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Bulletin 34

Bulletin 34 - Septembre 2008
Sommaire

Editorial

Corps physique, loi morale , évolution, amélioration de la condition humaine, tout nous pousse lors de notre passage sur terre à aider au progrès social, doctrinaire et moral de l’humanité. Quelque soient les moyens employés, chacun contribue à cette ascension. Qu’il naisse bon ou avec des sentiments malveillants, dans son incarnation, l’être fait évolué ceux qui l’entourent : le déshérité qui souffre fait appel à la miséricorde Divine dans un vibrant appel à la solidarité et à la générosité des plus puissants, l’opulent percevant sa condition de favorisé dans un monde inique se souvient et son âme le porte au partage, le méchant et l’égoïste s’imprègnent de l’exemple et succombent tôt ou tard à leurs tristes desseins. La vie se déroule nous menant tous à la même conclusion, le corps est fragile et périssable. La recherche d’une autre vérité s’impose. Le spirite aspire à plus de justice et s’efforce de mettre en place ses convictions. L’être humain commence à comprendre qu’une autre porte est ouverte sur notre monde et cherche à la pousser pour en saisir les mystères et les bienfaits.De nombreux moyens sont mis à sa disposition pour persuader son âme encore hésitante à suivre ce chemin. Les preuves ne manquent pas mais la raison résiste.
Ses idées préconçues et perpétrées pendant des siècles d’obscurantisme se libèrent petit à petit de ce tenace carcan. Ses dettes sont innombrables et douloureuses et il doit accepter de cheminer encore un temps dans la foi avant de trouver cette lumière qui le guide. La peur du lendemain altère ses facultés, l’espoir de jours meilleurs lui permettra d’accomplir la distance qu’il reste à parcourir pour trouver cette fraternité qu’il appelle de tous ses vœux sans la pratiquer avec générosité. D’un monde à l’autre, les vibrations s’activent et se ressentent. La frontière est fragile et palpable mais lui échappe par sa subtilité. Il a tout à apprendre de ces échanges qui le laisse toujours libre des actions à mener.

Gilles Fernandez

Jean-Baptiste André Godin, entrepreneur visionnaire et spirite

Jean-Baptiste André Godin naît le 15 janvier 1817 dans un village de l’Aisne. La famille Godin est modeste. Aussi, dès l’âge de onze ans, il rejoint l’atelier de son père, artisan serrurier. Il lit des ouvrages en autodidacte, puis en 1835 entame son "tour de France". Il est en contact avec la misère du monde ouvrier et s’initie aux idées politiques du moment.

André Godin

"Tous les jours se renouvelait pour moi le dur labeur d'un travail qui me tenait à l'atelier depuis cinq heures du matin jusqu'à huit heures du soir.
Je voyais à nu les misères de l'ouvrier et ses besoins, et c'est au milieu de l'accablement que j'en éprouvais que, malgré mon peu de confiance en ma propre capacité, je me disais encore : Si un jour je m'élève au-dessus de la condition de l'ouvrier je chercherai les moyens de lui rendre la vie plus supportable et plus douce, et de relever le travail de son abaissement." Extrait de Solutions Sociales de J-B. Godin, 1870

 Le poele Godin

En 1837, il rejoint l’atelier paternel et se marie en 1840 avec Marie Lemaire. Il dépose le 15 juillet 1840 un brevet de fabrication d’un poêle en fonte et c’est un succès pour le jeune entrepreneur.
Le poêle Godin est désormais orné d’un émaillage multicolore qui lui donne un aspect luxueux. C’est un franc succès qui permet à son entreprise de résister à ses concurrents et en 1848, un second site de production voit le jour à Bruxelles. A cette époque, son site industriel compte un millier d’employés.
Godin devint rapidement un homme riche mais s’il se consacre désormais tout entier à l’essor de son activité industrielle, il fait aussi la connaissance des théories de Charles Fourier auxquelles il adhère. Selon Fourier, le travail se doit d'être attractif. De fait, chaque personne doit œuvrer selon ses affinités, tout en accordant une place particulière à l'agriculture, ainsi qu'aux arts et aux sciences. Godin est un brillant chef d'entreprise et il refuse la fatalité qui pèse sur le prolétariat et il veut lutter pour un mieux être social et une meilleure répartition des richesses. Il édifie alors une entreprise avec des infrastructures sociales originales qui furent marquées par le paternalisme de l’époque. Associant capital et travail, il innove dans les méthodes de management et la gouvernance de l’entreprise.
Dès 1856, Godin est féru de Spiritisme et comme Victor Hugo, il prétend agir sous l'inspiration de ses voix et crée le "Familistère".
En 1858, il conçoit une composition urbaine générale de ce qui sera le «Palais social», dont les plans sont probablement dus à l’architecte fouriériste Victor Calland.

 Le familistère

Le Familistère est une société. Les salariés reçoivent des parts sociales bloquées dans le capital pendant dix ans. En investissant dans le capital une partie de son salaire sous forme de parts sociales, l'ouvrier donne à l'entreprise les moyens d'investir et de progresser. De fait, la propriété de la coopérative passa progressivement du propriétaire Godin aux mains des salariés par l'actionnariat. Cette société s’organise autour de pratiques communautaires. Elle abrite 500 logements au confort moderne pour l'époque avec l’eau courante, les toilettes et les vides ordures à chaque étage. Godin y loge les familles d'ouvriers de son usine et leur offre des équipements pratiques comme une buanderie, des lavoirs ou des équipements sociaux comme une bibliothèque, un théâtre, une école, une piscine et plus d’une vingtaine de commerces... Il recherche pour l’ouvrier et sa famille un cadre agréable pour travailler ; il crée une « nourricerie » prévue pour les enfants tout petits et ensuite un « pouponnat » les accueillait de deux à quatre ans.
Dans une conférence qu’il fait le 17 mai à la société parisienne d’études psychologiques dont le président à l’époque était Leymarie, il s’exprime ainsi : « Si l’on examine l’humanité en elle-même, on remarque que le sentiment de solidarité, le sentiment d’expansion dans les relations, s’agrandit en conséquence des progrès de la civilisation. La morale doit avancer de plus en plus, il faut que d’individuelle, elle devienne sociale, que le sentiment du bien s’étende à l’humanité toute entière. La société doit réaliser les institutions qui établiront la solidarité… » Toujours à la recherche d’un progrès, il explique comment par exemple il a amélioré les besoins des enfants : « J’ai constaté que ni en France, ni en Allemagne, ni en Suisse pour l’aménagement des écoles, ils ne possèdent un mobilier scolaire véritablement étudié pour l’écolier. Une théorie du siège et de la table ont été faites après de nombreux tâtonnements, en tenant compte des éléments de la taille de l’enfant. Maintenant le banc a un dossier pour le bon maintien de l’élève… »

 Ecole au Familistère

Cependant, Godin est un entrepreneur sans Dieu : il laisse la liberté de culte à ses ouvriers, mais pour lui, il professe haut et fort sa libre-pensée et s'adonne au Spiritisme. Pas d'église au Familistère de Guise, donc, le lieu de réunion était le théâtre, d'où Godin interpelle les foules, comme pour le 1er mai, déclaré fête du travail. Voici ce qu’il en dit : « Amis et Collaborateurs, la fête du travail est un fait nouveau que la Familistère aura l’honneur d’avoir introduit dans le monde. Le premier dimanche du mois de mai lorsque l’activité vitale s’est remise au travail pour féconder à nouveau nos moissons, nos prairies et nos jardins, nous pensons, nous, ici, à rendre gloire au travail en le fêtant dans la personne des travailleurs. Cela, mes amis est un fait bien simple en lui-même et pourtant il prendra sa place dans les traditions de l’humanité. Oui, vous perpétuerez cette fête et l’humanité entière vous imitera un jour. Je ne doute pas que dans un temps assez prochain, le premier dimanche du mois de mai devienne un jour où les travailleurs s’uniront dans un sentiment de glorification du travail… » Et c’est ainsi que cette fête du travail est devenue jour férié grâce à M. Godin.
Au milieu de ses activités de militant socialiste fouriériste, d'industriel, de directeur de communauté, puis de maire et de député, le fondateur du Familistère trouve le temps d'écrire, principalement pour faire connaître l'expérimentation de réforme radicale de la société qu'il conduit à Guise. Solutions sociales est un livre de propagande du modèle familistérien ; c'est aussi un texte à la fois pratique et profond qui demeure une référence pour ceux - citoyens, politiques, économistes, architectes, urbanistes, sociologues ou psychologues - qui s'engagent dans un programme de transformation sociale. La guerre franco-prussienne (juillet-septembre 1870) en retarde l'impression. L'ouvrage ne paraît finalement qu'en mai 1871, après la proclamation de la République et l'installation à Versailles de la nouvelle Assemblée nationale où siège Godin, élu député de l'Aisne au mois de février précédent.

Solutions sociales est le premier texte publié par Jean-Baptiste-André Godin. A cinquante ans passés, il consent à accomplir ce travail parce que l'édification du Palais social est bien avancée. En juin 1870, ont été réalisés les économats, la nourricerie, le théâtre et les premières écoles, ainsi que la buanderie-piscine. Solutions sociales n'est pas un ouvrage simplement théorique, suivant sa démarche, Godin ancre sa pensée réformatrice dans la réalité économique, politique, morale et humaine de la société. Sur beaucoup de points, ces pages de Godin le réformateur trouveront un écho, soixante ans plus tard, dans les textes de l'architecte Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier.

Un second ouvrage, Mutualité sociale, paraît en 1880 et vante le mode de fonctionnement mutualiste du site industriel de Guise. En 1883, l’entrepreneur, sûr de la réussite de son entreprise, expose, dans Le Gouvernement, ce qu’il a été, ce qu’il doit être, les moyens de réaliser en France le principe de la mutualité. Enfin, La République au travail et la réforme parlementaire, un opuscule publié en 1889 après son décès, constitue un résumé de sa pensée.
Signe incontestable de réussite, Godin déplaît à peu près à tout le monde. Il déplaît au mouvement ouvrier qui voit là un pur et simple paternalisme et une entrave à la doctrine de l'autonomie. Mais Godin déplaît aussi aux hiérarques du Comité des Forges qui voient d'un assez mauvais œil la réussite économique d'un homme qui innove sur le plan industriel tout en redistribuant tous les bénéfices, au point d'habiter lui-même le Familistère et de devenir un simple associé de son entreprise. Il déplait, enfin, à la mairie de Guise et aux autres habitants qui méprisent « ce tas de briques », reprochant aux familistériens de former une aristocratie ouvrière héréditaire où l'on ne peut entrer que par le biais du mariage. La police de Napoléon III le surveille.

 La grande salle du familistère

Mais la mission que s’assigne Godin n’est pas seulement matérielle : elle est d’abord morale. Il considère que la révolution n’est plus à faire depuis 1789, mais que les servitudes qui pèsent dans le travail moderne demeurent. Il sait que les ouvriers ressentent ces pesanteurs : il faut donc agir avant qu’une nouvelle révolution détruise la société et ouvre la voie à tous les errements possibles. Godin estime que des réformes doivent être faites de manière préventive. Elles passent par la satisfaction de besoins matériels mais aussi et surtout par l’éducation, qui doit permettre de « sauver les âmes des familistériens ». Il s’agit de « se préparer à la vie après la mort », rappelant le côté spirite du personnage. Godin pense que l’homme est perfectible, que cette amélioration n’a pas de limite ; il pense qu’ainsi régénérer, le familistérien deviendra un exemple pour les autres.

 Marie Moret

L’entrepreneur crée en 1878 un périodique Le Devoir, journal de l’Association du familistère de Guise dans lequel sont publiés des articles sur le Spiritisme. Lorsque Godin décide de venir vivre avec ses ouvriers, sa première femme ne le suivra pas, et une procédure de séparation s'ensuivra puisque le divorce n'existe plus, on est à l'époque, sous Napoléon III. Godin n'épousera Marie Moret, la fille de son cousin qu'en 1886, et elle ne le rejoindra sous le mausolée qu'en 1908. Elle s'occupera tout d’abord de mettre en place les services de l'enfance : nourricerie, pouponnat et écoles du Familistère, puis elle enseignera avant de devenir directrice. A la mort de Godin, en 1888, elle assurera l'intérim à la tête de l'association pendant 6 mois en attendant la nomination d'un nouvel administrateur gérant. C’est avec Marie, femme émancipée, cultivée, engagée que Godin se livre à de fréquentes séances de Spiritisme.
On peut lire dans la revue spirite de 1888 : « Pour moi, Monsieur, et cela je vous le dis entre nous, M Godin et sa femme sont deux âmes sœurs ; après avoir vécu dans des existences antérieures, ces âmes se sont retrouvées en cette vie, fatalement, logiquement, car rien ne se perd et tout se retrouve ; ils avaient déjà aimé l’humanité, s’étaient sacrifiés pour elle, et dans cette nouvelle existence, à nouveau ils se sont réunis pour accomplir la grande œuvre »… Les époux Godin partagent les vues de Saint-Simon, Fourier, Swedenborg ainsi que Edgard Quinet, Victor Hugo et Allan Kardec. Les époux croient en l’immortalité de l’âme, la pluralité des existences sur la terre et sur d’autres sphères, les rapports avec les soi-disants morts. C’est dans le théâtre du Familistère que Godin expose ses idées lors de conférences. Mais la plupart des hommes instruits associés à son œuvre sont restés partisans de la matière selon la science, incrédules et n’ont pas admis les théories dont les époux Godin sont les partisans avérés.
Jean-Baptiste André Godin meurt en 1888 et est enterré sous le mausolée situé au fond du parc. Son association survivra près de 90 ans aux guerres, aux destructions, aux crises économiques et continuera de prospérer. Paradoxalement, c’est en 1968 que cette expérience auto gestionnaire verra la fin. L'association du Familistère de Guise délaisse sa structure coopérative pour faciliter son absorption par un groupe capitaliste. Le Familistère devient une copropriété et les logements sont rachetés par des particuliers. En lien un diaporama du familistère

Maxence B.

Une NDE, récit d'une histoire vécue

Depuis la nuit des temps, les hommes se sont toujours interrogés sur ce que l’on advenait après la mort. Qui ne s’est pas posé au moins une fois dans sa vie cette question « Y a-t-il une vie après la mort ? ». Je me suis souvent moi-même interrogée sur la survie de l’âme : tout s’arrêtait-il ? Jusqu’au jour où je vécue ce que l’on appelle une EMI (Expérience de mort imminente ou NDE en anglais). L’EMI ou NDE décrivent un ensemble de sensations vécues par des personnes qui ont été réanimées suite à un coma, une mort clinique ou un simple état de choc. Ces faits ont été relatés par un célèbre psychiatre américain le Dr Raymond Moody dans un ouvrage intitulé « La Vie après la Vie. » Il y a d’un coté le monde médical et scientifique aux avis partagés, puis les personnes qui croient ou non à l’existence de l’esprit après la mort.
Au cours de ma première EMI, j’ai vu une partie de ma personnalité que je devais corriger et qui était en partie due à de l’ignorance et de l’intolérance. J’ai pu revoir un événement où j’avais été blessante à l’égard d’une personne, ce n’est pas le fait de revoir ce moment là qui m’a fait changer ma façon de penser, mais c’est surtout la douleur ressentie par cette personne et qui en avait été particulièrement affectée. Je l’avais blessée à un point que je ne soupçonnais même pas. À présent moi-même j’éprouvais cette blessure, je m’en suis voulue énormément, depuis j’ai changée ce trait de ma personnalité car je n’oublierai jamais la sensation du mal que j’avais fait subir à cette personne.
Lors de ma seconde réanimation, je me trouvais entre la vie et la mort, les médecins ne savaient pas si je passerais la nuit, j’avais sombrée dans un coma léger, mais j’étais là, ne ressentant plus aucune douleur. Il y avait un homme qui me caressait la joue avec une douceur infinie, je ne savais pas qui il était. Je pensais que c’était un médecin et lorsque je me réveillais quelques temps plus tard, j’ai demandée à voir ce docteur mais personne ne correspondait à ma description. Me voyant quelque peu déconcertée, le médecin et les infirmiers du service de réanimation m’ont souri et le professeur me dit que certaines personnes lui avaient déjà fait part d’avoir eu l’impression de ressentir une présence à leur chevet, comme un ange gardien. Cela ne l’étonnait même pas, il était ouvert à cela ainsi que toute son unité.
Je préfère m’attarder sur ma dernière expérience qui fut la plus intense et qui eut le plus d’impact sur ma vie. Ce jour là, je ne m’attendais pas à en vivre une nouvelle et aussi intense, cette dernière se produisit suite à un arrêt cardiaque et respiratoire, où je peux encore me souvenir des douleurs ressenties à cet instant. Dans l’urgence ma fille appela le SAMU et les pompiers, à leur arrivée je les entendais mais cela me paraissait très lointain. Je me sentais partir, je me sentais éloignée de mon corps physique, je ne ressentais plus aucune souffrance, ni chagrin, ni peur. Je regardais autour de moi avec la sensation de voir pleinement. Ma vue n’était pas gênée, ni obstruée par quoi que ce soit. Je voyais venir vers moi ma grand-mère, mon grand-père, et mon père décédés plusieurs années auparavant, je distinguais également d’autres personnes avec la certitude de les avoir connus précédemment dans d’autres vies, ils étaient tous là près de moi et c’est alors que je ressentis un amour indescriptible et inconditionnel. Dès lors, une chaleur et un bien-être m’envahirent.
Je voyais du haut de la pièce mon corps, bien que pour moi le plafond ne soit qu’un repère, j’étais simplement spectatrice de la scène. Je pouvais voir et entendre tout ce qui s’y passait, j’avais la sensation de retrouver une partie de moi que mon corps physique emprisonnait. J’avais l’intime conviction que cette partie prisonnière était enfin libérée, je la retrouvais enfin, elle faisait partie intégrante de moi. Je voyais les médecins tentés de me faire revenir, mais j’étais si bien que je n’y pensais même pas. Je me sentais enfin Moi, réellement Moi, entière comme si tout m’était possible. Je pensais, je vivais beaucoup plus intensément, je ne ressentais plus la sensation d’être l’esclave de mon corps, mon âme vivait et était libre de tout entrave. Mon corps physique ne m’intéressait plus, il me paraissait sans aucun intérêt, sans aucune utilité, je le voyais mais il m’apparaissait comme un vieux manteau usagé devenu inutile et qui me gênait plus qu’autre chose, il me semblait tout bonnement dérisoire.
Tout ce que je savais c’est que j’étais tellement bien, je ne souffrais plus, je n’avais plus d’angoisse. J’étais avec des personnes que j’ai aimées et que je retrouvais, on était réunis et l’amour était si fort, l’émotion était si grande que je ne pensais plus à rien, je me laissais seulement envahir par cet amour, pour moi j’étais morte et j’étais encore en vie mais autrement.
Lorsque j’entendis le médecin du SAMU me dire « elle ne veut pas revenir », il avait raison je ne le voulais pas. Je voulais rester près de ceux que je venais de retrouver, je ne voulais pas revenir dans mon corps physique, je voulais simplement qu’ils m’emmènent avec eux.
Tout d’un coup, j’entendis le mot « Maman » et ce mot était si fort que je pensa immédiatement à ma fille, je savais que c’étaitt elle et qu’il ne fallait pas que je la laissasse, elle avait encore besoin de moi.
Soudain j’entendis une voix et j’aperçus un «être» lumineux mais sans pouvoir voir son visage, il me parla et me dit « à toi de choisir, tu peux venir avec nous ou revenir dans ton corps », c’était dit avec une si grande douceur et gentillesse, avec un amour si intense que je ne saurais le décrire. Je pensais à ma fille et je désirais réintégrer mon corps, je ne pouvais pas la laisser, ce n’était pas possible car il me semblait que je devais encore poursuivre mon chemin.
Je vis cet « être » me sourire tendrement et je ressentis comme un grand choc et aussitôt j’étais à nouveau dans mon corps, je revins doucement et lentement à moi, j’aperçus ma fille et les médecins qui me sourièrent et qui semblaient soulagés, je savais que j’étais revenue. J’avais réintégrée mon corps pour un temps, combien je ne le savais pas, je savais que j’aurais d’autres épreuves à vivre. Je suis redevenue captive de mon enveloppe corporelle mais cela ne me faisait plus rien...
Je sais que ce que j’ai vécu est réel bien que certains soient sceptiques lorsque je décris mon expérience. Par la suite en discutant avec ma fille, j’ai pu lui décrire certains faits que je ne pouvais pas savoir (la position de certaines personnes dans la pièce), qui se sont révélés être exacts, étant donné que j’étais inconsciente et inanimée.
Ces expériences bien que douloureuses physiquement avec le recul furent pour moi positives. À chaque fois, j’ai pris cela comme une leçon bénéfique, elles m’ont permis de me remettre en question, à réaliser une introspection sur moi-même, à travailler sur mes défauts quotidiennement dans le but de parvenir à les corriger et à essayer de progresser autant que possible. C’est en quelque sorte une deuxième chance qui m’a été accordée pour essayer de m’améliorer et de tirer des leçons des erreurs que j’ai commises et d’essayer de ne plus les commettre à l’avenir. De même, ma foi en Dieu et au monde spirituel en est ressortie plus forte et grandie.
Lorsque le moment sera venu pour moi de quitter cette vie, je le ferais en n’ayant plus peur de l’après vie, car pour moi je continuerai à vivre sous une autre apparence en sachant que la mort n’est qu’une transition, que l’on passe simplement d’un état à un autre en ne perdant nullement la vie mais en nous retrouvant plus vivant que jamais, entièrement nous-mêmes, plus entier, tout simplement nous. De plus je suis persuadée que je retrouverai les personnes que j’ai affectionnées dans cette vie et dans d’autres, qu’un amour inconditionnel nous attend et alors un autre chemin s’ouvrira devant moi.

Gabrielle

Longue lutte

Livre "Entre la Terre et le Ciel" de Chico Xavier

Dans son livre « Entre la terre et le Ciel », André Luiz nous entraîne dans une longue histoire où se mêlent des hommes et des femmes liées par les erreurs qu’ils ont commises dans des vies passées. Peu à peu au fil de leur compréhension et de la recherche de l’amélioration, ils apprennent à écouter. Dans ce parcours, seul l’amour permet de réparer la violence ou la haine. La cellule familiale permet ce miracle et transforme…
Zulmira est mariée à Amaro, elle attend un enfant mais elle est tombée malade. Odila, un esprit familier qui l’assiste, s’inquiète. Elle demande de l’aide à des Esprits supérieurs notamment Clarencio ; Hilario et André Luiz, deux esprits en apprentissage les acccompagnent. André Luiz nous commente l’intervention : « Il faisait nuit quand nous atteignîmes le nid familial qui nous était déjà familier. Dans son lit, Zulmira se trouvait plongée dans une douloureuse prostration. Les cheveux en bataille, des cernes violacés, le visage rubicond de fièvre, elle paraissait attendre l'arrivée de quelqu'un qui pourrait l'aider dans la domination de la crise. La suppuration des amygdales avait pollué son haleine et lui imposait des douleurs lancinantes. Elle gémissait à peine, à moitié suffoquée, épuisée... Son mari et sa belle-fille se répandaient en tendresse dans le but de lui redonner courage, mais Zulmira, que nous avions laissée, trente jours plus tôt, le teint frais et bien disposée, se révélait à présent profondément abattue. Plusieurs médicaments s'alignaient sur une étagère toute proche. Notre instructeur les examina avec attention et, comme il percevait notre étonnement, il dit avec émotion :
- Zulmira a besoin de notre concours au plus tôt. Nous avons besoin de garantir le succès de la mission qu'elle a acceptée.
Faisant preuve de douceur, il lui appliqua des passes magnétiques en insistant spécialement sur la région du cerveau et de la glotte. La malade accusa une amélioration immédiate de son état. Le mouvement circulatoire reprit. La fièvre chuta, lui permettant de se reposer, et le sommeil réparateur finit par surgir, facilitant sa récupération. Hilario voulut savoir la cause de la maladie insidieuse qui, de manière si violente, était apparue. Faisant preuve d'assurance, Clarencio répondit :
- La question est délicate. En plus de rendre un service organique à l'entité qui se réincarne, la femme enceinte est également obligée de supporter son contact spirituel, ce qui constitue toujours un sacrifice quand il s'agit de quelqu'un ayant de sombres débits de conscience. L'organisme féminin, pendant la grossesse, subit une véritable greffe mentale. Les pensées de l'être qui s'abrite dans ce sanctuaire intime l'enveloppent totalement, entraînant de significatives altérations de son univers biologique. Si l'enfant est l’héritier d'une grande évolution et propriétaire de qualités morales louables, il parvient à aider sa mère en lui fournissant des émotions sublimées et en transformant la maternité, habituellement douloureuse en des moments d'espérance et d'allégresse intraduisibles. Mais dans ce processus, nous observons deux âmes qui s'ajustent pour les mêmes dettes. Elles s'influencent mutuellement.
Clarencio fit une longue pause, recommençant à donner des passes pour le bien de l'infirme. Odila l'accompagnait avec attention. Quelques instants plus tard, il reprit :
- Si Zulmira agit de façon décisive dans la formation du corps de l’incarné, le petit agit vigoureusement en elle, établissant des phénomènes perturbateurs dans sa constitution de femme. L'échange d'impressions entre les deux est inévitable et les souffrances que l’Esprit avait dans la gorge ont été imprimées dans l'esprit maternel qui les reproduit dans le corps où elle se manifeste. Le courant d'échange entre mère et fils ne se limite pas à l'alimentation ; il s'étend jusqu'à l'échange constant des diverses sensations. Les pensées de Zulmira gardent une immense force sur l’esprit, de la même manière que celle de l’esprit se révèle d’un grand pouvoir sur la nouvelle mère. C'est un peu comme si l'esprit de l'un et de l'autre se juxtaposaient et se maintenaient en parfaite communion, jusqu'à la naissance. D'une telle association provient ce que l'on appelle les marques de naissance. Certains états intérieurs de la femme atteignent, d'une certaine manière, le principe foetal, le marquant pour toute son existence. Le travail de la maternité ressemble à un délicat processus de modelage qui requiert, de ce fait, une grande attention et une grande harmonie pour que la tâche soit parfaite.
En de nombreuses occasions, sur Terre, je me suis demandé si la grossesse, dans la plupart des cas, n'entraînerait pas une folie temporaire... L'orienteur sourit et dit :
- L'explication est très simple. La femme enceinte est un être hypnotisé sur une longue période. Son champ psychique se trouve envahi par les impressions et les vibrations de l'Esprit qui se réincarne. Quand le futur enfant ne se trouve pas suffisamment équilibré face à la Loi, et cela a presque toujours lieu, l'esprit maternel est susceptible d'enregistrer les plus étranges déséquilibres car, à l'image d'un médium, elle transmettra des opinions et des sensations de l'entité qui l'occupe.
- Cela me faisait mal de voir cette soudaine aversion que de nombreuses femmes enceintes avaient pour leurs maris, rappela Hilario.
- Oui, cela se produit à chaque fois qu'un ennemi du passé revient à la chair, afin de racheter des débits contractés avec celui qui lui servira de père.
- Mais nous avons dans le théâtre du monde des cas où nous voyons des jeunes filles qui ont été de manière évidente de grandes adversaires de leurs mères dans un passé, lointain ou proche, en raison de l'animosité qui règle leurs relations, dis-je, curieux. Nous pouvons observer qu'en de telles circonstances, les filles sont bien plus proches de leurs pères, vivant psychiquement avec eux dans une harmonieuse association, alors qu'elles se trouvent éloignées spirituellement de leurs mères qui, parfois, font tout, en vain, pour rompre les barrières de la séparation. Dans des liens de cette nature, y aura-t-il des obstacles à la réincarnation ?
Clarencio me fixa de manière significative avant de répondre :
- En aucune manière. Par son dévouement à son compagnon, l'épouse cède facilement à la nécessité de l'âme qui revient dans le refuge familial à des fins régénératrices et, si nous parlons d'une personne ayant une intense affinité avec le chef de famille, nous pouvons observer que le mari est doucement conduit à offrir une plus grande affectivité à sa compagne du fait qu'il se sent enveloppé par des forces d'attraction doublées. Sous une charge de sympathie doublée, il donne beaucoup plus de lui-même en attention et en tendresse, facilitant la tâche maternelle de la femme. L'explication claire et logique nous satisfit pleinement. Nous conversâmes encore quelques minutes pendant lesquelles notre orienteur donna diverses instructions à Odila, la préparant pour les mesures d'aide d'urgence. Grandis, nous retournâmes à notre cercle de travail habituel. Cependant, après quelques jours, Odila revint nous voir afin de demander une nouvelle intervention. Affligée, elle nous expliqua que Zulmira traversait une effrayante crise organique. Des vomissements incoercibles la perturbaient cruellement. Elle ne supportait plus le moindre aliment. Son système digestif présentait de profondes altérations. Le médecin agissait vainement étant donné que l'estomac de l'infirme se moquait de tous les recours. Nous ne perdîmes pas de temps pour accomplir le travail d'assistance. Effectivement, la femme enceinte s'avérait être dans de menaçantes conditions. Les nausées répétées provoquaient graduellement de l'anémie. Mais Clarencio la soumit à de longues passes magnétiques, promettant que la mesure serait suivie des améliorations attendues. Hilario demanda la raison d'un tel phénomène qu'il n'avait, de toute son expérience de médecin sur Terre, jamais pu expliquer. - Nous sommes sûrs que la science du futur aidera la femme dans la défense contre ce genre de dérangement organique quand elle trouvera les définitions de l'ordre physiologique pour de tels conflits, affirma Clarencio avec assurance. Mais au fond, le déséquilibre est d'essence spirituelle. L'organisme maternel absorbant les émanations de l'entité « réincarnante », il fonctionne comme un évacuateur de fluides en désintégration, fluides qui ne sont pas forcément bons et facilement supportables par la sensibilité féminine. De là la raison des fréquentes nausées dont le traitement est jusqu'à aujourd'hui difficile. Pareille observation nous offrait un précieux matériel de méditation. Le temps s'écoula, semaine après semaine. Nous continuions à rendre visite à la résidence d'Amaro, de temps en temps, convoqués ou non pour le travail, jusqu'à ce qu'un certain matin, Odila vienne jusqu'à nous avec la jubilation d'un enfant heureux, nous annonçant que le petit était repartit vers la lumière terrestre. Nous partageâmes sa profonde allégresse et, avec la solidarité des amis sincères, nous revînmes le serrer dans nos bras.

André Luiz