Rufina Noeggerath

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Rufina Noeggerath

Ce mois-ci, nous vous présentons Rufina Noeggerath. Auteur de l'ouvrage, la survie, sa réalité, sa manifestation, sa philosophie, Rufina s'intéressa au spiritisme avec toute la vivacité dont elle était capable. Elle était l'âme du mouvement spirite en invitant dans son salon, des penseurs, des écrivains et des artistes.

Rufina Noeggerath, née en 1821 et décédée en 1908, serait d’origine finlandaise. Marié à un médecin et magnétiseur, on suppose que ce fut par lui qu’elle s’initia aux connaissances concernant le magnétisme animal et le somnambulisme magnétique.
A la mort de son époux en 1852, elle chercha à rentrer en communication avec lui, ce qui l’amena au spiritisme à la fin du second empire. Au-delà de cette motivation personnelle, elle s’intéresse ainsi aux preuves de survie après la mort, avec une démarche qui se veut scientifique : « La survie est une vérité prouvée, indéniable, en dehors de tout dogme. Elle ne peut-être considérée comme une religion, attendue que son étude a pour résultat d’affranchir l’esprit, de rendre la pensée libre et qu’elle est accessible à tous quelque soit ses convictions religieuses ».
Rufina s’affranchissait ainsi des différentes formes de religion et de leur expression terrestre en réunissant chaque croyance, chaque forme par laquelle la foi pouvait s’exprimer sous le drapeau du spiritisme.
Médium douée, elle crée son propre groupe spirite. Ses communications sont fortement marquées par la tolérance et l’anti-cléricalisme. Ce groupe se réunissait tous les mercredis et avait pour but d’aider tous ceux qui souhaitaient approfondir leur passion pour les sciences spirites. Ce sont ces qualités morales, sa bonté naturelle et son inépuisable charité qui lui ont donné le surnom de Bonne Maman. La survie

Rufina est l’auteur de plusieurs ouvrages spirites dont La survie, sa réalité, sa manifestation, sa philosophie. Elle y relate bon nombre d’expériences qu’elle a menée, notamment avec le poète et écrivain Camille Chaigneau. Dans cet ouvrage, elle nomme les hommes morts pour la Terre les extra-terriens et non les Esprits, en voici l’explication : « Si les visiteurs d’outre terre n’adoptent point le mot « spiritisme » et autres expressions dérivant de ce mot, ce n’est point, loin de là, pour se séparer des spirites, des Allan-kardécistes, ces courageux qui ont fait la brèche par où est entrée la lumière répandue dans le monde entier. Quand on a pris part à la peine, on doit prendre part à l’honneur. Il n’y a rien de blessant pour personne à ce que l’on cherche l’expression juste dans le but d’éviter toute controverse. Or la qualification d’esprit est impropre, puisqu’il n’y a point d’esprit qui ne soit enveloppé de matière ; dans l’espace, on garde toujours plus ou moins de matérialité. Nos découvertes ne vont pas plus loin. L’étude de la survie établit les preuves de la continuité de l’existence par la transformation ascensionnelle et perpétuelle. Rien ne se perds, la matière, bien qu’en s’allégeant sans cesse, est éternelle comme l’Esprit. »
Nous trouvons intéressant d’en parler ici, bien qu’il ne s’agisse que d’une question de vocabulaire, nous nous en rendons bien compte. En ce qui nous concerne, nous nommons les Esprits toute personne qui s’est dégagée de son enveloppe corporelle terrestre, ce qui renvoie à la même image, mais la subtilité du vocabulaire pouvant entraîner parfois de nombreuses controverses, il nous a semblé intéressant de nous attarder momentanément sur la réflexion de Rufina dans son ouvrage. Cela renvoie également aux enseignements spirites qui nous recommandent de nous attacher plus au fond qu’à la forme, car de toute évidence, le vocabulaire terrestre ne permettra jamais de couvrir toute l’étendue des connaissances et des enseignements que nos guides et les Esprits supérieurs nous transmettent avec bienveillance. Cet état de fait est d’ailleurs repris un peu plus loin dans le livre lors de la communication de ce que Rufina appelle un directeur de médium et qu’elle définit comme « un invisible qui l’assiste plus particulièrement et qui se charge de la direction générale des séances, quand elles ont une suite régulière. Il s’occupe des extra-terriens qui désirent se communiquer ; on trouvera dans ce livre plusieurs exemples de ce fait » :

Insuffisance du langage terrien

« (Celui qui s’incarne dans le médium palpe ses vêtements qui paraissent le gêner ; il essaie d’ôter ses bottines ; la chaîne de montre l’étonne ; enfin, il semble prendre son parti d’être ainsi vêtu, et il s’incline profondément de quatre côtés différents.)
Je salue le Nord, le Midi, l’Orient, l’Occident, car Dieu est partout. (Il attache un mouchoir à sa ceinture et fait signe qu’on peut supposer le reste du corps nu) 
Je fais cela pour vous indiquer que je ne suis pas Européen : je suis un fakir.
C’est une tâche bien difficile que nous avons entreprise de chercher à faire comprendre des choses qui demandent à être lues non pas une fois, deux fois, mais jusqu’à ce qu’on ait saisi la pensée de l’auteur.
Or, pour nous particulièrement, il est excessivement difficile de rendre clairement nos pensées, parce que la langue que vous employez renferme certains mots qui ont un sens faux, et ils vous en manquent qui seraient indispensables pour exprimer nos idées. Ainsi les mots « punir, récompenser » représentent des idées inexactes ; « création » dénomme un fait qui n’est pas réel ; « commencement » et « fin » donnent un sens positif ou définitif à des états qui ne sont que relatifs, etc., etc.
Soyez donc indulgents toujours si vous trouvez que certaines choses ne sont pas exprimées dans un langage clair et élégant, car nous sommes obligés de rassembler les mots de notre mieux pour donner corps à une pensée qui ne peux se traduire par des termes appropriés qui vous manquent. Moi, j’ai à surmonter une nouvelle difficulté pour vous parler ; je dois traduire dans le cerveau du médium la langue que je parlais sur la terre, car dans aucune de mes incarnations je n’ai parlé le français.
- Votre nom, cher ami, s’il vous plait ?
- Appelez-moi simplement :
Le fakir »

C’est pourquoi il est de la plus haute importance d’accorder toute notre attention et notre sens critique aux messages qui nous sont transmis par les Esprits, non seulement car certains Esprits peuvent chercher à nous abuser, mais également et surtout car notre condition d’incarné, le langage que nous utilisons entrave la libre expression des Esprits, amenant parfois à des non sens apparent, alors qu’il ne s’agit que d’un problème de sémantique.
Nous nous en doutons tous au plus profond de nous-mêmes, toutefois, c’est une notion que chaque médium doit clairement garder à l’esprit. C’est pourquoi il est d’autant plus important pour chaque médium qui souhaite se rapprocher de la vérité de poursuivre son évolution, par sa volonté de se rapprocher de son guide, à rester concentré sur son travail, par sa confiance en ses propres capacités et en les intuitions que lui transmettent son guide et les Esprits supérieurs afin de décrypter les messages transmis lors des communications spirites. Il ne s’agit pas ici de remettre en doute chaque mot qui sera donné, ce qui constituerait un filtre, une entrave supplémentaire à la communication des Esprits, mais plutôt de rechercher dans le message reçu ce qui a voulu être transmis.

Sources 

Amis et passionnés du Père Lachaise
Revue d'histoire du 19ème siècle
Centre spirite de Rennes