notre tour viendra et nous retournerons également dans l'autre monde. De la même manière, qu'à chaque instant, nous influençons les personnes que nous côtoyons, nous aurons envie de retourner vers ceux que nous avons aimés ou détestés.
Cette attraction des âmes incarnées et désincarnées est une loi de la nature, et il n'est pas besoin d'être médium pour en subir l'influence. Vous verrez que de nombreux exemples sont là pour témoigner qu'il vaut mieux avoir la connaissance plutôt que de subir par ignorance.
Le rêve, quand le corps physique est plongé dans le sommeil, est un autre moyen utilisé par les forces de l'Esprit pour rétablir des relations. Plus étonnant encore les expériences de mort imminente, lorsque la vie ne tient plus qu'à un fil et que le contact s'établit avec des êtres de l'au-delà. Ces différents états de conscience nous montrent que la frontière est étroite qui séparent nos deux mondes et nous prouvent l'existence de présences autour de nous qui nous manifestent un intérêt particulier.

Gilles Fernandez

L'influence des Esprits dans notre vie

Pendant la vie l’âme est associée à son enveloppe physique, à son corps, et chaque fois que la pensée s’exprime il y a une vibration cérébrale qui correspond à cette pensée. Au jour de la mort le corps physique est détruit mais la pensée subsiste obstinément, et c’est grâce à cette faculté immortelle que monde visible et invisible correspondent en permanence.

Grâce à de nombreux témoignages on sait maintenant que les Esprits agissent fréquemment sur nos pensées et sur nos vies. Qu’on le veuille ou non, que l’on en soit conscient ou pas, cette influence est bien présente et il est donc essentiel de savoir comment ils agissent afin de pouvoir reconnaître leur moyen d’action pour nous influencer dans notre vie.
Nous sommes sans cesse entourés d’une multitude d'Esprits qui, bien qu’invisibles à nos yeux matériels, n'en sont pas moins présents, autour de nous, à nos côtés, observant nos actions, attirés par nos pensées, les uns pour nous faire du bien, les autres pour nous faire du mal, selon qu'ils sont plus ou moins bons. Leurs actions peuvent être positives, s’il s’agit de notre guide ou d’Esprits familiers, ou négatives pour les Esprits que l’on peut dénommer perturbateurs du fait des désagréments ressentis lors de leurs approches.
Par l'infériorité physique et morale de notre Terre, les Esprits inférieurs y sont plus nombreux que les Esprits supérieurs. Les identifier n’est pas toujours évident, ils peuvent être des Esprits que nous avons connus dans le passé et qui agissent par vengeance ou simplement des Esprits errants qui cherchent à nous tourmenter ou simplement qui sont là et qui attendent une aide de notre part. C'est notre propre infériorité qui fait que les Esprits imparfaits se plaisent autour de nous ; les choses changeront quand notre société aura évolué.  Photographie de divers esprits Etudions, dans un premier temps, les manipulations auxquelles nous pouvons être soumis par des Esprits peu élevés. L’influence des Esprits peut être ressentie à tout moment de la journée, sans que pour cela on ait déjà pratiqué la médiumnité ou que l’on croit aux revenants. Les premiers symptômes de l’approche d’un Esprit peuvent se manifester simplement par une pression au niveau de la tête puis un léger mal s’installe. Parfois la simple prise de conscience de ce fait peut en supprimer les effets, de même que l’éloignement du lieu où l’on se trouve ou des personnes qui sont à côté de nous. Mais d’autres fois, le mal s’installe provoquant de violentes migraines.
Chez d’autres encore, des nausées surviennent amenant le sujet à des vomissements, seul moyen pour lui d’expulser les fluides viciés transmis par l’Esprit qui fait ressentir sa présence.
Chez des sujets plus sensibles encore on peut arriver à des incorporations non programmées.
Cette histoire que l’on m’a rapportée récemment s’est déroulée dans une famille il y a quelques semaines seulement. Depuis quelques jours, la mère de la famille ressentait des brûlures d’estomac, elle toussait et avait parfois du mal à respirer. Elle se doutait de la présence d’un Esprit sans toutefois connaître la cause de cette insistance. Son époux en parlant à une amie au téléphone apprend qu’il s’agit d’une petite fille de 8-9 ans décédée des suites de la tuberculose. Pendant ce temps, sa femme rentre en transe, elle tousse fortement comme si ces poumons allaient éclater, puis durant des secondes interminables elle ne peut plus respirer, la bouche ouverte, la langue en V, elle semble s’étouffer. Son mari se rapproche et parle à l’Esprit qui se met à crier : «Laissez-moi, je ne veux pas partir, je veux rester ici, je ne veux pas que l’on m’emmène.» Après quelques minutes de conversation, l’Esprit se calme, accepte de s’éloigner de la médium et de s’asseoir sur une chaise proche. Un autre Esprit en profite pour essayer de se communiquer, il est rapidement rappelé à l’ordre et n’insiste pas. La petite fille, Esprit errant dans l’au-delà était venue dans cette famille essayant de trouver du réconfort auprès de la mère.
Morte de la tuberculose, le traitement médical lui avait endommagé son système digestif. Elle n’avait plus personne à qui se confier et avait peur qu’on l’emmène dans un centre de traitement. Elle demandait de l’aide afin de retrouver sa maman, ce qu’a fait la famille par ses prières, en demandant l’aide des bons Esprits, sans chercher à se débarrasser à tout prix de la petite. Après 48 heures, elle a pu quitter «sa famille d’accueil», en retrouvant sa maman et le chemin vers la lumière. La médium a vu disparaître tous ses symptômes.  Photographie d'une apparition Cet exemple simple permet de montrer jusqu’où peut aller l’influence du monde spirituel sur notre monde matériel. La souffrance de la maladie de la petite fille était restée gravée dans son périsprit. Sa désincarnation n’avait en rien entraîné ni l’oubli, ni la suppression du mal et de ses conséquences. Esprit errant, sans mauvaise intention, il cherchait de l’aide dans le monde physique auquel il restait attaché. La conversation téléphonique a concentré les pensées et a eu l’effet d’une évocation. La sensibilité du médium aux fluides de l’Esprit a fait ressortir sur son corps physique tous les syndromes de la maladie.
Mais l’influence des Esprits peut se faire ressentir également pour notre salut. Soit qu’une idée traverse notre pensée comme le pressentiment d’un geste à accomplir ou d’un lieu à éviter, soit comme dans l’exemple qui va suivre où la personne peut entendre résonner une voix qui lui donne un ordre ferme, sans plus d’explication sur les conséquences d’un tel conseil.
Voici un cas emprunté à l’ouvrage de Gabriel Delanne, Le phénomène spirite.
Un jeune vicaire du Yorkshire, âgé de dix-neuf ans, se trouvait à Invercaxde, dans la Nouvelle-Zélande. Il avait rencontré sur le bateau qui l’y avait conduit un jeune homme qu’il avait connu comme matelot ; il convint d’aller avec lui et quelques autres faire une excursion dans l’île de Ruapuke et d’y rester un jour ou deux pour pêcher et pour chasser ; ils devaient se lever le lendemain matin à quatre heures pour profiter de la marée et franchir l’écueil ; il promit d’appeler à temps le vicaire, lequel alla se coucher de bonne heure avec l’intention bien arrêtée de les accompagner, cela ne faisait aucun doute dans son esprit.
En montant l’escalier, le vicaire crut entendre une voix lui dire. «N’allez pas avec ces hommes» ; il n’y avait personne autour de lui, et néanmoins il demanda : «Pourquoi ?» La voix, qui semblait partir de l’intérieur de la chambre, lui répondit avec fermeté : «Vous ne devez pas y aller» ; ces mots lui furent répétés après une seconde question. «Alors, demanda-t-il, comment pourrai-je m’en dispenser, puisqu’ils viendront m’appeler ?» Distinctement et plus fortement encore, la voix répondit : «Il faut fermer votre porte à clef.» En arrivant à sa chambre, il s’aperçoit qu’il y a une forte serrure qu’il ne se rappelait pas y avoir vue ; quoique déterminé à faire son excursion (c’était son habitude de se conduire à tout hasard), dès lors il se sentit ébranlé, eut le sentiment d’un péril mystérieux et, après beaucoup d’hésitations, ferma sa porte à clef et se coucha.
Le lendemain, vers trois heures, la porte fut violemment secouée, frappée à coups de pied ; mais, quoique éveillé, il ne dit mot, et enfin les hommes s’en furent, en jurant et en criant. Vers neuf heures du matin, le vicaire, se levant pour déjeuner, l’hôtelier lui demande s’il avait appris ce qui venait d’arriver. On lui raconta que le bateau parti pour Ruapuke avait chaviré sur l’écueil et que tous les passagers s’étaient noyés ; quelques-uns des cadavres furent rejetés sur le rivage le jour même ; les autres, un jour ou deux plus tard. Le narrateur termine ainsi : «Si j’avais été avec eux, au mépris de l’avertissement donné, sans aucun doute je serais mort avec mes compagnons de pêche et de chasse.»
Que l’on ne croit pas que cet exemple est isolé, de nombreuses personnes, qui n’osent pas en parler, entendent régulièrement une petite voix qui les conseille pour les choses simples de la vie ou pour éviter un accident.
Parmi les Esprits qui nous entourent, il en est qui s'attachent à nous, qui agissent plus particulièrement sur notre pensée, nous conseillent, et dont nous suivons l'impulsion à notre insu. Ainsi les Esprits malins aiment à rire et se moquer. Certaines personnes aiment à plaisanter au détriment d’autrui, et parfois même, l’alcool aide à débrider les langues et à embrumer les cerveaux. Les Esprits profitent de ces moments d’inattention pour se faufiler dans les paroles. Ainsi tel qui croit dire une bonne plaisanterie aux personnes qui l’entourent et qui s’amuse en société par ses plaisanteries ou ses actes se trompe souvent lorsqu’il croit que cela vient de lui. Il s’ensuit que ce que nous disons ne vient pas toujours de nous et que nous pouvons blesser ceux qui nous entourent par nos paroles.
La vigilance dans nos actes et nos pensées doit être de tous les instants afin d‘éviter de faire le mal, l’homme est soumis à des suggestions externes à lui-même et quand il ferme l’oreille à la voix de sa conscience ou à celle d’un bon Esprit, il subit l’influence d’un mauvais car il est vrai que la nature a horreur du vide.
Afin de croire plus facilement à l’influence des Esprits nous souhaiterions qu’ils interviennent plus directement sur les évènements de notre vie à la manière d’une bonne fée jouant de sa baguette. Mais la plupart du temps l’intervention des Esprits est subtile. Nous préférons parler du hasard plutôt que de voir dans le concours d’évènements la main d’un ami discret et invisible : une rencontre, une idée géniale, l’attention sur un détail ou être conduit sur un lieu précis sont autant d’actions qui paraissent naturelles à nos yeux. La plus souvent, le fait de ne pouvoir discerner les influences extérieures de ses propres pensées permet à l’homme de conserver son libre arbitre.

A travers ces exemples, on comprendra la nécessité, dans un premier temps ,de s’instruire et de comprendre toute l’étendue de l’intervention des Esprits, puis la nécessité de lutter contre l’influence des mauvais Esprits et de se rapprocher le plus possible des bons. C’est donc bien avec l’aide de la lecture et l’étude, qu’on augmentera cette capacité de discernement ainsi que par la pratique du bien et de la charité.

L'Evangile au foyer

Nous rencontrons souvent, lors de nos réunions d'aide spirituelle le mercredi, des parents d'enfants dont la forte médiumnité perturbe leur santé physique ou morale, voire provoque des désordres dans la maison. Face à cette situation, nous leur conseillons, la plupart du temps, d'éduquer spirituellement ce jeune médium afin qu'il trouve en lui les ressources nécessaires pour être capable de se défaire des entités perturbatrices qu'il attire. Les parents se trouvent alors souvent désemparés, ne sachant pas comment aborder le sujet avec des enfants d'âge très variable et dont la mémoire karmique est diversement éveillée.

Les réunions d’Évangile au foyer, très fréquentes au Brésil, peuvent aider à enseigner en douceur les valeurs du spiritisme à ces enfants qui sont trop jeunes pour venir dans les centres spirites mais qui, plus que d'autres, manifestent leur besoin de spiritualité par des symptômes variés.
Ces pratiques bénéficient à toute la famille car, en produisant un moment de paix et de compréhension dans la vie familiale, elles permettent d'améliorer l'ambiance affective et spirituelle du foyer dont les membres se retrouvent unifiés grâce à cette activité commune d'élévation des pensées. En outre, ces réunions attirent la présence et l'assistance de bons Esprits et évangélisent, en cas de nécessité, les désincarnés qui sont au foyer ou liés à ses membres.

Dans le livre Les Messagers, psychographié par Chico, l'Esprit d'André Luiz découvre l'importance des réunions familiales portées par le cœur, en se rendant avec d'autres « ouvriers » de Nosso Lar chez Dona Isabel, la veuve d'Isidoro, qui élève seule ses enfants dans la dignité, le respect et les valeurs morales du spiritisme. André Luiz raconte : « Naturellement, ils se sont tous assis autour de la table et je compris l'ancienneté de cette habitude familière et bénie. La fille plus âgée, qui s'appelait Joaninha, apportait des cahiers pleins de notes et de découpages faits dans les journaux. La veuve s'assit en haut de la table et, après de brefs instants de méditation, demanda à la petite Neli, neuf ans, de faire la prière d'ouverture du culte, demandant à Jésus l'éclaircissement spirituel.
Tous les travailleurs invisibles s'assirent respectueux. Isidoro et quelques camarades plus intimes du couple restèrent aux côtés de Dona Isabel, étant presque tous vus et entendus d'elle. Dès que le travail spirituel commença, les lumières devinrent beaucoup plus intenses. Une profonde sensation de paix enveloppa mon cœur. La petite Neli, d'une voix émue, fit la prière : - Seigneur, que votre volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Si il est dans vos saints desseins de nous accorder plus de lumière, permettez, Seigneur, que nous ayons une grande compréhension dans ce travail évangélique. Donnez-nous le pain de l'âme, l'eau de la vie éternelle. Soyez dans nos cœurs, maintenant et pour toujours. Ainsi soit-il !...
Dona isabel demanda à sa fille plus âgée de lire un texte instructeur et consolateur, puis un fait intéressant tiré du recueil de nouvelles. (...) Dès que Joaninha eut terminé ; leur mère ouvrit le nouveau testament de façon aléatoire semblait-il, mais, en réalité, je voyais qu'Isidoro, de notre plan, intervenait en aidant à choisir le sujet de la soirée.
Ceux qui sont de sa condition pourront entendre ses pensées : ceux qui sont d'une zone mentale inférieure recevront des valeurs interprétatives, comme il en va chez les incarnés, c'est à dire que nous aurons la lumière spirituelle du verbe de Fabio avec la traduction du verbe matérialisé d'Isabel. (...) L'interprétation de Fabio était pleine de merveilles spirituelles qui surpassaient la capacité réceptive de Dona Isabel. La veuve d'Isidoro semblait en avoir perçu à peine une partie. De cette façon, les enfants recevaient la leçon selon les possibilités médiumniques de la parole maternelle, tandis que nous y avions eu droit dans toute sa beauté. Toujours serviable, notre instructeur nous expliqua : - Ne vous étonnez pas de ce phénomène. Chacun recevra la lumière spirituelle selon sa propre capacité. Il y a beaucoup de nos compagnons ici réunis qui ont perçu le message de Fabio avec plus de difficulté que les enfants. Ils éprouvent encore de grandes limitations.
Tous les incarnés présents étaient très respectueux. Fabio s'assit sur un plan plus élevé alors qu'Isidoro s’accommodait d'une place à côté de son épouse dans l'impulsion affective du père qui se rapproche, avec affection, pour la conversation affectueuse avec les enfants bien-aimés. (...) Le culte domestique terminé, nos compagnons remercièrent également pour les grâces reçues.
- Nous espérons que ces selliers de sentiments se multiplient dit Aniceto avec sensibilité. Le monde peut fabriquer de nouvelles industries, de nouveaux gratte-ciels, édifier des statues et des villes, mas sans la bénédiction du foyer, il n'y aura jamais la vraie félicité.
- Bienheureux ceux qui sèment la paix domestique, s'exclama une sympathique dame qui était à nos côtés durant la réunion.
Peu après, alors qu'un orage s'annonce, André Luiz voit des formes sombres chercher un refuge convenable. Aniceto lui explique que ce sont des Esprits qui se trouvent encore très liés aux expressions les plus basses de l'expérience terrestre et que les averses les dérangent autant qu’elles gênent l'homme commun éloigné de son foyer. Ces Esprits cherchent, surtout, des maisons de loisirs nocturnes, où l'oisiveté trouve à se satisfaire dans le libertinage. Aniceto ajoute : - Observez comme ils se dirigent vers nous mais s'enfuient, craintifs et inquiets. Nous sommes en train d'apprendre une nouvelle leçon sur les effets de la prière. Nous ne pourrons jamais énumérer tous les bénéfices du recueillement. A chaque fois que se fait une prière dans un foyer, l'ambiance domestique s'améliore. Chaque prière du cœur constitue une émission électromagnétique de puissance relative. Grâce à cela, la pratique régulière du culte domestique de l’Évangile n'est pas simplement un cours d'illumination intérieure mais aussi le processus avancé de défense extérieure par les clartés spirituelles qui s'illuminent autour du foyer. L'homme qui prie porte avec lui une inaliénable cuirasse. La demeure qui cultive la prière devient une forteresse ; avez-vous compris ? Les entités de l'ombre prennent de grandes décharges au contact des vibrations lumineuses de ce sanctuaire domestique. Et c'est pour cela qu'elles se tiennent éloignées, cherchant d'autres chemins...
(...) Dans le salon accueillant de Dona Isabel, nous restions en pleine activité. Il commençait à pleuvoir fortement dehors, mais nous avions la nette sensation d'être très éloignés de cette pluie torrentielle. Dès les premières heures de l'aube, le mouvement s'intensifia : beaucoup de gens allaient et venaient.
- De nombreux frères, expliqua notre guide, se retrouvent dans ce gite de travail spirituel durant ce que les incarnés appelleraient rêve. Ce n'est pas facile de transmettre des messages à teneur instructive, dans ce travail, en utilisant des lieux communs, contaminés par les matières mentales les plus indignes. Mais, dans ces ateliers édifiants où nous arrivons à accumuler une plus grande quantité de forces positives de la spiritualité supérieure, il est possible de réaliser de grandes choses au bénéfice de ceux qui se trouvent incarnés sur Terre. »
Les pages suivantes font état de tout le travail effectué par les frères pour secourir les désincarnés qui semblent convalescents, chancelants, trop proches de la matière, mais aussi pour permettre des rencontres entre des incarnés et leurs proches décédés. Encore une fois, l'accent est mis sur le fait que ce travail ne peut être fait que dans de rares maisons, comme celle de Dona Isabel, où l'on cherche avant tout à élever les vibrations du foyer entier.

Si, comme les brésiliens, vous désirez, vous aussi, semer la paix domestique et réunir votre famille autour de lectures et d'échanges sur l'Évangile, il vous faut tout d'abord :
- Fixer le jour de la semaine et une heure pour que toute la famille ou les membres intéressés puissent se réunir. Ce jour et cette heure doivent être rigoureusement respectés, pour permettre aux bons Esprits de vous assister spirituellement.
- Choisir une pièce de la maison qui servira au mieux cette activité en offrant le plus de commodité et la moins exposée aux interruptions.
- Sélectionner le livre à étudier. Faire une lecture méthodique et séquentielle. On recommande de s'initier avec L'Évangile selon le Spiritisme. Lorsque le livre est terminé, on peut répéter sa lecture ou utiliser un autre livre spirite.
- Magnétiser de l'eau pour chacun.

Déroulement de la réunion

- Prière initiale : elle doit être simple, sincère, brève, préférablement spontanée et non apprise par cœur, dite par un des participants. L'intention et les sentiments ont plus de valeur que les mots. On remercie l’ensemble des Esprits protecteurs, instructeurs, guides et aussi Esprits familiers pour l’aide qu’ils nous ont procuré au quotidien et durant les jours qui viennent de se terminer. On peut citer d’ailleurs un exemple si l’aide a été providentielle.
- Lecture doctrinaire : elle doit être méthodique et séquentielle d'environ 10 minutes d'une petite partie du livre choisi. On peut y rajouter un commentaire court pour souligner un enseignement utile à chacun
- Prière finale : on demande une assistance et une protection spirituelle pour les jours à venir. On peut rajouter des souhaits ou des intentions d’aide pour des proches, enfin toute demande pour créer une harmonie dans la cellule familiale.

Précautions à prendre

- On ne parle pas de culte mais de prières afin d'éviter toute connotation de rituel non admis par le spiritisme.
- Ne pas prolonger la réunion au-delà de 20 minutes pour ne pas dépasser la limite d'attention et de participation de tous.
- Ne pas interrompre la réunion pour des événements futiles.
- Evitez de préparer des objets d'adoration comme des bougies, des images, des fleurs, etc.
- Ne pas permettre que cet instant se transforme en réunion médiumnique en recevant des communications d’Esprits ou en cherchant un état de perception.
- Des passes pourront être faites à quelqu'un du foyer qui est malade.
- Les enfants peuvent participer lorsqu'ils ont l'âge et la maturité pour suivre la lecture sans perturbation ou sans fatigue. Ils peuvent collaborer activement à la prière.

Un rêve instructif

J'ai toujours été très proche de ma grand-mère dont je porte le prénom. De dures épreuves traversées ensemble avaient eu pour résultat de fortifier notre relation de réconfort et de soutien mutuel. Elle me parlait souvent de nos morts qui étaient là, près de nous, et me disait qu'il ne fallait jamais oublier de prier pour eux, comme eux prient pour nous et nous protègent, même si on ne s'en rend pas toujours compte. Bizarrement, alors qu'elle est morte depuis déjà 17 ans et que je fais de nombreux rêves dont je garde mémoire, je ne conserve d'elle que le souvenir d'un seul et unique rêve, mais il fut et reste, pour moi, l'un des épisodes les plus marquants et instructifs de mon parcours spirite.

Il y a de nombreuses années, bien avant de venir au centre, j'ai rêvé que je voyais une grande pièce, avec une longue table longeant un mur. Des gens étaient assis autour et travaillaient, alors que d'autres, assis dans la salle, les écoutaient. Ceux qui étaient assis autour de la table conversaient à tour de rôle et il régnait beaucoup d'amour et d'harmonie dans cette assemblée studieuse. Je voyais la scène comme si j'étais sur une mezzanine, en hauteur, au dessus du public.
Je reconnus ma grand-mère dans les personnes assises autour de la table. Elle lisait attentivement un livre à voix haute et tout le monde l'écoutait respectueusement. Ma grand-mère était magnifique, lumineuse, apaisée, studieuse dans cette réunion pleine d'amour. Elle avait retrouvé sa belle chevelure brune, italienne, son teint de porcelaine sur un visage sans rides, d'une douceur infinie, lisse et si lumineux. Elle n'était plus cette femme rongée par le décès de trois de ses enfants et d'une petite-fille, mais bien une femme radieuse. Ses enfants n'étaient pas là, je ne reconnaissais personne d'autre à cette table, mais elle paraissait pourtant calme et rassurée, satisfaite.
J'étais impressionnée par tant de beauté mais j'étais, surtout, heureuse de la découvrir si belle, si bien, si occupée, si pleine d'amour et de joie. Mon coeur débordait de gratitude, d'admiration et d'affection. J'ai alors voulu lui dire combien j'étais fière d'elle et reconnaissante pour tout l'amour, la joie et la foi qu'elle avait su me communiquer. Je voulais, au moins, lui faire juste un clin d’oeil, lui signifier que j'étais là, que je la voyais, lui donner ainsi la preuve que même les gens de la Terre pouvaient aller à la rencontre de ceux du Ciel.
Mais elle ne me voyait pas, ne m'entendait pas. Même après avoir terminé sa lecture, et que les autres aient pris la parole à leur tour, elle ne me prêtait aucune attention. J'avais beau l'appeler, guetter le moindre de ses gestes dans l'espoir qu'elle tourne la tête vers moi, rien n'y faisait.
Des gens, autour de moi, essayaient de me faire comprendre que je perdais mon temps à me débattre pour me faire voir ou entendre, que je devais accepter de simplement la voir et d'être rassurée de la savoir apaisée, que j'avais été prévenue, avant de venir, que je pourrai juste la voir, mais je n'arrivais pas à me résoudre d'avoir réussi à être si proche d'elle sans qu'elle ait pu le savoir.
J’eus alors l'idée de m'intéresser à ses voisins de table. Si elle ne pouvait ni me voir, ni m'entendre, peut-être, eux, le pourraient-ils et, avec un peu de chance, lui transmettraient le message. Je me mis à guetter les uns et les autres, espérant que l'un d'eux tourne les yeux vers moi et me voit. Mais toujours rien. La mezzanine était comme séparée de la salle par une vitre opaque et épaisse, ne laissant transparaître, que bien atténués, les images ou les sons.
Pourtant, je me sentais suffisamment unie à ma grand-mère qui, de plus, savait bien que des communications entre nos deux mondes étaient possibles, pour avoir l'espoir qu'elle puisse, au moins, ressentir ma présence et recevoir tout l'amour et la joie que cette rencontre visuelle me procurait.
J'avais beau m'appliquer à "émettre" et m'agiter, rien n'y faisait, elle ne réagissait pas, trop attentionnée à écouter et observer, avec beaucoup de douceur, ses compagnons de table qui ne me percevaient pas non plus. Enfin résignée, je m'apprêtais à repartir lorsque, entourée par mes "compagnons de mezzanine" qui souriaient malicieusement, l'un d'eux me dit : "Alors ? Ça fait quel effet de n'être ni vue, ni entendue ?" Et je me réveillais immédiatement, un gros noeud dans la gorge, désespérée à l'idée d'avoir pu causer cette même frustration à mes chers disparus qui venaient me voir.
Si on m'avait permis de ressentir toute l'importance de ces échanges, je ne comprenais pas la raison de ce rêve puisque, de toute façon, je ne savais pas comment voir ou entendre nos morts malgré mon intense désir. Je ne savais que reconnaître leur douce présence à mes côtés, par tous les cailloux qu'ils avaient soin d'ôter de mon chemin. Des années sont passées depuis, mais cette question continue de résonner régulièrement dans ma tête...
Inutile de vous préciser le bonheur qui fut le mien lorsque, quelques temps plus tard, je vins au centre spirite de Bron pour la première fois. Je reconnus immédiatement la salle, avec ses chaises dans la même disposition, le public assis, serré, attentif et la longue table qui lui fait face, entourée de personnes appliquées. La même quiétude, le même sérieux, le même amour se lisaient sur les visages de ceux qui étaient assis à la table ce samedi de novembre 2007.
J'avais enfin trouvé un endroit ou, à volonté, l'un de mes anges, comme les appelait ma grand-mère, pourrait me faire, lui aussi, un clin d’oeil ; un endroit où je puisse apprendre à percevoir, pour ne plus me sentir coupable de frustrer les Esprits qui voulaient juste rassurer leurs proches et leur dire tout leur amour.
J'ai bien sûr fait une fiche pour avoir des nouvelles de ma grand-mère et elle m'a répondu qu'elle était très bien, qu'elle étudiait et lisait beaucoup, que ses enfants n'étaient pas avec elle mais qu'elle avait été autorisée à aller les voir et y retournait de temps en temps, qu'il fallait accepter que des routes se séparent un moment. Elle ajoutait qu'elle avait continué à souffrir physiquement après son décès mais qu'à présent elle ne souffrait plus du tout et était très heureuse. Elle terminait en me donnant le conseil de prier davantage. Or c'était le même conseil qu'elle me donnait sans arrêt de son vivant.
Le message était tellement concordant avec mon rêve que je n’eus aucun mal à en confirmer l'authenticité, d'autant plus qu'il commençait par un "Ma belle", qui était la façon dont elle m'appelait.
Même si j'ai continué à venir au centre régulièrement, avec la bénédiction de ma grand-mère, je n'ai pas eu l'occasion de garder d'elle d'autres rêves conscients. Quand je pense à elle, je la revois studieuse et souriante autour de la table, et je sais que nous étudions chacune, parallèlement, d'autant plus appliquées l'une et l'autre que l'on sait avoir le même objectif qui nous aidera, un jour, à pouvoir mieux communiquer ensemble, même si nous demeurons dans des mondes séparés.

C'est ainsi que nos rêves peuvent parfois être de bien belles leçons en nous apprenant à nous aimer et nous entraider, même au delà de la mort...

Vie associativeChico Xavier, l'home et le médium

Au cours de ce dernier trimestre 2011, le centre spirite lyonnais a reçu le conférencier Mickaël Ponsardin pour un exposé sur l’extraordinaire médiumnité de Chico Xavier. Illustrant son propos d’anecdotes amusantes, le public a pu découvrir la vie de cet homme dévoué à la cause spirite tout en cultivant la plus grande simplicité, un exemple pour nous tous.
L’assemblée était très attentive et particulièrement intéressée par le parcours singulier de ce médium. Beaucoup de questions ont été posées et Mickaël Ponsardin a pu ensuite dédicacer son livre.
Une autre conférence a été réalisée au mois d’octobre à l’Association Du Chemin dans l’ouest lyonnais. Son thème était Le Spiritisme, ses auteurs, sa littérature. Un public curieux a pu découvrir les divers livres que les Editions Philman publient, donnant ainsi la possibilité à chacun de comprendre comment est apparu le spiritisme en France. De Mesmer à Chico Xavier, en passant par Kardec, Denis, Delanne, l’assistance a pu suivre près de 70 titres commentés.

Examen de conscience

La période de Noël, en générant des émotions multiples qui vont de la joie d'enfant retrouvée aux horribles angoisses de solitude et d'abandon, ne laisse personne indifférent. Suivie par le jour de l'an et ses bonnes résolutions, cette période hivernale est un moment propice pour réfléchir sur soi-même, pour s'intérioriser, ce qui est la manière humaine d'hiberner. Chez le spirite, conscient de sa propre responsabilité vis-à-vis de tout ce qui lui arrive, cette interrogation prend une tournure particulière.

Qu'avons-nous fait de tout l'amour que vous nous avez donné ? Sommes-nous vraiment digne de toutes les attentions que vous avez à notre égard ? Aujourd'hui, sommes-nous bien dans le chemin qui nous était tracé au départ, celui que nous nous étions choisi avec l'aide des Esprits supérieurs ? Y sommes-nous dans les temps ou avons-nous pris trop de détours ? Avons-nous ignoré beaucoup de portes sur notre route, rejeté des frères qui étaient placés là pour nous aider ? Si seulement on pouvait répondre à ces questions sans avoir à attendre le terrible bilan au moment du décès ! Si seulement on pouvait avoir un moyen simple de s'améliorer efficacement tant qu'il en est encore temps !
En effet, combien se sont trouvés dans des situations difficiles, une fois désincarnés, alors qu'ils se sentaient de bons pères de famille, sérieux et travailleurs ? Ils disaient qu'ils n'avaient jamais fait de mal à personne. Oui, peut-être, ou sûrement sans s'en apercevoir, mais souvent ils n'avaient, à côté de cela, pas cherché à faire le bien. Ils n'avaient pas su profiter des opportunités qui leur étaient offertes pour partager les bienfaits accordés et cela leur coûtait parfois cher. Toutes les histoires d'André Luiz sont très évocatrices à ce sujet...
Et nous alors ? Avons-nous suffisamment cherché à faire le bien autour de nous ? Un rapide coup d’oeil en arrière nous fait douloureusement prendre conscience que nous avons laissé passer de nombreuses occasions de faire le bien, parfois pour quelques secondes à peine. Un sourire reçu d'un passant est parfois le seul rayon de soleil que certains auront dans une journée, voire dans la semaine. Et pourtant, combien de sourires aurions-nous pu offrir à ceux qui en manquaient ? Un regard, un mot gentil, un geste tendre suffisent à apaiser bien des craintes, bien des colères, bien des égoïsmes.
Est-ce que nous avons bien fait aux autres ce que nous aurions voulu qu'ils nous fassent ? Si nous avions été à leur place, aurions-nous aimé l'attitude que nous avons eu à leur égard ? Est-ce que nous ne pouvons vraiment rien faire de plus ? Sommes-nous toujours bien dans le respect du libre-arbitre, pour l'autre mais aussi pour nous-même ? Avons-nous suffisamment pris soin des instruments qui nous ont été prêtés pour faire le bien, à savoir notre corps et l'esprit qui le gouverne ? Pouvons-nous encore réparer les dégâts que nous avons causé par notre aveuglement, notre surdité, notre manque de sensibilité ou de volonté ?
L'une des consolations du spiritisme est de nous prouver qu'il n'est jamais trop tard, que tout peut être réparé, atténué, apaisé, pardonné. Mais cela nécessite parfois de très longues périodes, car nos épreuves sont liées à celles de ceux qui nous entourent et, ce, pendant plusieurs vies. A qui devons-nous payer les plus grandes dettes ? A qui, dans le passé, avons-nous fait le plus de mal ?
Autant aider tous ceux qui se trouvent sur notre route et remercier le Seigneur de la bonté qu'Il nous accorde en nous permettant de racheter nos erreurs. De toute façon, même si nous ne sommes pas en dette passée avec cette personne qui souffre face à nous, chercher à la réconforter sera toujours bénéfique pour notre avancée personnelle vers la lumière et l'amour. Évidemment, plus le réconfort accordé nous coûte, parce qu'il empiète sur notre temps, sur notre argent, sur notre énergie, plus le mérite d'avoir mené cette mission à bon terme sera grand.
Or, il nous faut insister, un sourire, un mot, un geste ou une prière peuvent suffire à faire s'illuminer une journée. Il devient si facile, alors, de savoir comment s'améliorer : il suffit, le soir, de prendre un moment pour faire le bilan de sa journée (juste de la journée, au fur et à mesure, c'est déjà très bien...), de réfléchir ne serait-ce qu'à toutes les personnes que l'on a pu croiser ou dont on nous a parlé, depuis l'instant où l'on s'est éveillé jusqu'au moment présent, et de se demander si l'on a vraiment donné à chacune d'elles le maximum d'attention qu'elle méritait.
Ce questionnement, s'il est lucide, peut être assez douloureux, mais il nous montre aussi comme il aurait été facile de soulager si on en avait eu juste un peu plus envie...La majorité d'entre nous peut se sentir alors comme l'élève à qui le professeur marque sur le relevé de notes "peut mieux faire"...
Alors le lendemain, on recommence, on se promet que l'on fera mieux et, petit à petit, les choses s'améliorent. Elles s'améliorent d'autant plus vite que ceux qui nous entourent s'améliorent aussi car on se choisit un entourage de plus en plus sain, avec des valeurs proches des nôtres et donc préoccupés, eux aussi, à se tourner vers le bien, le beau, l'autre. On s'entoure toujours de personnes qui, tout naturellement, nous entraînent dans leur élan...
À la question 919 du Livre des Esprits, relative à la connaissance de soi-même, Allan Kardec explique que cette simple interrogation de la conscience, quotidiennement, est la manière la plus aisée de progresser d'un pas sûr vers notre objectif. Saint Augustin y signe là l'un de ses plus beaux textes. Dans des termes clairs et efficaces, il nous dit que lui-même examinait chaque jour sa conscience et nous en démontre tous les bienfaits.
Alors si ce soir, parmi les lecteurs de la revue, un seul, même un seul d'entre vous, piqué de curiosité, va prendre la peine d'aller lire la question 919 du Livre des Esprits, puis, naturellement, ira interroger sa conscience, appelant Dieu et son guide afin d'être éclairé pour mieux se connaître et se perfectionner, cet article n'aura pas été écrit en vain. Il aura, en effet, permis à au moins une personne d'être aidée sur son chemin, comme elle l'a demandé, et cela suffira à remplir mon coeur de joie car le temps passé à écrire, au détriment d'autres loisirs, sera amplement justifié...

Les NDE à l'étude

LVoici un article tiré de la revue «Science et Avenir» de novembre. On commence à être à l’écoute des patients et des études sérieuses se mettent en place sur ces dégagements.

«Elles fascinent. Elles, ce sont les EMI, expériences de mort imminente (Near Death Experience). Autrement dit, ces visions de lumière blanche au bout d'un tunnel, ces impressions de sortir de son corps, etc. Autant de sensations rapportées par une partie de ceux qui ont frôlé la mort, cru qu'ils allaient mourir, bref, ceux qui en sont revenus.
Selon une étude néerlandaise, environ 12 % des personnes réanimées à la suite d'un arrêt cardio-respiratoire auraient vécu une EMI, des épisodes fréquemment relayés sur Internet par des sites spécialisés. En France, le Dr Jean- Pierre Jourdan, généraliste, a recueilli de nombreux témoignages. «Mais contrairement à ce que l'on dit, les EMI sont pas toujours paradisiaques !
Les patients rapportent aussi des visions de flammes et de démons, très angoissantes», souligne le Dr Jean Pierre Postel, anesthésiste réanimateur à l’hôpital de Sarlat. Ce médecin, qui a vécu par empathie une expérience de type alors qu'il se tenait aux côtés de son père mourant, est l'un des rares à s'intéresser scientifiquement à ces phénomènes. Depuis deux ans, il mène dans son service une étude pilote pour le moins originale : il a disposé des enveloppes scellées contenant des images, seules connues d'un huissier de justice, dans la salle de réveil.
Un patient les verra-t-il un jour lors d'une EMI ? Afin de limiter les biais possibles, une version électronique a été développée. Les images défilent de manière aléatoire sur un écran d'ordinateur contenu dans une boîte scellée et emballée comme un paquet cadeau, volontairement incongrue dans un tel lieu. Chaque patient est systématiquement interrogé à son réveil. En vain pour l'instant... L'anesthésiste a aussi ouvert depuis un an une consultation gratuite sur ce thème. Une vingtaine de personnes venues de toute la France, souvent très angoissées, lui ont ainsi raconté leur expérience et leur difficulté face à l'incompréhension générale.
«On commence tout juste à admettre, pas à expliquer» résume le Dr Postel. Il a également créé un groupe de travail, en collaboration avec l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de la Timone à Marseille, des physiciens, un psychiatre, un psychologue, des éthiciens et un anthropologue. L'objectif est d'établir un protocole de lecture à distance, non plus pour des patients au réveil de l'anesthésie, mais pour des volontaires pratiquant la méditation. Pour certains neuroscientifiques, ces phénomènes pourraient tout à fait s'expliquer par un dysfonctionnement cérébral. Des expériences ont en effet démontré qu'une stimulation de certaines zones du cerveau, les aires visuelles, la privation d'oxygène ou encore la prise de certaines drogues utilisées en anesthésie (kétamine) pouvaient mimer des EMI. Des explications qui ne satisfont évidemment pas ceux qui pensent qu'il existerait une forme de survivance après la mort.» S. R. M.