Prière - C. - 18/05/2001

Bonjour,
J’ai parcouru vos messages 2001 et le mot prière me dérange fortement, en effet, n’étant pas croyante et n’ayant pas appris à prier, j’ai l’impression d’avoir des portes fermées. Donc, lorsque vous dites, priez, j’ai envie de tourner les talons, parce que ça ne m’est pas accessible. J’ai vécu la perte de mon compagnon lorsque j’avais 18 ans et j’étais, peut-être pour me consoler, attirée par l’au-delà. J’ai bien sûr fait l’expérience avec la table, le verre et les lettres, expérience qui s’est clôturée sur un échec, mes amis ayant été effrayés parce que la lumière s’éteignait, les portes claquaient, le verre tournait fou... Expérience qui ne s’est jamais renouvelée...
Depuis, j’ai perdu mon beau-frère et mon papa, ce dernier, il y 4 mois. Un jour, j’ai téléphoné à ma mère sur le Gsm de mon papa et j’ai cru entendre, enfin non, j’ai bien entendu sa voix qui me disait : Eh oh ! Il y a eu d’autres événements un peu moins frappants comme des coups de téléphone et lorsqu’on décrochait, il y avait comme un souffle, c’était l’heure d’aller chercher mes enfants à l’école et nous étions en retard. C’était comme s’il nous disait, allez-y...
Une autre fois, on parlait de lui en écoutant de la musique et celle-ci allait de plus en plus fort et puis le son diminuait. Ce sont des moments que j’ai envie de qualifier comme magiques, j’ai l’impression que de temps en temps il est là et que peut-être qu’un jour nous arriverons à établir un dialogue.
Cette connection serait difficile à partager parce que trop personnelle, donc, je comprends lorsque vous dites, il faut être prudent et s’entourer de personnes expérimentées, ne pas tenter de faire l’expérience tout seul, oui, je le comprends, mais ne tirons pas de généralité... Il me semblerait plus juste de dire prudence mais pas ne faites jamais...
Qu’en pensez-vous ?

Bonjour,
Le Spiritisme a été codifié par Allan Kardec sous forme de 1019 questions/réponses dans le livre des Esprits.
La première question est : qu’est-ce que Dieu ? Et la réponse recueillie pose comme postulat premier l’existence de Dieu. Les deux autres postulats sont la réincarnation et l’évolution, aucun des trois n’étant indissociable des autres ou alors on parle d’autre chose que du Spiritisme !
Ceci étant dit, qu’est-ce qui peut relier l’homme à Dieu ? La prière.
Si pour vous, et c’est ce qui me semble, la prière est une laborieuse récitation de phrases toutes faites, apprises par cour, qu’on ânonne par acquis de conscience, par habitude, en pensant à autre chose, je suis d’accord avec vous.
Mais la vraie prière est toute autre !
C’est l’élan qui part du cour, qui n’a pas plus besoin de formule que de décors. La prière est une chose intime, on la dit où on veut, quand on veut, avec ses mots à soi. Elle peut surgir, jaillir d’elle-même pour demander l’aide de Dieu, pour rendre grâce ou pour remercier. La prière, votre prière, ne regarde que Dieu, votre guide et vous-même. Mais en même temps, elle concerne toute l’humanité. La prière est une force, une force active et agissante. Cela, il faut l’expérimenter.
Comprenez bien que la prière est accessible naturellement à chacun. Je peux vous confier que personnellement, tout comme bien d’autres, je n’ai jamais appris à prier. Cela a-t-il un sens d’ailleurs ? Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du remarquable texte d’Alexis Carrel : « La prière ». Pour en venir aux expériences que vous avez pu avoir, il est difficile de se prononcer sur leur sens et leur réalité au simple vu de votre lettre. Si un être aimé désincarné se manifeste, de quelque façon que ce soit, il en résulte une impression de bonheur, de paix, d’allégresse, de communion ; la manifestation n’est jamais dérangeante.
Mais attention aux Esprits farceurs, usurpateurs. Attention aussi aux interprétations et à sa propre imagination ! Pour ce qui concerne ce moment privilégié où vous écoutiez sereinement de la musique, il semble bien possible que la manifestation soit réelle, la forme en est assez classique. Enfin, pour répondre à la dernière partie de votre e.mail, si nous nous permettons d’insister à ce point sur les dangers d’une pratique du Spiritisme isolée, farfelue ou sans contrôle, c’est qu’une très longue expérience nous a appris que ces dangers sont très réels et il faut avoir vu une personne obsédée ou fascinée, complètement sous la coupe d’un Esprit pervers pour se rendre compte des dégâts . Nous ne mettrons jamais assez en garde mais nous ne prononcerons aucun interdit, libre arbitre.
On peut faire un parallèle avec la drogue : malgré une information et une mise en garde très nettes de nombreuses personnes pensent pouvoir se livrer à ces poisons sans trop de dommages. Les statistiques le disent : sur 100 personnes, deux pourront flirter avec la drogue sans s’y consumer. 98 sur 100 sombreront corps et âme. Cela ne permet-il pas de tirer une généralité ?
Salutations.
Christian.