La machine à écrire

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La machine à écrire

Ce mois-ci, nous vous présentons une intéressante expérience réalisée avec une machine à écrire, modèle Yost. Le dimanche 13 octobre 1895, à la Société spiritualiste de Carnegie Hall de New-York, présidée par M. Newton, on a obtenu des messages tapés sur une machine à écrire, sans contact humain, mais en présence d'un médium, M. Rogers.

Les conditions

Afin de faciliter la production de ce phénomène dans les conditions hétérogènes d'une réunion publique, M. Newton prêta, pour cette occasion, une cabine qu'il avait fait construire pour des séances de matérialisation. Cette cabine fut placée sur une plate-forme, immédiatement avant la réunion, en présence de quelques personnes de l'assistance qui étaient arrivées de bonne heure. En inspectant la cabine avec attention, je vis qu'elle était faite en treillis de fil de fer, formant deux compartiments, chacun étant à peu près d'un mètre carré et d'environ deux mètres de haut, séparés l'un de l'autre par une cloison en fil de fer. Un de ces compartiments avait un toit de fil de fer et était muni, par devant, d'une porte qui pouvait être fermée avec un cade¬nas. Le devant de l'autre compartiment était ouvert mais garni d'un rideau noir ballant. Cette cabine de fil de fer fut placée sur la plate-forme et couverte par un drap noir en présence d'une partie de l'assemblée déjà rassemblée. La cabine était placée de telle façon que l'assistance pouvait voir ce qui se passait par-dessus.

La séance

Quand la séance fut ouverte, M. Newton pria le médium, M. Rogers, de s’asseoir dans le compartiment de la cabine muni d'une porte et cette porte fut fermée. La ma¬chine à écrire fut alors placée sur une petite table portative dans l'autre compartiment et une feuille de papier blanc, signée par M. Newton, fut placée dans la machine. Le rideau noir fut alors tiré sur le devant de la cabine de telle sorte que la ma¬chine fut dans un compartiment et le médium dans l'autre. Tous deux sont dans l'obscurité. La femme du médium, Mme Rogers, qui, elle aussi, est un médium clair¬voyant, s'assit devant la cabine, afin de compléter de la force médiumnique. L'assistance fut alors requise de s'unir en chan¬tant, afin de produire des conditions harmonieuses. Dans l'in¬tervalle entre les versets, l'assistance put entendre la machine à écrire en activité. Après un peu de temps, le médium annonça que la lettre était terminée et la feuille portant la signature de M. Newton, fut retirée de la machine.

Les messages

La feuille de papier contenait un message de trente lignes d'impression, parfaitement écrites, intitulé : « La victoire du spiritualisme », message dans lequel se trouvait développée la thèse chère aux spiritualistes américains. Plusieurs autres feuilles de papier furent mises dans la machine et plusieurs messages adressés à différentes personnes de l'assistance furent écrits. Au bout d’un moment, alors que la machine continuait à écrire, Mme Rogers retira le rideau. En regardant dans le compartiment où se trouvait la machine, on pouvait voir qu’elle travaillait sans contact humain. Quand la séance fut finie et que M. Rogers eut quitté la cabine, j'y entrai moi-même. Je constatai que si je pouvais passer mes doigts à travers la cloison en treillis, je ne pouvais pourtant pas atteindre la partie la plus rapprochée de la machine, qui restait à une distance de dix centimètres environ, le clavier étant plus éloigné encore. Il faut se rappeler que les messages étaient imprimés dans l'obscurité, sauf le temps où le rideau fut tiré pour montrer que la machine travaillait sans être touchée par des mains humaines.

Une autre expérience

Elle eut lieu à Chicago chez Mme J.-W. Vorhees avec la présence du médium Miss Bangs. La machine était une machine ordinaire du type Smith-Premier. Ici, il n’y avait pas de cabinet mais une simple table ordinaire, petite et carrée sur laquelle on posa la machine. La médium était entourée par les personnes qui assistaient à la séance, soit 6 personnes au total. Après un examen attentif de tous ces éléments, chacun prit sa place. Le papier employé fut pris d'un bloc et on y apposa une signature sur cinq feuilles. Les lumières furent éteintes et la machine se mit à travailler. Cinq lettres furent écrites sur des feuilles séparées, elles étaient destinées aux différentes personnes présentes. Quand la première feuille fut im¬primée, elle fut retirée de la machine par le pouvoir invisible et on entendit le bruit d'une autre feuille déchirée du bloc qui était posé sur la table, et le même pouvoir la mit dans la machine. Puis quatre des messieurs présents prirent chacun un coin de la machine et ils élevèrent la machine en l'air à environ 60 centimètres au-dessus de la table, ce qui n'interrompit en aucune façon le travail de la machine qui continua avec une rapidité exceptionnelle. A la fin de la séance, l'Esprit opérateur ma¬térialisa sa main avec laquelle il avait fait le travail et toucha la main d’un des participants. Monsieur A. reçut une lettre de sa femme, qu'il avait perdue, dans laquelle elle lui parlait de faits qui n'étaient connus que d'eux seuls. Il reçut aussi une lettre d'un ami mort, dont la médium ignorait l'existence.