Questions - Tatiana - 07/05/2005

 

Bonjour,
J'ai lu avec grand intérêt votre texte sur la réincarnation parce que je l'ai trouvé, même si ce n'est qu'un survol, plus sérieux et argumenté que d'autres.
J'ai m'interroge : la réincarnation se base sur une théorie dualiste de l'âme et du corps comme deux entités distinctes. Or cette théorie, que l'on ramène toujours à Descartes, n'est plus au goût du jour : il est devenu presque péjoratif de dire "le dualisme cartésien". On parle plutôt de vision holistique, de l'unité du corps et de l'âme etc. Dans ce sens la vision chrétienne de la résurrection de l'unité complète d'un individu, de ce système psycho-physique qui fait sa singularité et son unicité, serait plus moderne, plus en accord avec les nouvelles sciences médicales, neurobiologiques etc.
D'autre part, n'y a t-il pas quelque chose de dérangeant dans ces oublis successifs, au gré des réincarnations, de ce qui fait le sens de notre existence, incarnée dans une histoire, une époque, faite de nos relations profondes et intenses avec ceux que l'on aime, avec ceux qui nous ont formés et que l'on a formés? On dirait que l'âme est une entité abstraite qui se balade de vie en vie formant des liens contingents et interchangeables. Je pense que notre personnalité est interpersonnelle, notre subjectivité intersubjective, que la vie est relations plus qu'entités. C'est pourquoi la notion d'un Dieu trinitaire (relationnel) me semble si profonde, insondable en ce qu'elle tient compte du mystère de la personne et du mystère de l'amour.
L'idée que mon fils aurait pu être mon amant ou qu'il pourrait être mon futur père ou mère me donne l'impression que l'essentiel de l'existence est nié. Une âme qui revêt des corps différents et s'incarne dans de multiples histoires est une âme diluée et le corps un habit insignifiant. Tout est comme un jeu d'ombres sans consistance, sans acuité, sans le côté poignant, urgent de la réalisation de soi et de la découverte du sens.
J'aimerais pouvoir imaginer que cette vie n'est pas la seule, mais il ne s'agira plus de moi dans une autre. Et une conscience de soi qui se réincarne presqu'indéfiniment est en fait une conscience de soi désincarnée, un point mathématique abstrait.
Merci d'avoir pris la peine de me lire
Tatiana.

Bonjour Tatiana,
Je vous remercie de l’attention que vous avez portée à notre texte, et je vais essayer de répondre à tous les points développés, je respecte vos croyances et vos idées, mais permettez-moi de vous amener une réflexion qui sera peut-être assez différente de la vôtre, de par ce qu’enseigne le spiritisme, basé sur les communications des esprits, et de par la conclusion des expériences menées jusqu’à ce jour, qui nous amènent à penser :
Qu’il y a bien coexistence de 2 principes irréductibles durant la vie physique :
- Un matériel, dense et défini, formé de molécules : le Corps physique
- Un autre, immatériel, impalpable, subtil et spirituel : l’âme (ou appelé esprit lorsqu’elle est désincarnée).
Ainsi il y a en l'homme un principe intelligent, que l'on appelle AME ou ESPRIT (et qui n’est pas un processus ! « selon Descartes », terme opposé à une cause agissante) indépendant de la matière et qui lui donne le sens moral de la faculté de penser (la pensée étant l’un des attributs de l’âme).
Car si la pensée était une propriété de la matière, on verrait la matière brute penser ; or, comme on n'a jamais vu la matière inerte douée de facultés intellectuelles ; que lorsque le corps est mort il ne pense plus, il faut en conclure que l'âme est indépendante de la matière et que les organes ne sont que des instruments (comme le cerveau) à l'aide desquels l'homme manifeste sa pensée « je pense, donc je suis ». L’âme ainsi prouve sa présence, sa coexistence avec le corps physique en raisonnant, se manifestant. L'indépendance de l'âme envers la matière est démontrée d'une manière patente par les phénomènes spirites qui la montrent agissante par elle-même, et surtout par l'expérience de son isolement ce qui lui permet de se manifester, de penser, et d'agir en l'absence du corps (sommeil, dédoublements, somnambulisme, expériences de mort imminente, matérialisations, apparitions, communications et manifestations d’esprits, expériences de De Rochas, Charles Richet, Charles Lancelin Crookes….). Dès lors, il devient évident que si pendant la vie, l’âme peut agir en dehors et sans le concours du corps, la mort n’est plus un terme à son activité.
Mais également, nombre de témoignages, d’expériences et de communications d’esprits concluent à ce que : l’âme possède un corps “semi-matériel” que l’on nomme Périsprit (ou certains nomme “corps fluidique”, “fantôme”, “corps astral”...) qui est le 3° principe, le lien entre les 2 autres. D’une consistance semi matérielle, et semi spirituelle, celui-ci est notre véritable corps, c’est lui qui maintient la stabilité de l’être au milieu du renouvellement intégral de la matière. Nous gardons ainsi l’apparence de notre vivant après notre désincarnation, car c’est sur ce gabarit que se construit le corps physique lors de son évolution intra-utérine. Ce corps physique n’est que temporaire et “emprunté” au monde matériel où nos parents contribuent à donner les éléments matériels nécessaires à son développement “ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’esprit est esprit”. Nous retrouvons d’ailleurs la connaissance de ces corps dans La Bible ou St Jean nous rappelle que nous avons un «corps terrestre» (matériel), un «corps psychique» (l’âme), et un «corps spirituel» (le périsprit ou corps fluidique). Il les compare d’ailleurs dinstinctement : “il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres”. Ainsi l’âme n’est pas une entité totalement abstraite, elle a un corps, une apparence : le périsprit “ce qui enveloppe l’esprit” (péri : “autour”+ esprit, ).
Ainsi le périsprit a un rôle déterminant pour la compréhension de l’interaction entre l’âme et le corps physique. Je ne pourrai m’étendre plus concernant ce corps, compte tenu que le développement de ce sujet, impliquerai plusieurs chapitres ! Mais on peut comprendre que la vision du spiritisme, ne correspond pas vraiment à celle de Descartes qui établit une scission bornée et rigide entre le corps et l’esprit (et qui ne tient pas compte de cet intermédiaire). Ce n’est non plus envers celle de Spinoza qui malgré qui les réunissent, définit l’esprit et le corps jaillissant d’une même substance ! (d'où une théorie trop holistique et dogmatique), mais du coup ne peut expliquer comment les manifestations corporelles et mentales de ces substances font jour !
Pour mieux comprendre également l’âme, dans son aspect psychologique :
Nous pouvons la désigner comme telle : Notre personnalité : c’est le MOI, l’aspect conscient, spécial à chacune des vies (temporaire, dans celle ci- votre personnalité s’appelle Tatiana). C’est la partie émergée de l’iceberg. Puis il y a l’individualité, qui perdure à travers les vies successives : C’est l’ensemble des tous les acquis de personnalités successives permanentes au fond de nous que l’on nomme subconscient. C’est la partie immergée de l’iceberg. Nous venons avec le fruit de notre travail qui modèle notre être, en science comme en moralité. Il n’y a ainsi aucune injustice entre les capacités des êtres à leur naissance, mais le mérite d’un travail individuel effectué par notre volonté auparavant. C’est ce qui explique le sens inné, l’origine des acquis des génies, des surdoués, des grands hommes, mais également ceux des assassins, l’origine des instinct vils, de cruauté latente d’enfants déjà même en bas-âge. Le progrès ne s'accomplit pas simultanément en tous sens, il peut avancer dans une vie en science, dans un autre en moralité. C’est ce qui explique ainsi la diversité des capacités, de moralité, de science sur cette terre. Nous voyons en résumé, que nous ne sommes pas vraiment dans une vision totalement holistique, et qu’il existe en nous des éléments bien distincts, et des acquis bien définis. Seul dans notre subconscient réside le “mystère” de la personne car non décelable facilement, mais pas pour autant inaccessible.
Je pourrais compléter ce développement, étayé par l’explication, extravagante du dogme de la résurrection de la chair : Lorsque vous dites que votre “vision de la résurrection de l'unité complète d'un individu serait plus moderne”, j’aimerais apporter cette réflexion :
De par la connaissance de la biologie et de la chimie, nous savons que la matière est une substance instable. Nous pouvons conclure que la résurrection de la chair est rendue impossible par ce fait même que les molécules composant notre corps actuel ont appartenues, à des milliers d’autres corps humains, animaux, organiques auparavant comme elle appartiendront à des milliers d’autres corps dans l’avenir. Chaque molécule après la désagrégation du corps s’assimile à une plante, un animal, est transformée, devient gaz, poussière... est ingérée, respirée, assimilée à un autre être. Les éléments de ce corps sont ainsi désagrégés, dispersés et ré-absorbés ailleurs sous d’autre formes, “tu es poussière et tu retourneras en poussière” nous pouvons lire dans la Génèse.
Comment un être peut-il s’identifier à la matière qui le compose, quand l’on sait que durant une vie terrestre, son propre corps entre sa naissance et son âge avancé ne sera pas composé des mêmes molécules !! Notre corps est en perpétuel changement d'apparence et de “contenu”. On voit bien alors que l’identité n’est pas liée au corps physique, l’âme ne peut s’y assimiler et s’y identifier, sachant que c’est un être distinct et unique.
Selon ce dogme, au jour du “Jugement Dernier”, lequel de ceux-ci pourrait revendiquer la possession de ces molécules errantes qui ont constitué leur corps durant leur vie ? Tout être ayant assimilé ces molécules, devrait alors se décomposer pour rendre la molécule lui appartenant en détruisant l’autre ? Mais qui aurait le plus de droit l’un sur l’autre ? De plus, reviendrions-nous avec l’apparence qu’avait notre corps aux derniers instants? La résurrection de la chair ne serait alors qu’une vision infinie de vieillards avec des corps usés, déssechés ou de corps mutilés par la maladie ? Nous serions loin de l’image du “corps glorieux” cité dans la bible.
Ainsi si la thèse de la résurrection de la chair était avérée, ce serait une violation par Dieu des lois naturelles que lui-même a établies en détruisant un être pour rendre à l’autre et ainsi de suite, nous assisterions à une désagrégation globale de tous les corps sur terre, nous rentrerions dans un scénario qui serait incohérent, injuste, irrésoluble et dans tous les cas contraire aux principes d’amour infini de Dieu, et de la biologie.
Dans la Bible d’ailleurs, on ne trouve pas les termes de “résurrection de la chair”, mais il est stipulé plutôt le terme «ressusciter d’entre les morts» qui est un retour, une renaissance de l’âme à la vie visible. C’est un dogme qui s’est crée de par son interprétation, le mot “résurrection” a donné naissance à “résurrection de la chair”. Nous revenons dans un corps, oui, mais ce n’est non pas avec les anciennes molécules qui le composaient lors de notre vie précédente, mais avec de nouvelles avec un “nouveau” corps physique. Nous pouvons retrouver dans les extraits suivants, quelques petits exemples dans la Bible ou la réincarnation est ainsi affirmée :
- Jésus : ”qui suis-je au dire des gens ? ”Jean-Baptiste, pour d’autres Elie” (mort 900 ans auparavant !)....
Et lorsque la renommée de Jésus parvint aux oreilles d’Hérode, celui-ci dit à ses familiers : “Cet homme est Jean-Baptiste, le voilà ressuscité des morts...” (nous voyons que cette croyance du retour des esprits étaient largement admise).
- Avec Nicodème : Jésus dis: “…En vérité, en vérité je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le royaume de Dieu.”
Nicodème : “ Comment un homme pourrait-il naître s’il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? Jésus : ”Quoi, vous êtes maître en Israël et vous ignorez cela ". Cette dernière observation du Christ montre bien qu'il est surpris qu'un maître en Israël ne connaisse pas la réincarnation, car celle-ci était enseignée comme doctrine secrète aux intellectuels de cette époque dans le Zoar et la Kaballe.
- “Ses disciples demandent à Jésus en désignant un aveugle : “Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle de naissance ?” Jésus répondit : “Ni lui (durant cette vie-ci), ni ses parents n’ont péché, mais c’est pour qu’en lui se manifestent les oeuvres de Dieu.” Il est évident qu’un nouveau-né ne peut avoir péché et que “les fils ne porteront pas la faute du père”, comme le dit Ézéchiel. “Les oeuvres de Dieu”, sont l’application de sa justice, pour que chacun répare ses fautes et ainsi se dirige irrémédiablement vers le progrès. On peut comprendre que la cécité de naissance est la résultante d’actes qu’il avait commis dans une vie d’avant (et non de celle-ci) et qu’il vient dans cette vie réparer.
- Jésus dit : « Qui a tué par l’épée, périra par l’épée», en ce sens où l’on subit l’acte engendré à sa même mesure par les mêmes causes.
Si cela ne se fait dans cette vie, c’est dans les suivantes. La vision dans un temps plus large nous permet alors de mieux comprendre le sens profond.
Il faut savoir que dans le christianisme primitif, la croyance en la réincarnation, l’imprégna jusqu’au IV ème siècle après J.C. avant que l’empereur Justinien (et non du Pape Vigile) discrédita Origène, et fit condamner par le 2ème Concile de Constantinople en l’an 553 ap J.C, les thèses réincarnationistes. L’Inquisition condamnera peu après cette époque de nombreux chrétiens revendiquant cette croyance comme hérétiques. Ainsi seront brûlés les Cathares, les Albigeois, les Gnostiques....
Si nous admettons un instant, l’hypothèse que l’âme soit crée au moment de la naissance du corps (donc que la réincarnation n’existe pas), donc l’âme serait vierge de tout défaut et de peines ! Quand l’on voit la situation des enfants morts-nés, de ceux qui ne vivent que peu d’instants, ou/et de ceux condamnés à souffrir toute leur vie à égard de ceux qui vivent dans le bonheur et la plénitude, cela serait inconciliable avec la justice de Dieu .
Que d’inégalités de vies, de peines, et de destinées quand l’on sait que Dieu dans sa pré-science, connaissant à l’avance le sort des âmes et de toute chose, les aurait donc créées pour faire souffrir certains sans cause, et d’autres leur “faciliter” l’existence ? Que de confusion et d’injustice ! Comment justifier leur sort qui selon certains concepts religieux de surcroit serait définitif (enfer/paradis) si ils n’avaient pas eu la “chance” de naître dans la bonne famille, avec la bonne éducation, et les éléments nécessaires pour le mener dans le “bon et droit” chemin ? Ou serait alors cette justice infini, si la réincarnation ne pouvait justifier ces causes ?
Le corps physique n’est que l’outil nécessaire à l’âme pour se perfectionner, sinon pourquoi s’incarner ? Quel serait le but d’une âme invisible de vivre momentanément dans un monde matériel si opposé à sa nature éthérée et de surquoi pour revenir peu après dans son monde d’origine ? Quel serait le sens de ce voyage si court dans un monde si différent ? Pourquoi Dieu aurait-il créé un monde matériel ? Comme chaque chose érigée par Dieu est infiniment juste, chaque chose à un sens et sa place, le monde matériel en fait également partie. C’est notre monde expiatoire et éducatif. Entre chaque réincarnation, dans le monde spirituel, un examen sera fait par l’esprit avec l’aide de son guide (ou ange-gardien), ou l’esprit sera à la fois spectateur et acteur de sa vie, en voyant défiler sa vie devant ses yeux. Il jugera ainsi ses actions et corrigera ce qui lui manque à son évolution en se réincarnant, tout en gardant l’assurance de l’assistance du monde spirituel, ce qui justifie cette foi innée chez certains.
Nous voyons par ces quelques exemples, qu’une vision holistique de l’unité complète de l’individu ne correspondrait pas et ne pourrait se justifier : l’âme est indépendante du corps physique, et c’est pour cela qu’il faut en prendre soin, car il est notre habitacle pour mener à terme notre épreuve terrestre. Ce n’est donc point un habit insignifiant, car tout ce qui affectera le corps impressionnera le périsprit et inversement, c’est cette si forte cohésion et intéraction qui a fait croire à certains philosophes qu’il n’y avait qu’une substance en nous. L’image que l’on se fait de soi, ne dois donc pas se faire sur notre apparence mais sur les qualités et défauts qui nous caractérisent. Car souvent nôtre apparence, est souvent une épreuve en elle-même (laid, beau, infirme...) qui déterminera notre type d’épreuve terrestre.
Une partie des conditions de notre vie actuelle, résultent des actes du passé. Cela n’est pas une “sentance” de Dieu, mais la meilleure façon d’appliquer une justice universelle entre tous les êtres, en nous permettant de réparer ainsi le mal engendré, tout en nous éduquant, en travaillant à notre amélioration, et ainsi nous diriger vers le progrès inéluctable. Une vie terrestre n’est rien à comparer de l’immortalité de l’âme !
Notre vision “matérielle” nous empêche malheureusement cette vision globale et nous “conditionne”. De ce fait, nous faisons tout pour progresser comme s’il n’y avait qu’une seule vie. De cette manière, c’est encore la loi de progrès qui nous affecte.
Mais ce n’est pas parce que l’on a des épreuves, qu’il faut pas pour autant tomber dans le déterminisme, car nous avons totalement notre libre arbitre pour changer chaque chose. Le style d’existence et d’épreuves orientent notre vie pour que les épreuves soit réparées, mais tout le reste incombe à nous-même.
Lorsque vous dites “une conscience de soi qui se réincarne presqu'indéfiniment est en fait une conscience de soi désincarnée, un point mathématique abstrait” : Avez-vous l’impression d’avoir conscience totalement de vous-même ? Arrivez-vous à appréhender totalement votre être intèrieur ?
Nous ne connaissons qu’une partie emergée de notre conscience, sinon nous n’aurions pas de subconscient ! Avez-vous l’impression pour autant d’être un être abstrait ? Etes vous de par votre vécu et votre personnalité une abstraction, ne pensez-vous pas, ne vivez-vous pas, n’aimez-vous pas ? Ou se trouve l’abstraction en vous ? Il est sûr que si à chaque incarnation, vous vous poserez cette même question, vôtre réponse risque d’être : non, je suis quelqu’un, qui a une individualité, un vécu, une histoire. Si vous avez l’impression que c’est votre unique vie terretre, c’est pour mieux vous concentrer sur ce quoi vous êtes venue faire. Si pour vous l’abstraction c’est l’oubli, alors demandez-vous si c’était plus dérangeant de ne pas vous souvenir, ou plutôt de vous rappeller de vos vies d’avant ? En sachant que l’oubli ne veut pas dire destruction. La subconscience a enregistré pour toujours les états mentaux. Même si la mémoire parait défaillante, cela ne prouve nullement que les souvenirs sont anéantis, mais seulement que le pouvoir de les réveiller a été momentanément paralysé et qu'il peut reparaître lorsque les causes qui l'avaient supprimé cessent d'exister. C’est ce qui est démontré par le somnanbulisme, l’hypnose, la trance... où certaines capacités peuvent ressurgir. L'oubli du passé est, pour l'homme, la condition indispensable de toute épreuve et de tout progrès terrestre. Ce passé, de chacun de nous, a ses taches, ses souillures, ses remords. En parcourant les époques, en traversent les âges de brutalité, nous avons dû accumuler bien des fautes, des rivalités, des haines, des iniquités. Échappés d'hier à la barbarie, le fardeau de ces souvenirs serait accablant pour nous. La vie terrestre est déjà parfois lourde à supporter. Elle le serait bien plus encore, si, au cortège de nos maux présents, venait s'ajouter la mémoire des souffrances ou des hontes passées. Si la connaissance de nos fautes et des conséquences qu'elles entraînent, se dressaient devant nous clairement à notre conscience, ce serait une effrayante et perpétuelle menace, qui paralyserait nos efforts, rendrait notre vie insupportable et stérile. Il est donc bon que le voile de l'oubli nous cache les uns aux autres et, en faisant momentanément disparaître notre passé réciproque, Dieu fait ainsi bien les choses, pour notre progrès et notre évolution.
La paléontologie nous apprends que ce qui caractérise l’humanité, c’est l’adaptation. Concernant l’âme il en est de même, à travers de nouvelles vies, de nouvelles expériences, de nouveaux milieux. Car l’individualité est en perpétuelle évolution. Constatez oh ! combien la difficulté est grande de se débarasser que d’UN SEUL défaut complètement et définitivement ! Constatez également, l’innombrable quantité de défauts qui nous habitent, si nous nous comparons à la pureté absolue. Vous comprendrez-alors qu’une seule existence est dérisoire pour justifier une éternité de connaissance et d’amour.
Vous dites “ il ne s'agira plus de moi dans une autre existence” : Votre petite enfance fait bien partie de votre”unique vie”? Beaucoup de petits détails ont été vécus aussi en étant plus âgée ? Malgré cela, vous ne vous en souvenez pas, et pourtant cela ne vous empêche pas de bien vivre pour autant ? La vision étriquée de nôtre seule vie matérielle nous renferme sur notre être. Apprenons à comprendre la dimension réelle de l’âme et de sa haute destinée. Rappellez-vous que l’âme est immortelle, la dimension du temps et de la personnalité, prennent alors une toute autre place dans le monde spirituel !
Sur la question de l’essentiel de l’existence : vous dites “ce qui fait le sens de notre existence, d’être incarnée dans une histoire, une époque, faite de nos relations profondes et intenses avec ceux que l'on aime, avec ceux qui nous ont formés et que l'on a formés”.
Mes propos n’enlèvent pas une once des vôtres. C’est l’affinité entre les êtres qui est le vrai lien sincère est durable, le ciment de toutes nos existences, c’est cette cohésion entre les êtres qui les rassemblent et qui perdure à travers le temps quand le sentiment sincère éprouvé s’appelle l’Amour. C’est cela-même l’essentiel de l’existence.
Ce sentiment se développa peu à peu, à travers toutes les vies, en partant d’un niveau si infèrieur lié à notre rang d’évolution, que ce sentiment à ses débuts était principalement axé sur la matière, le sexe, la force, la violence, puis évoluera jusqu’à la notion de respect, de partage, d’harmonie, et d’altruisme qui caractériseront cette notion d’Amour développé et épanoui. Il n’y a ainsi aucune négation de l’existence quand les vrais liens qui unissent les êtres sont l’amour sous la forme la plus pure et quel que soit la fonction sociale ou familiale que l’on ai eu (père, enfant, ami, femme, cousin....).
On voit que ce n’est pas la forme qui importe, mais profondément le fond. Il faut pouvoir comprendre, et accepter au fond de soi, que l’on est un être en perpétuelle évolution qui tend à la perfection. Il se modèle à travers les vies à faire évoluer son être de part ses épreuves et ses relations. Selon la loi d’évolution, tous les rapports qui sont profondément matériels disparaitront peu à peu pour laisser place aux vrais rapports dénués de matérialité, seul les affinités profondes entre les êtres, persisteront à travers nos vies. Nous retrouvons d’ailleurs cette preuve dans les propos de certains qui ont vécu une Expérience de mort imminente. A leur retour, certains disent que : “durant cet intervalle, je n’étais plus le père ou le mari ou le fils, j’étais Moi, c’est assez difficile à expliquer...”. On pense que l’état de conscience doit alors être déterminant pour recouvrer cette “conscience profonde de l’être”. Pour cela, vivez votre vie, en étant pleinement dans votre rôle social ou familial, car cette fonction correspond à une facette à développer en vous. Votre esprit une fois désincarné, pourra mieux appréhender tout cela d’une façon plus claire, la matière nous trouble beaucoup d’informations, et c’est tant mieux !
Ainsi, la loi d’évolution spirituelle est perpétuelle car même si les esprit purs n’ont besoin de se réincarner, l’étude, la connaissance et l’amour étant infini, ils sont en constante progression, car même s’ils sont désignés” purs”, ils ne peuvent égaler Dieu. La loi de réincarnation ne fait qu’établir et comprendre cette loi de progrès qui est appliquée à chaque principe et chaque être dans l’univers.
Voilà ce que nous apprends le spiritisme, en quelques points, j’espère que j’aurais pu être suffisament clair, mais il est difficile de résumer tout ces sujets en quelques lignes, c’est pourquoi je vous conseille, si vous voulez vous faire un avis plus riche, de lire et d’étudier en tout premier lieu : Le livre des Esprits d’Allan kardec (toute la philosophie spirite, INDISPENSABLE) + La réincarnation de Gabriel Delannne (raisonnement, exemples et faits) + Christianisme et Spiritisme (la réincarnation, pourquoi les dogmes...)
Vous pourrez également vous procurer Charles Lancelin : “L’âme humaine” en librairie, où il est fait un travail remarquable qui vous écairera sûrement beaucoup sur l’âme !
Bonne lecture, fraternellement
Christophe