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Bulletin 35

Bulletin 35 - Décembre 2008
Sommaire

Editorial

Les fluides, énergie renouvelable de l’avenir sont encore très méconnus de nos jours. Je parle bien sûr des fluides spirituels qui sont à notre disposition dans l’univers qui nous enveloppent. Ils sont un bienfait pour notre humanité, nous avons tous cette capacité de pouvoir les diriger et les faire agir par notre volonté, leur force est inhérente à la qualité de nos sentiments et à la pureté de notre âme, nous pouvons y puiser à souhait sous l’œil bienveillant de nos frères de l’au delà. Il n’est point besoin d’être instruit ou d’occuper un rang élevé dans notre société, la modestie et l’abnégation suffisent, nous pouvons tous en bénéficier si nous les demandons avec force et sincérité. La foi soulève des montagnes et cette puissance invisible apporte santé et guérison physique ou psychique. C’est une source intarissable où chacun peut aller s’abreuver. Ils sont infinis et provoquent des sensations de tous ordres : ils peuvent être chauds, frais, légers, subtils, ou se densifier pour être presque palpables ou douloureux. Les fluides sont à l’origine des phénomènes spirites et nous ouvrent la porte de la connaissance, ils permettent à notre âme de retrouver sa liberté. Ils sont partout et nous entourent prêts à nous apporter l’aide nécessaire pour continuer notre route et nous régénérer, ouvrons notre cœur pour les laisser pénétrer et unissons nos pensées avec celles de nos frères de l’espace. La clé de notre avenir est dans ces échanges faits d’amour et de compréhension. Je vous invite tous à aller à la recherche de cette source de jouvence qui nous ramènera à l’origine de notre Etre Suprême.

Gilles Fernandez

Le Zouave Henri Jacob

Le zouave Jacob

C’est dans la revue spirite de 1866-1867 que nous avons retrouvé les traces de cet homme qui, loin de toute prétention, a su humblement se mettre au service de ceux qui, par centaines, convergeaient vers lui afin d’obtenir la guérison tant espérée.
Henri Jacob, était musicien dans le régiment des zouaves de la garde impériale. Il naquit en1828, à Saint-Martin-des-Champs (Saône-et-Loire). Il n’occupa qu’une année les bancs de l’école communale et n’avait atteint, de ce fait, que péniblement le niveau de lecture ou d’écriture, ce qui ne l’empêcha pas de publier un ouvrage «Les Pensées du zouave Jacob» dans lequel Henri rend compte d'un rêve ou vision qui contribua à l'élévation de ses pensées vers Dieu, et à fixer ses idées sur l'avenir. C’est ensuite une profession de foi en forme d'épître intitulée : « A mes frères en Spiritisme » dont nous avons extrait le passage suivant :
« Avant mon initiation à la science spirite, je vivais dans les ténèbres ; mon cœur n'avait jamais senti les douceurs de la paix ! Mon âme n'avait jamais connu la joie ; je vivais attaché à la terre avec les tourments qu'elle suscite aux hommes matériels, sans songer qu'il y a des mondes meilleurs, que Dieu, notre père à tous, a créés pour faire jouir d'un bonheur ineffable ceux qui pratiquent le bien ici-bas. Par mon initiation à la doctrine spirite, j'ai acquis la conviction que Dieu, dans sa miséricorde, nous envoie de bons Esprits pour nous conseiller et nous encourager dans la pratique du bien, et nous a donné le pouvoir de communiquer avec eux et avec ceux qui ont quitté cette terre et qui sont chers à nos cœurs. Cette conviction a éclairé mon âme ! J’ai vu la lumière. Peu à peu je me suis fortifié dans ma conviction, et, par ce moyen, je suis parvenu à la faculté de médium écrivain. Mes entretiens avec les Esprits et leurs bons conseils m'ont rempli d'une foi vive, en me confirmant les vérités de la science spirite, qui ont fortifié ma foi, et par la foi la faculté de guérir m'a été donnée.
C’est en effet, par cette faculté de guérison qu’il se fit connaître et qu’il suscita cette mouvance de tous ceux qui vinrent à sa rencontre, dans l’espoir d’obtenir une guérison. On venait de dix lieues à la ronde ; il recevait vingt-cinq à trente malades à la fois, et à sa voix, à sa vue, à son toucher, dit-on du moins, subitement les sourds entendaient, les muets parlaient, les boiteux s'en allaient béquilles sous le bras.
Allan Kardec s’exprime en ces termes au sujet des guérisons obtenues : « Ces guérisons ont tout simplement pour principe une action fluidique dirigée par la pensée et la volonté, au lieu de l'être par un fil métallique. Le tout est de connaître les propriétés de ce fluide, les conditions dans lesquelles il peut agir, et de savoir le diriger. Il faut, en outre, un instrument humain suffisamment pourvu de ce fluide, et apte à lui donner l'énergie suffisante. »
Henri ne guérissait pas tout le monde, pourtant tous étaient reçus de la même manière, mais il n’avait pas le pouvoir d’agir. Les faits émanaient d’une autre dimension, celle du monde spirituel. Du reste voici ce que Jacob nous dit : « Au moment de la séance, après avoir adressé à Dieu ma courte, mais fervente prière, je sens mes doigts se contracter, et, touchant le malade, je reconnais alors la force du fluide à la moiteur de ses mains ; quelquefois elles sont inondées de transpiration ; et la chaleur qui gagne les parties inférieures est aussi un complément d'indice du soulagement presque instantané qu'il éprouve. Cependant ce n'est pas à ma propre inspiration que les malades doivent de voir disparaître les maux qui les accablent, mais bien à la volonté de Dieu ; aussi vois-je errer autour de moi, au milieu d'une éclatante lumière, un grand nombre d'Esprits bienveillants qui semblent s'associer à ma pénible mission. Il en est un surtout qui me laisse très distinctement apercevoir l'auréole qui doit entourer sa tête vénérable. A ses côtés se trouvent deux personnes toutes rayonnantes, environnées d'innombrables Esprits. Le premier paraît me guider et m'inspirer dans mes opérations, si je puis ainsi m'exprimer ; enfin, la chambre où je donne mes consultations est toujours remplie d'une vive lumière que je vois continuellement se refléter sur les malades. Après la séance il ne me reste aucun souvenir de ce qui s'est passé ; c'est pour cela que je recommande très instamment aux personnes présentes de vouloir bien faire la plus grande attention aux paroles que j'adresse aux malades qui s'offrent à moi pour être examinées et guéries, si toutefois cela est possible. »
Allan Kardec souligne d’ailleurs que le développement de ce type de médiumnité était prévisible : « Il s'agit ici d'une chose sérieuse, féconde en résultats, et capitale au double point de vue du fait en lui-même, et de l'accomplissement d'une des prévisions des Esprits. Depuis longtemps, en effet, ils ont annoncé que la médiumnité guérissante se développerait dans des proportions exceptionnelles, de manière à fixer l'attention générale, et nous félicitons M. Jacob d'en avoir un des premiers fourni l'exemple ; mais ici, comme dans tous les genres de manifestations, la personne, pour nous, s'efface devant la question principale. »

Rappelant ainsi, le rôle de tout médium, qui n’est qu’un instrument au service des Esprits et qui, de ce fait, ne peut et ne doit en aucun cas se glorifier des actions qu’il est à même de produire, sachant qu’à tout instant cette faculté peut lui être retirée. Et c’est ainsi que s’enchainaient les séances durant lesquelles Jacob officiait toujours de la même manière. Voici d’ailleurs ce que nous rapporte la revue spirite : « Le zouave fait entrer ses malades. La dimension du local en règle seule le nombre… Ceux qui habitent les pays les plus éloignés sont généralement invités à passer les premiers. Certaines personnes veulent parler : « Silence ! dit-il ; ceux qui parlent, je les … mets à la porte ! » Au bout de dix à quinze minutes de silence et d'immobilité générale, il s'adresse à quelques malades, les interroge rarement, mais leur dit ce qu'ils éprouvent. Puis, se promenant le long de la grande table autour de laquelle sont assis les malades, il parle à tous, mais sans ordre ; il les touche, mais sans gestes rappelant ceux des magnétiseurs ; puis il renvoie son monde, disant aux uns : « Vous êtes guéris, allez-vous-en ; » à d'autres : « Vous guérirez sans rien faire ; vous n'avez que de la faiblesse ; » à quelques-uns, mais rarement : « Je ne puis rien pour vous. » Veut-on le remercier, il répond très militairement qu'il n'a que faire de remerciements, et pousse ses clients dehors. Quelquefois il leur dit : « Vos remerciements, c'est à la Providence qu'il faut les adresser. »

 Caricature du zouave Jacob

Mais Jacob ne guérit pas tout le monde, ainsi qu'il le déclare lui-même ; ce n'est que lorsqu'il est en la présence du malade qu'il juge de l'action fluidique, et voit le résultat ; c'est pourquoi il ne promet jamais rien et ne répond de rien. On peut lire dans un article de novembre 1866 : « Au sujet de la proportion des malades guéris, j'ai voulu dire que sur 4.000, un quart n'a pas éprouvé de résultats, et que sur le reste, soit 3.000, un quart a été guéri et les trois quarts soulagé ».
Alors bien entendu, parmi ceux qui n’obtinrent aucun résultat se développa un courant de raillerie. La superstition y alla également de son couplet. C’est ainsi que l’on relate le fait suivant : « La servante de M. le curé ayant rencontré deux fois M. Jacob dans la rue unique du pays, est convaincue que c'est le diable, et qu'il la poursuit. La pauvre femme s'est réfugiée dans une maison où elle a eu presque une attaque de nerfs. Il est vrai que le costume rouge du zouave a pu lui faire croire qu'il sortait de l'enfer. Il paraît qu'on prépare ici une croisade contre le diable pour détourner les malades de se faire guérir par lui… N'a-t-on dit aux pauvres d'une certaine ville qu'ils ne devaient pas recevoir le pain et les aumônes des Spirites, parce que c'était une séduction de Satan ? et ailleurs qu'il valait mieux être athée que de revenir à Dieu par l'influence du Spiritisme, parce que c'était encore là une ruse du démon ? ».
A ces lignes Allan Kardec note : « Dans tous les cas, en attribuant tant de bonnes choses au diable, on fait tout ce qu'il faut pour le réhabiliter dans l'opinion »
C’est le 7 du mois d'août, qu’un ordre du maréchal vient mettre un terme à ces séances. Aussi, compte tenu de l’affluence des malades on délégua un garde à ces côtés afin que personne ne puisse l’approcher.

Allan Kardec précise : « On a, m'a-t-on dit, toléré toutes ces guérisons tant que le mot Spiritisme n'a pas été prononcé, et je ne crois pas que ce soit par M. Jacob qu'il l'ait été. Ce serait à partir de ce moment qu'on a usé de rigueur contre lui. » Puis dépassant ce stade de considération, il tient à préciser que la médiumnité consiste à une mise en pratique des lois spirituelles et qu’en aucun cas elle ne peut les transgresser. Ainsi, les miracles ne sont pas de son fait : « Nous avons dit, et nous ne saurions trop le répéter, qu'il y a une différence radicale entre les médiums guérisseurs et ceux qui obtiennent des prescriptions médicales de la part des Esprits. Ceux-ci ne diffèrent en rien des médiums écrivains ordinaires, si ce n'est par la spécialité des communications. Les premiers guérissent par l'action fluidique seule, en plus ou moins de temps, quelquefois instantanément, sans l'emploi d'aucun remède. La puissance curative est tout entière dans le fluide épuré auquel ils servent de conducteurs. La théorie de ce phénomène a été suffisamment expliquée pour prouver qu'il rentre dans l'ordre des lois naturelles, et qu'il n'a rien de miraculeux. Il est le produit d'une aptitude spéciale aussi indépendante de la volonté que toutes les autres facultés médianimiques ; ce n'est pas un talent que l'on puisse acquérir ; on ne se fait pas médium guérisseur, comme on se fait médecin. L'aptitude à guérir est inhérente au médium, mais l'exercice de la faculté n'a lieu qu'avec le concours des Esprits ; d'où il suit que si les Esprits ne veulent pas, ou ne veulent plus se servir de lui, il est comme un instrument sans musicien, et n'obtient rien ; il peut donc perdre instantanément sa faculté, ce qui exclut la possibilité d'en faire une profession. Un autre point à considérer, c'est que cette faculté étant fondée sur des lois naturelles, elle a des limites tracées par ces mêmes lois. On comprend que l'action fluidique puisse rendre la sensibilité à un organe existant, faire dissoudre et disparaître un obstacle au mouvement et à la perception, cicatriser une plaie, car alors le fluide devient un véritable agent thérapeutique ; mais il est évident qu'il ne peut remédier à l'absence ou à la destruction d'un organe, ce qui serait un véritable miracle. Ainsi, la vue pourra être rendue à un aveugle par amaurose, ophtalmie, taie ou cataracte, mais non à celui qui aura les yeux crevés. Il y a donc des maladies foncièrement incurables, et ce serait une illusion de croire que la médiumnité guérissante va délivrer l'humanité de toutes ses infirmités… Il s'opère dans ce phénomène une véritable réaction chimique analogue à celle que produisent les médicaments. Le fluide agissant comme agent thérapeutique, son action varie selon les propriétés qu'il reçoit des qualités du fluide personnel du médium ; or, par suite du tempérament et de la constitution de ce dernier, ce fluide est imprégné d'éléments divers qui lui donnent des propriétés spéciales ; il peut être, pour nous servir de comparaisons matérielles, plus ou moins chargé d'électricité animale, de principes acides ou alcalins, ferrugineux, sulfureux, dissolvants, astringents, caustiques, etc. ; il en résulte une action différente selon la nature du désordre organique ; cette action peut donc être énergique, toute puissante dans certains cas, et nulle dans d'autres. C'est ainsi que les médiums guérisseurs peuvent avoir des spécialités ; tel guérira les douleurs ou redressera un membre, qui ne rendra pas la vue à un aveugle, et réciproquement. L'expérience seule peut faire connaître la spécialité et l'étendue de l'aptitude ; mais on peut dire en principe, qu'il n'y a pas de médiums guérisseurs universels, par la raison qu'il n'y a pas d'hommes parfaits sur la terre, et dont la puissance soit illimitée. L'action est toute différente dans l'obsession, et la faculté de guérir n'implique pas celle de délivrer les obsédés. Le fluide guérisseur agit en quelque sorte matériellement sur les organes affectés, tandis que, dans l'obsession, il faut agir moralement sur l'Esprit obsesseur ; il faut avoir autorité sur lui pour lui faire lâcher prise. Ce sont donc deux aptitudes distinctes qui ne se rencontrent pas toujours dans la même personne. Le concours du fluide guérisseur devient nécessaire lorsque, ce qui est assez fréquent, l'obsession se complique d'affections organiques. Il peut donc y avoir des médiums guérisseurs impuissants pour l'obsession, et réciproquement. La médiumnité guérissante ne vient point supplanter la médecine et les médecins ; elle vient simplement prouver à ces derniers qu'il y a des choses qu'ils ne savent pas et les inviter à les étudier ; que la nature a des lois et des ressources qu'ils ignorent ; que l'élément spirituel qu'ils méconnaissent n'est pas une chimère, et que, lorsqu'ils en tiendront compte, ils ouvriront de nouveaux horizons à la science et réussiront plus souvent qu'ils ne le font. »
Et Allan Kardec de poursuivre sur la faculté médiumnique qu’est la médiumnité guérissante. Nous lui laissons la parole : « De toutes les facultés médianimiques, la médiumnité guérissante vulgarisée est celle qui est appelée à produire le plus de sensations, parce qu'il y a partout des malades et en grand nombre, et que ce n'est pas la curiosité qui les attire, mais le besoin. C'est aussi la faculté qui échappe le plus à l'accusation de jonglerie et de supercherie ; elle brave la raillerie, car il n'y a rien de risible dans un malade guéri que la science avait abandonné. La médiumnité guérissante échappe, en outre, complètement à la loi sur l'exercice illégal de la médecine, puisqu'elle ne prescrit aucun traitement. Par la nature de ses effets, la médiumnité guérissante exige impérieusement le concours d'Esprits épurés qui ne sauraient être suppléés par des Esprits inférieurs, tandis qu'il est des effets médianimiques pour la production desquels l'élévation des Esprits n'est pas une condition nécessaire, et qui, par cette raison, s'obtiennent à peu près en toute circonstance. La première condition pour cela est de travailler à sa propre épuration, afin de ne pas altérer les fluides salutaires qu'il est chargé de transmettre. Cette condition ne saurait être remplie sans le désintéressement matériel et moral le plus complet. Le premier est le plus facile, le second est le plus rare, parce que l'orgueil et l'égoïsme sont les sentiments les plus difficiles à déraciner, et que plusieurs causes contribuent à les surexciter chez les médiums »
Si Allan Kardec appuie cette affirmation, c’est que l’on relève dans cette article une anecdote intéressante pour laquelle on eut recours aux explications des Esprits. Nous vous la livrons : « Dans un département du midi, un médium qui s'était révélé comme guérisseur, avait opéré plusieurs cures remarquables, et l'on fondait sur lui de grandes espérances. Sa faculté présentait des particularités qui donnèrent, dans un groupe, l'idée de faire une étude à ce sujet. Voici la réponse qu'on obtint des Esprits et qui nous a été transmise dans le temps ; elle peut servir à l’instruction de tous.
« X… possède réellement la faculté de médium guérisseur remarquablement développée ; malheureusement, comme beaucoup d'autres, il en exagère trop la portée. C'est un excellent garçon rempli de bonnes intentions, mais qu'un orgueil démesuré et une vue extrêmement courte sur les hommes et sur les choses feront péricliter promptement. Sa puissance fluidique qui est considérable, bien utilisée et aidée de l'influence morale, pourrait produire d’excellents résultats. Savez-vous pourquoi beaucoup de ses malades n'éprouvent qu'un bien-être momentané qui disparaît quand il n'est plus là ? C’est qu'il agit par sa présence seule, mais qu'il ne laisse rien à l'esprit pour triompher des souffrances du corps.
Quand il est parti, il ne reste rien de lui, pas même la pensée qui suit le malade auquel il ne songe plus, tandis que l'action mentale pourrait, en son absence, continuer l'action directe. Il croit à sa puissance fluidique qui est réelle, mais dont l'action n'est pas persistante, parce qu'elle n'est pas corroborée par l'influence morale. Lorsqu'il réussit, il est plus satisfait d'être remarqué que d'avoir guéri ; et cependant il est sincèrement désintéressé, car il rougirait de recevoir la moindre rémunération ; quoiqu'il ne soit pas riche, il n'a jamais songé à s'en faire une ressource ; ce qu'il désire, c'est de faire parler de lui. Il manque aussi de l'affabilité du cœur qui attire. Ceux qui viennent à lui sont froissés de ses manières qui ne font pas naître la sympathie, et il en résulte un défaut d'harmonie qui nuit à l'assimilation des fluides. Loin de calmer et d'apaiser les mauvaises passions, il les excite tout en croyant faire ce qu'il faut pour les détruire, et cela par manque de jugement. C'est un instrument faussé ; il donne quelquefois des sons harmonieux et bons, mais l'ensemble ne peut qu'être, sinon mauvais, du moins improductif. Il n'est pas aussi utile à la cause qu'il le pourrait ; il y nuit même le plus souvent, parce que, par son caractère, il en fait fort mal apprécier les résultats. C'est un de ceux qui prêchent avec violence une doctrine de douceur et de paix… »
D’ailleurs ce médium, après une série d'échecs dont son amour-propre avait eu à souffrir, avait renoncé à de nouvelles tentatives de guérisons. Kardec nous précise encore : « Le pouvoir de guérir est indépendant de la volonté du médium ; c'est là un fait acquis à l'expérience ; ce qui dépend de lui, ce sont les qualités qui peuvent rendre ce pouvoir fructueux et durable. Ces qualités sont surtout le dévouement, l'abnégation et l'humilité ; l'égoïsme, l'orgueil et la cupidité sont des points d'arrêt contre lesquels se brise la plus belle faculté. Le véritable médium guérisseur, celui qui comprend la sainteté de sa mission, est mû par l'unique désir du bien… Il est humble de cœur, c'est-à-dire qu'en lui l'humilité et la modestie sont sincères, réelles, sans arrière-pensée, et non dans des paroles que démentent souvent les actes. Heureux du bien qu'il fait, il ne l'est pas moins de celui que d'autres peuvent faire ; ne se croyant ni le premier ni le seul capable, il ne jalouse et ne dénigre aucun médium… Sa foi est en Dieu plus qu'en lui-même, car il sait qu'il peut tout par lui et rien sans lui. A l'influence matérielle, il joint l'influence morale, auxiliaire puissant qui double sa force. Enfin, vers celui qui possède les qualités du cœur, le malade est attiré par une sympathie qui prédispose à l'assimilation des fluides. »

C’est après une année d’oubli que l’on retrouve Jacob à Paris : « Bien que les événements du camp de Chalons aient préparé à ce qui vient de se passer, par suite de l'inactivité de M. Jacob pendant un an, on les avait presque oubliés ; l'émotion s'était calmée ; lorsque, tout à coup, les mêmes faits éclatent au sein de la capitale, et prennent subitement des proportions inouïes. On s'est pour ainsi dire réveillé comme au lendemain d'une révolution et l'on ne s'abordait qu'en se demandant : Savez-vous ce qui se passe rue de la Roquette ? Avez-vous des nouvelles ? On se passait les journaux comme s'il s'était agi d'un grand événement. En quarante-huit heures, la France entière en fut instruite. Il y a dans cette instantanéité quelque chose de remarquable et de plus important qu'on ne croit. L'impression du premier moment a été celle de la stupeur : personne n'a ri. La presse facétieuse elle-même a simplement relaté les faits et les ouï-dire sans commentaires ; chaque jour elle en donnait le bulletin, sans se prononcer ni pour ni contre, et l'on a pu remarquer que la plupart des articles n'étaient point faits sur le ton de la raillerie ; ils exprimaient le doute, l'incertitude sur la réalité de faits aussi étranges, mais en penchant plutôt vers l'affirmation que vers la négation. C'est que le sujet, par lui-même, était sérieux ; il s'agissait de la souffrance, et la souffrance a quelque chose de sacré qui impose le respect… »
Il n’en demeure pas moins que M. Jacob a guéri instantanément des maladies réputées incurables, c'est un fait positif. La question du nombre des malades guéris est ici secondaire ; n'y en eût-il qu'un sur cent, le fait n'en subsisterait pas moins ; or ce fait a une cause.

Nous terminerons cet exposé par un extrait d’une communication relative à la faculté guérissante, donnée à Paris le 12 mars 1867, au groupe Desliens : « Si elle peut rendre aux corps la vigueur de la santé, elle doit aussi donner aux âmes toute la pureté dont elles sont susceptibles, et c'est seulement dans ce cas qu'elle pourra être appelée curative dans le sens absolu du mot. On vous l'a dit souvent, et vos instructeurs ne sauraient trop vous le répéter, l'effet apparent matériel, la souffrance, a presque constamment une cause morbide immatérielle, résidant dans l'état moral de l'Esprit. Si donc le médium guérisseur s'attaque au corps, il ne s'attaque qu'à l'effet, et la cause première du mal restant, l'effet peut se reproduire, soit sous sa forme primordiale, soit sous toute autre apparence. C'est souvent là une des raisons pour lesquelles telle maladie, subitement guérie par l'influence d'un médium, reparaît avec tous ses accidents, dès que l'influence bienfaisante s'éloigne, parce qu'il ne reste rien, absolument rien pour combattre la cause morbide. »
Pour éviter ces retours, il faut que le remède spirituel attaque le mal dans sa base, comme le fluide matériel le détruit dans ses effets ; il faut, en un mot, traiter à la fois le corps et l'âme.

Maxence B.

Dans les domaines de la médiumnité

 Le livre Dans les domaines de la médiumnité

…Un nouveau livre du médium psychographe Francisco Candido Xavier… et il vient d’être traduite par la fédération spirite brésilienne, nous voulons vous en parler…

C’est un voyage spirituel en compagnie d’André Luiz, de son compagnon de route Hilario et de leur assistant. Durant une semaine, ils vont aller et venir, tout près de nous, et vont observer, constater, étudier et apprendre comment le monde spirituel interagit sur notre monde matériel. On ne peut, à la lecture de cet ouvrage, que rester stupéfait des liens tissés entre les incarnés et désincarnés et réaliser combien ténu est le voile qui sépare nos deux mondes. Chaque visite, chaque étape nous ouvre les portes d’un monde inconnu, celui qui justement est la source de toute manifestation médiumnique. Nous n’imaginons pas le travail réalisé en concertation par les êtres spirituels pour nous venir en aide. Nous avons trop tendance à penser que c’est le fruit du hasard et que les choses sont ainsi. Si seulement nous pouvions aiguiser notre sensibilité et chercher ces présences qui nous entourent, combien notre vie s’en trouverait facilitée et nos épreuves adoucies car elles prendraient alors toute leur signification.
Retrouvons les, alors qu’ils ont déjà fait connaissance avec les membres d’un groupe spirituel, œuvrant pour l’aide et la charité. Les cas se succèdent apportant tour à tour les explications des faits, conséquences logiques des charges négatives véhiculées par chaque protagoniste. Arrêtons-nous un instant sur ce frère désincarné amené en ce lieu pour recevoir le soutien nécessaire. Inconscient de son état, incapable de se diriger, il se déplace dans ses propres ténèbres. Ayant quitté son corps physique épuisé par des abus festifs, sa pensée est prise de passion pour une femme, il erre, déboussolé et perdu. André, observe attentivement le travail du médium et souligne l’importance de la collaboration active des frères spirituels pour aider et guider l’Esprit souffrant. Chacun se doit de tenir le rôle qui lui est imparti et en particulier le maintien d’une vigilance de chaque instant. «Tous les deux se trouvant dans une association momentanée où celui qui se communique représente l’action, mais dans laquelle le médium personnifie la volonté. Dans tous les domaines de travail, il est naturel que le supérieur soit responsable de la direction de l’inférieur… Dans les séances de charité… le premier secouriste est le médium qui le reçoit… Le médium, quand il est intégré dans les responsabilités qu’il épouse, a le devoir de collaborer à la préservation de l’ordre et de la respectabilité de l’ouvrage d’assistance aux désincarnés…».
Continuant à accompagner André, nous le retrouvons, observant une situation dite de possession. Un jeune homme infirme, prénommé Pedro, sujet à des crises d’épilepsie, était venu chercher de l’aide. André nous fait découvrir la véritable cause de ses maux. Il nous décrit l’arrivée d’une entité «prise d’une folie évidente, qui tout à coup traversa les lignes vibratoires de contention, vociférant, frénétique : Pedro, Pedro. … Atteignant notre frère incarné, celui-ci, soudain, poussa un cri aigu et s’effondra…». C’est tout le processus obsessionnel qui est décrit dans les moindres détails, permettant de comprendre les causes inhérentes aux maux dont nous observons les effets. «Nous pouvons reconnaitre le bourreau d’aujourd’hui comme la victime d’hier. Au siècle passé, Pedro était un médecin qui abusait de la mission de guérir et voulait conquérir la femme de son frère. Il n’hésita pas à causer des préjudices économiques et sociaux et alla jusqu’à le faire interner. Nourri de haine, ce frère se désincarna et l’attendit outre-tombe… Trahi, il n’a pas encore trouvé les forces pour se modifier et continue à le vampiriser, obstiné dans la haine dont il s’est nourri inconsidérément». Nous assistons ainsi à la mise en exergue de l’existence évolutive des maladies karmiques, dont la médecine décode les effets et dont l’origine prend source dans les actes du passé. C’est depuis le monde spirituel que se dévoile sous nos yeux la longue marche de l’humanité en proie aux conséquences de ses actes, face à elle-même. «Le hasard ne compte pas au nombre des desseins supérieurs. Nous ne nous approchons pas les uns des autres sans raison».
Toujours accompagné d’André, nous abordons l’effet de l’eau magnétisée comme baume réparateur. «Par l’intermédiaire de l’eau fluidifiée, un précieux effort de médication peut être réalisé. Il y a des lésions et des déficiences dans le périsprit qui s’impriment dans le corps physique que seule l’intervention magnétique parvient à soulager jusqu’à ce que les intéressés se disposent à la guérison elle-même.» On voit clairement, dans ce message, l’importance de l’implication personnelle pour se corriger et rectifier les dérives qui nous incombent. C’est un formidable espoir que de savoir que nous recevons l’aide nécessaire pour nous élever. Mais rien ne peut s’acquérir sans effort. D’ailleurs, n’est-ce point là le but de notre incarnation ? André observe le travail de chaque médium, leur dégagement et cet extraordinaire récepteur qu’est le corps spirituel, nos organes physiques n’étant que de simples transmetteurs.
«Chacun de nous doit être dans son niveau de service, faisant le meilleur qui est à sa portée…Tous les sens de la sphère physiologique appartiennent à l’âme qui les fixe dans le corps de chair, en conformité avec les principes établis pour l’évolution des Esprits réincarnés sur la terre… Vous possédez une preuve de cela quand l’homme se trouve naturellement dédoublé, chaque nuit, pendant le sommeil, voyant et écoutant, malgré l’inactivité des organes physiques, dans l’expérience qu’ils appellent la vie du rêve.»
C’est encore aux côtés d’André que nous assistons à une communication médiumnique psychophone et sur l’importance de la pensée. Il serait bien présomptueux de vouloir, en quelques mots, synthétiser les effets et les orientations vers lesquelles nous dirige le sens de nos pensées. Elles sont d’une importance capitale car elles conditionnent la qualité de notre environnement spirituel. Aussi, je me contenterai de livrer à votre réflexion quelques phrases du discours prononcé depuis l’au-delà, par le canal de ce médium.
«Notre âme vit où se situe notre cœur.
Nos pensées engendrent nos actes et nos actes engendrent des pensées chez les autres.
La résultante visible de nos cogitations les plus intimes dénonce la condition spirituelle qui nous est propre, et le nombre de ceux qui s’assimilent avec la nature de nos inclinaisons et désirs, en s’approchant de nous, par les aperçus de nos pensées.
La pensée pure et opérante représente la force qui nous entraîne de la haine à l’amour, de la douleur à l’allégresse, de la Terre au Ciel.
Il est indispensable de juger ce qui concerne la direction de nos propres pas, de manière à ce que nous évitions le brouillard de la perturbation et de la douleur du regret.
Ce qui importe, c’est la rénovation intérieure avec une vision plus ample afin que nous poursuivions en avant, avec la véritable notion d’éternité à l’intérieur de laquelle nous nous déplaçons dans le temps».
Tournant les pages de cet ouvrage, nous plongeons au cœur de ces relations, entrouvrant une à une les fenêtres médiumniques. Le dialogue permanent entre André et son Mentor nous éclaire sur la compréhension des situations et la manière d’appréhender les problèmes. On ne peut que constater l’application du principe de cause à effet. Cet enseignement nous invite à élargir notre horizon, envisager notre situation d’incarné comme la conséquence de nos faits et gestes d’antan. Apprenons à poser sur nous un regard d’introspection sans complaisance. C’est ainsi que nous comprendrons le sens de nos épreuves et les axes d’amélioration pour lesquels nous devons, par notre volonté, corriger la trajectoire.
Rejoignons André qui justement, en aparté, se rapproche de son assistant pour lui livrer quelque unes de ses réflexions.
«Pour quel motif, demande André, puisqu’il existe une certaine distance entre l’aide et la solution, cet échange médiumnique a lieu ?
N’oubliez pas l’impératif de la coopération sur la route de chaque être… A l’intérieur des principes de causalité, nous acquérons les valeurs de l’expérience avec lesquelles nous structurons notre personnalité pour les Sphères Supérieures. En réalité, L’esprit incarne le marcheur recherchant le statut d’ange, mais il n’avance pas sans aide. Personne ne vit seul. Les soi-disant morts ont besoin de soutenir les compagnons en stage dans la matière dense, attendu qu’un grand nombre d’entre eux sera obligé de procéder à de nouvelles plongées dans l’expérience physique…
Je me souviens que nous nous habituons, dans le monde, à attendre du Ciel une décision décisive et absolue pour d’innombrables problèmes…
Souvenons-nous de l’exemple du Maître Divin, Jésus… aida les malades et les affligés sans les libérer des questions fondamentales qui les concernaient… Marie Madeleine ne s’est pas vue libérée du devoir de continuer avec fermeté à avancer dans le rude combat de la rénovation intérieure. Lazare, revenu des ténèbres de la sépulture, ne fut pas exonéré de l’obligation d’accepter, plus tard, le défi de la mort… Comme nous le voyons, il serait illogique d’attendre des désincarnés la liquidation totale des luttes humaines. Cela signifierait fuir le travail qui correspond au soutien du serviteur, ou soustraire à la leçon l’élève qui a besoin de lumière.
La médiumnité d’aujourd’hui est, dans son essence, la prophétie des religions de tous les temps.
Le gouvernement occulte de la planète a décidé que la médiumnité soit apportée du collège sacerdotal à la place publique, afin que la notion d’éternité, à travers la survivance de l’âme, réveille l’esprit anesthésié du peuple.
Il est indispensable de chercher dans la médiumnité, non pas la fausse clé de certaines dispositions inadéquates de la Terre, mais le droit chemin de notre ajustement à la vie supérieure. »
Désincarnés et incarnés, nous marchons tous sur un vaste terrain d’expérimentations et d’épreuves, adaptées aux impératifs de notre croissance pour l’immortalité.
Ainsi, n’attribuons pas au médium les obligations qui nous reviennent, de manière exclusive, et n’attendons pas non plus des fonctions miraculeuses de la médiumnité, parce que le difficile travail de notre propre ascension ne revient qu’à nous, dans la programmation des responsabilités que la connaissance supérieure nous impose.»

Au fil des rencontres, André va acquérir, par l’observation et l’enseignement de son mentor, la compréhension des lois qui régissent ce monde spirituel. Cet ouvrage, vient révéler au monde la réalité de cet au-delà au sein duquel nous évoluons et que nous allons rejoindre au terme de notre voyage terrestre.
Alors à toi qui es en chemin, à toi qui cherches à comprendre, à toi qui veux trouver le sens de ta vie, je te laisse, à présent, découvrir les enseignements précieux que nous livre André à travers ses témoignages. C’est en parcourant cet ouvrage que tu pourras percevoir l’activité incessante du monde spirituel qui nous côtoie et nous transmet ses messages médiumniques, qu’ils soient d’ordre physique ou mental. Dans chaque acte de notre vie quotidienne nous sommes influencés par les émanations spirituelles de nos frères et sœurs de l’au-delà. A nous de bien choisir nos amis du monde spirituel pour nous accompagner. Il nous est donné, par ces lignes l’instruction et la compréhension nécessaires pour que nous puissions, à notre tour, développer, en nous, par la pensée, la volonté et l’action ces valeurs spirituelles qui nous grandiront sur ce chemin de passage qu’est notre incarnation.

Vous trouverez ce livre aux Editions Philman

Mémoires d’antan : Cairbar Schutel

 Caírbar De Souza Schutel

Caírbar De Souza Schutel est né à Rio, le 22 Septembre 1868. À 17 ans, il s’installa dans l’État de São Paulo et dans la ville de Matão où il exerça la profession de pharmacien pendant 42 ans. Homme de grande culture, ayant réussi socialement, sa notoriété morale le fit élire maire en 1899 et 1900. Issu d’une famille catholique, il fut très pratiquant depuis l’enfance. C’est à l’âge adulte qu’il se détourna de l’Église. Orphelin depuis ses dix ans, il vît en rêve ses parents et les explications très évasives du prêtre sur cette expérience, le firent se tourner vers des amis spirites, seule manière selon lui de vraiment appréhender la réalité du monde immatériel. Instantanément convaincu de la réalité des communications spirites, il suivit l’enseignement kardéciste dans un centre spirite dont il redora l’image, aidé par son autorité de maire.
En 1900, au Brésil, le spiritisme était très mal vu et Caírbar Schutel en subit les conséquences directes. Un prêtre réactionnaire et profondément intolérant tenta de faire fermer le centre spirite qu’il fréquentait par une persistante et odieuse campagne de désinformation. Il réussit à le faire fermer avec le concours du commissaire de police puis il incita les gens à boycotter sa pharmacie. Néanmoins, Schutel n’était pas de ceux qu’on impressionne et mit en avant sa notoriété morale et son courage contre le prêtre et le commissaire ; il emmena l’affaire sur la place publique. Le prêtre, révolté, redoubla d’efforts pour salir l’image de Schutel et, à l’aide d’autres prêtres, il interdit la fréquentation des centres spirites ainsi que la pharmacie « hérétique ». Face à l’opinion publique, Caírbar fit une déclaration où il récusait point par point les accusations infondées perpétrées à son égard. Nombre d’intellectuels et personnages influents le soutinrent, bravant une procession que le religieux avait organisé par des fanatiques armés afin de terrifier la population. Cependant, sous la pression publique, il fut obligé de dissiper ses troupes.
Entre 1936 et 1937, l’infatigable Caírbar, malgré les difficultés inhérentes à l’époque et à la région, partait chaque dimanche à São Paulo pour animer des conférences radiophoniques. Il savait tendre la main et il inspirait sympathie et respect. Toujours dévoué, il devînt rapidement le médecin des pauvres car en plus de prescrire des médicaments, il les donnait gratuitement aux nécessiteux. Il aidait tous ceux qu’il pouvait en distribuant des vivres, des vêtements et surtout de l’aide spirituelle. Ce sentiment d’amour était, chez lui, naturel et il était toujours prompt à secourir un infirme ou un obsédé.
Afin de divulguer la doctrine spirite aux quatre coins du monde, ce « porte-drapeau du spiritisme », comme on le surnommait, fonda le journal O Clarim (Le Clairon) en 1905 et la Revista Internacional de Espiritismo (Revue Internationale de Spiritisme) en 1925, encore en vigueur aujourd’hui.
Il fut également un écrivain prolifique, il rédigea de nombreux ouvrages philosophiques entre 1911 et 1937, dont : Hystérie et Phénomènes psychiques, Le Diable et l’Église, Spiritisme et Protestantisme, L’Esprit du Christianisme, Les faits spirites et les forces X, Genèse de L’Âme, Interprétation synthétique de L’Apocalypse et le célèbre Le Spiritisme expliqué aux enfants.
Sur le plan financier, pour permettre l’impression de ses livres et journaux, il fit de nombreux efforts ce qui permit de créer sa propre maison d’édition et d’impression, qui existe toujours aujourd’hui et génère de nombreux emplois.
Caírbar se désincarne le 30 Janvier 1938, après une brève infirmité due à une rupture d’anévrisme. Pour ses obsèques, une foule importante d’habitants de la région et des régions voisines, sont venus témoigner avec émotion. Le journal local lui rend hommage pour son travail de maire et sa charité légendaire. En effet, il a aidé au rayonnement de Matão en contribuant à la création d’un conseil régional et de nombreux aménagements dans sa ville. Il fut également un grand défenseur de la laïcité et s’est toujours battu pour empêcher l’étude religieuse et la prière à l’école.

Mathieu d’après la biographie d’Eliseu Da Mota JR