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Bulletin 41

Bulletin 41 - Juin 2010
Sommaire

 Editorial

La maladie a toujours été la cause de grandes discussions pour l’être humain et chacun d’entre nous au cours de sa vie a eu à subir une déficience plus ou moins importante de son organisme physique. Les épidémies au cours des siècles ont régulièrement frappé les peuples de par le monde causant de nombreux morts dans les populations. Les pouvoirs religieux attribuaient ces fléaux à une justice divine qui venait affliger les hommes pour les punir de leurs péchés et de leur perversité.
Le spiritisme apporte bien sur une perception plus rationnelle par sa vision bipartite matière-esprit contrôlée par une intelligence suprême. La loi de cause à effet dans le principe des vies successives donne les réponses de l’évolution de l’homme. La matière n’est que le terrain de jeu des forces de l’Esprit que la pensée et la volonté transforme et modèle au cours du temps, et la maladie n’est qu’une conséquence de la direction prise par l’esprit dans sa marche en avant.
La dernière grande épidémie contemporaine portée par le virus HIV a fait coulé beaucoup d’encre sur les raisons d’une telle apparition alors que la science semblait petit à petit vaincre les affections anciennes et connues. La médecine ne soigne pas la cause de la maladie mais essaye d’en diminuer les effets, et l’action sur la matière, sur le corps physique ne sera parfaite que lorsque l’Esprit aura accompli son évolution morale.
Dans son exposé sur le sida le docteur Moreira nous éclaire et donne espoir à l’humanité.

Gilles Fernandez

 Une vision médico-spirite de l'infection par le virus du sida

Le 1er mai n'était pas un jour férié pour tout le monde puisque notre centre accueillait ce jour-là André Moreira, médecin généraliste, spécialisé en homéopathie et président de l'association médico-spirite de Minas-Gerais au Brésil. Une quarantaine de personnes étaient venues de divers groupes spirites de la région pour écouter le docteur Moreira nous parler de la vision médico-spirite de l'infection par le virus du sida.

 Le docteur Moreira

Le conférencier a commencé par nous rappeler que le virus HIV est un rétro virus de la famille RNA qui parasite des cellules du système immunitaire humain. Ce virus pénètre dans les cellules lymphocytaires T, les détruit et les empêche d'effectuer leur travail normal de destruction des agents infectieux. Progressivement, au fur et à mesure que le taux du virus augmente et que celui des lymphocytes T4 diminue (ce sont les principales cellules du système immunitaire détruites lors de cette maladie), la personne contaminée perd la capacité de se défendre correctement contre les différentes infections. Il importe ici de distinguer l’infection par le HIV et le sida qui sont deux choses différentes. L’infection par le HIV (ou VIH en français, pour Virus d'Immunodéficience Humaine) met en évidence que l’individu est porteur du virus. Le sujet n'est pas malade mais il est cependant contagieux. Cette période de séropositivité, ou de latence clinique, peut être tout à fait asymptomatique pendant plusieurs années. Dans le sida (Syndrome d'Immuno Déficience Acquise) la baisse des cellules T4, descendue sous un certain seuil, indique que les défenses immunitaires trop affaiblies ne peuvent plus faire barrage aux infections dites opportunistes.
Les premiers cas de sida observés ont été aperçus en 1981 aux USA, même si nous avons eu écho de cas mal résolus dans les années 60 et 70. En juin 1981, il y a eu l’apparition de différentes pneumonies étranges et la recrudescence de cas de sarcome de Kaposi (tumeur maligne de la peau) qui ont rendu obligatoire la notification de sida en août 1981. A cette époque, on a pensé que cette déficience était liée aux homosexuels car ils représentaient 80% des premiers cas observés. En décembre 1981, nous avons découvert que cette maladie se transmettait par voie sexuelle puis, en 1983, le virus a été identifié. Aujourd’hui, nous estimons que 40 millions d’individus, à travers le monde, sont porteurs du HIV et 2,1 millions de personnes meurent du sida chaque année.
Le virus n’est pas présent dans la sueur ni dans la salive mais dans tout liquide sexuel et dans le sang. La transmission s’effectue donc par voie sanguine (surtout seringues infectées chez les toxicomanes, mais aussi chez les malades nécessitant des transfusions), par voie sexuelle (spécialement par sexe anal ou vaginal mais le sexe oral présente également un risque réel), et par la transmission verticale mère/enfant (accouchement ou allaitement). Le nombre d'hétérosexuels contaminés a augmenté au fil du temps jusqu'à atteindre aujourd’hui 55% des personnes infectées. Le grand défi, dans cette situation de HIV, est celui du sentiment ; l’individu commence à vivre des situations qu’il ne connaissait pas auparavant : les préjugés, le rejet, la peur et l’instabilité de l’avenir, entre autres.

Sachant cela, nous pouvons, à présent, réfléchir sur la perception de la maladie en occident et comment la doctrine spirite nous aide à comprendre ce processus. La vision judéo chrétienne occidentale peut se résumer par cette phrase, tirée du Nouveau Testament : «Mais si tu n’obéis pas à la voix du Seigneur ton Dieu pour observer et mettre en pratique tous ses commandements, le Seigneur te frappera de langueur, de fièvre, d’inflammation». Ainsi, dans l’inconscient de chacun de nous existe, à la fois, la peur du châtiment divin et le désir de bénédictions ou récompenses divines.

La vision de la doctrine spirite est un petit peu différente ; les Esprits nous indiquent qu’il y a deux principes dans l’univers : l’Esprit, principe intelligent créé à l’image de l’Intelligence suprême, et la matière où évolue ce principe spirituel qu’il utilise pour son évolution. L'Esprit, créé pour se perfectionner, permet à la matière d'évoluer au fil des réincarnations, guidé par Dieu au début, avant de recevoir, graduellement, son autonomie.
Avec cette liberté, offerte par Dieu, vient aussi la responsabilité des choix que nous devons assumer. Dieu, intelligence suprême, gouverne avec Ses lois parfaites qui coordonnent et structurent l’univers de façon automatique, immuable et équilibrée, dans l’homme tout d’abord puis à l’extérieur. Les Esprits mettent en lumière le fait que ces lois divines sont inscrites dans la conscience de l’individu. L’Esprit, être intelligent, choisit et détermine avec sa volonté ce qui est bon pour lui, dans cette liberté relative proposée par Dieu, parce que la seule liberté n’existe que dans l’amour.
Lorsque l’homme blesse la loi d’amour et insiste dans ce comportement, il se met en désaccord avec cette loi et cela crée un déséquilibre en lui-même et à l’extérieur. Il n’y a pas de Dieu qui punit et qui récompense à tout moment mais plutôt des lois parfaites qui gèrent tout avec sagesse. Dans la connaissance spirite, nous savons que l’Esprit est le maître de la matière. C'est lui qui gouverne avec son comportement, ses pensées et son attitude qui se manifestent ensuite dans notre périsprit. Nous pouvons donc en déduire que l’Esprit, principe intelligent, détermine comment les cellules vont fonctionner. André Luiz(1) nous enseigne que la pensée agit au niveau subatomique, portion la plus subtile de la matière, et se retrouve dans le corps astral, partie la plus dense du corps spirituel, nommé aussi corps des émotions car il ressent tous les mouvements de chacune de nos émotions, celles de notre corps spirituel tout comme celles engendrées par notre comportement physique et moral.
Dans la vision spirite, la santé est la réelle connexion Créateur/créature alors que la maladie exprime la déconnexion, forcément momentanée, de la créature avec le Créateur. Le déséquilibre du corps astral par le corps physique atteste cette déconnexion et représente l’appel de l’amour, du plus profond de l’être, vers des sentiments ayant pour référence la loi de l’amour. La maladie est donc une construction humaine qui a une fonction initiatique ; par elle, l’homme peut arriver à une plus grande connaissance de lui-même. Ce n’est pas une punition ou un châtiment mais plutôt un mécanisme naturel de cette loi.

Dans le Livre des Esprits, Allan Kardec pose la question n° 258 : «A l’état errant et avant de prendre une nouvelle existence corporelle, l’Esprit a-t-il la conscience et la prévision des choses qui lui arriveront pendant la vie ?»
Réponse des Esprits : «Il choisit lui-même le genre d'épreuves qu’il veut subir et c’est en cela que consiste son libre arbitre.» Dans le processus de réincarnation et dans l’exercice de son libre arbitre, l’Esprit a l’exacte ou la vague impression, en fonction de sa clarté spirituelle, des épreuves qu’il doit vivre tout au long de son existence, comme conséquence naturelle de ses choix passés ou comme choix conscient de ses nécessités présentes, comme un mécanisme de rééquilibre du corps spirituel ou une épreuve morale qui stimule l’Esprit à avancer, cela se confirme, plus loin, à la question n° 264 : «Qu’est-ce qui dirige l’Esprit dans le choix des épreuves qu’il veut subir ?»
Réponse : «Il choisit celles qui peuvent être pour lui une expiation par la nature de ses fautes, et le faire avancer plus vite.»

L’Esprit choisit donc les épreuves qu’il va expérimenter, ou les prédispositions qu’il a pour passer par certaines épreuves, parce que le destin n’est pas marqué d’une façon irrémédiable mais se confirme ou se modifie tout au long de son incarnation. La contamination par le virus HIV peut donc avoir de nombreuses significations pour l’individu touché, mais c’est toujours un appel pour l’âme à des transformations morales pour s’améliorer, en effectuant un plongeon à l’intérieur de soi afin de connaître ses choix, ses intérêts personnels et ses attitudes face à la loi d’amour. Pour ceux qui ont été contaminé sans recherche consciente comme, par exemple, les femmes contaminées par leurs maris, les malades infectés par transfusion sanguine, les bébés qui naissent avec le virus, ce peut être une épreuve choisie par l’Esprit pour lui fournir les conditions nécessaires pour évoluer. La maladie peut être une conséquence du déséquilibre de l’âme face à ses abus, face à l’inconséquence de ses responsabilités, comme l’utilisation de drogue ou l’abus sexuels, car c'est un manque de vigilance face à l’amour de soi-même.
A la question de savoir si l’invasion par les microbes est liée à des causes spirituelles, André Luiz, dans le livre Évolution entre deux mondes, répond : «En général, presque tous les processus pathologiques issus des microbes surgissent comme des phénomènes secondaires sur les régions qui ont une prédisposition à la maladie que nous avons créée dans notre propre corps par le déséquilibre de nos forces mentales. Ce déséquilibre engendre des ruptures ou des solutions de continuité dans les points d’interaction entre le corps spirituel et le physique par où s’immiscent les bactéries auxquelles nous sommes plus particulièrement enclins par la nature de nos comptes karmiques». André Luiz nous indique que le patron mental et moral de l’individu détermine sa défense ou sa prédisposition naturelle créant des brèches ou des zones morbides dans ce corps spirituel. Cela fonctionne pour tous les processus bactériologiques : grippe, pneumonie, toute maladie transmissible et explique, en partie, pourquoi certains développent la maladie ou non. Même parmi ceux contaminés par le HIV, les organismes répondront de façon différente et, même s'il n'y a pas eu recherche consciente du virus, cela indique une attraction pour ces vibrations, puisque nous attirons, dans notre vie, les circonstances qui sont en syntonie avec nos pensées. Le développement de la maladie dépend donc de la nature du corps astral et de la nécessité de l’Esprit.  Le docteur Moreira
Selon la doctrine spirite, les pensées dominent le corps physique et Allan Kardec nous dit que la pensée et la volonté sont aux Esprits ce que la main est à l’homme. Tout individu malade pourra tirer profit de cet enseignement spirite en connaissant les mécanismes selon lesquels l’Esprit gouverne le corps. Par la pensée, l’Esprit contrôle directement les cellules physiques, comme nous l'explique aujourd’hui la science à travers la psycho-immuno endocrinologie. Selon André Luiz, les pensées irradient la glande pinéale et, de la glande pinéale (glande de la médiumnité et de la vie mentale), il y a irradiation sur tout le corps. Par ses pensées et ses sentiments, l’Esprit irradie dans toutes les directions et se connecte avec tous ceux qui sont en affinité avec son mode de pensée, que ce soient les Esprits supérieurs ou les Esprits inférieurs, chacun de nous portant une part d’ombre et de lumière. Son irradiation crée un halo tout autour de lui et détermine l’attraction et la répulsion. Tout comme l’araignée vit au centre de la toile, l’homme vit immergé dans la création de ses propres pensées qui sont autour de lui et en lui. L’Esprit contrôle complètement le fonctionnement des lymphocytes T4, de façon inconsciente, en accord avec son mode de pensée et son comportement, agissant à l’intérieur des cellules, au même endroit où agit le virus HIV.
La doctrine spirite nous éclaircit sur le contrôle de notre pensée et de notre volonté dirigées vers le bien et l’amour, conformément aux principes de Jésus, ce qui représente la posture morale la plus saine dans la conduite de notre organisme physique pour éviter les maladies ou les guérir. Donc, tout individu qui contrôle son attitude, ses pensées et ses sentiments peut contrôler la multiplication du virus et des cellules en tant que réaction naturelle de ses choix, tout comme il peut aggraver l'infection. La situation de stress, de dépression signifie un chemin vers le manque de contrôle de la défense humaine ce qui est un facteur aggravant. Mais la doctrine spirite nous dit aussi que le travail dans le bien et pour son semblable est notre plus grand et plus fort avocat à chaque instant de la vie. Il nous défend face aux situations conflictuelles de façon automatique, étant donné que la connexion avec l’amour fait que tout le mécanisme divin existe en nous.
Jésus a dit : «Je suis venu pour que vous ayez la vie et en abondance, je veux de la miséricorde, pas de sacrifice». Le mécanisme de la loi divine est donc celui de l’amour totalement disponible dans la vie humaine : l'amour de soi-même et l'amour du prochain. André Luiz nous éclaire de cette façon : «Il ne faudrait cependant pas oublier que le bien constant génère le bien constant et que si nous ne nous lassons pas d’être actifs dans le bien, tout le mal que nous avons amoncelé s’atténue progressivement et disparait, au contact de vibrations d’aides, surgies pour notre bien, chez tous ceux à qui nous adressons le message de compréhension et d’amour pur. Ainsi, nous n’aurons pas besoin de passer forcément par la maladie pour éliminer les restes d’ombre qui pourraient encore adhérer à notre être. L’aide à autrui crée le soutien pour nous-mêmes. Pour cette raison, les principes de Jésus bannissent de nous la bestialité et l’orgueil, la vanité et la convoitise, la cruauté et l’avarice. Jésus nous exhorte à la simplicité et à l’humilité, à la fraternité sans limites et au pardon inconditionnel. Ces principes, si nous les observons, établissent l’immunologie parfaite à l’intérieur de nous, fortifient le pouvoir mental d’autodéfense envers tous les éléments destructeurs et dégradants qui nous entourent et favorisent l’évolution vers Dieu». L’amour est le plus grand élément d’équilibre. La gratitude que nous recevons de notre semblable, les vibrations de paix, de tendresse, d’affection qui viennent de l’autre, en syntonie avec ce que nous avons en nous, font la promotion de l’immunologie parfaite, augmentant et fortifiant la puissance mentale de l’autodéfense contre tous les éléments destructeurs et offensifs. La réforme morale proposée par l'Évangile est le meilleur médicament pour n’importe quelle maladie, y compris l'infection par HIV ou le sida. Il importe à l’individu infecté, d’avoir une lecture de ces circonstances, de savoir quelles ont été les attitudes qui ont contribué à cette contamination. Quels sont les éléments éducatifs présents, les vertus stimulées dans cette circonstance ? Ici, intervient le développement de l’individualité et de l’amour propre, le sens commun que nous nécessitons tous face à la maladie.

La doctrine spirite nous dit aussi que la prière est le chemin par excellence puisqu’elle nous connecte directement avec le plan spirituel supérieur, avec l’amour inconditionnel de Dieu. Une étude scientifique a évalué que la prière à distance a permis à des individus cardiaques de limiter les complications. L’amour en vibration, généré par l’amour de l’autre, atteint directement nos centres énergétiques, agissant de façon positive dans notre monde physique. Mais il est très important pour nous tous, lorsque nous sommes malades, que nous puissions percevoir cet appel de la vie à la vie pour le développement de la spiritualité. Cela signifie la recherche de sens dans sa vie spirituelle et de reconnexion avec le Créateur, avec notre intérieur. Le spiritisme propose une démarche intime où la relation entre l’être et Dieu a lieu dans son propre coeur. En étudiant le spiritisme et en comprenant notre état de fils de Dieu et les conséquences morales de nos actes, nous comprenons notre rôle face à Dieu, face au monde, comme cocréateurs que nous sommes. C'est pour cela qu’Allan Kardec a dit que le spiritisme est une science d’observation, une philosophie spiritualiste qui traite de la nature de l’Esprit et de son intime relation avec la matière.
Certaines études mettent en évidence cette quête de spiritualité et de religion chez des patients contaminés par le HIV et le sida. Elles montrent que trois quarts des patients qui ont développé la maladie disent qu'elle a renforcé leur foi d’une certaine manière. D'autres études ont révélé que religiosité et spiritualité étaient liées à un optimisme plus élevé, à une estime personnelle plus élevée et une meilleure satisfaction générale de la vie. Cela permet de comprendre pourquoi les patients dont la spiritualité a augmenté après le diagnostic de HIV ont eu moins de baisse des cellules T4 et un meilleur contrôle du virus dans les 4 ans qui ont suivi. La science confirme ce que le spiritisme dit.
Dans le livre Chansons de l’espoir(1), nous avons l’expérience de l’Esprit Franklin qui a contracté le HIV à l’adolescence, dans des relations homosexuelles sans protection. Il s’est désincarné peu de temps après son infection. Franklin était spirite et faisait partie d’un groupe de jeunes spirites à Bel Horizon. Comme beaucoup de jeunes, il avait connu le spiritisme mais n’avait pas permis que le spiritisme vienne en lui et il n’avait pas d’estime de lui. Il nous dit alors : «Dans mon cas en particulier, le sida a fonctionné comme l’ange de la douleur qui m’a libéré des griffes du vice et du déséquilibre moral. Certains peuvent trouver étrange que je parle de cette manière mais, après le triste et sombre voyage que j’avais fait lors de mon incarnation, à travers les folies du monde sans règles, la maladie a réellement fonctionné comme un frein, me donnant l’opportunité de revoir mon parcours dans la vie morale et, grâce à l’aide de mes amis spirituels, j’ai pu libérer ma conscience du mal et du déséquilibre».
Pour Franklin, la maladie a fonctionné comme une rééducation morale l’invitant au développement de l’amour propre. Il dit : «Spirituellement, c’est une maladie que j’ai invitée, une chose que j’ai créée sous cette perspective. C’est quelque chose dont j’avais besoin et que, Dieu merci, j’ai su utiliser à mon avantage, une opportunité venue tôt pour que je repense mes valeurs, objectifs, parcours. Puisque c’est une chose que j’ai créée, que je peux aujourd’hui contrôler, ça a fonctionné. Résultat du manque de soin pour moi-même, une inattention qui en vient à caractériser une recherche de la maladie, un suicide qui ne demandait aucun courage pour appuyer sur la détente, aujourd’hui, une chose contrôlée moins par les médicaments, plus par la stabilité, par la tranquillité, les bonnes attitudes alimentaires et peu de stress. L’amour propre est au centre du sens de la maladie pour moi. Je me suis infecté pour m’apprendre à m’aimer, pour me donner l’attention que je mérite et dont j’ai besoin. Aujourd’hui, je m’admire. Ce n’est pas seulement le fait de faire attention à mon apparence pour attirer les regards de manière générale, je suis devenu moins attirant physiquement, mais plus attirant comme personne. Je m’occupe moins de mon apparence et, peut être, pour cette raison, je me considère plus beau. Je m’accepte, ça résume bien, je m’accepte». Son témoignage nous montre sa maladie comme un facteur de rééducation personnelle.
Franklin rajoute: «Les décisions que j’ai prises et la nouvelle attitude de vie que j’ai adoptée à l’époque où j’ai su que j’avais été infecté par le virus du sida ont été, à ma mémoire, ce qui a le plus influencé mon existence de ce côté-ci. C’est seulement maintenant que j’arrive à évaluer la valeur de la réforme morale d’une attitude de vie plus digne et plus correcte.» Le docteur Moreira qui a eu l’opportunité d’accompagner le processus de rééducation décrit dans ce livre sait, qu’aujourd’hui, Franklin est réincarné : il est le petit-fils de celle qui a été sa mère. Grâce à sa transformation morale, il a eu le bénéfice de revenir rapidement au sein de l’étude de la doctrine spirite et continuer son processus de rédemption spirituelle en travaillant comme médium spirite afin de servir son prochain comme lui-même. Il a maintenant 7 ans.

Il arrive aussi que des Esprits, techniciens d’un plan supérieur, développent des mécanismes pour contrôler le développement du virus. Nous avons l’exemple d’un individu, Paulo, qui a contracté le virus par son épouse. Ces guides expliquent : «Nous avons pu isoler quelques virus du corps de Paulo avec l’aide d’un petit appareil de la dimension de la moitié de la main et qui émettait une radiation similaire à celle des bombes de cobalt de la Terre. Celles-ci sont faites afin d’empêcher l’action du virus, elles ont un effet antiviral. Le virus restera dans son organisme mais ne lui causera pas de maux. Il ne détruira pas les cellules de défense et ne pourra pas se multiplier».
Il existe donc des mécanismes dans l’univers pour contrôler le processus de la maladie et la miséricorde de Dieu intervient de différentes façons : quand l’être mérite et attire cette intervention, quand il n’a pas besoin de vivre cette expérience ou lorsqu’il adopte un comportement moral. La meilleure thérapie est l'Évangile qui nous donne une nouvelle direction, un renouveau dans les valeurs et les concepts de la pensée et de l’action. La thérapie médico-spirite, avec le traitement magnétique par les passes, aide à contrôler les phénomènes physiques et nous indique des chemins de paix pour l’âme, encourage l’opportunité du travail pour le bien, l’instruction sur la vie spirituelle et surtout la promotion de l’amour de soi qui fait que l’être est attentif.
Écoute la voix de Jésus, dirigée au paralysé de la piscine de Bethesda : «Voilà, tu es guéri. Ne commet plus de pêché pour que rien de pire ne t'arrive, pour que tu n'aies pas besoin d'un processus éducatif plus intense et que l'amour pour toi-même, que tu démontres maintenant dans ta relation avec Dieu, soit le chemin vers Dieu et la vie». Ainsi soit-il.

 Méditation

A la fin de sa vie,
Un homme regarda en arrière
Et vit que tout au long du chemin,
Il y avait quatre empreintes de pas sur le sable,
Les siennes et celles de Dieu

Mais dans les moments difficiles
Il n’y en avait plus que deux !
Très surpris et même peiné
Il dit à Dieu :
- Je vois que c’est justement dans
les moments difficiles que tu m’as laissé seul…

- Mais, non !
Lui répondit Dieu,
- Dans les moments difficiles, il y avait seulement
Les traces de mes pas, parce qu’alors
Je te portais dans mes bras…

Ademar de Borras

 Les encouragements d'un amour du passé

Une de mes amies, venue au centre lors d'une séance spirite un samedi, a reçu un message spontané lui disant :

“Mon amour,
Pour une si belle visite, je ne voudrai d'autre rendez-vous.
Te rappelles-tu du temps où nous courrions ensemble dans les champs ?
Je suis si triste de voir que tu ne trouves le bonheur que dans des livres, des histoires qui ne t'appartiennent pas. Je suis près de toi et j'espère que tu sauras rencontrer, vivre et accepter ton destin. Ce ne sera peut-être pas un enfant, mais juste le bonheur retrouvé.
Simon”

A la lecture de ce texte, mon amie a d'abord été émue jusqu'aux larmes, avant de se laisser, ensuite, envahir par le doute. Il faut dire qu'un message qui démarre par un «mon amour» puis se poursuit par l'assurance d'une présence protectrice et d'un encouragement à vivre d'un point de vue affectif, peut, lorsqu'il est adressé à une personne célibataire depuis de trop nombreuses années, provoquer une émotion légitime. Le trouble qui avait envahi mon amie l'amena à conclure que cette communication ne lui était pas adressée et qu'il y avait certainement eu erreur en le lui donnant.
Je l'encourage alors à aller parler avec la médium concernée. Celle-ci commence par la rassurer quant à la distribution du message. D'après ce qu'elle nous explique, le destinataire lui a été indiqué de manière particulièrement claire avec une grande lumière sur la personne en question. Ensuite, elle nous explique que cet ancien amoureux a gardé une telle tendresse, une telle affection pour mon amie qu'il voudrait la voir heureuse et regrette qu'elle ne vive plus l'amour que par procuration, à travers des romans.
Deux jours après (le lundi), alors que mon amie se rend à son travail en bus, elle sort de son sac à main l'habituel livre qui l'aide à égayer son trajet. Soudainement, elle repense au message reçu et décide alors de suivre le conseil de cet ancien amoureux en remettant le livre dans son sac afin de pouvoir regarder autour d'elle.
Des tas de personnes prennent régulièrement le bus, sans lire de livres, sans même un baladeur sur les oreilles, pourtant, elles ne font pas systématiquement de belles rencontres. Mon amie, elle, parle toujours en riant (mais pas avec tout le monde...) de ce moment béni où, pour suivre un conseil, reçu de façon spontanée à une séance spirite, elle est tombée immédiatement sous le charme d'un sourire avenant.
Cela ne l'a pas empêché, pourtant, de commencer par lutter contre ses sentiments, l'homme rencontré étant trop âgé pour envisager d'avoir un nouvel enfant avec lui. Mais le bonheur qu'elle vivait, lorsqu'elle se trouvait en sa compagnie, a eu raison de ses réticences et a permis à leur histoire d'amour de prendre forme, environ un mois après.
Ce n'est donc qu'après avoir choisi d'accepter son destin, qu'elle a repensé au message qui avait été totalement oublié dès l'instant où le livre avait repris sa place dans le sac. Le texte, qui paraissait anodin en apparence, a alors pris tout son sens car Simon, dans sa dernière phrase, lui disait aussi : «Ce ne sera peut-être pas un enfant, mais juste le bonheur retrouvé».
Voilà maintenant bientôt deux ans que ce message a été donné et le couple de mon amie est toujours aussi solide. En partageant cette belle histoire avec vous, j'ai surtout voulu témoigner des conséquences positives qu'un message spontané peut avoir dans une vie. Je serai très curieuse de savoir si d'autres personnes ont eu, suite à un message, de tels bouleversements, ou si, un message qui paraissait totalement inadapté au moment où il a été donné s'est révélé particulièrement pertinent dans le temps. Avec toutes les personnes tournées vers l'au delà qui fréquentent ce centre, nous devons regorger d'anecdotes que j'aurai plaisir à lire dans le prochain numéro...

 Une première dans l'opéra français : After life ou l’histoire du passage dans l’au-delà Une après vie, entre Ciel et Terre

 Scène de l'opéra After life

La création lyrique hollandaise est quasi inconnue en France. En dévoilant la première représentation Française de Michel Van Der Aa «After Life», l’opéra de Lyon se distingue par sa politique de création et de production d’opéra de notre temps. Nous nous intéresserons à son œuvre avec notre regard spirite.
Cette œuvre est fondée sur le scénario du film japonais éponyme réalisé en 1998 par Hirokasu Kore-Eda. Elle met en scène trois guides spirituels, situés dans une sorte de gare routière entre ciel et terre. Ils sont là pour accueillir les nouveaux défunts, les aider à comprendre leur état en les replongeant dans leurs souvenirs. Ce lieu est un endroit de transition pour ces Esprits, ils y séjournent une semaine ; le temps pour eux de sélectionner le plus heureux souvenir qu’ils aient, celui qu’ils revivront une dernière fois et qui les guidera au paradis éternel.
Trois désincarnés se présentent successivement sur scène. Surpris de découvrir un tel lieu, ils sont invités à entrer et à s’asseoir.
Les guides portent un même uniforme, il nous est simple de comprendre qu’ils sont tous au service de Dieu, dans l’aide envers leur prochain.
Le premier contact entre le guide et son protégé se fait simplement. Il s’approche et demande confirmation de son nom à l’Esprit, de sa date de naissance, et lui annonce la date de décès enregistrée.
Il est intéressant de voir la mise en scène des différentes réactions des Esprits,qui reflète bien la réalité révélée par le spiritisme. Monsieur Walter (Richard Stuart) est un vieillard qui vivait seul depuis le décès de sa femme il y a 5 ans. A l’annonce de sa mort, il est convaincu d’avoir eu une vie exemplaire et se sent serein. Ilana (Margriet Van Reisen) est une jeune femme de 21 ans, elle récuse son départ et rejette l’idée de devoir choisir un seul souvenir de ses années passées sur Terre. Elle tente de s’enfuir, l’orchestre l’accompagne dans une musique âpre et tendue pour nous montrer son mal-être. Bryna (Helena Rasker) est une femme d’une cinquantaine d’années, elle s’interroge sur ce lieu vaporeux, elle dialogue avec les guides pour comprendre si tous, nous passons par cette gare après la mort du corps.
Pour les aider à choisir leur meilleur souvenir, un tapis roulant circule sur scène, et de nombreux objets s’y confondent. Les désincarnés s’approchent et reconnaissent certains objets, lorsqu’ils en saisissent un, nous avons une vision du souvenir projeté sur un écran.
Les acteurs remplissent bien leurs rôles, l’auteur nous plonge réellement dans la pensée de l’Esprit. Les trois Esprits ne se connaissent pas, ils ne communiquent pas entre eux, ils sont dans leur sphère de réflexion personnelle. Les guides, eux, travaillent à leur mission, ils se réunissent et s’entendent sur un plan d’action.
L’opéra est ensuite centré sur la relation difficile entre Mr Walter et Aiden (Roderick Williams), son jeune guide.
Mr Walter a mené une vie sans histoires, il ne trouve pas de souvenirs particulièrement heureux. Son guide tente de l’aider, et le vieillard demande à visionner le film de sa vie entière.
A plusieurs reprises, les écrans nous présentent le témoignage de trois autres défunts. Ils nous expliquent le choix de leur souvenir, porteur de bonheur. Ils sont également là pour aider les Esprits dans le passage, pour les encourager à agir en confiance.
Nous avons assisté avec plaisir à ce spectacle novateur dans l’histoire de l’opéra français et de surcroît lyonnais. La mise en scène a de nombreux reflets de réalité avec la vie dans l’au-delà, telle qu’elle nous est contée par les Esprits dans de nombreux ouvrages spirites.
Cette gare, n’est pas réellement un lieu déterminé, et elle pourrait faire référence aux postes de secours de l’au-delà décrits par Emmanuel, le guide de Chico Xavier dans l’ouvrage Nosso Lar.
Cet opéra alliant de multiples médias donne toute sa dimension à l’œuvre. La troupe se produit dans le monde entier depuis juin 2006. Le public serait donc prêt à apprécier ce spectacle, c’est une belle évolution des mœurs. Le 15 mai de cette année, ils se sont rendus à Londres, au Barbican Center.

 Scène de l'opéra After life