Justice – Bernard – 09/04/2018

 

Bonjour,
Au mois de décembre, un de mes voisins est décédé à l’âge de 53 ans. Cet homme apportait beaucoup au voisinage, toujours prêt à rendre service, à réparer ou bricoler quelque chose pour un voisin, malgré une santé précaire. En dehors de sa famille et de ses amis, tout le quartier était présent. Son absence crée maintenant, un vide, donnant l’impression que le quartier s’est endormi. Cela amène à la question de justice. En discutant avec d’autres, je me suis aperçu que beaucoup ont connu des personnes aussi agréables qui sont parties avant l’heure, et pratiquement à chaque fois, d’autres qui sont entre pas agréables et foncièrement méchantes qui vivent bien et vieilles. On en connait un dans le quartier qui a 82 ans, qui se porte bien et qui embête tout le monde. Je ne souhaite pas la mort de ces personnes, mais pourquoi cette impression que les bons partent toujours trop tôt et quand même bien souvent avant les mauvais ? Quelle justice pour eux de vivre si peu de temps créant en plus, un manque ? Quelle justice aussi de faire vivre aussi longtemps des personnes qui minent les autres et qui semblent mener une vie tranquille ? Je ne veux pas me rebeller, on doit se plier aux lois divines. J’aimerai juste comprendre.

Bonjour,
Concernant le sort bon ou mauvais de chacun, l’hérédité n’explique pas tout ni les conséquences de ce que nous faisons de notre vie. C’est pour cela que nous constatons des personnes justes, bonnes qui semblent écrasées par les épreuves, alors que des personnes méchantes semblent prospérer. Si la vie commence seulement à la naissance, que rien n’existe antérieurement pour chacun de nous, nous ne pouvons pas comprendre ces inégalités apparentes qui nous choquent, pas plus que la justice divine.
La réincarnation permet de comprendre la conception possible d’un Être qui gouverne l’univers avec justice. La doctrine des vies successives montre que chacun emporte au-delà de la tombe et rapporte en naissant la semence du passé. Cette semence répandra ses fruits sur la vie actuelle et même sur les suivantes, si une seule existence ne suffit pas à épuiser les conséquences mauvaises de nos vies antérieures. Sans oublier que nos actes de chaque jour viennent s’ajouter aux causes anciennes, les atténuant ou les aggravant, formant avec elles un enchaînement qui, dans leur ensemble, composeront la trame de notre destin.
La sanction morale, si insuffisante, parfois si nulle, lorsqu'on l'étudie au point de vue d'une vie unique, se retrouve absolue et parfaite dans la succession de nos existences. Nous subissons le contrecoup de nos actions. De même par nos actions, nous construisons notre avenir. Tout préjudice entraîne des causes de souffrances et une réparation complète nécessaire.
En vertu d’une loi universelle, nous ne pouvons jouir que d’une situation proportionnée à nos mérites. Notre bonheur, malgré des apparences souvent trompeuses, est toujours en rapport direct avec notre capacité pour le bien. Cette loi fixe les conditions de nos renaissances et trace les grandes lignes de nos destinées. Cela explique que des méchants semblent heureux alors que des justes croulent sous les souffrances. L'heure de la réparation a sonné pour les uns ; elle est proche pour les autres.
La vraie liberté est dans l’affranchissement des liens du corps, sur terre nous sommes en captivité. Nous pouvons considérer que celui qui part a fini sa tâche, et celui qui reste ne l’a peut-être pas commencé. C’est pourquoi Dieu, dans son infini bonté donne souvent à un Esprit encore dans les voies du progrès une vie longue lui offrant la possibilité de progresser, et en récompense de ses mérites, à un bon, une vie courte. Ce qui nous paraît être un mal est finalement un bien. N’oublions pas que Dieu est juste en toutes choses.
Cette réponse fait référence au livre de l’Évangile selon le spiritisme d’Allan Kardec chapitre 5, « Bienheureux les affligés », sous titre, « Si c’était un homme de bien, il serait tué » et au livre « Le problème de l’être et de la destinée » de Léon Denis, deuxième partie, le problème de la destinée, chapitre 13, « Les vies successives. – La réincarnation et ses lois »
Fraternellement,
Delphine