Effet d'un organe greffé, le coeur sur le receveur - Pierre - 07/01/2011

Mon fils m'indique qu'une émission diffusée dans la semaine du 3 janvier sur le Canal Historia rapportait que des personnes ayant reçu un nouveau coeur (greffe de coeur provenant d'une personne décédée) avait adopté par la suite des goûts ou des comportements qu'elles n'avaient pas auparavant et qui provenaient vraisemblablement des donneurs.
L'émission donne comme exemple une personne très sédentaire qui travaillait dans un restaurant et qui après avoir reçu le coeur d'un joueur professionnel, s'est mise à faire du sport, à prendre soin de son physique et à aller régulièrement au gym. Une femme qui ne buvait pas et qui évitait les fast food, après avoir reçu le coeur d'un jeune homme, s'est mise à développer un goût pour la bière et les ailes épicées.
Dans cette émission, les médecins tentaient d'expliquer la chose en émettant l'hypothèse que l'organe avait conservé une certaine mémoire de sa vie antérieure...
Pourrait-on croire que le périsprit et par le fait même l'esprit désincarné puissent demeurer attachés à l'organe greffé tant qu'il est maintenu en vie ou vivant dans le corps d'un autre ?
L'esprit désincarné établit-il un lien d'influence, de cohabitation avec l'esprit de la personne qui a reçu le greffon ?
Toute cette question concernant les dons d'organe ou les organes greffés ne se posait pas au temps d'Allan Kardec (pour qui j'ai beaucoup de respect d'ailleurs). Nos communications récentes apportent-elles des explications sur cette question.
Cette question est-elle d'un quelconque intérêt ? Un sincère Merci !

Bonjour Pierre,
Votre question est d'un grand intérêt et nous vous remercions de l'avoir posée.
Elle a le mérite de nous aider à réfléchir, au moins sur le plan des greffes, à l'adéquation entre spiritisme et vie moderne.
Selon le Livre des Esprits d'Allan Kardec, nous apprenons que l'âme se dégage graduellement du corps ; les liens qui unissent l'Esprit au corps se dénouent mais ne se brisent pas. Le dégagement du périsprit ne s'opère donc que graduellement et durant un temps très variable qui peut aller de quelques heures à plusieurs mois selon l'élévation morale de la personne décédée. "Il est rationnel de concevoir, en effet, que plus l'Esprit s'est identifié avec la matière, plus il a de peine à s'en séparer." (réponse à la question 155).
Le périsprit peut commencer le travail de dégagement avant même le décès, comme écrit en réponse à la question 156 :"Dans l'agonie, l'âme a déjà quelquefois quitté le corps : il n'y a plus que la vie organique. (...) Le corps est une machine que le cœur fait mouvoir ; il existe tant que le cœur fait circuler le sang dans les veines, et n'a pas besoin de l'âme pour cela."
Il me semble que, pour être greffé, le cœur doit être sain et viable, ce qui signifie qu'il doit plutôt provenir d'une personne décédée par accident et dont on maintient artificiellement la "pompe" en marche. Son périsprit est donc en plein effort de dégagement au moment où l'organe doit être prélevé.
Devons-nous en conclure que l'Esprit va avoir à subir la souffrance de cet acte chirurgical ? Cela ne serait pas conforme à la loi divine. En effet, donner ses organes est un acte charitable car c'est reconnaître que le corps n'est rien, qu'il va entrer en décomposition, mais qu'il peut, malgré tout, rendre la santé, améliorer la qualité de vie, voire rallonger la durée de vie d'une personne qui nous est totalement inconnue. Cet acte charitable mérite donc toute l'attention de nos guides qui vont aider au dégagement du périsprit pour que l'opération se passe sans douleur.
Une fois dégagé, l'Esprit peut-il continuer à s'identifier avec un morceau de son corps vivantle s’est retournée pour me regarder, je me suis précipitée pour anticiper, mais il était trop tard elle était déjà par terre, elle avait glissée sur une plaque de glace qui était sur le chemin et l'Esprit peut-il continuer à s'identifier avec un morceau de son corps vivant dans un autre ? Selon son avancement, son lien à la matière, cela reste possible mais ne concerne qu'une infime minorité des dons. La plupart du temps, le désir d'évoluer, qui est dans notre nature, nous pousse à sortir de l'enfer terrestre.
D'autre part, dans les rares cas où l'Esprit reste attaché à son organe, il n'aura toujours, sur le malade qui a reçu le don, qu'un pouvoir plus que limité, l'influence des Esprits se heurtant systématiquement à notre libre arbitre. Comme dans votre vie terrestre, un ami, même très proche, même très insistant, ne réussira pas à vous faire faire quelque chose qui n'est pas dans votre nature, ni conforme à vos valeurs.
Je n'ai pas vu l'émission dont vous a parlé votre fils, mais j'aurai tendance à penser qu'après une greffe de cœur (c'est le cas des 2 exemples que vous nous citez), nos valeurs, nos priorités peuvent se trouver grandement modifiées. Rien d'étonnant à ce que, réalisant la chance d'un sursis, on se tourne vers une hygiène de vie plus rigoureuse ou, inversement, que l'on s'accorde des plaisirs que l'on ne s'autorisait pas auparavant.
D'autre part, les personnes greffées ont-elles su qui étaient leurs donneurs ? Si le documentaire fait état de leur changement c'est qu'il y a eu information sur les donneurs et cela a pu aussi impressionner et donc favoriser des changements, sans que rien de "paranormal" n'intervienne. Il me semblait que les dons se devaient de rester anonymes, justement pour éviter des influences quelconques. N'oublions pas que, dans tout documentaire, les histoires racontées peuvent être vraies mais elles sont souvent exagérées de façon à impressionner le téléspectateur, surtout celui avide de surnaturel.
Continuez donc à garder un œil critique, à vous poser des questions, particulièrement dans ce domaine.
Et, si vous avez à vivre la situation de donneur ou receveur d'organe, n'oubliez pas que la prière, jointe au désintéressement et à la charité, vous aidera toujours à vivre sereinement les événements.
fraternellement,
Hélène