La médiumnité, conseils aux médiums qui débutent…

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Médiumnité

Ce mois-ci, nous nous intéressons à La médiumnité, conseils aux médiums qui débutent… et nous vous proposons de découvrir des extraits de deux ouvrages, Instruction pratique sur les manifestations spirites d’Allan Kardec et l’ABC de la médiumnité d’Odilon Fernandes.

 Instruction pratique sur les manifestations spirites

« Toute personne qui ressent à un degré quelconque l’influence des Esprits, est, par cela même médium. Cette faculté est inhérente à l’Homme, et par conséquent n’est point un privilège exclusif ; aussi en est-il peu chez lesquels on n’en trouve que quelques rudiments.
On peut donc dire que tout le monde, à peu de chose près, est médium. Les Esprits agissent souvent à notre insu sur notre pensée, ils nous sollicitent à faire telle ou telle chose, nous croyons agir de notre propre mouvement, et nous n’avons fait que céder à une suggestion étrangère. Il ne faudrait pas en déduire que nous sommes sans initiative, l’Esprit incarné a heureusement toujours son libre arbitre. »
Allan Kardec dans Instruction pratique sur les manifestations spirites

La médiumnité n’est pas un don, c’est une faculté présente en chacun de nous, à des degrés différents. Tous, à peu de chose près, nous avons la capacité de devenir médium.

Qu’est-ce qu’un médium ? C’est un intermédiaire entre les Esprits et les hommes.
Allan Kardec donne dans son livre Instruction pratique sur les manifestations spirites l’exemple courant de la communication entre incarnés et désincarnés durant le sommeil du corps physique : « Pour se rendre compte de la manière dont se passent les choses, il faut se représenter notre âme dégagée de ses liens par l’émancipation, ce qui a toujours lieu pendant le sommeil, qu’il y ait rêve ou non ; toutes les fois qu’il y a engourdissement des sens et parfois même, pendant la veille. Elle entre alors en communication avec les autres Esprits, comme quelqu’un qui sortirait de chez soi pour aller chez des voisins.
Il s’établie alors entre eux une sorte de conversation ou pour parler plus exactement, un échange de pensées. L’influence de l’Esprit étranger n’est point une contrainte, mais une sorte de conseil qu’il donne à notre âme, conseil qui peut être plus ou moins sage selon la nature de l’Esprit et que l’âme est libre de suivre ou de rejeter mais qu’elle peut mieux apprécier lorsqu’elle n’est plus sous l’empire des idées que suscite la vie de relation ; c’est pourquoi, dit-on, que la nuit porte conseil. »

Comment font les Esprits pour se communiquer ?

En accordant les fluides ensemble. L’Esprit s’approche et s’harmonise avec le fluide vital du médium. Il sature les espaces inter atomiques et intermoléculaires de la matière. On sait en effet que celle-ci n’est pas continue, sauf pour nos sens particulièrement pauvres. La matière est pleine de vide et ne contient qu'un faible pourcentage de masse.
L'Esprit agit ensuite avec la force de la pensée. Il y a une continuité parfaite entre la mentalité de l'Esprit et le médium.
Les Esprits moins évolués vibrent à des fréquences proches des nôtres ce qui favorisent l'obtention de phénomènes physiques. Les Esprits plus évolués vibrent à des fréquences différentes des nôtres ce qui obligent le médium à se perfectionner pour s’élever.

Il existe différents modes de communications avec les Esprits

« La science spirite a progressé comme toutes les autres, et plus rapidement que les autres car quelques années à peine nous séparent de ces moyens primitifs et incomplets qu'on appelait trivialement les tables parlantes, et l'on en est déjà à pouvoir communiquer avec les Esprits aussi facilement et aussi rapidement que les hommes le font entre eux, et cela par les mêmes moyens : l'écriture et la parole.
La faculté d'écrire, pour un médium, est, en outre, celle qui est le plus susceptible de se développer par l'exercice.
Pour réussir, plusieurs recommandations sont indispensables. Comme, en définitive, c'est par l'influence d'un Esprit que l'on écrit, cet Esprit ne viendra pas si on ne l'appelle pas. Il est donc nécessaire d'en évoquer un par la pensée et de le prier, au nom de Dieu, de vouloir bien se communiquer. Il n'y a point ici de formule sacramentelle ; quiconque prétendrait en donner une peut hardiment être taxé de jonglerie : la pensée est tout, la forme n'est rien. Il n'est pas moins nécessaire d'en appeler un qui soit sympathique, et cela par deux raisons : l'une, qu'il viendra plus volontiers s'il nous affectionne ; la seconde, qu'en raison de cette affection il sera plus disposé à seconder nos efforts pour se communiquer à nous ; ce sera donc de préférence un parent ou un ami ; mais il peut arriver que ce parent ou cet ami soit dans une position à ne pouvoir se rendre à notre appel, ou qu'il n'ait pas assez de puissance pour nous faire écrire ; c'est pourquoi il est toujours utile d'y joindre l'évocation de son Esprit familier, quel qu'il soit, sans qu'il soit besoin de savoir son nom, parce que celui-là est toujours avec nous ; alors, de deux choses l'une, ou c'est lui qui répond, ou bien il va chercher l'autre, et, dans tous les cas, il prête son appui.
Une chose négligée par presque tous les commençants, c'est de faire une question ; il est évident que l'Esprit évoqué ne peut répondre si on ne lui demande rien. Il pourrait sans doute dire spontanément quelque chose, comme cela arrive à chaque instant avec les médiums formés ; mais avec celui qui en est à ses débuts, l'Esprit a une première difficulté mécanique à vaincre ; il faut donc la simplifier autant que possible, c'est l'effet que produit une question amenant une réponse précise. On aura soin, pour commencer, de formuler la question de telle manière que la réponse soit simplement oui ou non ; plus tard, cette précaution devient inutile. La nature de la question n'est pas indifférente ; il n'est pas nécessaire qu'elle ait par elle-même une importance réelle ; au contraire, plus elle est simple, mieux cela vaut ; il ne s'agit au début que d'un rapport à établir ; l'essentiel est qu'elle ne soit pas futile, qu'elle n'ait point trait à des choses d'intérêt privé, et surtout qu'elle soit l'expression d'un sentiment bienveillant et sympathique pour l'Esprit auquel on s'adresse.
Une chose non moins nécessaire, c'est le calme et le recueillement joints à un désir ardent et à une ferme volonté de réussir ; et par volonté nous n'entendons pas ici une volonté éphémère qui agit par saccade et qui est à chaque minute interrompue par d'autres préoccupations ; mais une volonté patiente, persévérante, soutenue par la prière que l'on adresse à l'Esprit évoqué. Le recueillement est favorisé par la solitude, le silence et l'éloignement de tout ce qui peut causer des distractions. Il ne reste plus alors qu'une chose à faire, c'est d'attendre sans se rebuter, et de renouveler tous les jours ses tentatives pendant dix minutes ou un quart d'heure au plus chaque fois, et cela pendant quinze jours, un mois, deux mois et plus s'il le faut ; c'est pourquoi nous avons dit qu'il fallait une volonté patiente et persévérante ; c'est pourquoi aussi les Esprits consultés sur l'aptitude de telle ou telle personne disent presque toujours : avec la volonté vous réussirez ».

 ABC de la médiumnité

Et si votre médiumnité se met en place, voici d’autres conseils qui peuvent vous guider.

Ils sont tirés du livre ABC de la médiumnité, du médium brésilien Carlos Baccelli : « L’orientation de base de tout médium se trouve réunie dans l’étude de la doctrine, elle ne laisse aucun médium sans orientation. Son étude est essentielle pour devenir un bon outil, avec l’aide des bienfaiteurs qui l’assiste. Le but ultime de la médiumnité est l’édification spirituelle. Inspiré par de bons Esprits, le médium agît dans une certaine passivité naturelle, défaisant les conditionnements mentaux et sensibilisant les cœurs à l’amour.
Le médium qui reconnaît ses limites commence déjà à les dépasser. Si le médium désire sincèrement servir, il devra, avec l’aide des bienfaiteurs qui l’assistent, franchir toutes les barrières. Ce n’est pas l’animisme que le médium doit craindre, mais la mystification, surtout celle découlant de ses propres sentiments. Que le médium travaille avec des intentions honnêtes et son travail lui dictera l’orientation à suivre quant à la meilleure chose à faire. »

Puis, l’auteur recommande pour permettre un meilleur développement de notre médiumnité de se remettre en question : « Le premier engagement du médium doit être celui de sa propre rénovation. Il est impossible de concilier l’exercice de la médiumnité avec une vie intime conflictuelle. Quand le médium ne fait pas d’effort pour se rénover, sa médiumnité ne parvient pas à démarrer ni à devenir aussi productive qu’elle pourrait l’être. Bien que l’éclosion de la médiumnité soit indépendante de la condition morale du médium, son développement lui, est subordonné à l’empressement du médium à s’améliorer.
Le médium se doit de combattre des penchants négatifs de sa personnalité, conscient qu’il ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. Les Esprits supérieurs ne secondent pas dans sa tâche le médium qui n’arrive pas à se consacrer corps et âme au service de l’échange spirituel. Pour que la médiumnité se développe, il faut que le médium accepte d’assumer ce rôle. Ceux qui voient dans le devoir médiumnique une chose qui sera pénible et ennuyeuse pendant toute leur vie exerceront leur médiumnité comme s’il s’agissait d’un fardeau sur leurs épaules. La médiumnité n’empêche pas le médium d’être heureux de son état. Si la médiumnité sert aux autres d’instruments et de conviction, le médium, lui, doit y voir une occasion de croissance intérieure.»

Il rappelle que le médium reste un instrument au service de son prochain qu’il soit incarné ou désincarné : « Le but ultime de la médiumnité est l’édification spirituelle. On ne peut pas réduire la médiumnité à un simple instrument de curiosité maladive. Les médiums qui se prêtent à des spéculations de caractère inférieur s’écartent de leur noble objectif. La médiumnité n’est pas non plus un talent au bénéfice exclusif du médium. Le médium ne doit donc jamais fuir le contact avec le peuple ni s’éloigner de la multitude des affligés et des désorientés.
Les Esprits éclairés se communiquent afin d’encourager les humains à suivre le chemin du perfectionnement. De même, la communication de caractère inférieur a lieu pour les amener à réfléchir sur les réalités spirituelles de la vie. Le Maître nous a avertis que nous devions mettre la lampe sur la table afin que sa lumière profite à tous. Il a également fait mention de la multiplication des talents qu’on nous a confiés. »

Comme on peut le voir, le champ d’activité et d’apprentissage du médium spirite est aussi infini que sa responsabilité et pour poursuivre, rajoute Carlos Baccelli : « Il n’y a aucun doute que la confiance du médium en ses facultés médiumniques augmente ce que l’on appelle le « potentiel médiumnique ».En ayant confiance en soi, sans pour autant se croire autosuffisant, le médium inspirera la confiance aux compagnons qui observent ses activités. En ayant confiance en soi, le médium fera également preuve de conviction dans ce qu’il fait.
Au contraire, le médium insécure à l’égard de ses facultés communiquera son insécurité à son entourage, y compris aux Esprits qui s’approcheront de lui. Le médium qui aura confiance en lui-même travaillera avec enthousiasme et ne permettra pas que le découragement se pointe sur son visage. Parfois fatigué avec raison, il gardera cependant le sourire et blaguera à propos de ses limites physiques. Il n’entrera pas dans le jeu des compagnons pessimistes qui cherchent dans tout type de problème et de difficulté un prétexte pour abandonner les tâches.
Confiant, il acceptera l’usure naturelle de son corps physique et la verra comme une bénédiction l’empêchant de faire des erreurs qu’il serait autrement tenté de commettre. De même, il remerciera l’écoulement du temps et la maturité physique qui en résulte, lui permettant de faire, sous les décombres de la vanité et de l’illusion, les plus profondes réflexions sur la vie »