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Bulletin 38

Bulletin 38 - Septembre 2009
Sommaire

Editorial

La médiumnité semble avoir déserté nos centres spirites : celle qui transcende les âmes et permet de percer de percer les mystères de l’au delà, celle qui nous met en relation avec le monde des Esprits et nous apportent des témoignages émouvants, celle qui nous donne l’enseignement dans sa pureté originelle. Où sont passés ces grands médiums dévoués à une juste cause, et ces chercheurs qui oeuvraient autant pour déjouer les fraudes possibles que pour apporter des preuves tangibles devant les innombrables phénomènes qui se produisaient alors.
L’homme et son scepticisme a-t-il usé la patience de cet autre monde qui ne demande pourtant qu’à nous démontrer sa présence ou s’est-il détourné de cet enseignement qui lui a été donné et trop lourd à assumer.
Le chemin était pourtant bien tracé et il suffisait de le suivre pour ne pas en perdre l’accès. Les portes se sont refermées, aux spirites de les ré-ouvrir une à une par les découvertes des connaissances perdues car non transmises en leur temps.
Devenir médium, c’est un état à acquérir pas à pas, une conquête de cet inconnu qu’est pour nous le monde spirituel. Nous côtoyons constamment ces Esprits proches des fluides matériels sans pouvoir atteindre les fluides plus éthérés. Il nous faut évoluer encore et ne pas craindre cette émancipation de l’âme, ce détachement périsprital qui nous amènera à l’état de transe, seul moyen de nous rapprocher de nos frères spirituels qui nous attendent pour nous instruire à nouveau et concilier nos différences. Quand l’intention est noble, le travail devient plus facile et l’aide accordée sans restriction, il n’y a aucun doute à avoir, aucune peur qui ne peut être surmontée.

Gilles Fernandez

Charles Richet

Eminent scientifique aux découvertes nombreuses et hors normes, Charles Richet fut aussi un penseur et un exceptionnel observateur de l’inhabituel. Un de ses proches et compagnon de route, Eugène Osty, entreprit de résumer sa vie si particulière dans une courte biographie. En voici quelques éléments.

 Charles Richet

Charles Richet naquit à Paris le 26 août 1850, dans une famille déjà riche de toutes les qualités amenant à une observation aigüe de la vie et ses phénomènes dans son ensemble. Son père Alfred Richet, chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté de médecine, lui transmit la curiosité scientifique, l’habitude de l’analyse rigoureuse et de son expression simple et claire. De son grand-père maternel Charles Renouard, conseiller à la cour de cassation et pair de France, il reçut le goût des lettres, de la philosophie, de la sociologie, de l’apostolat humanitaire. «C'est à lui, a écrit Charles Richet, que je dois, outre bien d'autres préceptes, la profonde horreur de la guerre, la haine des monarques et des Napoléons, l'amour de la liberté et de la justice.»

De cet héritage naîtra un homme passionné et talentueux, rapidement accepté comme interne en médecine au service du chirurgien L. Le Fort. Pourtant, au lieu de se consacrer à l’étude spécifique de ce domaine afin de s’instruire et préparer ses concours, il s’employa à étudier exclusivement le somnambulisme. Ses nombreuses observations de phénomènes méconnus et surprenants aboutirent à la publication d’un article dans le journal d’Anatomie et de physiologie de Charles Robin, et surtout le conduisirent à abandonner définitivement la chirurgie pour la physiologie.
Il poursuivit son internat au sein du collège de France auprès de Marey et de nombreux autres savants tels Claude Bernard ou Berthelot. Il acquit là-bas les techniques de l’expérimentation physiologique tout en menant des recherches personnelles. Sa curiosité insatiable le fit pousser les portes de tous les domaines qui lui étaient accessibles : littérature, philosophie, économie politique, égyptologie…
S’ensuivirent de nombreuses études et découvertes. En 1876, il montra avec son maître d’internat Verneuil que les sucs gastriques devaient leurs propriétés à la présence d’acide chlorhydrique non pur. En 1879, il découvre l’action diurétique des sucres, notion ensuite utilisée pour traiter les insuffisances rénales. Il démontre l’action de régulation thermique du frisson et de la polypnée, et ainsi, par sa compréhension novatrice de la chaleur animale, se forge une place de physiologiste de premier rang.
Il est alors agrégé de physiologie à la faculté de médecine. Il obtient en 1887 la chaire et le laboratoire de physiologie. Ses études se poursuivent par de nombreuses découvertes majeures. Concerné par la souffrance des inévitables animaux cobayes, il met au point avec le professeur Hanriot un anesthésique ne perturbant pas les réponses physiologiques. Il étudie certains troubles du foie, et démontre et caractérise la phase réfractaire des muscles, phase pendant laquelle après une excitation un muscle ne peut plus être sollicité.
En 1887, à 37 ans, Charles Richet découvre le principe de la sérothérapie : «le sang d'un animal immunisé, injecté à un animal non immunisé confère à ce dernier l'immunité »
Charles Richet tente de l’utiliser dans le traitement de la tuberculose et obtient des résultats mais non la guérison. Son invention lui a longtemps été amputé car Emile Roux obtient le premier des résultats pour une maladie humaine, la diphtérie, et met au point le premier sérum anti-diphtérique avec l’allemand Behring.
Peu de temps après son travail sur cette méthode d’immunisation (prophylaxie), il observe que l’injection d’un toxique à des chiens ayant survécu à une première injection de ce même toxique provoque leur mort certaine. Le résultat attendu était l’accoutumance et donc une réduction des phénomènes d’intoxication. Après plusieurs années de recherche expérimentale, il établit que certains toxiques sensibilisent le corps par la répétition de leur action et découvre ainsi l’anaphylaxie (qui détruit la protection). Il publie le livre L’Anaphylaxie et obtient le prix Nobel en 1913 pour cette étude.  timbre sur les travaux de Richet Ses travaux à la fois sur l’immunité et la sensibilisation éclairèrent de nombreux phénomènes et permirent un bond considérable à la thérapeutique. Asthme, dyspnée, migraines, rhumatismes… furent reconsidérés et mieux traités.
Ces résultats incitèrent Charles Richet à rechercher si ces caractères acquis par un organisme sont transmissibles par hérédité. Il effectua son étude sur un microbe, le ferment d’acide lactique. Cette longue étude établit expérimentalement la transmission héréditaire des caractères physiologiques acquis. En 1925, à 75 ans, la limite d’âge lui retira sa chaire et son laboratoire malgré son intention certaine de poursuivre son étude.
Si son activité s’était restreinte à la physiologie, nul doute qu’il aurait poursuivi ses recherches en montant son propre laboratoire privé. Seulement, ses centres d’intérêts étaient beaucoup plus larges et il consacra les dix dernières années de sa vie à répandre par les livres la diversité de ses connaissances.
Bien que son apport à la physiologie soit considérable, Charles Richet n’y consacre pourtant pas tout son temps. Il participe dès 1884 au mouvement pacifiste en devenant membre puis président de sociétés pacifistes. Il donne discours, conférences, écrit des livres, des articles, participe à des congrès nationaux et internationaux. Parmi ses nombreux livres, il faut noter Pour la paix (1930), dédié à la mémoire de son grand-père Charles Renouard :
«C'est lui, dit sa dédicace, qui a été l'inspirateur de ma pensée, et par conséquent de ce livre. C'est lui qui m'a enseigné la double face de la guerre : férocité et stupidité. C'est lui qui m'a, dès mes premiers ans, donné pour la sainte justice un amour que rien ne pourra éteindre. Ce que le vieillard a enseigné à l'enfant, l'homme devenu vieux à son tour, doit l'apprendre aux jeunes gens.»
Dans ses écrits, plutôt que s’appesantir sur les dates, les guerres, leurs préparations, leurs déroulements, leurs traités de fin et ainsi ce qu’on l’appelle les faits historiques, il préfère décrire les avancées morale, artistique, littéraire, scientifique de l’humanité à travers les expressions furieuses et bestiales qui la ralentissent.
Pour lui, le monde vit une accélération et une complexification telles que s’arrêter aux détails perd son sens s’ils ne sont pas féconds pour le présent. La notion de progrès l’emporte, et c’est par la transmission aux plus jeunes qu’il espère participer à une marche de l’espèce humaine vers plus de vérité et le progrès.
Son pacifisme était celui d’un homme éclairé pour qui l’humanité sort juste de sa première enfance. Les actes commis par le passé sont le fruit d’impulsions instinctives désormais à dominer. Il est attentif aux mœurs cruelles de certaines collectivités et ne se gène guère pour les dénoncer dans ses écrits. Lors de la première guerre mondiale, à 66 ans, il s’engage dans un tour d’Europe où il encourage latins et slaves à mettre fin au principe archaïque de guerre. Revenu en France, il rejoint les armées et participe à différentes études partout où ses conseils médicaux peuvent être utiles. Eugène Osty dit de lui qu’il est un pacifiste vigilant.
Dans la première partie de sa vie, Charles Richet s’emploie à traiter la psychologie comme la partie la moins connue et développée de la physiologie. Il se livre à une étude du comportement collectif et individuel, recherchant déterminismes et «fatalités» psychologiques. Il découvre dès sa première année d’internat l’intérêt du somnambulisme comme simplification expérimentale pour l’étude du subconscient. A travers cette étude, il imagine pouvoir jeter un pont entre psychologie et physiologie, et ainsi comprendre l’activité mentale par l’étude expérimentale de l’organique.
Il publie alors Essai de psychologie générale en 1885, dans lequel il s’efforce d’établir avec clarté que «le phénomène pensée est le résultat d'une association plus ou moins compliquée de réflexes». L’œuvre est un grand succès, expliquant simplement la psychologie jusque-là si obscure à un milieu baigné de croyances scientifiques et doctrine matérialiste.
Cependant, il est par la suite témoin de phénomènes ne rentrant plus dans le cadre de ses observations et conclusions premières. Il rencontre en 1884 le savant russe Aksakof qui, remarquant son intérêt pour le somnambulisme et l’hypnose, lui fait part de ses observations «de phénomènes dénommés spirites, c'est à dire les apparitions et les mouvements sans contact». Il rejoint un groupe à Milan et assiste aux expériences menées avec le médium Eusapia Paladino. Parallèlement, la société anglaise Society for Psychical Research publie ses rapports, et des contacts s’établissent entre les savants. Chacun dans leur pays, S. Notzing, E Morselli, W. James, F. Myers, O. Lodge et C. Richet poursuivent l’étude scientifique des phénomènes spirites.
C’est à cette époque qu’un groupe formé notamment de Branly, d’Arsonval et du couple Curie réalise une série d’expériences à l’institut général de psychologie. Assuré de l’existence de ces phénomènes, Charles Richet crée en 1891 le périodique Annales des Sciences psychiques consacré à ce qu’il considère comme une nouvelle branche de la science.
Sa publication fut suspendue durant la guerre, puis remplacée dans l’après-guerre par la Revue Métapsychique, organe de l’institut métapsychique.
Il est sollicité en 1897 par la Society for Psychical Research pour être son président pour l’année. Il écrit un mémoire à cette occasion dans lequel est utilisé pour la première fois le terme métapsychique pour se référer à ces nouveaux phénomènes.
Il se rend pour expériences auprès de tout médium d’intérêt qui lui est signalé. Par là-même, il prend un risque : si sa carrière extraordinaire de physiologue le voue à une tranquillité et à une reconnaissance exceptionnelles par ses pairs, sa curiosité affichée à ce sujet le rend vulnérable aux polémiques. C’est sa certitude que cette métapsychique est la principale science de demain qui lui fait prendre ces risques. Ses prises de position sur les résultats d’une expérience menée avec le médium Eusapia Paladino devient un argument d’opposition durable à ses thèses.
Si en Angleterre existe la Society for Psychical Research, il faut attendre 1914 pour que Charles Richet et son ami J. Maxwell crée un diner-réunion mensuel. Appelé dîner du 13 pour son nombre initial de convives et la date à laquelle ils se retrouvent, elle est l’occasion de discussions où chacun expose à l’ensemble ses dernières découvertes, observations et constatations. Lors du dîner inaugural en juin 1914, une prédiction de guerre imminente est portée à la connaissance de l’assemblée. Il n’est fait que peu de cas de l’information, la situation décrite semblant fantasque dans le calme des quelques mois précédents le début de la première guerre mondiale. Il est décidé que le manuscrit très détaillé du médium Sonrel et daté du 3 juin 1914 sera publié dans les Annales des Sciences psychiques, laissant au temps la vérification du présage. L’histoire se déroulera comme l’on sait, et l’article, réduit à une preuve supplémentaire de phénomènes nouveaux, n’est publié qu’en 1915 en raison des difficultés induites par la guerre.
Celle-ci provoqua la rencontre du Professeur R. Santoliquido et du Dr. G. Geley, et avec l’aide financière de Jean Meyer, l’Institut Métapsychique est fondé et reconnu d’intérêt public en 1919. Charles Richet est son président honoraire jusqu’en 1929 où il reprend le poste de président effectif à la suite de R. Santoliquido. L’institut est dirigé à partir de 1925 par l’auteur de cette biographie Eugène Osty.
Lui qui ne pensait pas observer de son vivant la formation d’une organisation spécialisée et prête à maintenir une recherche scientifique de ces phénomènes en France, Charles Richet suit particulièrement cette nouvelle institution. Il y consacre quasiment exclusivement les dernières années de sa vie. Son fils témoigne de son intérêt motivé par le sens et l’utilité morale de ses observations.  Traité de Métaphysique de Charles Richet Il présente en 1922 son Traité de Métapsychique en séance à l’académie des sciences. Il expose dans cet ouvrage les phénomènes qu’il a rencontrés et la nécessité de prendre en compte ces réalités constatées quoiqu’inhabituelles. La communication ne sera pas acceptée au compte-rendu de l’académie.
Le 24 juillet 1923, il tient un discours lors d’un congrès devant ses pairs physiologistes, où il expose combien ce n’est que pur esprit scientifique que de remettre en cause ses croyances face à l’expérience. Celui-ci est entièrement reproduit dans la Presse médicale du 10 novembre 1923.
En 1925, Charles Richet a 75 ans et termine sa carrière de physiologiste. Il tient à tenir son dernier cours de professeur sur la métapsychique. Le refus poli du doyen de la faculté le conduit à réaliser cette intervention lors de son avant-dernier cours le 24 juin 1925. Cette hostilité du corps scientifique se poursuit. Lassé des violentes réactions de ses confrères universitaires, il tente de trouver une compréhension plus vive parmi le grand public. Il rédige alors quatre livres : Notre Sixième sens (1928), L'Avenir de la prémonition (1931), La Grande Espérance (1933), Au Secours (1935). Ces livres portent son espérance et son désir de transmission autant que son intuition d’une croyance portée par des faits à observer et caractériser expérimentalement, tel que «l'inhabituel et l'imprévu prendront place dans la science».
On peut s’étonner que ces pensées n’aient pas amené ses suivants à reconsidérer leur position vis-à-vis du spiritisme, jugé simple nouveau dogme. Car si le spiritisme est croyance, il est aussi et morale et science, et la nécessité d’expériences conduites rigoureusement et scientifiquement pour comprendre et démontrer le phénomène spirite est indéniable et reconnue par les spirites eux-mêmes.
Dans l’unique discours des obsèques de Charles Richet, le Prof. J.L. Faure prononcera ces paroles : «C'était avant tout, un esprit libre, et si, comme le voyageur qui cherche une terre nouvelle, à travers les mers ténébreuses, il s'est lancé, lui, le savant, lui l'expérimentateur, à la poursuite de problèmes et peut-être même de chimères, au risque de s'y briser les reins, s'il a eu le courage d'affronter les sourires et les sarcasmes, c'est parce qu'il savait qu'à côté des vérités profondes et définitives que les savants ont à jamais tirées de la nuit du passé, il y a encore bien des choses que nous ignorons et que nous devons chercher à connaître. Et ses courses aventureuses dans le domaine difficilement accessible de la métapsychique, où les problèmes ne peuvent être résolus ni par une indifférence trop facile, ni par des railleries plus faciles encore, mais par des expériences bien conduites, sont précisément un des témoignages les plus puissants et de sa sincérité de savant et de l'indépendance de son esprit …»

Il a entendu ma détresse

On entend souvent parler d'enfants très jeunes qui se souviennent de leur vie précédente ou parlent et jouent avec des "fantômes". Personnellement, j'ai eu le bonheur d'avoir un fils qui, grâce à sa médiumnité mais aussi grâce à sa grande sagesse, m'a donné de riches instructions spirites. Son enseignement m'a été d'autant plus profitable qu'il n'était pas théorique. Ses récits prenaient souvent pour base la vie quotidienne et, agrémentés par des détails connus de moi seule, ils me prouvaient indéniablement l'existence d'un "autre monde".
Je prendrai pour exemple son vécu sur ma grossesse car c'est le jour où il me raconta cette histoire que j'eu la révélation de ses capacités. Pour comprendre son récit, il me faut à présent dévoiler un peu de mon intimité. Je n'y consens que parce que je pense qu'il serait bien égoïste de ma part de ne pas partager ce que Dieu m'a accordé avec tant de grâce, d'autant plus que, d'après ce que je vois et entends, les questions relatives à la grossesse, l'avortement, les fausses-couches, le déni reviennent, à juste titre, très régulièrement. Tous ces points sont évoqués dans mon histoire.
Tout commence par un déni de grossesse, court heureusement, mais assez long pour dépasser la date limite pour un éventuel avortement. Si, là haut, ils ont pris la précaution de me cacher ma grossesse pendant trois mois, c'est parce qu'ils savaient que je serai bien fragile face aux épreuves qui m'attendaient. Je tairai les détails inutiles car, tout ce qu'il importe de savoir, c'est que cette grossesse a été vécue avec beaucoup de déprime d’autant que la date pour un avortement était dépassée et que je ne pouvais plus qu'espérer faire une fausse couche. Pourtant, malgré tous mes efforts pour "aider" la nature (je m'amusais à soulever notre piano par exemple), le bébé semblait être particulièrement bien accroché. Ce n'est donc qu'à six mois de grossesse que, face à son obstination pour venir, je me suis résignée, je l'ai accepté et accueilli ensuite normalement. Il ne me restait plus qu'une immense culpabilité pour ce que je lui avais fait vivre alors qu'il n'était pas encore né.
On ne se vante pas d'avoir voulu, un jour, perdre l'enfant que l'on porte, surtout si cet enfant vient finalement au monde... Personne ne savait la détresse que j'avais vécue en étant enceinte. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise lorsque mon fils, alors âgé de 4 ou 5 ans, me tint les propos suivants :
- Tu te rappelles quand j'étais dans ton ventre ? Tu pleurais tout le temps. Moi, j'avais bien compris que tu me voulais pas, alors je suis monté au ciel pour leur dire que je devais revenir, mais ils m'ont dit de redescendre, que tu me voudrais plus tard, il fallait juste attendre un peu. Mais tu continuais toujours à pleurer, alors, je suis remonté encore et je leur ai dit que du temps était passé mais que rien n'avait changé, tu me voulais toujours pas. Tu étais trop malheureuse. Alors, ils m'ont dit de redescendre encore et de rester quand même parce que tu me voulais pas pour le moment mais que, un jour, tu seras même contente de m'avoir eu. Alors ? C'est vrai ? Tu es contente maintenant ?
Outre le fait qu'il m'ait donné à cette occasion de nombreux détails sur ma grossesse que moi seule pouvait connaître (ma pudeur ne me permets pas de tout dévoiler ici), j'étais stupéfaite que, pas un instant, il ne remette en cause ni mes sentiments, ni mes actes. Il ne me questionnait absolument pas là dessus. Tout ce qu'il voulait savoir c'est si ce qu'on lui avait dit là haut ("un jour, plus tard, elle sera contente de t'avoir eu ") était effectivement arrivé.
Lorsque j'ai parlé de cette histoire à des médiums du centre, on m'a très justement fait remarquer que mon fils était une bonne nature car, face à mon rejet, il était près à repartir tranquillement, sans aucune animosité. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas...
Cette histoire montre que le ressentiment que pourrait avoir un Esprit d'être rejeté n'est pas systématique et que, pour favoriser un évènement ou nous empêcher de mal agir, nos guides peuvent user de bien des stratagèmes. Il me faut aussi préciser, qu'avec le recul, je ne suis plus seulement contente d'avoir eu cet enfant : j'ai conscience que l'on m'a accordé une véritable grâce et m'efforce, depuis, d'en être digne.

Quand les Esprits parlent

Un article dans le Boston Journal de 1904 explique comment un squelette d’homme qui a produit des coups entendus pour la première fois par les soeurs Fox, a été découvert dans les murs d’une maison. Il s’agit d’un crime et il a été révélé par des moyens psychiques…

 Les soeurs FoxCela se déroule à Hydesville, un petit hameau typique de l’état de New York, il est situé à une bonne trentaine de kilomètres de Rochester. Ce village est composé d’un groupe de maisons de bois serrées les unes contre les autres et la famille Fox, une famille de fermiers avec leurs six enfants y occupe l’une d’elles. Nous sommes en 1848.  La nuit, il y a tout le temps des bruits dans la maison, des grincements de chaises, des tremblements et des secousses et le soir du 31 mars, les sœurs Fox s’amusent à jouer aux questions et aux réponses avec l’intelligence invisible et lui demande :
- Avez-vous été assassiné ?
Coups affirmatifs.
- Votre assassin peut-il être poursuivi devant un tribunal ?
Pas de réponse.
- Si votre assassin ne peut pas être puni par la loi, manifestez-le par des coups.
Les coups furent frappés clairement et distinctement.
On fit la lecture de l’alphabet et obtint le nom du mort : Charles B. Rosma.
A l’en croire, il avait été colporteur et avait été frappé dans la maison, un mardi soir à minuit. Le meurtre avait été commis par un M. Bell, qui lui avait tranché la gorge avec un couteau de boucher. Il emporta le corps dans la cave mais il ne l’enterra pas avant la nuit suivante. Il fut enseveli à plus de trois mètres dans le sol.
On l’avait assassiné pour de l’argent :
- De combien s’agissait-il ? Cent ?
Pas de coup.
- Deux cents ?
Pas de coup.
- Cinq cents.
Les coups répondirent par l’affirmative…
 La maison de la famille FoxDes fouilles successives ne réussirent pas à localiser le corps dans le sol de la cave afin de donner une preuve matérielle au récit. La découverte fut le fait d’écoliers qui jouaient dans le bâtiment. On découvrit un squelette humain presque complet entre la terre et les murs croulants de la cave, indubitablement celui du colporteur. On découvrit, à côté des ossements, une boîte de colporteur en fer-blanc.  Ces découvertes réglèrent définitivement la question. Quand on examina les résultats des fouilles, on put reconstituer les circonstances. Il était clair que dans un premier temps, le corps avait été enterré avec de la chaux vive au milieu de la cave. Par la suite, le criminel s’inquiétant du fait que cet endroit serait facilement suspecté, il exhuma le corps et le réenterra sous le mur où il était davantage à l’abri. Cependant, le travail fut exécuté avec tant de hâte, que certaines traces nettes subsistèrent de la première tombe.
Existe-t-il d’autres indices montrant qu’un tel crime avait été commis ?
Nous les trouvons dans la déposition de Lucretia Pulver, qui servit comme aide ménagère durant le séjour du couple Bell qui occupait la maison quatre ans auparavant. Elle raconte comment un colporteur arriva à la maison et y passa la nuit avec ses articles. Ses patrons lui dirent qu’elle pouvait rentrer chez elle cette nuit-là :
«Je voulais acheter quelques articles aux colporteurs mais je n’avais pas d’argent sur moi, et il dit qu’il passerait chez nous le lendemain matin pour me les vendre. Je ne le revis plus jamais. Environ trois jours plus tard, ils m’envoyèrent chercher. Je revins donc…
Je dirais que ce colporteur dont j’ai parlé avait environ trente ans. Il portait une redingote noire et des pantalons de couleur claire. Je l’ai entendu parler de sa famille à Mme Bell. Mme Bell m’a dit que c’était une vieille connaissance – qu’elle l’avait déjà vu plusieurs fois avant. Un soir, environ une semaine plus tard, Mme Bell m’envoya à la cave fermer la porte qui donnait dehors. En traversant la cave, je tombai par terre vers le milieu. A cet endroit, le sol paraissait inégal et mou. Quand je remontai, Mme Bell me demanda pourquoi j’avais crié et je le lui dis. Elle se moqua de moi d’avoir eu si peur et dit que c’était simplement des rats qui avaient creusé dans le sol. Quelques jours après cela, M. Bell porta un tas de saletés dans la cave, à la nuit tombée, et il y travailla un certain temps. Mme Bell me dit qu’il était en train de boucher les trous de rats.
Peu de temps après, Mme Bell me donna un dé à coudre qu’elle dit avoir acheté à ce colporteur. Environ trois mois après cela, j’allai la voir et elle me dit que le colporteur était repassé et elle me montra un autre dé à coudre qu’elle affirma lui avoir acheté. Elle me montra d’autres choses qu’elle dit lui avoir achetées.»
Après son arrestation, M. Bell trouva que cette accusation entièrement fondée sur des indices psychiques, constituait une chose injuste mais les preuves du crime avaient effectivement été découvertes et la déposition de Lucretia Pulver certifiait le reste.

Un médium en état de transe

Le sommeil est l’état normal où le corps se repose et c’est aussi une forme de dégagement de l’Esprit, qui retrouve une forme de liberté. L’âme abandonne le corps et au retour, elle rapporte un souvenir plus ou moins confus de ce qu’elle a vu pendant son excursion. Cet état de détachement peut se retrouver également dans des moments de veille et aussi dans les comas à des degrés plus élevés.

Chez un médium, on peut obtenir cet état avec l’accord des Esprits qui dirigent le groupe spirite. Dans la transe, la personnalité du médium peut disparaître complètement pour quelque temps. Puis, il se produit une substitution plus ou moins complète de la personnalité d’un Esprit étranger à l’organisme dont il a pris possession. La parole et l’écriture peuvent en être les manifestations.
On note qu’en premier lieu, une fois que le médium est saturé de fluides, il tombe dans un état de sommeil provoqué souvent par les Esprits instructeurs qui président la séance. Une fois que le détachement du corps physique a lieu, le médium peut avoir l’impression de flotter au-dessus de son corps ou à côté. L’étape suivante le mène vers une plénitude et des accords de fluides qui lui permettront de se dégager davantage. Il a alors l’impression d’être plus vivant que jamais et sa conscience prend de l’amplitude. En s’abandonnant aux entités qui l’accompagnent, il tombe dans l’extase, pendant laquelle son Esprit quitte son corps, en partie tout au moins. Il se trouve ensuite dans un espace dans lequel le monde spirituel s’ouvre plus ou moins à sa perception et où son organisme physique devient favorable à l’incorporation d’un Esprit désincarné.
Le cerveau du médium se trouve temporairement et partiellement dépourvu de direction et c’est l’Esprit désincarné qui en prend la direction à un degré plus ou moins variable. Cet Esprit peut prouver son identité en donnant des preuves soit par la parole, soit par l’écriture de faits qui appartiennent à ses souvenirs.
Il y a par exemple le cas de Mme Piper, un médium psychophone, où deux ou plusieurs Esprits pouvaient diriger simultanément l’organisme du médium. Les manifestations des personnalités de ces Esprits peuvent considérablement être différentes du médium. Il y avait les Esprits familiers récemment décédés qui donnaient des preuves de leur identité, puis il y avait d’autres intelligences qui se nommaient Empereur, Recteur, Docteur qui donnaient des enseignements dépassant largement les connaissances du médium.
Au bout d’un certain temps, l’Esprit du médium reprend sa place et son activité. A son réveil, il peut ou non se rappeler ce qui lui a été révélé du monde spirituel. Dans certains cas, celui de Swedenborg par exemple, le médium conserve le souvenir du monde spirituel. Dans d’autres, le médium exprime ce qu’il voit mais ne s’en souvient plus une fois réveillé.
En ce qui concerne le médium Stainton Moses, il pouvait parler et écrire en état de transe, les manifestations pouvaient être courtes et passer cet état, il ne gardait plus aucun souvenir de ce qui s’était passé. Il les considérait comme le résultat d’un séjour dans le vestibule d’un monde inconnu. En voici un exemple, il est raconté par Henry Myers :
«Un après-midi de dimanche, une dame, Blanche Abercrombie, est morte, dans sa maison de campagne située dans les environs de Londres. La nouvelle de sa mort, qui était un événement d'un intérêt général, fut immédiatement télégraphiée à Londres et parut dans le Times du lendemain. Toutefois, personne n'était au courant de cette nouvelle le dimanche soir sauf la presse et les parents les plus rapprochés.
Or, ce soir-là, une communication prétendant venir d'elle parvint à M. Moses dans son logement isolé situé dans la partie nord de Londres. L'identité est confirmée par quelques lignes venant directement d'elle et écrites de son écriture.
Après avoir reçu ce message, M. Moses semble n'en avoir parlé à personne et le colla sur les pages de son livre manuscrit en inscrivant sur l'extérieur du livre : «Matières privées».
Lorsque, autorisé par les exécuteurs testamentaires de Moses, j'ouvris ce livre, j'ai été surpris d'y trouver une courte lettre qui, sans relater des faits bien précis, n'en était pas moins tout à fait caractéristique de la Blanche Abercrombie que j'avais connue. J'avais reçu des lettres de son vivant mais je ne me rappelais pas son écriture. Comme je connaissais un de ses fils, je l'ai prié de me prêter une des lettres écrites par sa mère, afin que je pusse comparer les deux écritures. Il eut l'obligeance de le faire, et je n'ai pas tardé à constater une ressemblance frappante entre l'écriture automatique reçue par Moses et l'écriture de la lettre qui m'avait été prêtée, sauf en ce qui concerne la lettre A du nom de famille. Le fils me permit alors d'étudier toute une série de lettres de sa mère qui ont été écrites à des époques différentes, jusqu'aux derniers jours de sa vie. Et j'ai pu me convaincre que, dans les dernières années, elle avait pris l'habitude d'écrire la lettre A de la façon même dont elle était écrite dans le message automatique.»