Gustave Geley

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Gustave Geley

Ce mois-ci, nous vous présentons Gustave Geley. Né en 1868, c’est à Lyon que Gustave Geley fait ses études de médecine. Il devient interne des hôpitaux et s’installe à Annecy où il exerce sa profession jusqu’en 1918. Il est particulièrement attiré par les phénomènes de lucidité, de prémonition et de somnambulisme et c'est auprès du médium Eva Carrière qu'il obtiendra dans un premier temps des manifestations. Il se penchera plus tard sur d'autres aspects de la médiumnité comme les moulages et les correspondances croisées.

 Le médium Eva Carriere

A partir de 1916 et jusqu’en 1918 il conduit une série d’expérimentations avec le médium Eva Carriere qui produit quantité d’effets physiques et d’apparitions fantomatiques.
Gustave Geley déclare alors : « Je ne dirai pas simplement qu’il n’y a pas fraude. Je dirai qu’il n’y a eu aucune possibilité de fraude». « ce que nous avons vu est la mort du matérialisme. Il n’y a désormais plus de place pour lui dans le monde ».

Voici le procès-verbal de la séance du 11 mars 1918, intéressant par sa précision et rédigé par le Dr Geley.
"Pendant toute cette séance, le rideau est resté constamment entrouvert, et j'ai pu observer toute la genèse du phénomène..
Après une attente de trois quarts d'heure, la transe douloureuse commence..
Tout à coup, je vois un petit brouillard de la dimension d'une orange, qui flotte à côté du médium. Le brouillard se fixe sur la poitrine d'Eva. C'est d'abord comme une tache vaporeuse, peu marquée. Puis la tache grossit lentement, s'étale en s'épaississant. Sa visibilité s'accroît, diminue, s'accroît encore. Puis la tâche se déplace, de gauche à droite, de droite à gauche.
Enfin, sous l'observation directe, on voit se creuser les traits et les reliefs d'un petit visage. Bientôt, c'est une tête bien formée, entourée comme d'un voile fin. Cette tête ressemble à celle des précédentes séances. Je l'observe en bas de la tête d'Eva, sur ses genoux, entre ses mains. A plusieurs reprises elle disparaît instantanément et reparaît. A la fin, elle se résorbe dans la bouche du médium.
Soudain, Eva s'écrie : "Cela change, c'est la force !" Les assistants perçoivent des coups à travers le rideau. (Les mains et genoux du sujet sont vus et tenus.)"
Ce qui est intéressant ici, c'est le passage brusque de la matérialisation à une modalité invisible de l'énergie : La force.

 Gustave Geley

Il rencontre le professeur Santoliquido, médecin hygiéniste installé à Paris et décident ensemble de fonder un laboratoire de recherche. La providence met sur leur chemin Jean MEYER qui est également passionné mais qui, en plus, est riche. Il va financer leur projet.
Ainsi naquit l’IMI, Institut Métapsychique International.

Gustave en pris la direction de 1919 à 1924. Il choisit alors d’abandonner sa profession de médecin pour se consacrer exclusivement à ses travaux de recherche. Il va désormais œuvrer en collaboration avec un Comité constitué de sommités scientifiques et intellectuelles composé, entre autres, de Charles Richet, Camille Flammarion, Sir Oliver Lodge ou Ernest Bozzano.
Dès son installation à l’IMI, il fit venir le médium polonais, Franek Kluski, avec lequel il obtint des moules de membres « matérialisés » au cours d’expériences médiumniques célèbres.
Geley parvient à obtenir des "moulages ectoplasmiques" de mains et de pieds, preuve physique que lors des séances, de véritables "ectoplasmes" seraient apparus grâce à l’énergie mentale du médium... Un examen sérieux de ces moulages démontre l’absolue impossibilité matérielle d’opérer le retrait d’un membre vivant d’une enveloppe de paraffine sans briser le moule. Ces moulages sont conservés dans les sous-sols de l’IMI.
En 1922 et 1923, il dirige un autre médium polonais, Jean Guzik, capable de productions inexplicables : empreintes, contacts, manifestations lumineuses. Le tout sous le regard d’une nombreuse assistance, dont des membres de l’Académie des Sciences et de l’Académie française. Le Dr. Geley enflamme les colonnes des quotidiens avec le "Manifeste des 34", un texte signé de personnalités savantes et intellectuelles du moment. Toutes ces personnes sont d’accord pour témoigner qu’un certain médium venu de Pologne, Jean Guzik, invité à se produire dans le salon de l’IMI, a bien manifesté des phénomènes non réductibles à de simples fraudes ou effets d’illusionnisme.
La persévérance du Docteur Gustave Geley le conduit à étudier une autre forme de manifestation spirituelle : les correspondances croisées. Ces communications sont faites à la demande des Esprits eux-mêmes. Un médium reçoit une partie d’un message provenant d’un Esprit. Ce message incomplet est bien évidemment incompréhensible. C’est alors que ce même esprit donne la suite de son message à un autre médium. Pour des raisons évidentes de contrôle et de preuve, l’Esprit, auteur de la communication utilise des médiums ne se connaissant pas et situés dans des lieux géographiques différents. Ces mesures peuvent même aboutir à des communications fournies dans des langues différentes.
C’est en 1924, au retour d’une séance à Varsovie avec le médium Franek Klusky, au cours de laquelle il obtint une nouvelle production d’empreintes d’outre-tombe, qu’il meurt tragiquement dans un accident d’avion en s’écrasant dans les faubourgs de la capitale polonaise.

Laissons-lui la parole :
« Un jour, ce sera la grande lumière et l’émancipation définitive. Alors les misères auront disparu, les divisions seront effacées, les imprécations, les cris de douleur et de haine, les chants guerriers auront fait place à un hymne d’amour universel. Et dans la grande partie terrestre, les hommes, enfin libérés et conscients continueront leur progression indéfinie, unis par cette même devise : « Tout aimer pour comprendre, tout comprendre pour aimer ».