Le suicide - Patricia - 24/04/2004

 

Bonjour,
Je vous écris car il s'est passé un évènement traumatisant dans notre famille : ma cousine s'est suicidée à l'âge de 38 ans. Je suis très proche de sa maman qui est ma marraine et nous en parlons souvent. Si nous avions conscience qu'elle n'allait pas bien : elle se plaignait souvent de ses conditions de vie, nous ne pouvions imaginer qu'elle prendrait une telle décision.
Elle ne nous a laissé aucun mot d'explication et elle laisse derrière elle un mari et 3 enfants dont un en bas-âge. Nous sommes tourmentées ma marraine et moi et nous y pensons jour et nuit. Je suis personnellement sous antidépresseurs et je n'arrive pas à faire mon deuil.
Pensez vous qu'elle est encore près de nous et qu'elle nous voit ? N'arrive-t'elle pas à partir car elle est attachée à ses enfants. D'ici que peut-on faire pour l'aider. Et nous comment arriverons nous à "accepter"et à moins souffrir, car il est bien évident que nous nous sentons tous un peu coupables.
Merci de nous éclairer, notre chagrin est immense.

Bonjour Patricia,
Je n'ai pas l'impression que vous ayez une connaissance approfondie du spiritisme, aussi je vais essayer de vous résumer un peu les phénomènes liés à la mort, un certain nombre de livres spirites vous donnerons toutefois de plus amples explications, que ce soit dans l'œuvre de Kardec et de ses successeurs, ou dans des œuvres psychographiées dans lesquelles des esprits décrivent leurs conditions de vie après la mort.
Lors de son incarnation, l'esprit est lié à la matière par le biais de ce que l'on appelle son périsprit, c'est à dire son corps d'esprit. A la mort, les liens qui rattachent l'esprit au corps doivent être défaits, c'est le processus de désincarnation, au cours duquel l'esprit est dans un état de trouble plus ou moins pénible et où l'esprit n'a pas toujours conscience d'être mort.
Le détachement de ces liens est facilité au compliqué par plusieurs facteurs:
- la vieillesse et la maladie par exemple affaiblissent ces liens et préparent à la désincarnation alors que dans le cas d'une mort violentes, ceux-ci sont généralement en pleine force.
- La préparation spirituelle est également bénéfique, beaucoup d'esprits, par peur de la mort, s'attachent à leur corps et rendent plus difficile le processus de désincarnation.
De l'autre côté, il existe des groupes d'esprits qui aident les personnes nouvellement décédée, détachant leurs liens et s'occupant d'eux le temps que ceux-ci s'adaptent à leur nouvelle vie et trouvent dans le travail et l'étude de nouvelles ressources spirituelles, de nouvelles qualités qui leur permettront, dans de nouvelles incarnations, de réparer leurs erreurs passées et de progresser.
Il faut voir dans l'incarnation une chance pour nous de nous racheter, d'évoluer. Rares sont ceux qui profitent pleinement de cette chance pour leur rénovation morale. La plupart d'entre nous visent un bonheur matériel et voyant qu'ils ne l'atteignent pas, certains recourent au suicide. Le suicide est un acte grave car l'esprit gâche la chance qui lui était donnée d'évoluer.
Du point de vue de la désincarnation, la mort violente, associée au manque de préparation spirituelle et à la déception de ne pas avoir échappé à ses souffrances rend le trouble plus long et difficile.
L'attachement que vous portez à votre cousine, même s'il est louable, ne peut lui être utile teinté de tristesse et de désespoir, bien au contraire, car il la portera ses pensées vers la vie terrestre, la famille qu'elle laisse, les regrets, l'empêchant de se tourner vers l'avenir. Le remord est bénéfique quand, devenant optimisme, il pousse l'esprit à la rénovation, pas quand il se prolonge en dépression.
Ce que vous devez faire, c'est tâcher de faire disparaître le climat de regrets qui a envahi votre famille en songeant à l'espoir de la réparation et des retrouvailles futures, l'optimisme est le remède dont vous avez besoin, aussi bien vous et votre famille que votre cousine. Si j'ai un conseil à vous donner, c'est d'étudier les enseignements spirites et de prier. En priant, vous vous dégagez des pensées néfaste et renouvelez votre volonté. Pensez à Dieu qui nous donne toujours les moyens d'évoluer, à Jésus, flambeau de l'humanité et à son message d'espoir. Pensez enfin à ces esprits, amis et parents des vies passées, qui veillent sur votre famille et la soutiennent dans cette épreuve.
Je vous souhaite bon courage,
Fraternellement,
Olivier.