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Bulletin 04

Bulletin 4 - Mars 2001
Sommaire

Le courrier des lecteurs

L’un de nos abonnés, M. Rieux, nous a adressé le courrier suivant qui nous a beaucoup touché et que nous avons décidé de publier :
Amis spirites,
Je voudrais, si vous le permettez, apporter témoignage à propos de l’éducation et de la recherche spirituelle.
J’ai été élevé dans une famille où l’on ne parlait pas du tout religion. Les parents de mon père étaient protestants et ceux de ma mère catholiques.
Chez nous, le modus vivandi de la religion était l’indifférence. Nous n’entendions parler de religion que lorsque mon père s’amusait à égratigner le clergé pour horrifier ma mère.
Pourtant, nos parents nous apprirent - uniquement par l’exemple - les préceptes de ce que j’ai retrouvé plus tard dans les évangiles, à savoir aimer son prochain, être droit, simple, tenter de vivre en harmonie avec soi-même et les autres, etc.…
A l’adolescence, je m’interrogeais sans cesse sur le sens de la vie. Il me semblait que la vie d’un homme ne pouvait se résumer à emplir un espace, un temps entre naissance et mort, d’assouvir quelques instincts et d’inscrire quelques vaines gesticulations dans l’espace…
Il y avait nécessairement quelque chose de plus profond, de plus grand. Peut-être Dieu ? Mais le dieu du catéchisme dont m’avaient parlé quelques amis ne m’attirait pas du tout. Un bon dieu d’opérette à visage humain et barbe blanche me semblait ridicule et puéril. Un bon dieu pas si bon que ça d’ailleurs, puisqu’on le disait même vengeur et injuste.
Pourtant, il me semble maintenant que j’avais à l’époque - que j’ai toujours eu, d’ailleurs - un sentiment religieux, une recherche spirituelle. Je crois que c’est le sentiment naturel de Dieu qui habite chaque homme. Et ce sentiment devenait impérieux en avançant en âge. J’ai alors cherché du côté des religions, mais plutôt que de combler ce vide en moi, j’avais le sentiment du contraire.
On se sent bien seul dans cette recherche, voyez-vous…
Mais la vie (avec un petit v) doit continuer et l’on fait avec (ou plutôt sans...)
Heureusement, ce sentiment spirituel n’était pas éteint en moi (peut-il d’ailleurs s’éteindre ?)
J’avais une quarantaine d’années lorsqu’un ami me prêta « le Livre des Esprits ». Je le lus avec passion et le refermai avec un sentiment de plénitude. Ce livre à l’étrange pouvoir de répondre avec logique à toutes les questions, au-delà même. Le principe de la réincarnation, si intimement lié au spiritisme, comble tous mes doutes. La vie avait donc bien un sens, et si logique !
Je ne crains pas de dire que cela fut un véritable réveil pour moi, et ma Vie prit dès ce jour une dimension nouvelle.
Je lus les ouvrages d’Allan Kardec et Léon Denis et grappillai dans la littérature spirite.
J’ai rencontré plus tard des spirites et notamment votre groupe. Je sais le travail que vous faites et je dois avouer que je suis impressionné par l’ambiance d’harmonie et de sérénité qui se dégage à votre contact.
En ce qui me concerne j’œuvre à mon humble mesure à la diffusion du spiritisme, mais l’éloignement ne me permet que peu de contacts et votre journal est pour moi une source vivante de bienfaits.
Je formule tous mes vœux pour qu’il continue et se développe, apportant la lumière de la vérité à ceux qui tâtonnent dans les ténèbres.
Je vous adresse mes bien fraternelles pensées.

Communications reçues au C.S.L.

Lors de la réunion spirite du samedi 6 janvier 2001, un Esprit incorpore un médium :
- On me presse pour que je parle, mais j’ai bien peur de ne pas être en diapason. Voilà : Je ne suis pas content. Tout allait bien pour moi, ce qui n’a pas toujours été le cas et maintenant je suis spolié.
Un second médium, interpellé par le président de séance, répond à l’Esprit :
- Que t’arrive-t-il ?
- Il m’arrive qu’on m’enlève tout ce que j’ai mis des années à construire. J’étais pauvre et en me privant j’ai bâti pierre par pierre, j’arrive à un résultat, de vivre confortablement, tranquillement, et on m’enlève tout !
- Tu as construit dans ta vie terrestre ?
- Oui.
- Et maintenant, sais-tu où tu te trouves ?
- Je crois bien avoir compris. Mon dernier souvenir est un bruit effroyable, des douleurs qui me transpercent et puis le noir et le froid ; c’est un accident. J’ai vu les tôles déchiquetées et moi, inerte, au milieu. On découpait ces tôles pour sortir mon corps. Mon corps (l’esprit est très troublé à ce souvenir et il se demande) peut-être, c’est un cauchemar, un mauvais rêve mais depuis je suis dans un trou noir et froid. Et puis se sentiment d’injustice.
- Tu as donc eu un accident et tu es mort. Tu l’as compris ?
- Je croyais encore un peu à un cauchemar dont je me réveillerai.
- Non, c’est la réalité !
- Pourquoi moi ? Pourquoi quand tout va bien, on me prend tout, même ma vie ?
- Parce que ce que nous construisons sur Terre ne dure pas, c’est éphémère, la vraie vie, c’est après.
- On me l’a déjà dit, ça. Mais pour la vraie vie d’après comme tu dis, je ne vois rien. Des ombres qui passent. Il est où le réconfort ?
- Tu ne penses qu’aux biens terrestres, plutôt que de penser aux autres, à ceux qui t’entourent.
- Si tu savais la somme de sacrifices que cela représente, ce n’est pas juste.
- Cesse de penser uniquement à ce qui passe rapidement, la vie terrestre n’est qu’une étincelle dans le temps.
- C’est bien ce qui me fait peur. Je ne veux pas rester éternellement dans le noir avec rien.
- Il n’y a pas rien. Tu vois des ombres qui passent, tu dois construire maintenant.
- Oui, mais ça paraît tellement irréel, tout ça.
- Parce que tu le refuses.
- Je pensais qu’on m’accueillerait, qu’on m’aiderait.
- on ne peut t’accueillir que si tu crois. Sur terre, tu avais un guide, un ange gardien.
- Et il est où ?
- Il est toujours près de toi. Y croyais-tu sur terre que tu avais un ange gardien ?
- Des jours, ça faisait du bien d’y croire, oui. Oui, j’avais cette notion là mais vague.
- Notion vague qui est réalité. Et là où tu te trouves maintenant, tu as toujours ton guide auprès de toi mais c’est toi qui refuses de le voir.
- Il ne se manifeste pas, il ne m’aide pas.
- L’as-tu appelé ? Crois-tu en lui ?
- S’il se montre, oui, je croirais.
- Non, c’est à toi de croire en lui ; alors, il se montrera, il est à côté de toi.
- Bon, si je comprends ce que tu me dis, je dois faire un trait sur tout ce qui était ma vie ?
- Oui, toute ta vie terrestre.
- il faut que j’apprenne à vivre là où je suis ? et il ne restera rien de ce que j’ai fait sur terre ?
- Non parce que rien ne nous appartient sur terre et nous n’y sommes que de passage.
- Pas facile ce que tu me proposes.
- Si ! le tout est que tu veuilles reconstruire, recommencer.
- Je peux ?
- Bien sûr que tu le peux. Avant d’être sur terre, tu étais déjà ici, pour un bref passage.
- Tu sais, je ne manque pas de courage, je sais et je peux travailler. Si tu me dis que je peux rebâtir ici, je peux le faire. Mais il faut toujours recommencer.
- Non, ce n’est pas une construction matérielle que tu dois faire. Tu dois faire un chemin spirituel maintenant, celui que tu as oublié de faire sur terre. Tu dois prier.
- Je ne sais pas faire, il faut me donner un mode d’emploi, de l’aide.
- Bâtir un idéal de paix et d’amour.
- Ca servira à quelqu’un ?
- Oui, à toi en premier et à tous. Aujourd’hui, tu as besoin d’aide pour t’ouvrir les yeux et demain tu pourras aider à ton tour. Appelle ton guide.
- Et il viendra ?
- Bien sûr. Cherche la lumière, elle te guidera et grossira en toi ensuite. La construction, c’est d’aller vers ce chemin de lumière et le faire grandir.
- C’est vrai que si on regarde bien, c’est moins noir, il semble y avoir plus de lumière. C’est plus clair. C’est l’inconnu et je n’ose, écoute, je vais essayer.
- Cette lumière, c’est la première pierre. Essaie, tu vas réussir.
- Là, si tu me parles de pierres, c’est mon affaire.
- Et bien imagine que cette lumière est la première pierre et tu auras un édifice de lumière.
- Je sens que je peux te faire confiance. C’est pas bien dans mes habitudes mais je te fais confiance.
- D’autres sont passés par là avant toi et ils ont réussi.
- Tout le monde passe par là ?
- Tout le monde passe par le chemin de lumière, oui. Appelle ton guide et prie.
- J’ai l’impression que je n’ai pas d’autre choix.
- Là où tu es tu n’as pas d’autre choix. Es-tu bien dans l’état où tu te trouves maintenant ?
- Non, je ne suis pas bien.
- Alors, que crains-tu ?
- C’est vrai que je n’ai plus rien à perdre et tu m’as donné l’énergie de le faire. Maintenant, on me dit de partir, c’est vrai qu’il y a du monde autour. Merci à toi.
- Vas vers la lumière.

Histoire Spirite

Chivasso (Piémont) - février 1901
Pietro qui est toujours droit et fort comme un chêne ressemble aujourd’hui à un vieillard. Voûté, l’air accablé, ses yeux asséchés sont rivés au cercueil qui, sur une charrette, le précède. Maria est morte. C’est fini. Il l’aime depuis toujours. Ils n’avaient pas huit ans que tout le village les appelait « les fiancés ». Elle lui avait dit tu es pour moi et moi pour toi - il lui avait dit oui, c’était tellement évident, et ils avaient vécu depuis dans cette évidence. Mais aujourd’hui le désespoir et la colère le broyaient.
Comment pouvait-elle partir sans lui, le laisser tout seul avec les trois enfants (la dernière avait deux ans). Ils n’avaient jamais été séparés plus de quelques heures et de quelques terres de là ; ce trou béant rebouché hâtivement sur la caisse qui la contenait, et puis plus rien, le néant…
Pietro entretenait une correspondance suivie avec sa sœur de Milan qui m’a permis de reconstituer son histoire.
Quelques semaines après l’enterrement de Maria, il écrivait :
« Je continue à vivre pour les enfants, mais je ne sais même pas comment je peux chaque jour me lever et je dois bien dire que je suis plus mort que vivant. Elle me manque… elle a tout emporté avec elle, mais, tu sais, je ne perds pas l’espoir qu’un jour j’aurais de ses nouvelles. Elle ne peut pas ne pas me faire signe… Si la tante Julia était encore là, elle saurait bien me parler d’elle… » (la tante en question devait être médium).
De avril à octobre 1901, quelques lettres nous montrent Pietro de plus en plus découragé, désemparé sans Maria. Il ne sait pas la remplacer auprès des trois enfants et eux aussi souffrent de l’absence.
Il dit : « Ce lien qui me semblait éternel, indestructible, il me semble parfois qu’il se rompt, qu’il est rompu mais je ne veux pas y croire, je n’y croirais jamais. »
La lettre suivante date de janvier 1902 et apporte une grande nouvelle : « Petite sœur, je revis, Maria est venue ! La mère de Laura me l’avait annoncé, que dès qu’elle serait prête, elle viendrait. Et elle est venue, je te dis…
Et plusieurs fois. Cela vient dans mes rêves, et vraiment je sais que ce n’est pas moi qui la reconstitue dans mes rêves, c’est le contraire : c’est elle qui vient, bien réelle, et qui me donne ce qui ressemble à un rêve.
Je sais qu’elle est là. C’est elle, aucun doute possible. Elle me dit des choses, des conseils pour les enfants…
Je leur ai dit qu’elle était au ciel, vivante comme avant. Tu verras, nous avons tous retrouvé l’espoir et la paix du cœur !… »
Encore quelques lettres nous montrent que Pietro a renoué le lien avec Maria. Elle vient régulièrement et semble littéralement mener la maison de l’au-delà. Elle conseille, met en garde, et apporte amour et réconfort à chacun.
Et puis, en octobre 1902, cette fois-ci pas de lettre, mais le témoignage de la bonne et des deux enfants.
Cette nuit-là la maison est réveillée par de grands cris. Pietro, en chemise de nuit, cours de la fenêtre à la porte en criant : « Non, non, pas elle ! Moi plutôt, mais pas elle !… »
Après être sorti de son état de somnambulisme, il dit en pleurant : « elle est venue, mais elle avait l’air d’être déchirée entre joie et peine. Elle a juste dit : je viens chercher la petite. Comme je disais non de toutes mes forces, elle m’a fait voir qu’il le fallait, qu’elle serait mieux avec elle. »
Alicia meurt six jours après. Pneumonie.
De ce jour, Pietro ne parlera pas plus jamais de Maria, ni d’Alicia.
Ses lettres, plus rares, donnent des nouvelles des deux enfants vivants, de la maison, des récoltes, des gens du village. Plus un mot sur les visites de Maria.
Il faut attendre près de vingt ans - 1921 - pour connaître la suite.
Sur son lit de mort, Pietro a réuni les siens :
« Je vais partir, mais sans colère, sans peur et sans tristesse. Je vais rejoindre votre mère et votre sœur. Vous savez, pendant toutes ces années, j’ai eu de leurs nouvelles. Elles ne pouvaient plus venir mais elles m’ont envoyé un ange qui m’a tout expliqué, sinon je serais devenu fou ! Je devais être avec les vivants, avec vous et vos enfants, mais maintenant il est temps pour moi, et je suis impatient. Nous serons trois désormais (et bien plus !) à veiller sur toute la famille, vous, vos enfants et ceux à venir.
Dites-vous que je pars en voyage, retrouver pour toujours ma Maria, et que nous serons toujours près de vous.
Rappelez-vous que la mort n’existe pas. »
Il meurt le soir même sur ces dernières paroles : « la morte no exista ».

Lyon - janvier 2001
Pietro était mon arrière grand-Père.
Un siècle, c’est quoi ?

Christian Letellier

Vision de couleurs

Il est courant de voir des couleurs lorsque l’on débute dans le domaine de la médiumnité que ce soit sous forme de flash ou d’image, c’est une forme d’expression. On attribue aux couleurs une valeur émotionnelle et affective différente pour chacune d’elles. Chaque esprit a dans ce domaine des préférences personnelles, cependant on constate que, pour chacune d’elles, il y a une symbolique qui prédomine. Voici les plus courantes que nous avons rencontré, la liste est volontairement limitée.

Le blanc : C’est la couleur de la perfection à atteindre, celle de la pureté et de la lumière parfaite. Toutes les couleurs réunies produisent le blanc et c’est bien par le perfectionnement à travers les diverses épreuves de la vie terrestre ou des différentes vies que nous atteindrons cet absolu.

Le jaune : Il est associé à la lumière, celle qu’apporte, par exemple, le guide spirituel à son protégé pour le guider sur son chemin de ténèbres. C’est aussi un symbole d’éternité et de connaissance, une connaissance qui se veut générale, tant sur le plan intellectuelle que spirituelle, mais c’est également une couleur gaie et douce, elle se veut espérance.

Le bleu : Il est la couleur du divin et de la vérité. Il incite à une réflexion sur le plan spirituel, il demande à l’homme de s’élever au-dessus des contingences matérielles. Il appelle à la sagesse et à la modération. Il se présente aussi comme un signe de pureté et de fidélité.

Le vert : Il représente la couleur du règne végétal, celui du printemps renaissant, de la vie, il évoque ainsi le renouveau. C’est l’espoir qui arrive après une épreuve difficile. Il est signe aussi de longévité et d’immortalité.

Le rouge : C’est la couleur de la vie, de l’amour, de la chaleur et des passions parfois excessives qu’il faut modérer. Il peut alors représenter le stress, le déséquilibre que l’on apporte dans sa vie par des excès de tout ordre. Il est aussi la couleur de la terre aride, sèche, sans eau par manque de spiritualité. Il est parfois synonyme du pouvoir ou de provocation pour attirer l’attention.

Le rose : Il donne à penser un certain goût pour des choses superficielles et insignifiantes pour notre évolution. Il dénote une tendance pour une curiosité sans intérêt. Signe de futilité, il est l’image d’un manque de spiritualité.

Le marron : Il représente le monde matériel, les objets sont souvent en marron. L’homme a besoin d’élever ses pensées, de se spiritualiser, d’être moins attaché à la matière.

Le gris : Il évoque la tristesse et parfois la mort. Il évoque le trouble, la difficulté pour l’homme à distinguer le vrai du faux. Ses pensées sont embrouillées par manque de discernement, d’objectivité et parfois la prière aide à traverser cette épreuve.

Le noir : Il apparaît pour exprimer l’obscurité, l’incompréhension, la mort. Il est signe d’affliction dénué de tout espoir, l’homme a besoin alors de la prière et surtout de dialogues pour le soutenir et le diriger vers l’espoir. Il est souvent employé pour représenter une obsession par des esprits perturbateurs.

Le spiritisme et la science

La naissance de la science

Depuis toujours, les hommes se sont interrogés sur le monde qui les entourait. Les hommes primitifs expliquaient le monde par la magie, ils pensaient que des Esprits contrôlaient les forces naturelles comme le vent, la pluie, etc.... Les premiers en Europe à attribuer ces forces à la nature furent les grecs de l'antiquité. Mais ils se contentaient d'observer et de formuler des hypothèses sans les confronter à l'expérience.
Il faudra attendre le 13ème siècle pour qu'un homme, Roger Bacon, se mit à faire des expériences pour mettre ses théories à l'épreuve ; il s'aperçut ainsi que le calendrier Julien était faux et que le système de Ptolémée présentait des défaillances.
Quatre cent ans plus tard, Sir Francis Bacon posa les bases de la méthode scientifique moderne dans son livre Novum Organum (nouvelle méthode) - cette méthode consiste à confronter la théorie à l'expérience et à la rejeter si elle est incapable d'expliquer les faits observés - La méthode scientifique fût préconisée par René Descartes qui fonda la géométrie analytique et qui découvrît les lois de réfraction.
Dès la fin du 18ème siècle, la mécanique newtonienne qui expliquait le mouvement des planètes connût un véritable prestige au yeux des foules. Au 19ème siècle, la science était triomphante : les nouvelles découvertes de l'électricité et de l'électromagnétisme avait, par leurs applications, révolutionné la vie de tous les jours.

Le matérialisme devant la science

On pensait alors que la science parviendrait à tout expliquer un jour, que le monde entier était déterminé par ses lois. La conséquence de cette pensée, appelée déterminisme, était que tous nos actes, toutes nos pensées étaient déterminés par des lois, et que l'impression que nous avions d'être libres de nos faits et gestes était entièrement illusoire : l'homme n'était plus qu'une machine.
En publiant en 1859 son Origine des espèces, Darwin permît à l'athéisme de se prétendre scientifique : selon sa théorie de l'évolution par la sélection naturelle du plus adapté, toutes les espèces vivantes descendaient d'un même ancêtre commun. L'idée d'un créateur était superflu. Le hasard remplaçait Dieu.
Le déterminisme allait être battu en brèche au 20ème siècle avec la naissance de la mécanique quantique et de ses conclusions étonnantes. Alors qu'on pouvait, dans le cadre de la mécanique classique, déterminer l'évolution d'un système à partir de ses conditions initiales - par exemple, un objet est envoyé en l'air, connaissant le poids de cet objet et la force avec laquelle il a été envoyé, on est capable de prédire jusqu'à quelle hauteur le poids va monter et dans combien de temps il touchera terre - cela devient impossible à l'échelle microscopique, où deux systèmes de mêmes conditions initiales peuvent conduire à des mouvements complètements différents.
Quant à la théorie de Darwin, elle est de plus en plus contestée aujourd'hui ; après plus d'un siècle de recherches, on n'a trouvé aucun des fossiles intermédiaires prévus innombrables par la théorie.
La science ne donne pas de vérité absolue, mais seulement des interprétations provisoires de phénomènes correspondants à l'état de la connaissance humaine à une période donnée. L'histoire de la science est donc une succession de théories qui détruisent les précédentes ; toute nouvelle observation peut conduire à la remise en cause de la loi scientifique. La théorie de la relativité d'Einstein a montré que les lois de la gravitation établies par Newton ne sont pas exactes ; on continue cependant à les utiliser en aérospatiale pour déterminer les trajectoires des fusées car la marge d'erreur de ces lois dans le système terre-fusée est infiniment faible. Elles sont en revanche parfaitement inutilisables dans un système microscopique ou infiniment grand.
Ainsi le matérialisme n'est lui-même qu'une hypothèse, qu'une théorie selon laquelle il ne serait rien exister en dehors de la matière. Or, jamais, à aucun moment de l'histoire des sciences, la moindre preuve n'a été apportée contre l'hypothèse de l'indépendance de l'âme et de sa survivance. Le matérialisme n'a jamais été sanctionné scientifiquement et il n'est qu'une conclusion philosophique basée sur un acte de foi.
Malgré cela, le matérialisme est une conception très répandue dans les milieux scientifiques ; celui-ci s'est érigé en dogme au sein de la science et nombre de savants n'hésitent pas à le défendre non pas comme une opinion personnelle mais comme une conclusion scientifique. sir John Eccles, neurologue et prix Nobel de médecine écrit dans Comment la conscience contrôle le cerveau : « L'orthodoxie matérialiste est profondément ancrée chez les scientifiques comme chez les philosophes et défend ses articles de foi avec un pharisaïsme rarement égalé, même aux jours anciens du dogmatisme religieux. »

Le Spiritisme devant la science

La philosophie spirite n'a point été dictée de toutes pièces ni imposée à la croyance aveugle, elle a été déduite des phénomènes spirites par l'application de la méthode expérimentale. Des faits ont été observé, comparé, analysé, et, des effets remontant aux causes, on en a déduit les lois qui les régissent.
« Le Spiritisme, écrit Kardec, n'a été établi à partir d'aucune théorie préconçue. Ni l'existence et l'intervention des Esprits, ni le périsprit, ni la réincarnation, ni aucun de ses principes n'ont été posé comme hypothèse préalable. L'existence des Esprits n'a été admise que lorsque celle-ci est ressortie avec évidence de l'observation des faits. »
Depuis maintenant 150 ans que la théorie spirite a été formulé, aucun fait nouveau n'est venu remettre en cause la théorie. Au contraire, ceux-ci l'ont fortifié, tandis que les hypothèses de la suggestion, de l'inconscient ou de l'hallucination ont toutes été démenti par les faits, incapable de rendre compte de la totalité de la phénoménologie spirite.
Nous citerons, à titre d'exemple, les moulages obtenus à l'Institut Métapsychique International par le Dr Gustave Geley. Un baquet contenant de la paraffine fondue flottant sur de l'eau chaude était placé près du médium. Les Esprits matérialisés plongeaient une main, un pied, ou une partie de leur visage dans la paraffine, puis, plongeaient ensuite dans une deuxième baquet d'eau froide afin de durcir le moule. L'Esprit se dématérialisant ensuite, il restait donc un moule qui aurait été impossible à réaliser au moyen de fraudes, car il aurait été impossible d'enlever sa main sans casser le moule en paraffine. Voilà une trace objective de la manifestation des Esprits dont les théories précédemment citées ne sauraient rendre compte.
Le 26 janvier 1869, la Société Dialectique de Londres - l’équivalent de notre Académie des Sciences - constitua un comité, composé de 32 savants anglais, pour étudier le phénomène spirite. Ceux-ci expérimentèrent entre eux, sans l’aide d’aucun médium, et chez différents membres du comité, à tour de rôle. Ils déposèrent le 20 juillet 1870 leur rapport sur les phénomènes spirites dans lequel on peut lire : « Les quatre cinquièmes des membres de votre sous-comité étaient, au début des expériences, absolument sceptiques au sujet de la réalité des phénomènes signalés. Ils étaient convaincus que ces phénomènes étaient le résultat soit de l’imposture ou de l’illusion, soit de l’action musculaire inconsciente. Ce ne fut que devant l’évidence indiscutable, dans des conditions qui excluaient toute possibilité d’admettre aucune de ces solutions et après des essais et des épreuves maintes fois répétés, que les plus sceptiques furent amenés peu à peu et comme malgré eux à la conviction que les phénomènes observés dans le cours de leur longue enquête étaient des faits incontestables… L’illusion a été mise hors de question. Les mouvements ont eu lieu en différentes directions, et toutes les personnes présentes en ont été simultanément témoins. C’est là une affaire de mesurage et non d’opinion ou d’imagination. » Et d’ajouter : « cette force est fréquemment dirigée avec intelligence. »
De nombreux témoignages de savants impartiales et au-dessus de tout soupçon sont venus confirmer l'authenticité des phénomènes spirites. Le naturaliste anglais Alfred Russel Wallace, qui avait formulé sa propre théorie de l'évolution en même temps que Darwin, écrivit après avoir étudié le spiritisme : « J'étais un matérialiste si complet et si convaincu, qu'il ne pouvait y avoir dans mon esprit aucune place pour une existence spirituelle. Mais les faits sont des choses opiniâtres, et les faits me vainquirent. Les phénomènes spirites sont aussi prouvés que les faits de toutes les autres sciences. »
Le physicien Oliver Lodge, après trente années de recherches et d'expérimentation spirite est tout aussi probant : « Je m'affirme spirite parce que j'ai eu à accepter les phénomènes comme des réalités. La survie est scientifiquement prouvée. »
Le Célèbre astronome français Camille Flammarion écrivait : « Je n'hésite pas à dire que celui qui déclare les phénomènes spirites contraires à la science ne sait pas de quoi il parle. »
Enfin, citons aussi le témoignage de William Crookes, un des plus grands savants anglais et qui, après de années de recherches auprès des médiums Daniel Dunglas Home et Florence Cook, n'hésita pas à déclarer à la Société Dialectique de Londres : « Je ne dis pas que cela est possible, je dis que cela est. »

La parapsychologie

Après l’énorme retentissement qu’eût le rapport de la Société Dialectique de Londres sur les milieux scientifiques mais aussi populaire, il fût décidé de créer une société afin d’étudier les phénomènes spirites : la Society For Psychical Research. Sidgwick, premier président de la Society For Psychical Research, déclara lors de son discours d’inauguration : « Nous sommes tous d’accord pour que l’investigation soit poussée vers un seul but, la vérification des faits, sans opinion préconçue sur leur nature. » Cette attitude, qui consiste à étudier les faits sans idée préconçue sur leur origine, est la véritable démarche scientifique. Elle fût malheureusement sacrifiée très vite au profit d’une vision exclusivement matérialiste des phénomènes. Ainsi, Charles Richet, prix Nobel de médecine et représentant français du mouvement métapsychique[1], écrivait dans son Traité de métapsychique : « La métapsychique est la science qui étudie tous les phénomènes paraissant dus à des forces intelligentes inconnues, en comprenant dans ces intelligences inconnues les étonnants phénomènes intellectuels de nos inconsciences. » Charles Richet, à l’exemple de nombreux scientifiques, avait choisi le parti pris que la cause était purement matérielle et que l’hypothèse spirite ne pouvait pas être possible. Comment expliquait-il alors l’ensemble de la phénoménologie spirite ? Il avouera plus tard : « Nous n’avons encore aucune hypothèse sérieuse à présenter. Je crois à l’hypothèse inconnue qui sera celle de demain, hypothèse que je ne peux formuler, car je ne la connais pas… A l’heure actuelle, tout est ténèbres encore. » Après plus d’un siècle d’expérimentation, la parapsychologie n’a toujours aucune hypothèse, et pour cause ! Elle a toujours refuser de prendre en compte les théories non matérialistes.
D’autres savants plus courageux, tel que Myers ou le Dr Geley, se demandèrent si, devant l’ensemble des faits, il ne fallait pas reposer la question de la survie. Ainsi, le Dr Geley écrira dans l’être subconscient : « Faut-il prendre en considération l’hypothèse spirite ?… Il n’en est pas moins vraie que souvent, si l’on se débarrasse de toute idée préconçue, la probabilité paraîtra réellement plus forte pour l’explication spirite que pour l’explication subconscientielle. »

Conclusion

La science, qui ne devait connaître aucune limitation et aucun tabou, s'est aujourd'hui enfermée dans une vision matérialiste du monde. En négligeant l'hypothèse de la survivance, au profit du matérialisme, et ce, sans s'appuyer sur les faits, elle s'est ainsi écartée de sa propre méthode.
Cette position est notamment manifeste dans les sciences psychiques : les parapsychologues ont étudié les phénomènes psychiques avec comme hypothèse préalable que ceux-ci étaient dus à des propriétés de la matière. Plutôt que de tester leur théorie par l'examen des faits, ils ont soigneusement mis de côté tous les faits qui ne pouvaient trouver aucune explication en dehors de la cause spirituelle. Cette méthode a fait piétinée les recherches psychiques depuis des décennies, aucune explication plausible n'est venu éclaircir les faits, et la parapsychologie n’est jamais parvenu à être crédible dans la science officielle.

Mickaël P.

[1] Le mot « métapsychique », inventé par Charles Richet, sera remplacé plus tard par le terme « parapsychologie ».