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Bulletin 44

Bulletin 44 - Mars 2011
Sommaire

Editorial

Cher(e) adhérent(e), amis spirites, Dans une période difficile comme celle que nous vivons en ce début du XXIème siècle, beaucoup de questions se posent quand à notre devenir. Sous fond de crises économiques et de chaos gouvernemental, le monde se cherche, un monde encore bien matérialiste et bien dépendant d’une productivité pas toujours en accord avec le respect de la nature. Face à ces incertitudes, certains iront sur les chemins de la drogue et de l’alcool pour trouver un oubli momentané de cette terre si peu avancée quand d’autres préféreront le combat par l’exemple. Mais inexorablement quelque soit les lois que les hommes établissement, les lois de Dieu seront toujours là pour permettre à la lumière de se détacher de l’ombre. Soyez donc par votre foi, par votre croyance et par vos prières, ces ouvriers qui espèrent en cet avenir radieux où l’on avancera en respectant notre prochain et notre environnement.

Gilles Fernandez

Drogues, ivresses et spiritisme

Certains hommes sont tentés, à l'instar des chamans, de recourir à l'usage de produits stupéfiants pour parvenir plus aisément à un état qu'ils supposent proche de la transe médiumnique. Après avoir pris des drogues, ils se sentent comme dégagés de leur corps physique et voient certaines de leurs facultés décuplées. Que se passe-t-il dans l'âme lorsque nous prenons une substance qui a pour effet de nous mettre dans un état second ? Ce dégagement est-il réellement comparable à celui de la transe médiumnique ? Dépend-il de la substance ingérée ou de sa qualité ?

Pour répondre à ces questions, nous nous référerons, dans un premier temps, à une communication spirite lue à la Société de Paris le 12 février 1869 (preuve, s'il en faut, que le problème de la drogue ne date pas d'aujourd'hui).
L'Esprit du docteur Marcel Lavallée nous explique : «L'opium et le haschich sont des anesthésiques bien différents de l'éther et du chloroforme. Tandis que ces derniers, en supprimant momentanément l'adhérence du périsprit au corps, provoquent un dégagement particulier de l'Esprit, le haschich et l'opium condensent les fluides périspritaux, diminuent leur flexibilité, les soudent au corps, pour ainsi dire, et enchaînent l'Esprit à l'organisme matériel.
Dans cet état, les visions nombreuses et variées qui se produisent sous l'excitation des désirs de l'Esprit, sont de l'ordre du rêve purement matériel. Le fumeur d'opium s'endort pour rêver, et il rêve comme il le désire, matériellement et sensuellement. Ce qu'il voit, ce sont les panoramas particuliers à l'ivresse provoquée par la substance qu'il a ingérée. Il n'est pas libre : il est ivre, et, comme dans l'ivresse alcoolique, la pensée dominante de l'Esprit prenant une forme arrêtée, tranchée, sensible, apparaît et varie selon la fantaisie du dormeur. Si la sensation désirée se trouve centuplée dans le résultat, cela provient de ce que l'Esprit, n'ayant plus la force et la liberté nécessaires pour mesurer et limiter ses moyens d'action, agit, pour obtenir l'objet de ses désirs, avec une puissance centuplée par son état inaccoutumé.
Il ne sait plus régler son mode d'action sur le fluide périsprital et sur le corps.
De là, la différence de puissance entre l'effet produit et le désir qui le provoque. Comme on l'a dit déjà, dans le rêve spirituel, l'Esprit détaché du corps va recueillir des réalités, dont il ne garde souvent qu'un souvenir confus. Dans l'ivresse due aux éléments opiacés, il s'enferme dans sa cage matérielle où le mensonge et la fantaisie, matérialisés, se sont donnés rendez-vous.
Il n'y a de dégagement réel et utile que le dégagement normal d'un Esprit, désireux de s'avancer dans l'ordre moral et intellectuel. Les sommeils provoqués, quels qu'ils soient, sont toujours des entraves à la liberté de l'Esprit, et une menace pour la sûreté corporelle. L'éther et le chloroforme qui peuvent, dans certains cas, provoquer le dégagement spirituel, exercent une influence particulière sur la nature des relations corporelles. L'Esprit s'échappe du corps, il est vrai, mais il n'a pas toujours une notion extrêmement nette des objets extérieurs.
Dans l'ivresse opiacée, on a un Esprit sain enfermé dans un corps ivre et soumis aux sensations surexcitées de ce corps. Dans le dégagement éthériforme, on a affaire à un Esprit ivre périspritalement, et soustrait à l'action corporelle. L'opium enivre le corps ; l'éther ou le chloroforme enivrent le périsprit ; ce sont deux ivresses différentes, et qui entravent chacune, selon un mode différent, le libre exercice des facultés de l'Esprit. Docteur Marcel Lavallée.»
Cette remarquable communication nous permet de comprendre que, loin de nous libérer, les drogues nous enchaînent au corps physique sur lequel nous n’avons plus de prise, ce qui laisse libre cours aux désirs que nous ne sommes plus en capacité de maîtriser. Mais l'ivresse narcotique est-elle de même nature que l'ivresse alcoolique ? Existe-t-il d'autres formes d'ivresse ?
En tant que spirites, nous savons que l'homme est composé de trois principes essentiels : l'Esprit, le périsprit et le corps qui sont en constante interaction. Dans la Revue Spirite de 1867, au chapitre Les trois causes principales des maladies, nous apprenons : «L'ivresse, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause et le siège, est une maladie passagère, une rupture momentanée de l'équilibre organique et de l'harmonie générale qui en est la conséquence. L'être tout entier, privé momentanément de raison, présente aux yeux de l'observateur, le triste spectacle d'une intelligence sans gouvernail, livrée à toutes les inspirations d'une imagination vagabonde que ne viennent plus gouverner et tempérer la volonté et le jugement (…)
Il y a trois sortes d'ivresse chez l'incarné, l'ivresse matérielle, l'ivresse périspritale et l'ivresse mentale. Le corps, le périsprit et l'Esprit sont trois mondes différents associés pendant l'existence terrestre, et l'homme ne se connaîtra psychologiquement et physiologiquement que lorsqu'il consentira à étudier attentivement la nature de ces trois principes et de leurs rapports intimes.»
Dans son état normal, chaque être possède la quantité de fluide nécessaire pour son équilibre. Par la consommation d’alcools ou de drogues, il rompt cet équilibre fragile et désorganise ses facultés. Dans l’ivresse matérielle, comme il a été dit précédemment, l’homme reste rattaché à son corps physique mais, dans l'ivresse périspritale, c’est l’inverse, il y a une expansion du lien fluidique. Un détachement se produit, il est incomplet et irrégulier et apporte un trouble dans l'harmonie des trois principes constitutifs de l'être humain.
L'Esprit est comme un prisonnier qui s'évade et qui court au hasard. Il a des visions qui ne sont ni complètes, ni suivies parce qu’il ne maîtrise pas la situation et qu’il n'existe pas d’équilibre dans les fluides entre le périsprit et le corps physique. L’Esprit ne peut donc pas profiter de ce moment de liberté entrevu et il est alors plus apte à subir les influences occultes.
Quand à l'ivresse mentale, elle est provoquée par des secousses morales violentes et inattendues. La joie ou la douleur peuvent en être les promoteurs. Elle peut se produire dans des situations extrêmes comme un accident, une agression, une colère excessive, etc, .
Sur un plan pratique, voici comment elle se met en place : une émotion se crée, elle peut être soit positive, soit négative puis elle dépasse le cadre de l’individu. L'équilibre est momentanément rompu et l’Esprit se détache malgré lui. L’individu peut atteindre alors un état de transe, voir momentanément d’autres Esprits, acquérir pour un instant une forme de clairvoyance ou de lucidité. En cherchant à reproduire cet état, on peut être conduit vers la folie en perdant tout pied avec la réalité matérielle.
«C'est la dose qui fait le poison» disent les chinois qui, depuis des millénaires, considèrent aussi les émotions comme un facteur déterminant des maladies.
La spécificité de l’ivresse mentale réside dans la difficulté à gérer une émotion qui vient de l'extérieur alors que l'ivresse alcoolique ou narcotique ne dépend que de nous-mêmes.
La prière, jointe à notre volonté d'avancement, reste la meilleure arme pour résister à une tentation et éviter ainsi de troubler l'harmonie de nos trois constituants vitaux, garants d'une bonne santé physique et morale.

Pour terminer notre propos sur la drogue, nous vous proposons une communication médiumnique de José Antonio, un jeune drogué italien désincarné suite à une overdose.
Il s'est communiqué par l'intermédiaire du médium brésilien Henry Lopez Guimares, le 30 octobre 1988. A travers un message d'amour et de pardon adressé à ses parents, il témoigne de ses regrets et profite de son nouveau savoir pour exhorter les jeunes à ne pas commettre la même faute que lui.
«Libéré de mon corps physique, je ne veux pas rester sur cette voie de lamentations improductives. De l'autre côté de la vie, j'ai appris beaucoup de mes instructeurs spirituels. Aujourd'hui, en ce moment, je suis tranquille et dans un bon état grâce à l'aide et à la grande bonté que m'ont porté les frères spirituels. Je ne cesserai jamais de vous renouveler ma demande de pardon pour la grande souffrance que je vous ai causé à vous tous. Je vous suis éternellement reconnaissant pour l'amour que j'ai reçu, pour les conseils que vous, chers parents, vous m'avez donné et auxquels je n'ai pas su accorder de valeur.
Près de moi, il y a Marcello Cordoso da Rocha (un ancien ami), nous cheminons ensembles, nous appartenons au même groupe. Mon message d'aujourd'hui, chers parents, est encore une alerte aux jeunes qui font usage de ces malheureuses drogues. Mon message n'est qu'un avis destiné à ces jeunes qui, comme moi, sans expérience, pensent découvrir un monde nouveau à travers les stupéfiants, sans cueillir la valeur de leur mission terrestre. Ils ne comprennent pas le bonheur qu'ils perdent.
Le monde commence à apparaître de façon totalement différente et c'est pour cela que nous ne comprenons pas les conseils qui sont donnés par ceux qui nous aiment et, petit à petit, tout s'écroule et tombe autour de nous, sans qu'on ne s'en rende compte. Je vous confesse, papa et maman, que jusqu'à présent, une chose encore m'attriste : c'est que je n'ai pas su vous rendre cet amour. C'est pour cela que mon devoir, au niveau où je me trouve, sera entièrement consacré aux jeunes qui, comme moi, parcourent le chemin que j'ai parcouru, le chemin de l'autodestruction.
Jeunes, ne gaspillez pas votre vie, mais sachez tirer avantage de cette incarnation. C'est important ! Ne dépréciez pas vos parents, votre famille, ne lui causez pas de douleur parce qu'elle vous aime véritablement. Je suis passé par cette expérience pendant la vie terrestre et je veux vous prévenir, vous aider à combattre les dépressions et les souffrances. Il est nécessaire que vous admettiez que les jeunes d'aujourd'hui qui sont sur la Terre sont destinés à une noble mission en faveur de l'humanité. Il faut rallumer l'espérance de jours meilleurs et réveiller la foi. Ne vous laissez pas entraîner, comme moi, par de faux amis mécréants qui m'ont contaminé. Luttez de toutes vos forces pour vous transformer, ayez foi en vous-même, en votre valeur et en vos capacités à réagir.
Jeunes ! Luttez pour un futur meilleur, pour un futur heureux, ne laissez pas ce virus se répandre et contaminer les autres jeunes. Mes parents adorés, transmettez partout mon message, transmettez-le par tous les moyens de communication, pour le salut des jeunes.
Ceci est notre travail, nous devons éclairer les autres, pour que notre douleur, notre séparation, notre nostalgie servent d'exemple, afin que cette jeunesse puisse vivre en harmonie avec Dieu. Je dois travailler dur pour mériter des récompenses et je sais que grâce à vous je triompherai, pour qu'un jour je puisse vous recevoir avec le même amour et la même confiance avec laquelle vous m'avez reçu sur la Terre.
Avec toute mon affection et la gratitude de votre fils qui vous doit tout... Un baiser de votre fils Zé.»
José Antonio

Tabac et Alcool

Personne n’abuse sans conséquences. Les infirmités se copartagent avec les excès ; les obsessions chevauchent les déséquilibres. Le fait de fumer ou de boire a des conséquences très sérieuses aussi bien sur notre corps que sur notre périsprit et nous pouvons évoquer les avertissements réitérés des guides spirituels qui nous éclairent quant aux préjudices que cela cause à la médiumnité.

Altération du périsprit

Chacun sait à présent, grâce à la large diffusion des médias, les dégâts causés par les abus de l'alcool, du tabac et autres narcotiques. Ces produits ont des effets destructeurs et irréversibles sur le corps humain, causant souvent la mort de ses usagers. La doctrine spirite indique que ce corps physique est un prêt, cette enveloppe charnelle ne nous appartient pas, elle nous est "louée" afin de venir dans une vie terrestre et accomplir nos devoirs. Ainsi si nous n'en prenons pas soin, nous devrons alors nous en expliquer là-haut, une fois notre désincarnation arrivée. Nous avons donc des devoirs envers notre corps physique et nous ne devons en aucun cas l'altérer de notre propre chef et d'autant plus pour assouvir des besoins bien matériels.
Mais les Esprits supérieurs nous enseignent une chose bien plus alarmante : le corps physique et le périsprit étant liés, chaque abus (tabac, alcool, mais aussi alimentation et sexe) a un impact néfaste sur notre corps astral, laissant des séquelles spécifiques qui peuvent apparaître dès l'enfance dans la prochaine incarnation. Par nos abus, nous créons donc les maladies et troubles physiques de notre prochaine vie.
De plus, ces vices ne trouvent pas le repos après la mort. Si on meurt fumeur, ou ayant une tendance à l'alcool, nous pouvons avoir la certitude que ce vice reviendra nous hanter. On n’arrête donc pas de fumer en mourant si notre addiction n'est pas résolue ici-bas, pas plus que celle de boire ou de manger.
Dans l’ouvrage Nosso lar, le personnage André Luiz explique bien cela. Après sa mort, il rencontre de sérieuses difficultés pour s’adapter dans l’au-delà : « La faim me torturait, la soif me brûlait. De simples phénomènes prenaient une toute autre ampleur à mes yeux. Ma barbe poussait, mes vêtements commençaient à se déchirer sous les efforts de la résistance dans cette région inconnue. Combien de temps dura ma demande ? Combien d’heures consacrai-je à la supplication, les mains jointes, imitant l’enfant affligé ? Je sais seulement que la pluie de mes larmes lava mon visage ; que tous mes sentiments se concentraient dans la prière douloureuse. Serais-je donc complètement oublié ? »

Perturbation des fluides

Les médiums reçoivent de leurs guides des instructions quant au régime qu'ils doivent suivre, ils conseillent de s'éviter tout excès alcoolique et de s’abstenir de consommer des narcotiques ; ce genre de vie est indispensable pour obtenir des manifestations d'un ordre élevé.
Le médium a donc des obligations morales, mais aussi physiques. Il ne doit pas oublier que les deux vont de pairs et ne jamais privilégier l'une d'elles au dépend de l'autre.
Il doit s'abstenir de ces vices. Ils détruisent l'organisme, obscurcissent le raisonnement, imprègnent négativement les fluides qui seront mobilisés en faveur des envois de fluides ou des passes en direct. Dans les centres spirites, les bons Esprits qui coopèrent dans ces activités, doivent redoubler leur travail afin d'annuler l'action maléfique des substances toxiques que nous absorbons.
A titre d’exemple, voici un récit amusant de l’intervention d’un guide spirituel pour aider son protégé, un excellent médium à phénomènes physiques, à se débarrasser de sa passion pour le tabac. Depuis quelques temps, il y avait entre eux des discussions à ce sujet et une lutte sérieuse s’était engagé. Un jour, le médium dit à son guide : « Si tu m'enlèves le cigare, je cesserai de fumer. » Le cigare qu'il tenait dans sa bouche lui fut immédiatement arraché et disparut.
Mais on n'abandonne pas facilement une habitude enracinée ; le médium continua à fumer et finit par perdre ses facultés médiumniques.

Obsession et vampirisme

Le tabagisme comme l'alcoolisme ont toujours une cause obsessionnelle dans laquelle les Esprits inférieurs continuent à prolonger leurs vices à travers le corps des incarnés dépendants des mêmes vices. Celui qui a une addiction devient prisonnier d’anciens fumeurs et alcooliques désincarnés, qui ne pouvant assouvir ces penchants faute de corps charnel, se transforment en véritables artistes de la vampirisation des incarnés. Ils se complaisent, grâce à leurs intermédiaires, dans les vapeurs éthyliques ou les fumées de cigarettes.
En voici un exemple pour illustrer cela, il se déroule dans une résidence à Rio de Janeiro. A l’entrée d’un appartement, deux désincarnés discutent. Dans le salon principal, vautré sur un canapé, un homme, Cláudio Nogueira lit un journal avec attention. La pièce était décorée avec goût, seule une bouteille de whisky détruit l’harmonie.

Subitement, les malheureux désincarnés qui étaient à l’entrée, apparaissent et s’adressent grossièrement à Cláudio. L’un d’eux lui frappe sur l’épaule et crie :
- Je veux boire, mon cher, je veux boire !
Bien qu’il ne peut déceler cet appel par ses sens physiques, Cláudio, qui s’harmonise avec cet Esprit, abandonne l’article politique qu’il lisait et sans qu’il puisse expliquer pourquoi sa pensée prend une autre direction.
Boire, boire !… et la soif d’alcool prend forme dans son esprit. Le partenaire désincarné lui gratte la gorge. Cláudio se sent énervé. La gorge lui semble très sèche. Il faut qu’il se calme. L’Esprit très perspicace se rend compte de son adhésion tacite et se colle à lui. Cláudio absorbe le désincarné comme un pied s’ajuste à la chaussure. Ils se fondent en un comme s’ils habitent le même corps. Ils se lèvent en même temps et, incorporés l’un à l’autre, empoignent la bouteille. La goulée descend dans la gorge et les deux drogués claquent leurs langues en même temps, puis ils se séparent ; Cláudio s’apprête à s’asseoir lorsque l’autre Esprit s’approche et proteste :
- j’en veux aussi, j’en veux aussi !
Absolument passif devant l’assaut, Cláudio reconstitua de façon mécanique la sensation de soif. C’est une association naturelle qui s’est mise en place où l’incarné, Cláudio subit l’action des deux Esprits de façon totalement inconsciente puisqu’il ne les voit pas et ne les entend pas.

La Méthode Chico

Médium exceptionnel, Chico Xavier a souvent été interrogé à ce sujet ; il nous apprend que dans la nature rien ne se fait avec violence c’est pourquoi les addictions doivent être soignés avec respect et éducation pour être plus facilement maîtrisés. Voici l’exemple qu’il nous donne :
Une dame distinguée de Rio fumait sans arrêt cigarette sur cigarette. Elle fumait en se plaignant de son vice exagéré. Chico buvait son café et l'écoutait. Répondant à une interpellation de la fumeuse, Chico répondit : "Oui, chère sœur, le problème du tabac est très délicat et difficile à résoudre. C'est comme toutes les habitudes fermement ancrées dans notre psychisme. Nous ne pouvons expulser brusquement nos vices car nous serions menacés de leur retour soudain.
Dans le cas du tabac, nous devons penser ainsi : la cigarette est si bonne, elle nous a accompagné pendant tant d'années, elle nous a aidé à contenir notre nervosité, elle a été notre amie fidèle dans la résolution de tant de difficultés. Mais nous devons croire en nos paroles car si nous avons fumé pendant des années et que nous voulons nous en libérer, c'est parce que nous n'avons plus besoin de tabac. Dès que le spirite sentira ce souhait comme une nécessité impérieuse, la cigarette collaborera naturellement à cette libération.
Pour faciliter la tâche, nous pouvons prendre des médicaments homéopathiques qui nous aideront également dans notre volonté de ne plus fumer."

L’évolution prend du temps

Une seule vie ne suffit pas ! Comme la nature, prenons du temps. Prenons du temps pour nous analyser, pour comprendre nos imperfections puis pour chercher tranquillement des moyens de nous modifier. Parfois, il faudra plus d’une vie pour venir à bout des habitudes enracinées dues à la culture du pays ou de la région où nous sommes réincarnés. D’autres fois, l’addiction sera une manière de s’évader, pour fuir une responsabilité, jusqu’au jour où l’on comprendra qu’il faut faire face et trouver des réponses et en face de nous, il y a l’éternité pour cela…

La nuit dans la tranchée

L’homme est encore, pour lui-même, un vivant mystère. De son être, il ne connaît et n’utilise que la surface. Sa personnalité a des profondeurs ignorées, où dorment des forces, des connaissances, des souvenirs accumulés par les existences passées, tout un monde d’idées, de facultés, de puissances que l’enveloppe charnelle cache et éteint, mais qui se réveillent et entrent en action dans le sommeil normal et dans le sommeil magnétique.

Le sommeil n’est pas autre chose que la sortie de l’âme du corps. En réalité, l’âme s’éloigne peu du corps physique et ne recouvre qu’une légère indépendance parce que, dans un premier temps, l’individu ne sait pas comment faire et que, dans un deuxième temps, l’instinct de conservation prédomine. Il a peur de l’inconnu.
Sous influence magnétique, que ce soit celle faite par un magnétiseur ou celle réalisée par des Esprits, on peut obtenir un sommeil provoqué et de là le dégagement peut s’accentuer à tous les degrés. Les liens qui attachent l’âme au corps se relâchent peu à peu et l’âme peut s’élever, sa lucidité s’accroître. Les couches obscures, les régions cachées se dilatent, s’éclairent, entrent en vibration ; toutes les acquisitions du passé se réveillent. Les facultés psychiques : vision à distance, audition, divination, peuvent entrer en jeu.
Mais revenons au sommeil normal, lorsque le corps repose, que tous ses sens sont inactifs, nous pouvons constater alors qu’un être veille et agit en nous, qu’il voit et entend à travers les obstacles matériels. Cette constatation se fait dans les rêves que nous ramenons, par des images qui se succèdent, des tableaux qui se déroulent, des voix qui sont entendues.
Dans ce premier degré de dégagement, l’être fluidique se déplace suivant ces centres d’intérêt, assiste à une foule de scènes, tantôt incohérentes, tantôt claires et précises, sans le concours de ses sens matériels comme l’œil et l’oreille. Il plonge dans cet océan de pensées et d’images, s’en imprègne et y recueille des impressions confuses. Il arrive fréquemment que des réminiscences d’existences antérieures se mêlent à cela. Nous sommes toujours liés par ce que nous avons vécu quel que soit le temps et l’espace et nous aimons y revenir sans cesse comme une référence, un support pour l’avenir. Ce que nous vivons présentement eset la suite logique de nos histoires passées. Ainsi, les couches profondes de la mémoire entrent en vibration avec nos difficultés ou nos préoccupations du moment, pour se transformer ensuite en songes étranges, en rêves inexplicables. Ces images, ces impressions affectent souvent le cerveau matériel et c’est pourquoi nous en gardons un souvenir au réveil qui peut être agréable ou désagréable.
Les épreuves dans d’autres vies ou les souffrances endurées peuvent accroître l’incohérence et l’intensité des rêves. L’Esprit, n’ayant pas toute la connaissance et toutes les explications, ne peut se dégager de ses impressions. De là, un conflit, entre la matière et le principe spirituel qui s’influencent réciproquement, peut s’installer. Les impressions et les images se heurtent et se confondent et c’est un cauchemar qui nous réveille…

Deux extraits de lettres de Maurice Maréchal et d’Etienne Tanty tirés de l’ouvrage Parole de Poilus, lettres et carnets du front 1914-1918, éd. Librio.
«Dimanche 2 août
Premier jour de la mobilisation générale. Hier matin, j’ai pris la résolution d’agir en Français !(…) J’ai été à l’infirmerie, je serai du service armé et si l’on touche à la France, je me battrai. Toute la soirée, des mères, des femmes sont venues à la grille. Les malheureuses ! Beaucoup pleuraient, mais beaucoup étaient fortes. Maman sera forte, ma petite mère chérie, qui est bien française, elle aussi !(…) J’ai écrit à petite mère. Je ne peux pas écrire à tous, mais je pense pourtant à tous nos amis.»
«La nuit dans la tranchée. Tranchée de deuxième ligne, le long de la route. Elle est bien installée, formée de petites niches individuelles avec de la paille. On peut y dormir. Voici leur aspect, si maladroit que je sois, çà vous donnera une idée.
On déroule le couvre-pieds et bonsoir…Je m’éveille tout à coup. Partout des coups de fusils ; mes voisins s’éveillent aussi et bouclent leur sacs en vitesse et mettent bidon et musettes. Les Boches attaquent : les balles sifflent. Visages ahuris et inquiets. Silhouettes qui passent sur la route en courant et en se baissant.
On va renforcer la tranchée à quelques pas ; je me fous par terre dans du fil coupé et d’autres aussi, le sac monté à la diable balotte, les musettes battent les jambes et l’on se précipite dans les trous de tranchée n’importe comment, on se terre au fond, assez inquiets. «Baïonnette au canon !» crie «Dérange-tout» qui se promène au milieu des balles sur la route, comme un paysan dans ses blés. Ordre de ne pas tirer. La fusillade se calme. Elle traîne et cesse. On se redresse un peu, on respire, on regagne sa place. Il y a un blessé, au pied ; c’est mon caporal. Des officiers du génie. Voix lointaines, bruits de disputes. (…) Nos 75 envoient quelques percutants. On respire. On l’a échappé encore ce coup-ci. On mange, on se recouche, on se rendort».

Je me réveille en sursaut avec cette sensation désagréable et récurrente d’étouffement. C’est chaque nuit le même rêve qui m’agite et qui rend angoissante l’idée du coucher. Un sommeil limpide d’abord, puis profond et enfin agité avec cette sensation d’oppressement permanente. La sensation de n’être rien et d’être soudainement écrasé par une masse énorme qui vous recouvre et vous asphyxie.
Comme tous les soirs, je me réveille paniqué, je sors de mon lit précipitamment à la recherche de l’interrupteur, de la lumière rassurante. Tout chavire devant moi, je tiens mal sur mes pieds, tout est sens dessus-dessous comme si j’avais fait vingt tours de tourniquet. Tous les sons m’apparaissent déformés et amplifiés, le bruit de mes pas semble un incroyable vacarme, tout m’effraye. Je m’installe haletant sur mon lit et j’essaye de me calmer en concentrant ma pensée sur une lecture de chevet. Progressivement, l’équilibre me revient et mon audition redevient normale. Je prie.
Je suis mort dans une tranchée pendant la guerre de 1914, une communication précédant mon incarnation et un message rendu quelques années après, le corrobore.
Tout prime enfant, j’avais cette habitude permanente de tirer très haut le drap de mon lit, alors seulement je me sentais protégé. Bien sûr, tous les enfants agissent ainsi mais pour ma part, mes parents avaient beau remettre mon drap, quelques instants après celui-ci retrouvait sa première place.
Lors des bombardements, les poilus disposaient d’une capote (un manteau enveloppant de couleur sombre) celle-ci était pourvue d’un drap qui protégeait le soldat des projections de terre provoquées par les obus. Plus qu’une protection elle devenait avec le temps un objet indissociable du soldat qui ainsi lové en son sein y trouvait repos et apaisement.
La communication, ainsi que j’en pris connaissance une fois adolescent, précisait que j’étais mort dans l’effondrement d’une tranchée, il s’agissait alors d’un accident commun qui coûtait la mort à de nombreux soldats. Ce rêve m’a poursuivit pendant de nombreuses années enfant, il m’est revenu une seule fois à l’état d’adulte, aujourd’hui encore cette sensation me laisse mal à l’aise et ces nuits me laissent un goût amer.

Renoncement

Chico Xavier, le plus célèbre médium brésilien psychographe de notre siècle, a écrit ce roman sous la dictée de son guide, Emmanuel. Ce livre, tiré d’une histoire vraie, raconte la vie d'un Esprit féminin descendu sur Terre au milieu des luttes afin de soutenir dans les épreuves un homme qu'elle affectionne beaucoup. Lorsqu’elle décide de se réincarner, son guide essaye de la dissuader de revenir dans un corps charnel, car malgré son avancement spirituel, elle ne sera pas épargnée par les difficultés terrestres. Renoncement

La majorité des personnes sur Terre est là pour apprendre, évoluer, expier, mais certains parmi nous sont là en mission, pour montrer l'exemple, ce sont des modèles de charité, d'humilité et débordant d'amour. C'est par amour qu'Alcyone est descendue volontairement et son sacrifice nous montre à quel point le véritable Amour est inconditionnel, même face aux plus cruelles intentions humaines. Cette histoire est la preuve que les véritables histoires d'amour n'ont pas besoin d'être extravagantes pour être extraordinaires.
C’est une œuvre adaptée à tous, parfaite pour les personnes qui souhaitent s'initier comme pour les spirites avérés, elle n'a pas vocation d'étudier la doctrine spirite comme le ferait les œuvres de Léon Denis ou Allan Kardec, mais davantage de l'appréhender, expliquant par de nombreuses illustrations les mécanismes de la vie. On y parle du choix des épreuves et de leurs conséquences mais aussi des liens de parenté qui unissent les individus d'une même famille car rien n'est laissé au hasard. Le cercle familial et amical ainsi que les adoptions, tout est programmé et lié par des incarnations précédentes pour des épreuves collectives. Ce livre imprégné d'amour, j'en suis certaine, ne vous laissera pas indifférent, c’est une œuvre venue du ciel, pour caresser nos cœurs et nos esprits, pour nous redonner espoir et conscience de la gravité de nos actes. En voici un extrait.

Antero de Oviedo, cousin de Madeleine, mère d’Alcyone, a été l’auteur de nombreux malheurs, causant la perte de Madeleine ; il a été impliqué dans des trafics d’esclaves.
«Au début, Antero de Oviedo avait faim et soif, mais peu à peu, de telles sensations cédaient à des souffrances plus atroces. Les dernières impressions de son décès tragique restaient présentes en lui. Un silence terrifiant l'entourait, uniforme, invariable. Quand il pensait percevoir des voix humaines, c’étaient des bruits confus d'éclats de rires mesquins qui se faisaient entendre, le laissant croire qu’il était guetté par des ennemis intangibles qui, également plongés dans ce manteau d’épaisse obscurité, plaisantaient sur Dieu et sur les notions sanctifiantes de la vie.
Condamné endurci, il revoyait dans les moindres détails les expériences où il avait échoué. Les précieuses occasions perdues, tout, tout le tourmentait et transformait son cœur en une source de lamentations perpétuelles, mais malheureusement, par cruauté et par égoïsme, il avait méprisé les possibilités offertes par la providence. Le souvenir du crime pratiqué à l’égard de Madeleine, malade désarmée, était un ulcère empoisonné qui aggravait son malheur. Torturé de remords, il retournait dans les rues parisiennes dévastées par la variole abjecte, et en vain il essayait de revenir dans le temps afin de corriger ses graves erreurs.
Le rappel du commerce et du trafic d’esclaves le terrorisait. Il revivait les viles scènes des bateaux négriers les rares fois où il était allé sur la côte africaine. Et il entendait les lamentations et le malheur de ceux qui se voyaient obligés de se séparer des êtres chers. Tout blessait son esprit douloureux avec une fabuleuse clarté et une poignante vivacité. Comment n’avait-il pu entrevoir la vérité sur Terre ? Quel voile étrange lui avait couvert les yeux ? Pourquoi n’avait-il pas soutenu Madeleine dans les vicissitudes du destin au lieu de ruiner son avenir de femme et de mère ? Pourquoi avait-il accepté cette criminelle suggestion d'abuser de créatures ignorantes en les conduisant à une infâme captivité alors qu’il aurait dû les secourir fraternellement par simple devoir d'humanité ?
Le poison fulminant avec lequel il s'était suicidé, semblait encore brûler ses entrailles en un supplice interminable. Néanmoins, ce qui l'impressionnait le plus, c’est qu’il ne sentait plus sa main droite décharnée et que l’un de ses pieds était comme paralysé ! Les ténèbres l’empêchaient de voir, mais de temps en temps, au toucher, il ressentait des sensations pénibles qui l’amenaient à supposer une inquiétante anomalie. Pris d'étonnement, il a senti que quelqu'un venait à son aide. Quelques instants encore et l'Esprit de D. Marguerite apparaissait.
- Ah ! Ma mère ! S’exclama-t-il
- Dans quel état est-ce que je te retrouve, Antero ! Les messagers de Jésus permettent que je t'apporte un peu de consolation. Alors, reprends courage, mon fils ! As-tu déjà réfléchi au résultat de tes actions entreprises dans le monde ? Le dédain pour l'occasion réparatrice qui te fut donnée te blesse aujourd’hui avec de sévères conséquences. La main qui a signé des documents condamnables, est là complètement amorphe ; le pied qui a marché sur des chemins menant à des faits délictueux est difforme ; les yeux qui ont cherché le mal sont remplis d'ombres épaisses, le Seigneur ne te niera pas l’excellence de sa bonté, mais ce n’est qu’au contact de nouvelles luttes terrestres que tu réussiras à réintégrer les facultés sacrées que tu as dédaignées en oubliant volontairement tes plus nobles devoirs.
- Comment cela ? Interrogea-t-il perplexe.
- Quand Jésus pardonne ce n’est pas avec des formules verbales faciles à prononcer, mais par une nouvelle opportunité de purification offerte. Le corps charnel est un abri précieux dans lequel nous pouvons corriger ou grandir notre âme, effacer les tâches d’un passé obscur ou développer des ailes divines pour nous envoler dans l’espace intégral à la recherche des mondes supérieurs. Tu pourras encore profiter de la mission d'Alcyone qui est retournée dans le cocon familial pour nous enseigner à tous l'humilité, l'amour, le pardon réciproque et l'obéissance en Dieu. Tu n'auras pas la beauté physique du passé, ni la liberté complète de tes mouvements puisque tu retourneras au monde pour te soigner.
Antero craignait les angoisses de la Terre, mais comprenant la généreuse intention de sa vénérable bienfaitrice, il a murmuré :
- J’accepte.
A un moment donné, cependant, il s'est vu avec sa bienfaitrice devant une modeste maison aux environs d’un bois. Il n'a pas eu de difficulté à identifier l’humble demeure où était installée Madeleine. Ils se sont approchés. Elle faisait de la couture près de sa fille qui semblait très attentive au travail de sa mère. Le jeune homme a esquissé un geste et il eut une expression de surprise, mais il a bientôt compris que personne ne s’était rendu compte de sa présence dans la pièce baignée de la lumière du soleil.
D. Marguerite l'a tranquillisé puis a ajouté :
- Regarde ? Elle se bat héroïquement et profite maintenant de cette leçon de pauvreté matérielle pour élever sa pensée à Dieu.
Antero se mit à prier très sincèrement. A cet instant la gentille Alcyone, comme touchée au fond de son cœur s’exclama avec une étrange lueur dans ses grands yeux :
- Mère, tu te rappelles du cousin Antero ?
- Pourquoi cette question ?
- Est-ce qu'aujourd'hui je peux prier Dieu pour lui quand ce sera l’heure.
- Bien sûr, a dit Madeleine émue.
- Mère, il y a combien de temps qu’il est parti au ciel ? A interrogé la petite enfant avec sa charmante naïveté.
- Il y a environ deux ans.
Elles ne savaient pas qu'Antero de Oviedo était agenouillé là, tout près d'elles, en pleurs à penser que ces deux ans avaient semblé deux longs siècles.
Une année exactement après l'aide apportée par la mère à l'Esprit d'Antero de Oviedo, est né le premier enfant de Dolores, une esclave de la maison voisine de Madeleine. Tous attendaient sa venue dans l’agitation de la joie mais l'enfant causa une très grande déception. Sa petite main et son pied droit étaient déformés et il avait aussi un singulier défaut aux yeux. Sa main n’avait que deux doigts, tandis que son pied était tordu et refermé. Les premiers jours, les parents honteux et inquiets ont essayé de dissimuler le fait ; mais la vieille employée qui servait de sage-femme dans la grande propriété des Estigarribia apprit la nouvelle à D. Alfonse dont le père n'admettait pas l'existence d’handicapés dans leur domaine.”