Une étude sur les correspondances croisées

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Une étude sur les correspondances croisées

Ce mois-ci, nous vous présentons une étude sur les correspondances croisées. La correspondance croisée est un sujet si vaste et si compliqué que, pour s'en former une opinion, il faut étudier les publications détaillées faites par M. Piddington, Mme Verrall, Mlle Johnson, et d'autres, dans les derniers volumes des Proceedings, S. P. R.

 

"Indépendamment de ce qu’elles peuvent être à d'autres points de vue, elles forment essentiellement des communications, émanant d'un homme de lettres, destinées à être interprétées par des érudits ; elles sont remplies d'obscures allusions classiques. J'ajouterai, qu'aujourd'hui de pareilles allusions littéraires sont obtenues même par l'intermédiaire de Mme Piper[1]. Elles ne sont pas élémentaires et simples ; elles révèlent au contraire une érudition dépassant de beaucoup la moyenne, supérieure, par exemple à la mienne et à celle de tous les assistants. Les faits sur lesquels cette indication est donnée ne sont pas encore publiés." (Oct. 1909.)
Le caractère principal de la correspondance croisée consiste en ceci : nous avons à étudier non pas les phénomènes produits par un seul médium animé par plusieurs contrôles apparents[2], comme nous l'avons fait jusqu'ici, mais inversement, les manifestations d'un seul contrôle apparent transmises par plusieurs médiums différents ; ceux-ci écrivent automatiquement d'une manière indépendante les uns des autres. ils sont fort éloignés les uns des autres, quelquefois ils ne se connaissent pas ; au début même, ils ne savaient pas quelle était la nature de la correspondance qui se poursuivait.
Dans beaucoup de cas, les messages obtenus isolément étaient inintelligibles et ne montraient un sens que plus tard, quand ils étaient combinés par une tierce personne. Ainsi, le contenu du message n'existait dans aucune intelligence vivante, tant que les correspondances n'étaient pas découvertes à l'aide d'une critique laborieuse, un ou deux ans après ; alors les différentes parties de la communication étaient réunies, l'ensemble et l'intention en apparaissaient.
Le but de ces efforts ingénieux et compliqués est, clairement, de prouver que ces phénomènes sont l'œuvre de quelque intelligence bien définie, distincte de celle de l'un quelconque des automatistes. La transmission par fragments d'un message ou d'une allusion littéraire qui sera inintelligible pour chacun des écrivains pris séparément exclut la possibilité d'une communication télépathique mutuelle entre eux. Ainsi, on écarte ou l'on essaye d'écarter celle, de toutes les hypothèses semi-normales, que les membres de la Société des Recherches Psychiques ont considérée comme la plus troublante et la plus difficile à éliminer. Ces efforts ont encore un autre objet : ils tendent évidemment à prouver, dans la mesure du possible, par la substance et la qualité du message, que celui-ci est caractéristique de la personnalité particulière de qui semble émaner la communication, et de nulle autre.
Tel a été évidemment le dessein des communicateurs eux-mêmes. L'ont-ils réalisé ? Cette question ne pourra être résolue d'une manière concluante et définitive qu'avec du temps et du travail. Le chercheur qui désire se former une opinion personnelle de quelque valeur sur ce sujet doit, comme je l'ai dit, lire en entier les consciencieux mémoires de M. Piddington, de Mlle Johnson et de Mme Verrall publiés dans les derniers volumes des Proceedings de la Société ; ces études sont importantes et leur lecture n'est pas chose aisée.

Découverte des correspondances croisées

Les correspondances croisées forment une matière très vaste, et assurément en voie d'accroissement. La meilleure manière de la présenter, quoiqu'elle ne puisse être qu'une sorte d'introduction, et un compte-rendu initial, est de citer l'article de notre déléguée aux Recherches, Mlle Johnson, notamment le chapitre VII, intitulé : « La Théorie des Correspondances croisées ». C'est, en effet, à sa patiente attention et à sa perspicacité qu’est due la démonstration de l'existence de ces concordances, alors en voie de se développer vers leur forme actuelle, qui est frappante aujourd'hui.
Ce chapitre débute par une citation empruntée à F. W. H. Myers indiquant l'attitude de l'écrivain à l'égard de ces recherches ;
« Ici, nous ne sommes pas les véritables inventeurs. Les expériences que l'on est en train de faire ne sont pas l'œuvre de l'ingéniosité terrestre. Toute notre contribution aux nouveaux résultats se borne à de la patience, de l'attention, du soin ; à une disposition sincère à recevoir et à scruter tout ce qui nous sera confié par des intelligences au delà des nôtres. Je dis que ce sont des expériences ; elles sont probablement d'une difficulté et d’une complexité qui surpasse notre imagination, mais elles sont instituées de l'autre côté de l'abîme, elles sont dues aux efforts d'esprits qui distinguent des voies d'accès et aperçoivent des possibilités qui, pour nous, sont dans une obscurité impénétrable[3].

L'article continue ainsi

Dans Human Personality, M. Myers fait plus d'une fois allusion à une de ses théories favorites : L'influence de la science sur la pensée moderne n'est pas seulement limitée à cette vie, mais elle peut être apportée dans l'autre, et tendre ainsi à fortifier les preuves en faveur de la communication avec les morts. Ces derniers, pense-t-il, commencent à comprendre de plus en plus clairement ce qui constitue en réalité une bonne preuve et ils peuvent découvrir peu à peu de meilleurs moyens de la produire. Il formule avec beaucoup de clarté cette hypothèse dans la passage plus haut cité, et il semblerait, d'après nos dernières investigations, que des expériences du genre de celles qu'il y pressent se font peut-être en ce moment.
A diverses reprises, M. Myers et le docteur Hodgson ont essayé d'obtenir des connexions entre les messages - écrits on verbaux - de différents automatistes. Il est loin d'être facile de réunir les conditions favorables à l'essai de ces expériences, et malheureusement aucun compte rendu de ces essais ne paraît exister, du moins à ma connaissance. Quelques allusions y sont faites cependant dans plusieurs lettres adressées par M. Myers à Mme Thompson ; par exemple, le 24 octobre 1898 il écrivait :
« Le docteur Hodgson passe l'hiver en Amérique ; il a des séances avec Mme Piper. Quelle chose magnifique ce serait si nous pouvions obtenir une communication entre les contrôles de chaque côté. »

D'intéressants rapports entre les automatismes de Mme Thompson et ceux d'autres sensitifs avaient été déjà signalés dans le mémoire de M. Piddington : « Sur les genres de phénomènes manifestés dans la trance de Mme Thompson[4]. »
Cependant, le développement le plus notable des correspondances croisées et la première apparition d'un de leurs modes vraiment compliqués et remarquablement probants se sont produits après la mort de M. Myers.
On l'observa d'abord dans les écrits de Mme Verrall ; une grande partie de son rapport à ce sujet[5], est consacrée aux correspondances entre ses écrits et les écrits ou le langage automatiques d'autres sujets.

En les examinant sur des épreuves, au début de 1906, continue Mlle Johnson, un fait me frappa. Dans quelques-uns des cas les plus remarquables, les indications données dans l'écriture d'un des automatistes n'étaient pas la simple reproduction des indications données par l'autre, mais semblaient représenter différents aspects de la même idée, les unes supplémentant les autres, ou les complétant. Aussi, dans un cas[6], l'écrit de Mme Forbes, prétendant émaner de son fils Talbot, mentionnait qu'il allait prendre congé d'elle parce qu'il cherchait un autre sensitif écrivant automatiquement afin d'obtenir la confirmation de ses propres écrits. Le même jour, Mme Verrall écrivit un message où il était question d'un pin planté dans un jardin ; la communication était signée d'une épée et d'un clairon suspendu. Cette dernière figure faisait partie de l'écusson du régiment auquel avait appartenu Talbot Forbes, et Mme Forbes avait dans son jardin quelques pins provenant de graines envoyées par son fils. Ces faits étaient inconnus de Mme Verrall.

Dans un autre cas[7] trop compliqué pour être résumé ici, Mme Forbes fit les 26 et 27 novembre 1902 des allusions, tout à fait dénuées de sens pour elle, à un passage du « Banquet » que Mme Verrall avait lu ces jours-là. Ces allusions s'appliquaient aussi d'une manière appropriée à une phrase obscure contenue dans le texte écrit par Mme Verrall le 16 novembre ; le 18 décembre l'écriture de Mme Forbes montrait plusieurs essais faits pour donner un mot décisif, « Dion » ou « Dy », lequel disait-on « se trouvera dans celui de Myers... » Mme Verrall interpréta ce mot à l'époque, pour des raisons qu'elle donne, comme, « Diotima » ; une description de la même partie du Banquet contenant la mention de « Diotima » parut dans la Personnalité Humaine qui fut publiée environ trois mois plus tard, en février 1903. D'autres allusions au Banquet apparurent dans les écrits de Mme Forbes au commencement de 1903[8].

Dans un autre cas[9], le 16 octobre 1904, l'écriture de Mme Verrall donna des détails, vérifiés plus tard, sur les occupations actuelles de Mme Forbes ; immédiatement après, Mme Verrall eut l'impression mentale que Mme Forbes était assise chez elle dans le salon : la forme de son fils était debout auprès d'elle et la regardait. Le même jour l'écrit de Mme Forbes prétendant émaner de son fils mentionna que ce dernier était présent, qu'il désirait que sa mère pût le voir, et qu'une preuve décisive était donnée en ce moment pour elle à Cambridge.
Je me convainquis en étudiant ces cas, qu'il y avait dans la forme particulière affectée par eux, la manifestation d'un dessein spécial d'autant plus que dans l'écriture de Mme Verrall, on trouvait fréquemment des affirmations faites en apparence pour attirer l'attention sur quelques genres de preuves originales, comme, par exemple, la superposition de certaines choses sur d'autres, ce qui rendrait alors le message clair.
La caractéristique de ces cas, - au moins de certains entre eux, - est que nous n'obtenons pas, dans l'écriture d'un automatiste, la reproduction littérale et comme mécanique de phrases contenues dans le texte d'un autre, nous n'obtenons pas même la reproduction de la même idée en des termes différents comme cela pourrait résulter d'une télépathie directe entre eux. Ce que nous obtenons est un fragment de message dans un texte qui semble n'avoir aucun intérêt ni aucun sens, et dans un autre texte un autre message fragmentaire, également sans signification apparente ; mais quand nous réunissons ces deux textes nous voyons qu'ils se complètent l'un par l’autre et qu'ils sont inspirés en apparence par une seule idée cohérente exprimée partiellement dans chacun d'eux.
L'idée me vint alors que, par cette méthode, on pourrait, mieux que par toute autre, obtenir des preuves plus concluantes de l'action d'une troisième Intelligence, extérieure à l'esprit des deux automatistes. Si nous trouvons simplement la même idée exprimée même de manière différente par tous les deux, cela peut, comme je viens de le dire, s'expliquer par de la télépathie entre eux; mais il est beaucoup plus difficile de supposer que la perception télépathique d'un fragment pourrait amener, la production d'un autre fragment dont la relation avec le premier ne peut être découverte que par des comparaisons attentives.
Le défaut de tous les cas bien prouvés de télépathie émanant apparemment des morts est, naturellement, qu'ils peuvent être expliqués par la télépathie entre les vivants. Si un fait révélé par le médium est connu par une personne quelconque existant certainement - c'est-à-dire vivant, - nous devons attribuer le message à cette cause plutôt qu'à une personne dont l'existence est incertaine - C'est-à-dire à un mort. Agir autrement serait supposer le problème résolu, car c'est justement l'existence du mort qu'il faut établir[10].
Jusqu'à présent les preuves en faveur de la survie ont dépendu d'indications paraissant montrer que le contrôle du médium se souvenait des incidents de sa vie passée. Il n'y aurait aucune utilité pour lui à communiquer télépathiquement des renseignements sur sa vie présente puisqu'on ne pourrait pas prouver la vérité de ces communications. Telle est la différence fondamentale entre les types de preuves applicables à la télépathie entre les vivants et à la télépathie avec les morts[11].
La télépathie relative aux faits présents, comme on l'observe quelquefois entre personnes vivantes, a une valeur probante plus grande que la télépathie relative au passé, car il est plus facile d'exclure la connaissance normale des événements actuels que celle du passé. On a pensé qu'il était impossible d'obtenir une preuve de ce genre à l'appui de la télépathie avec les morts ; puisque les événements actuels sont, ou bien connus de quelques personnes vivantes, - dont l'action télépathique n’est pas exclue, - ou bien inconnus de tous les vivants, et alors il serait difficile, sinon impossible, de prouver leur réalité.

Dans ces correspondances croisées nous trouvons cependant de la télépathie apparente concernant le présent, - c'est-à-dire, que les indications reçues sont à peu près contemporaines aux événements correspondants, - et se référant à des faits actuels qui sont, en tout état de cause, inconnus à toute personne vivante ; en effet, le sens et la portée du message est souvent inintelligible à chaque automatiste jusqu'à ce que la solution soit trouvée par la comparaison des deux écrits. En même temps nous avons la preuve de ce qui s'est produit dans les écrits eux-mêmes, par exemple, au moyen de quelque indication spéciale mentionnant qu'une correspondance croisée est tentée ; ainsi, il semble que cette méthode ait pour objet de satisfaire nos exigences quant aux preuves.
En admettant la possibilité de communiquer avec les morts, on peut supposer que, dans ces dernières années, un certain nombre de personnes ont essayé, de communiquer avec nous ; elles sont assez instruites pour connaître les objections faites aux preuves antérieures par de raisonnables sceptiques, et elles sont aussi assez intelligentes pour bien comprendre la force de ces objections. On peut supposer que ces personnes ont inventé un moyen, - celui des correspondances croisées - pour répondre à ces objections. Il est certain que les correspondances croisées sont un élément caractéristique de l'écriture automatique recueillie par nous dans ces dernières années, notamment les textes de Mme Verrall, de Mme Forbes, de Mme Rolland, et, plus récemment encore, de Mme Piper. Le point important est la nouveauté de cet élément. Nous avons des raisons pour croire, comme je l'ai montré plus haut, que l'idée de donner dans un écrit le complément d'une communication donnée dans une autre ne s'est pas présentée à l'esprit de M. Myers de son vivant. Je n'en ai trouvé aucune indication dans ses publications. Ceux qui ont fait des recherches sur l'écriture automatique depuis sa mort n'ont pas imaginé davantage cette méthode, si réellement il y en a une. Ce ne sont pas les utomatistes eux-mêmes qui l'ont découverte, mais quelqu'un qui étudiait leurs écrits ; ce fait a toutes les apparences d'un élément importé du dehors ; il suggère l'idée d'une invention indépendante, d'une intelligence active constamment au travail dans le présent, et qui n'est pas simplement l'écho ou le reste d'individualités passées.
Oui, ce plan suggère l'idée d'une invention indépendante, d'une intelligence actuellement active dans le présent, non d'un écho ou d'un reste d'individualités passées. Ainsi les choses ont été en se développant, et un nouveau système encore plus compliqué de correspondances croisées de nature préméditée, évidemment expérimentale, vient d'être découvert par M. Piddington dans les textes des automatistes ci-dessus mentionnés, quand on les compare indépendamment ; on y trouve la déclaration voilée tendant à prétendre, d'une manière symbolique mais définie, que telles correspondances seront découvertes si on les cherche. Celles qui l'ont été jusqu'ici, sont rapportées dans les Proceedings ; ce sont des documents que je n'examinerai pas, car il n'est pas possible actuellement de les résumer d'une manière effective.

Résumé

Dans ces dernières années, nous avons été amenés à reconnaître que les contrôles tentent, avec persistance, de communiquer des idées définies au moyen de deux ou de plusieurs automatistes différents, qu'ils s'efforcent, en même temps, de les empêcher de communiquer entre eux télépathiquement ou subconsciemment ; qu'afin de réaliser ce projet réfléchi, les contrôles expriment les éléments de l'idée d'une manière si voilée que chacun des écrivains apporte sa part contributive sans la comprendre. Cependant chaque texte contient souvent un symbole ou une phrase concourant à l'identification, en sorte que celui qui l'examine et le critique y trouve l'indication que la concordance est intentionnelle et non fortuite ; de plus l'idée ainsi exprimée par coopération est si définie qu'une fois la solution trouvée, aucun doute ne peut subsister sur son exacte interprétation.
C'est le genre de preuves que tout récemment nous avons, a mainte reprise, obtenu. Les communicateurs nous disent qu'il y a d'autres concordances encore à découvrir par nous, et un collationnement plus attentif des documents a déjà montré que cela était vrai. Une telle démonstration exige une étude critique et attentive ; elle n'est pas sensationnelle en elle-même, mais elle tend à donner une preuve solide de l'intervention d'une Intelligence indépendante derrière l'automatiste.
« S'il en est ainsi, dit le Président actuel de la Société des Recherches Psychiques, Mme Sidgwick, il devient extrêmement important et intéressant de savoir quelle est cette intelligence. Peut-elle être un esprit encore incarné dans un corps ? Sommes-nous au contraire en rapport avec des esprits qui ont survécu à la mort du corps et qui s'efforcent, au moyen des correspondances croisées, de donner la preuve de leur intervention ? Si cette dernière hypothèse est vraie, elle signifierait que, dans la conduite de nouvelles expériences faites pour démontrer la survie, la coopération intelligente entre des esprits autres que ceux d'êtres humains, incarnés dans un corps, et les nôtres, est devenue possible. Nous aurions le droit de penser que nous arrivons à une phase nouvelle, d'une très grande importance, de l'oeuvre de la Société.
Considérons un instant tout le sens, toute la portée d'un jugement que pour ma part je tiens pour entièrement fondé malgré qu'il soit formulé comme une hypothèse : La coopération intelligente entre des esprits autres que ceux d'êtres humains, incarnés dans un corps, et nous-mêmes, est devenue possible.
Il sera difficile de présumer de l'importance d'une conclusion aussi grave dès qu'elle pourra être finalement affirmée.
Les aperçus pratiques que l'homme a de l'Univers prennent une forme nouvelle. Au moment où sa puissance de locomotion physique commence à prendre un accroissement tel, qu'il ressemble à une révolution, qu'il lui donne accès à la troisième dimension et ne le limite plus à une surface solide ou liquide, à ce moment même, sa puissance d'intercommunication mentale est en voie d'extension; il y a, en effet, des signes qui nous permettent de penser que nos communications ne seront pas bornées à celles que nous pouvons avoir avec les habitants de la Terre dont nous sommes les contemporains, mais qu'elles nous permettront d'utiliser une science et des pouvoirs supérieurs aux nôtres, au point même de nous donner des indications dignes de foi sur d'autres conditions d'existence.

 

[1] Voici un exemple « officiel » de communications qui dépassent le niveau intellectuel du médium, - Mme Piper n’a eu qu’une éducation tout à fait primaire, - et même celui des assistants, s’il faut en croire Olivier Lodge, bon juge en ces matières en raison de sa situation universitaire.

[2] Les Anglais donnent le nom de « Contrôle » à l’intelligence qui fait agir le médium.

[3] Human Personality, t 11, p. 275.

[4] Proceedings S. P. R., t. XVIII, pp. 104-307.

[5] Proc., t. XX, pp. 205-276.

[6]L. c., p. 223.

[7] L. c., pp. 241-245.

[8] Pages 269-271

[9] Voyez le rapport de Mme Verrall, p. 246.

[10] Ici, on nous permettra de faire observer que ce raisonnement n’a qu’une rigueur apparente. En effet, il suppose que la télépathie peut s’exercer entre deux personnes quelconques : l’écrivain d’une part, et un inconnu de l’autre, chose que ni l’observation ni l’expérience n’ont permis de constater. En réalité, dans la presque totalité des cas, la télépathie exige un rapport sympathique entre l’agent et le percipient, rapport qui, dans la règle, n’existe pas entre deux individus pris au hasard. Donc, si un message renferme l’indication de quelque chose connu par une personne quelconque existant en ce moment sur la terre, l’induction légitime ne nous autorise pas à supposer que c’est cette personne qui est l’auteur de cette révélation, la condition essentielle de la télépathie, c’est-à-dire le rapport n’existant pas. Et puis, parfois, le style du communicant est si personnel qu’une transmission seulement télépathique ne pourrait l’expliquer.

[11] Voici encore une affirmation trop absolue. Des renseignements sur la vie future, semblable dans le fond, fournis par des médiums qui ne se connaissent pas, acquièrent une plus grande valeur par leur concordance, car la télépathie entre vivants ne les expliquent pas, non plus que l’hypothèse que ce seraient des inventions de la conscience subliminale, car celles-ci diffèrent trop entre elles suivant les individus, pour que nous puissions nous attendre à ce qu’elles s’accordent dans des descriptions précises sur les conditions de la vie future, surtout si les médiums ignorent ce qui a été obtenu antérieurement.