Rencontre avec Nestor Masotti

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Nestor Masotti

Ce mois-ci, nous vous présentons une Rencontre avec Nestor Masotti au Centre Spirite Lyonnais Allan Kardec le lundi 18 avril 2005. Président de la fédération spirite brésilienne, il a bien voulu répondre à nos questions.

« Je voudrais tout d’abord que nous élevions tous nos pensées vers Dieu Notre Père, car nous avons appris que toute réunion spirite ne se fait pas sans la présence de Bons Esprits, et le meilleur moyen de faciliter cette intégration avec le monde spirite supérieur est la prière que Kardec nous a apprise.
Ainsi, nous demandons à Jésus et à Dieu notre père qu’ils nous inspirent à travers leurs émissaires, que nous puissions réfléchir à nos paroles, à la lumière de la vérité transmise par les esprits supérieurs à travers l’œuvre de Kardec et que, chaque fois que nous diffusons la doctrine, nous puissions refléter les enseignements moraux de l’Evangile.»

Nous souhaitons dire tout d’abord que sont présents avec nous ce soir notre ami César PERI DO CALVADO ainsi que Maria ONI, qui est une compagne de travail doctrinaire. Nous avons aussi Roger PEREZ, qui est un fidèle compagnon du mouvement spirite international et également Charles et Michel que nous avons déjà rencontré à diverses occasions.

Quel a été ton chemin spirituel ?

 le public à une conférence

En réponse à la question sur mon cheminement spirite, je peux le détailler succinctement. Quand on se retrouve dès l’âge de deux ou trois ans dans une famille liée aux activités spirites, on apprend à vivre avec les pensées spirites. Dans mon enfance, j’ai aussi reçu des enseignements à la lumière de la doctrine spirite.
A l’âge de 13 ans, j’ai commencé à faire partie d’un groupe de jeunesse spirite où était étudiée la doctrine spirite ainsi que sa divulgation.
A l’âge de 26 ans, j’ai été invité à prendre la direction d’un petit centre spirite, dans une petite ville du Brésil, et ce travail, qui a duré une dizaine d’années, m’a permis de comprendre l’importance de la doctrine spirite dans le travail social, au coeur de la société.
Ces années-là m’ont permis de comprendre l’importance d’évangéliser les enfants à la lumière du spiritisme, l’importance d’une étude programmée et planifiée du spiritisme, l’importance du développement médiumnique et de son application d’un point de vue moral dans le cadre spirite.
J’ai ensuite approfondi l’aide sociale auprès des personnes nécessiteuses, et auprès de tous ceux qui participent à la diffusion de la doctrine.
Après cela, j’ai eu l’opportunité de travailler, à Sao Paolo, au sein d’un organisme administratif qui regroupe 1000 centres spirites. J’ai ainsi pu mettre en application ce que j’avais appris, et cela a permis un travail de coopération. J’ai appris l’importance de l’union entre les différents centres spirites permettant un travail d’aide et d’appui aux groupes spirites.
Ce travail est important car pour permettre la divulgation de la doctrine spirite, il faut une multiplication de petits centres spirites bien dirigés et qui réalisent des activités d’assistance sociale. On ne peut être sûr des activités d’un centre que lorsque l’on a un nombre suffisant de petits centres qui travaillent dans une orientation fidèle à la doctrine spirite.
J’ai travaillé 12 ans à la direction des sociétés spirites de Sao Paolo et après, j’ai été invité à collaborer à la fédération brésilienne qui couvre l’ensemble du Brésil ; le Brésil a 27 états, dont Sao Paolo. Suite à ce travail fédératif au sein de la fédération brésilienne, j’ai donc été amené à travailler au niveau mondial en 1990 avec Rafael MOLINA et Roger PEREZ. En 1992, a été créé le Conseil Spirite International, et l’expérience que j’ai acquise depuis m’a toujours permis d’aider et de rester dans l’objectif clair de diffuser la doctrine spirite.

Comment s’est développé le spiritisme au Brésil ?

Concernant le développement rapide du spiritisme au Brésil, je peux dire que le spiritisme au Brésil a commencé à se développer dès 1870. À cette époque, de nombreux groupes l’étudiaient déjà comme dans beaucoup d’autres pays.
Il y avait certains groupes qui pensaient que le Spiritisme n’était qu’une philosophie et qu’il devait être étudié au sein d’une académie. Par contre, il y avait un autre groupe qui pensait que les enseignements devaient être appliqués religieusement, par la pratique de la charité évangélique.
La Fédération brésilienne a été crée en 1884. A l’image de ce groupe qui pensait essentiellement à la mise en pratique de la charité par l’assistance matérielle des personnes nécessiteuses (habillement et médicaments), et à la pratique de la médiumnité dans le but essentiel de soulager des personnes malades ou en recherche d’informations, le mouvement spirite brésilien a commencé alors un travail d’assistance sociale très étendu.
Aujourd’hui, je peux dire que tous les groupes spirites, des plus petits au plus grands, sont orientés vers la réalisation d’un travail d’assistance sociale et pratiquent un travail d’assistance spirituelle pour les personnes qui cherchent de l’aide. Les groupes ont donc mis en pratique ce que Kardec a dit de façon très claire dans « L’Evangile selon le Spiritisme » : « Hors la charité, point de salut. »
Si nous n’utilisons pas le Spiritisme pour pratiquer l’amour du prochain comme nous l’enseigne l’Evangile, que ce soit en assistant les personnes sur un plan matériel ou par l’aide spirituelle ou même par la pratique de la charité dans les relations entre les spirites ; si nous n’imprimons pas à tous nos travaux de nature spirite la marque de la charité, c’est-à-dire faire ce que Kardec nous a appris, quand il a dit que l’on reconnaît le véritable spirite à ses efforts pour sa transformation morale et aux efforts qu’il fait pour se corriger de ses défauts ; si nous ne suivons pas ce travail au sein des centres spirites, nous ne pouvons alors pas?dire que le travail est spirite et on ne doit pas s’attendre à de grands résultats.
Ces résultats ne viendront pas parce que les Esprits Supérieurs qui orientent le travail de diffusion de la doctrine spirite ne participeront pas, et ne s’associeront pas à un travail qui n’a pas la marque de la charité selon la doctrine spirite.
Au Brésil, il y a beaucoup de groupes qui sont loin d’être parfaits, beaucoup de frères qui s’efforcent de faire au mieux, qui parfois se trompent mais qui font des efforts pour s’améliorer. Mais le point marquant de tous ces groupes au Brésil, c’est cet effort pour la mise en pratique de la charité enseignée par la doctrine.

Le mouvement spirite brésilien a-t-il toujours progressé dans une voie ascendante ? Y a-t-il eu des mouvements sociaux ou politiques qui ont freiné sa progression ?

Le mouvement spirite a toujours eu une progression constante, les changements de régime politique que le Brésil a traversé, comme d’autres pays, n’ont pas porté préjudice au mouvement spirite pour deux raisons : d’une part, quel que soit le mouvement ou le régime politique en vigueur, aucun n’a interdit ou bloqué le travail au sein des centres. D’autre part, la constitution brésilienne garantit la liberté religieuse. De plus, le travail social d’aide au prochain a toujours été vu de façon positive par les gouvernements parce que ce travail répond aux besoins de l’homme. Si vous me demandez si les difficiles conditions matérielles de vie du peuple ont permis au spiritisme de se développer plus rapidement, je répondrai que ce n’est pas là un point essentiel : si on analyse la définition de la charité en réponse à la question n°866 du livre des Esprits, il est clairement expliqué que la charité ne doit pas être confondue avec l’aumône et que, selon Jésus, la définition de la charité, c’est : bienveillance pour tous, indulgence pour les imperfections des autres, et pardon des offenses.
Ces trois vertus unies nous donnent la charité. En ce qui concerne la bienveillance pour tous et l’aide que l’on peut apporter, Jésus nous enseigne, dans la parabole du bon samaritain, qu’il faut aider son prochain dans les besoins auxquels il ne peut pas subvenir par lui-même.
Ce travail d’assistance sociale a toujours existé au Brésil et existe encore ; je peux dire que dans beaucoup de pays européens, il n’y a pas la place, ni l’occasion de réaliser ce même travail.
En revanche, au Brésil, les groupes font aussi un énorme travail dans le sens de l’assistance spirituelle des personnes, et je ne connais aucun pays au monde qui n’ait pas besoin d’assistance spirituelle sous quelque forme que ce soit.
En France par exemple, on trouvera difficilement des personnes qui n’ont pas à manger ou qui n’ont pas de quoi se loger ; mais on va trouver beaucoup de personnes en questionnement, en souffrance, qui se demandent où est leur père qui leur manque, ou bien leur mère, ou un membre de la famille ou un fils qui est mort dans un accident, des personnes qui traversent des phases aiguës de dépression, des personnes qui ont des doutes sur le pourquoi de la vie et qui ne trouvent personne pour leur apporter une réponse satisfaisante, des jeunes qui se laissent entraîner dans des consommations de drogues parce qu’ils ne trouvent aucune raison de lutter et de s’attacher à la vie, des personnes qui ont des gros problèmes et des tendances au suicide, enfin tous ces problèmes variés auxquels la doctrine spirite peut apporter des réponses, mais aussi une aide grâce à un véritable amour du prochain. Par ces deux moyens, la doctrine spirite peut aider à surmonter ces difficultés.
Sans aucun doute, le problème le plus grave auquel l’humanité doit faire face aujourd’hui, ce n’est pas la recherche d’aliments, d’habits ou de toit mais c’est le manque de cet amour du prochain, que l’on ne sait plus pratiquer, et qui est la base de notre travail spirite, et dont l’esprit de Vérité nous a parlé ainsi : « Aimez-vous, c’est le premier enseignement, instruisez-vous, c’est le second enseignement. »
Dans le Christianisme se trouvent toutes les vérités ; les erreurs qui y ont été introduites sont d’origine humaine. Etre spirite, sans aucun doute, c’est mettre en pratique les enseignements que Jésus nous a légués de façon très claire, il nous a aussi très bien expliqué comment nous devons nous comporter en disant que ses disciples se reconnaîtraient parce qu’ils s’aimeraient beaucoup entre eux. Une vérité se retrouve au sein des groupes et des activités spirites, que l’on ne peut pas ignorer. Soit nous mettons en pratique la charité qui a été enseignée dans l’Evangile et que Kardec nous a expliquée de façon très rationnelle dans son ouvrage, soit nous n’arriverons pas à divulguer la doctrine spirite, ni à effectuer les services qu’elle nous enseigne à pratiquer.
Des esprits nous confirment que le Consolateur promis par Jésus, représenté pour nous par la codification laissée par Allan Kardec, est arrivé au moment opportun au milieu du 19ème siècle afin de nous préparer ou de préparer nos esprits face à la période de transition que l’humanité traverse actuellement. Période qui est donc le passage d’un monde d’expiation et d’épreuves, où ont toujours prédominé l’orgueil et l’égoïsme, vers un monde de régénération où les hommes ne sont pas parfaits mais commencent à avoir une conscience de la réalité spirituelle, et où nous pouvons faire un travail pour notre propre amélioration.
Les groupes spirites et les activités spirites doivent répondre aux besoins des êtres humains en général pour les aider à surmonter cette phase de transition avec le plus d’équilibre possible, pour aider aussi les personnes qui, en naissant, reçoivent la médiumnité, à accepter naturellement cette médiumnité et à l’utiliser conformément à l’enseignement de la doctrine spirite. C’est donc cela le travail de base que nous devons réaliser. Quand Kardec, dans « Le Livre des Médiums », nous explique la classification des spirites, il nous apprend que les spirites peuvent se classer en trois catégories : les spirites expérimentateurs sont ceux qui aiment les phénomènes médiumniques, ils aiment à prouver que les Esprits existent mais ils ne tirent pas les conséquences morales que ce contact apporte. Les spirites imparfaits sont ceux qui connaissent la doctrine et qui ont conscience de la morale que le spiritisme nous apporte en rétablissant l’Evangile, mais ne mettent pas cette morale en pratique. Les vrais spirites ou spirites chrétiens sont ceux qui acceptent la doctrine spirite, en acceptent la morale qu’elle met en évidence, et la mettent en pratique.
Il n’est pas difficile de comprendre qu’en fait il y a très peu de vrais spirites ou spirites chrétiens et que la grande masse des spirites (et je m’inclus dans cette masse) est formée de spirites imparfaits, ce qui est tout à fait naturel. Mais, si nous avons le bon sens de travailler à notre propre amélioration, si nous avons conscience d’aller toujours dans le sens du progrès spirituel, si nous cherchons à dominer les mauvaises habitudes accumulées au cours des millénaires afin de ne pas porter préjudice au travail actuel, alors nous pouvons être vraiment utiles de deux façons : non seulement dans le travail de diffusion de la doctrine spirite, l’accueil et les réponses aux personnes qui viennent chercher de l’aide, mais aussi, en parallèle, dans le travail de notre propre amélioration spirituelle, ce qui est le but premier de notre incarnation.

Peux-tu nous parler d’un séminaire qui a été discuté entre nous ces derniers jours ? (Question posée par Roger PEREZ)

Nous avons participé pendant trois jours à une rencontre de la Coordination Européenne du Conseil Spirite International. C’est une rencontre qui a eu lieu au Luxembourg, où des idées ont été échangées entre des frères de divers pays.
Ce travail d’union entre les groupes spirites permet d’aider les groupes à améliorer leur travail parce qu’il y a beaucoup de groupes qui n’ont pas une idée complète de tout ce qui peut être réalisé dans la diffusion de la doctrine spirite.
Il y en a beaucoup qui pensent que le but est uniquement d’étudier la doctrine, d’autres qui pensent que les séances médiumniques ne servent qu’à prouver l’existence des Esprits. Mais on se rend compte que ces groupes ont une énorme potentialité de travail, et donc qu’il leur est possible de s’entr’aider pour établir des programmes approfondis d’étude de la doctrine spirite, afin de comprendre la voie dans laquelle la pratique médiumnique doit être mise en application.
Une autre activité fondamentale est la réception des personnes qui viennent spontanément rechercher de l’aide auprès des groupes et aussi l’aide matérielle pour les personnes qui ont de graves difficultés, bien que ce ne soit pas le plus nécessaire en France. Un autre travail consiste à encadrer les enfants et à faire qu’ils se sentent heureux et à l’aise en apprenant à connaître les préceptes de la doctrine spirite.
Les centres spirites doivent travailler à la diffusion de la doctrine par le biais de dépliants, de périodiques, de programmes de radio et de télévision, d’affiches pour annoncer des évènements, et toutes sortes d’activités proposées par chaque groupe spirite. C’est donc dans ce but que le Conseil Spirite International cherche à organiser des rencontres internationales au sein du mouvement spirite qui seront des sessions de 4 ou 5 jours abordant en termes généraux la connaissance du mouvement et du travail d’union entre les différents groupes spirites, les questions de base d’administration des centres spirites, les différentes manières d’installer au sein des groupes des programmes d’études de la doctrine, ainsi que des cours d’étude et d’entraînement à la pratique de la médiumnité de façon à apporter aux médiums une pratique en accord avec la doctrine. Il sera aussi indiqué comment accueillir au mieux les enfants et les orienter vers la doctrine spirite.
Des contacts sont en cours avec l’Union Spirite Française et Francophone pour organiser un tel séminaire sur une durée plus courte ici en France, avec une date à confirmer qui pourrait être les 21-22 et 23 octobre 2005, et où viendraient des personnes liées à l’activité spirite et qui pourraient donner ces cours.
Un point important à clarifier dès le départ : le but de ces rencontres et de ces séminaires est d’aider les groupes spirites à gérer leur travail interne, mais nous ne voulons pas interférer dans les pratiques du groupe, ni imposer de programmes. Nous voulons juste donner des suggestions, permettre des échanges d’expériences entre les différents groupes, mais nous laissons tous les groupes entièrement libres d’appliquer ou pas l’enseignement donné. C’est vraiment un point important à souligner, dans la pratique spirite au sein de cette tâche d’union entre les spirites : la doctrine ne nous impose jamais rien, elle n’apporte jamais de contrainte à personne, comme l’esprit de Vérité l’a dit lui-même à Kardec.
Ainsi, au sein des organisations fédératives de centres spirites, comme l’Union Spirite Française et Francophone en France, comme l’Union Spirite Belge en Belgique, comme la Fédération Spirite Espagnole ou la Fédération Spirite Portugaise, notre intention n’est pas d’interférer dans l’autonomie ou la liberté des différents groupes spirites, mais seulement de chercher à aider ces groupes en leur proposant des programmes d’études, des rencontres pour des échanges fraternels entre les groupes, et d’aider les groupes à se renforcer pour accomplir leurs tâches au sein de la doctrine ; c’est le seul véritable objectif de ces organisations fédératives.
C’est peut-être difficile à comprendre pour certains, car nous avons tous des habitudes qui sont ancrées en nous-mêmes puisque nous sommes des esprits se réincarnant depuis des siècles et même des millénaires, et nous avons tous reçus une éducation spirituelle ou religieuse qui nous a été imposée, basée sur des dogmes. Par contre, la doctrine spirite, à travers le travail de Kardec, nous enseigne à la base que nous sommes des êtres libres, reliés directement à Dieu, que nous avons tous le libre-arbitre et que nous devons tous assumer la responsabilité qui découle de cette liberté. Notre rôle dans l’organisation spirite, qui est une orientation nouvelle puisqu’elle respecte la liberté des personnes, est de permettre l’union de tous, tout en préservant les individualités des personnes ou des groupes. Notre rôle est uniquement de faciliter cette union consciente et volontaire sans contraindre personne. C’est la phrase que l’on retrouve sur la tombe de Léon Denis : « Le spiritisme enseigne mais il n’impose rien ». C’est cet esprit de liberté, de dialogue fraternel que nous devons exercer même si nous ne le faisons pas très bien, car nous ne sommes pas encore entraînés à procéder ainsi, mais Kardec a dit lui-même que les groupes spirites en exerçant cette fraternité, cette union entre eux, en respectant fondamentalement l’individualité de chaque personne et de chaque institution, forment déjà les noyaux de la famille spirite, et commencent déjà au sein de ce mouvement à mettre en pratique les principes qui vont régir le monde de demain, qui sera marqué par la fraternité et la solidarité entre tous les êtres.
C’est dans cet esprit que le Conseil Spirite International et l’USFF cherchent à programmer ensemble ce séminaire car il est vraiment souhaitable de proposer aux spirites de France de se réunir afin d’examiner ensemble la meilleure façon de procéder pour le développement de la divulgation spirite, dans un sentiment d’union et de solidarité.

Peux-t-on connaître le nombre de spirites, et de centres spirites, dans le monde ? Peux-t-on avoir un état des lieux ?

Il y a au Brésil entre 10 000 et 12 000 groupes spirites, au Portugal entre 70 et 80 groupes, en Espagne, une cinquantaine de groupes spirites. En France, je pense que vous devez le savoir mieux que moi. En Angleterre, 8 à 10 groupes ; en Italie, il y en a 2 ; en Suède, 3 ou 4 ; en Allemagne, il y en a 19 ; en Argentine, il y en a une centaine ; en Colombie, il y en a un peu plus d’une centaine (120 ou 130) ; aux Etats-Unis, il y en a 50 ou 60 ; au Canada, il y en a 3 ou 4. Dans les grandes lignes, voilà la situation. Pour le nombre de spirites, c’est plus difficile à déterminer. En ce qui concerne le Brésil, il existe une information d’un organe officiel du gouvernement qui est chargé de faire les recensements, qui déclare qu’il existe 2 400 000 spirites ou adeptes du spiritisme. Mais il y a des journaux qui font des recherches et qui disent que si on y inclut les sympathisants spirites, il y aurait entre15 et 20 millions de spirites pour un pays de 180 millions d’habitants.
La liste que j’ai donnée n’est pas exhaustive, il existe au Guatemala 200 écoles spirites qui regroupent des personnes très simples, de souche descendant des indiens mayas, qui étudient la doctrine spirite et la diffusent. Au Mexique, il y a un très grand nombre de groupes mais que l’on peut appeler des groupes médiumniques plutôt que spirites. Les autres pays ont un faible nombre de spirites. Certains commencent à s’organiser, un groupe existe en Angola, il y a plusieurs petits noyaux au Japon, aux Philippines ; il y a aussi des groupes au Mozambique, en Afrique du Sud et au Cap Vert.

Quelle analyse fais-tu des pays d’Europe où le Spiritisme est aussi peu développé ? J’ai lu que beaucoup d’esprits spirites européens s’étaient réincarnés au Brésil, et le fait que de grands médiums ont vu le jour au Brésil a-t-il permis le développement du Spiritisme ?

Il y a plusieurs points de réponses, ainsi que des commentaires des Esprits sur ce sujet. Le premier point est que l’Europe a toujours été un berceau de développement social et intellectuel dans les domaines scientifiques, artistiques et philosophiques, et donc le centre de toutes ces facultés dans le monde. Mais elle a dû en parallèle souffrir des luttes et des guerres, des persécutions, de la suppression des libertés dans certains cas.
Selon certains guides spirituels, pour développer le spiritisme en Europe, il fallait que l’Europe traverse une phase comme celle du 20ème siècle, avec des épreuves dures et douloureuses comme l’ont été les deux guerres mondiales et l’absence grave de liberté politique dans certains pays. Ces évènements ont rendu plus difficile le développement d’un travail spirite tel qu’il a été codifié, car un des principes de base de la doctrine spirite est la liberté.
Un autre facteur important est le développement bien différent de l’Amérique dans le domaine religieux par rapport à l’Europe. De nombreux missionnaires de ce développement religieux sont venus en Amérique, et particulièrement en Amérique du Sud, et ont toujours enseigné le christianisme en suivant les principes du christianisme primitif tel que Jésus l’a mis en pratique, et tel qu’il est défini dans les Evangiles.
Dans ce climat, et grâce à la connaissance du christianisme primitif dans toutes les Amériques, nord et sud, les personnes font une distinction très nette entre le christianisme tel que Jésus l’a pratiqué il y a 2000 ans, et les pratiques qui ont été amenées et imposées par les différentes religions traditionnelles, qu’elles soient catholique, protestante, ou orthodoxe. En revanche, en Europe, les gens ont du mal à distinguer le christianisme du catholicisme et ils ont beaucoup de mal à faire la distinction entre la religion et l’Eglise.
Dans les Amériques, ces deux notions sont complètement distinctes et différentes. Dans le christianisme, on voit les pratiques dont Jésus nous a donné l’exemple : l’absence de violence, de guerre, la tolérance et la simplicité. Par contre, quand on parle de catholicisme, on voit l’Eglise, le pape, les curés, les rituels. De même dans le protestantisme. Mais les gens voient tout de suite la différence des pratiques et ils vivent sans aucun problème avec les différentes religions.

Ici, en Europe, il y a plus de mal à faire cette différence et c’est pour cela que, quand on dit qu’au Brésil le spiritisme est une religion, c’est dans le sens où le disait Kardec, une religion sans culte, qui parle de la prière, de Dieu et de l’âme. Suivant l’enseignement de Jésus, Léon Denis a dit : « Ayez pour temple, l’univers ; comme autel, la conscience ; pour image, Dieu et comme loi, celle de la charité. » Et c’est cela la religion du spiritisme, sans sacrement, sans culte, sans habit sacerdotaux, sans autel, sans idole, ainsi que nous y invite la Providence Divine depuis de nombreux siècles, voire des millénaires ; c’était déjà demandé dans l’Ancien Testament par Moïse et c’est ce que Jésus est venu rappeler en disant à la samaritaine qu’il fallait qu’elle cultive Dieu en esprit et en vérité. Le spiritisme nous rappelle tout cela pour que nous apprenions à mettre en pratique la véritable religion.
Beaucoup de gens disent que ceci est une interprétation des brésiliens mais vous pouvez tous regarder dans les « Oeuvres Posthumes » ce qui a été conseillé à Allan Kardec le 30 avril 1856, au début de sa mission : Allan Kardec raconte qu’ils étaient réunis (à peu près sept personnes) quand le médium, avec une corbeille, écrivit un message[1] parlant des changements à venir et disant que tout serait détruit mais de façon temporaire, qu’il n’y aurait plus de religions mais qu’une seule se ferait nécessaire, vraie, grande, belle et digne du Créateur ; « ses bases ont déjà été posées et quant à toi, Rivail, c’est là que réside ta mission. » Quand Kardec relate cela, il signale que le panier, qui avait un bec, s’est alors tourné vers lui. À ce moment-là, il s’est effrayé, mais il n’a pas reculé devant la tâche qui l’attendait.
Alors que le 1er novembre 1868, dans le dernier discours doctrinal d’Allan Kardec, le jour de la commémoration des morts, il a évoqué le sujet de la religion du spiritisme et, après avoir développé un discours assez long sur la pensée et le développement de la pensée, il nous a dit : « le spiritisme est-il donc une religion ? oui, et nous le glorifions parce que c’est cette doctrine qui unit tous les hommes par l’union fraternelle. » et à la fin de ce discours, il insère ce qu’il a appelé le credo du spiritisme où il résume tout ce qui est offert par la doctrine spirite, et termine en disant que ce credo, c’est la base de la religion du spiritisme, en soulignant que c’est une religion qui unit tous les cultes et qui peut offrir une orientation spirituelle à tous les hommes. ( Revue spirite de décembre 1868 ) On voit bien la nécessité de la connaissance et de la pratique spirite. Nous devons tous travailler à compléter nos capacités et nos connaissances, remettre en question la définition de certains mots, et nous devons assumer aux mieux ces concepts dans la pratique spirite pour pouvoir évoluer nous-même plus vite.

Que pense la Fédération Spirite Brésilienne du mouvement Umbanda et du Mouvement Evangéliste au Brésil ?

La médiumnité existe dans le monde depuis que l’homme existe, la religion primitive de l’homme est le totémisme, et elle est basée sur le phénomène médiumnique, c’est-à-dire la communication entre les esprits et les hommes. Plusieurs anthropologues sont d’accord sur ce point.
La médiumnité a aussi existé dans les périodes du polythéisme et du monothéisme. La période de l’Ancien Testament est une période riche en médiumnité avec Moïse qui a reçu les tables de la Loi, ce qui, suivant Emmanuel, est le premier livre psychographié dans le monde. Il y a aussi la période des prophètes, riche en phénomènes médiumniques et cela s’est accentué durant le christianisme, avec par exemple le moment où l’ange Gabriel a prévenu Marie de la venue de Jésus. Cela a continué avec les phénomènes qui ont eu lieu à la Pentecôte et tout au long des actions des apôtres.
Dans l’Eglise, beaucoup de saints ont été sanctifiés suite à la production de faits médiumniques mais ces faits n’ont jamais été bien étudiés comme Kardec l’a fait. Avant, beaucoup de personnes ne savaient pas comment gérer la médiumnité, et, suivant ce qu’ils faisaient, ils pouvaient être brûlés comme les sorcières ou canonisés comme les saints. En France, il y a un exemple qui est superbe et marquant , c’est celui Jeanne d’Arc, qui a été brûlée suite à ses manifestations médiumniques, puis plus tard canonisée pour les mêmes raisons.
Le fait médiumnique en soi n’a pas changé depuis. La codification des esprits est venue au 19ème siècle, elle a aujourd’hui 158 ans et « Le livre des Esprits » a été la première étude sérieuse qui permettait de comprendre et de gérer un phénomène séculier qui était la médiumnité. Il a fallu que la Providence permette l’incarnation d’un homme d’une morale très élevée cherchant la vérité avec persévérance. Lui, devant le phénomène des gens jouant avec les tables, a raisonné avec sérieux en disant : « Nous sommes devant un fait ; tout effet a ses lois, on va rechercher quelles sont ces lois et les utiliser pour le bien » et il s’est surpris lui-même car lorsqu’il a commencé à poser des questions sérieuses aux Esprits qui étaient là, immédiatement des Esprits sérieux sont venus répondre à ses questions et les Esprits légers sont partis. Kardec a réalisé cela sans le vouloir et cela peut servir encore aujourd’hui de référence dans nos travaux au sein des groupes spirites. Si on veut être assisté par des Esprits bons et élevés, il faut donner à notre travail un but élevé, du sérieux et de la discipline, et si on ne fait pas cela, les Bons Esprits ne viendront pas, ils laisseront la place à des Esprits plus légers.
A Chico Xavier, les Esprits ont quelquefois dit : « Ton travail est difficile, parfois tu souffres et tu reçois des coups suite à l’adversité des autres, mais pendant que tu souffres et que tu reçois des coups, nous sommes avec toi pour te renforcer, pour t’aider à supporter et à persévérer dans le bien. Le jour où, au lieu de recevoir des coups, tu voudras réagir en essayant de rendre les coups ou en agressant les autres, tu peux être sûr que nous ne serons plus de ton côté et tu seras tout seul à prendre la responsabilité de tes actes. » L’Umbanda, c’est une pratique qui, selon les umbandistes, a plus de 10 000 ans ; ils cherchent à pratiquer le bien, ils cherchent à aider le prochain, ils n’ont aucun compromis avec le christianisme mais c’est une pratique médiumnique. La Fédération Spirite Brésilienne a un grand respect pour l’Umbanda au même titre que la FSB respecte n’importe quelle autre religion, même les Evangélistes, même si parfois ils exagèrent. Chacun d’entre eux fait ce qu’il peut avec sa compréhension des choses.
Depuis la mort du pape, il y a quelques jours, certains journalistes sont venus demander l’opinion de la fédération brésilienne. La doctrine spirite reconnaît le véritable homme de bien, c’est celui qui respecte la loi de justice, d’amour et de charité dans sa plus grande pureté. La FSB a vu dans les efforts du pape, dans le cadre des responsabilités qu’il avait au sein de l’Eglise, le travail d’un homme de bien, cherchant à faire au mieux suivant ses possibilités en faveur du prochain et c’est la raison pour laquelle, nous prions de notre côté pour qu’il soit reçu en paix par Jésus.
Les Esprits supérieurs nous ont dit, par l’intermédiaire de Kardec, que les enseignements spirites auront une influence dans toutes les religions et que notre rôle est d’aider les hommes à comprendre uniquement ce qu’ils ont les moyens de comprendre. La divulgation du spiritisme ne fait aucun prosélytisme et nous ne sommes pas préoccupés par la conversion des gens au spiritisme. Quand des personnes sont intéressées, on les invite à étudier et on leur dit : « N’acceptez que ce que votre raisonnement accepte de comprendre et n’acceptez rien avec une foi aveugle ». C’est dans ce même sens que Kardec a fait sa démarche et a eu de grands résultats en réunissant la foi et la raison et c’est cette union entre la foi et la raison qui doit être à la base de tout travail spirite dans le monde. Il faut que nous nous efforcions de diffuser la doctrine afin qu’elle soit connue, tout en laissant aux personnes la liberté de l’accepter ou ne pas l’accepter, voire même de la combattre.
Nous avons le devoir de bien évaluer le travail que nous faisons, d’étudier correctement la doctrine spirite, et de pratiquer correctement les enseignements au sein de nos groupes spirites, pour pouvoir divulguer correctement les enseignements à d’autres personnes. La fédération de Porto Allegre de l’état du sud du Brésil a fait faire un sondage et, suite à une question concernant le nombre de personnes qui sont revenues dans un centre spirite après y être allées une première fois, sur quatre personnes qui y sont allées, une seule continuait à fréquenter le centre. La fédération a donc été alertée sur les déficiences des groupes dans l’accueil des personnes qui viennent pour la première fois dans un centre spirite. Sur cette base, le conseil de la fédération brésilienne réalise un travail pour faire prendre conscience aux centres spirites qu’il est fondamental de bien recevoir les personnes qui arrivent pour la première fois dans un centre spirite. La majorité des dirigeants et des personnes qui travaillent dans un centre spirite, dans leur préoccupation de ne pas chercher à faire du prosélytisme, finissent par avoir une position très froide vis à vis des nouveaux arrivants. Si les responsables du centre ne donnent pas à ceux-ci l’attention espérée, ne cherchent pas à savoir quels sont leurs problèmes et en quoi ils peuvent être aidés, s’ils n’entourent pas les personnes d’un véritable sentiment de fraternité, ces personne ne reviennent plus. Un très grand travail est actuellement réalisé au sein de la Fédération Spirite Brésilienne pour alerter les membres des centres spirites, afin qu’ils mettent en pratique correctement les enseignements du spiritisme : il est du devoir de chacun d’aimer son prochain et en particulier ceux qui viennent à la recherche d’explications ou de secours. Cet amour pour le prochain doit être clair et manifesté de façon ostensible, sans chercher pour autant à les « convertir ». Un grand amour mais qui reste caché n’arrive pas à engendrer le résultat recherché.

Y a-t-il eu au Brésil des messages ou des communications concernant l’évolution du spiritisme dans le monde ? Y aura-t-il de grands changements ? Ou de nouvelles incarnations importantes ?

Les Esprits cherchent toujours à nous prévenir qu’ils vont continuer à travailler à une large diffusion du mouvement spirite, peut-être même en divulguant davantage les idées spirites telles que la communication avec les Esprits, la réincarnation, la bonté de Dieu, ou encore le fait que Jésus représente un modèle pour l’humanité. Et la Providence Divine emploiera tous les moyens pour arriver à son but. Sans que nous ayons d’informations particulières sur ce sujet, on peut constater la présence de nombreux jeunes parmi les spirites ; et l’on s’aperçoit que ce sont des esprits déjà mûrs, qui avaient déjà une bonne connaissance du Spiritisme avant de se réincarner, et qui se sont réincarnés pour aider au travail de diffusion du Spiritisme.
On peut constater ce fait sans le demander aux Esprits et ce sont ces jeunes que l’on doit recevoir le mieux possible parce qu’ils ont un très gros travail à faire par la suite, parce que l’on a besoin de travailler à un monde nouveau, même avec des raz de marée, des tours qui s’écroulent, et tous les graves problèmes humains. On peut constater que le monde s’améliore, y compris sur le plan moral, et il nous faut donc travailler à la construction des bases morales de ce nouveau monde. Ceux qui ont le plus de responsabilités pour construire ces bases morales, ce sont les spirites, qui ont bénéficié, par l’enseignement des Esprits, d’une connaissance approfondie du message de l’Evangile. L’esprit de Umberto de Compost, écrivain qui s’est communiqué par l’intermédiaire du médium Chico Xavier, nous rapporte une histoire intéressante dans un livre qui s’appelle : « Lettres et chroniques ».
Une nuit où Kardec dormait, il a été amené par les Esprits dans le monde spirituel, et a été conduit par son guide dans une région du monde spirituel où beaucoup d’Esprits souffraient ; l’angoisse de ces Esprits était telle qu’elle a profondément touché la sensibilité de Kardec. Ému par la douleur de ces Esprits, il a demandé au guide qui l’accompagnait : « Qui sont ces Esprits qui souffrent tant ? Est-ce que ce sont ceux qui ont crucifié Jésus ? - Non, lui a répondu le guide spirituel, car ceux qui ont crucifié Jésus, ont déjà eu l’occasion d’apprendre l’Evangile et ont évolué ».
Kardec a donc demandé : « Est-ce que ce sont les Esprits qui, au nom de Jésus, ont commis tant de crimes et provoqué tant de désastres ? ». Le guide lui a répondu que ce n’étaient pas ceux-là non plus, car ces Esprits, en reconnaissant leurs erreurs, ont déjà repris le chemin du bien.
Après plusieurs autres questions de ce genre sur des guerriers ou d’autres criminels, Kardec a fini par demander : « Quels sont donc ces Esprits qui souffrent tant ? »
Le guide spirituel lui a répondu : « Ceux que tu vois ici sont les Esprits qui ont connu l’Evangile mais ne l’ont pas mis en pratique, et, pour ces Esprits-là, même le fait de se réincarner pose parfois de grosses difficultés. »
Pour Kardec, cette réponse a été un choc et il s’est réveillé brutalement dans son lit. Il a pris un carnet qui était sur sa table de chevet pour écrire quelques notes. Le soir suivant, alors qu’il travaillait à la codification de la doctrine spirite, il a posé cette question aux Esprits : « Pour répondre à la volonté de Dieu et répondre aux besoins de notre évolution, est-ce qu’il suffit de ne pas pratiquer le mal ? » Les Esprits ont répondu : « Non, il est absolument nécessaire de faire le bien dans les limites de vos possibilités, car toute action de bien que vous ne faites pas, alors que vous le pouviez, représente par cela même un mal. »
C’est cette réponse à la question 642 du livre des Esprits, qui montre bien toute l’ampleur de notre responsabilité. Pour nous, la doctrine spirite est consolatrice, elle nous éclaire, elle nous calme intérieurement, mais en contrepartie, elle nous donne la grande responsabilité d’aider à sa diffusion et à sa pratique. Les guides spirituels ont prévenu beaucoup d’entre-nous que de nombreux spirites se désincarnent et se retrouvent dans une situation malheureuse non pas parce qu’ils ont pratiqué le bien, mais parce qu’ils n’ont pas fait autant de bien qu’ils auraient dû en faire.
C’est donc à méditer : il faut bien comprendre ce que l’on fait, et tout ce que l’on doit faire de ces connaissances acquises par les enseignements spirites. Nous appliquons les enseignements spirites en suivant notre libre-arbitre, mais celui-ci n’est jamais seul, il est toujours accompagné de notre responsabilité.

Tout à l’heure, vous avez cité Jeanne d’Arc. Pour nous français, Jeanne d’Arc évoque la notion de « patrie ». Or, comment concilier la notion de « patrie », qui divise, avec celle de l’amour du prochain, qui englobe tous nos frères humains ?

La France a eu et a toujours une très grande responsabilité dans la diffusion de la philosophie, de la morale, de la science, des arts. D’autres pays ont d’autres responsabilités. Par exemple, le Portugal et l’Espagne ont été chargés par la Providence Divine de traverser les océans et de découvrir les Amériques.
L’Amérique du Nord a eu sa responsabilité dans la mise en pratique de la liberté qui avait germé et grandi en France. En Amérique du Sud, il y a une ambiance propice à la fraternité entre les peuples. Chaque pays, dans son époque, a eu une responsabilité qui lui a été donnée par la Providence Divine ; l’Egypte a eu la sienne, la Grèce, les Romains ont eu la leur, et, aujourd’hui, ce que les Esprits supérieurs attendent de nous tous, c’est que chaque pays accomplisse sa mission et pratique la fraternité avec les autres. C’est la même chose qu’attend un père de ses enfants. ?
Si vous permettez que je fasse un appel du fond du cœur, c’est que les groupes spirites de France approfondissent leurs pensées dans la connaissance spirite, et leurs sentiments dans le sens du développement des relations entre tous ; nous avons tous un très beau trésor entre les mains, ce sont les enseignements spirites, et, sans exagérer, cette vérité que Kardec nous a léguée dans la codification peut être le meilleur de que ce que la Providence Divine a apporté à l’humanité. Mais nous ne pouvons pas, nous n’avons pas le droit de garder ce trésor pour nous ; au contraire, nous devons le mettre à la disposition du monde entier. C’est le destin des enseignements spirites, et jamais nous ne pourrons le faire isolément : ce n’est que par l’union entre nous tous que nous pourrons surmonter les obstacles, éviter les difficultés et ainsi permettre la diffusion des enseignements spirites.
Il y a une phrase dans un livre spirite au Brésil qui dit : « Dans le spiritisme, le seul ennemi, c’est la désunion ». C’est important de s’unir et l’Esprit de Vérité, dans « L’Evangile selon le Spiritisme (chapitre XX, n°5) », nous parle explicitement de cette union quand il dit : « heureux seront ceux qui auront travaillé dans le champ du seigneur avec désintéressement et sans autre but que la charité. Heureux ceux qui auront dit à leurs frères : «Travaillons ensemble et unissons nos efforts pour que le Seigneur, en arrivant, trouve l’œuvre terminée parce que le Seigneur nous dira : venez à moi, vous qui avez su faire taire vos jalousies et vos rivalités pour que l’œuvre de la divulgation des enseignements spirites ne soient pas retardée. »
En prenant pour base les enseignements spirites et en travaillant dans l’union comme le recommande l’Esprit de Vérité, nous pourrons nous préparer à nous désincarner victorieusement, ayant relevé ce défi qui nous est proposé par la Providence Divine en tant qu’ouvrier de la dernière heure.