L'incinération - A - 23/03/2014

 

Bonjour,
Je voudrais savoir ce que ressent l'âme au moment de l'incinération ? Merci de m'éclairer à ce sujet.

Bonjour,
Du point de vue spirituel, le sujet est complexe si l’on considère que, bien souvent, l’esprit ne comprend pas sa situation ; ne se croyant pas mort, il se sent vivant. Cet état perdure tout le temps qu’il existe un lien entre le corps et le périsprit . Le périsprit, délié du corps, éprouve une sensation ; mais comme celle-ci ne lui parvient pas à travers un canal limité, elle se généralise. On peut dire que les vibrations moléculaires se font sentir dans tout l’être, parvenant ainsi à son sensorium commune, à savoir l’esprit lui-même mais sous une forme différente.
Kardec précise : « Dans les premiers moments qui suivent la mort, la vue de l’esprit est toujours trouble et confuse ; elle s’éclaircit à mesure qu’il se dégage, et peut acquérir la même clarté que pendant la vie, indépendamment de sa pénétration à travers les corps qui sont opaques pour nous » . Aussi, l’homme qui vivra toujours sobrement s’économisera bien des tribulations, et sentira moins les sensations pénibles. Donc, pour celui qui vit sur la Terre en cultivant la pratique du bien, sous ses multiples formes, quelles que soit ses croyances, la désincarnation n’entraînera pas de perturbations, compte tenu de sa conscience élevée et d’un cœur plein de vérité et d’amour.
A la question de savoir si celui qui est mort depuis peu peut souffrir de l’incinération de sa dépouille charnelle, Emmanuel répondit : « En cas de crémation, il est important d’être charitable envers les cadavres, en différant de bien des heures l’acte de destruction des viscères matérielles, des premiers temps suivants le détachement des liens, car, d’une certaine manière, il y a toujours beaucoup d’échos de la sensibilité existante entre l’esprit désincarné et le corps dont s’est éteint le tonus vital, de par les fluides organiques qui offrent encore à l’âme des sensations de l’existence matérielle » .
Chico Xavier, alors qu’il était interviewé lors du programme « Pinga fogo » de la défunte TV TUPI de São Paulo, répondit au journaliste Almir Guimaraes, qui l’interrogeait à propos de la crémation des corps qui s’implantait à l’époque au Brésil, expliqua : « J’ai déjà entendu Emmanuel à ce sujet, et il affirme que la crémation est permise à tous ceux qui le désirent, dès lors qu’il y a une période d’au moins 72 heures d’attente pour y procéder dans n’importe quel four crématoire, ce qui pourra se produire après le dépôt de la dépouille humaine dans un environnement froid » . Néanmoins, Richard Simonetti, dans son livre « Quem tem medo da morte » (= qui a peur de la mort), regrette que dans les fours crématoires de São Paulo, il faille obligatoirement y procéder dans le délai de 24 heures, alors pourtant que le règlement permet de laisser le cadavre dans la chambre frigorifique tout le temps que la famille désire . Il serait donc bon qu’on laisse un délai supérieur.
Le spiritisme ne recommande ni ne condamne la crémation. Mais, il est nécessaire d’avoir de la pitié envers les cadavres, en prenant le temps avant de procéder à l’incinération des viscères matérielles . Car il existe bien des répercussions sensibles entre l’esprit désincarné et le corps que le « fluide vital » a quitté, durant les premières heures qui suivent le détachement, compte tenu des fluides organiques qui répercutent dans l’âme les sensations de l’existence matérielle. L’impression de la désincarnation est perçue, ce qui peut provoquer des traumatismes psychiques. C’est pourquoi, il est recommandé aux adeptes de la Doctrine spirite, qui désirent opter pour la crémation, de différer l’opération d’un minimum de 72 heures après le décès.
Fraternellement,
Céline