Les hôpitaux spirites

le .

 hôpitaux spirites

Ce mois-ci, nous vous présentons Les hôpitaux spirites. Quel est le rôle des médiums dans les hôpitaux spirites du Brésil ? Comment travaillent-ils ? Voici un article tiré du journal l'Inexploré qui répond à ces questions.

Il existe au Brésil une association nommée Association médico-spirite. La présidence est la gynécologue Marlène Nobre, cette association regroupe une vingtaine d’hôpitaux qui proposent en parallèle à des soins médicaux une approche spirituelle afin de soulager les maux.

 malade

« Face à des cas difficiles, nous faisons souvent appel à des médiums » reconnaît Roberto Lucio Vieira de Souza, directeur clinique de l'hôpital André Luiz de Belo Horizonte. En complémentarité aux traitements administrés pour des troubles psychiques, comme la bipolarité ou l'anxiété, il préconise également la lecture de L'Évangile selon le spiritisme d'Allan Kardec.
Cet hôpital propose les mêmes services d’internement, d’assistance d’urgence ou de soins de jour que dans un hôpital classique mais désire aussi promouvoir une approche spirituelle de l’individu avec 350 bénévoles dédiés à l'accueil fraternel et l'assistance spirituelle
« Pour nous, l'homme est avant tout une âme et la santé, la parfaite harmonie de celle-ci. Plus précisément, nous considérons que l'être n'est pas seulement doté d'un corps et d'un mental, mais aussi d'un périsprit, une enveloppe subtile qui fait le lien entre l'esprit et la matière, capte le fluide cosmique et nous nourrit d'élan vital. Cette dimension doit être prise en compte dans notre approche de la maladie. » Explique Marlene Nobre.

Voici comment cela se passe

« Dès son admission, le patient est pris en charge par un bénévole ; le fait même d'être accueilli avec bienveillance et écouté lui permet de se calmer » explique le Dr Vieira de Souza. A cette occasion, il est interrogé sur sa vie religieuse et son souhait de bénéficier, en plus des thérapies habituelles, d'un soutien spirituel entièrement gratuit dont le contenu sera coordonné par une direction spécifique.
C’est sans obligation, ni prosélytisme car personne ne reçoit ce soutien contre son gré ; la famille et le malade doivent signer un accord. Ensuite, la médecine reprend ses droits : examens par différents spécialistes, traitements allopathiques, neurostimulation, psychothérapie, consul psychologiques, accompagnement par l'art, la musique le sport...

Comment se déroule l’aide spirituelle

  En ce qui concerne les activités spirituelles, on pratique la prière, les lectures et les discussions « autour des valeurs universelles d'amour, de pardon, d'humilité ou de solidarité, dans le but de provoquer une réforme intime chez le patient, encourager ses pensées positives et son évolution morale. »
On effectue aussi des passes spirituelles, des bénévoles les réalisent sur les patients qui le souhaitent. Accomplies par des médiums qui, secret médical oblige, ne savent rien du patient, ces impositions des mains sont destinées à transmettre un peu de fluide cosmique. Dans la même logique, on propose de l'eau magnétisée, vue comme un réservoir et un véhicule du fluide guérisseur.

Mais le rôle des médiums ne s'arrête pas là. Régulièrement, ils participent, au sein de l'hôpital dans la salle dédiée aux activités spirituelles, à des séances de désobsession, destinées à débarrasser certains patients de l'emprise de mauvais Esprits.
Puis moins une par jour à la demande du psychiatre traitant, on interroge des médiums, qui ne savent rien des patients, pour avoir des compléments d’informations sur la vie du patient ou d’une vie passée afin de tenter de comprendre une phobie ou une souffrance chronique. Les seuls indices dont disposent les médiums sont les noms et les prénoms.
« Notre rôle est de rester neutres. On n'est pas là pour juger ni statuer sur ce qui est vrai ou pas, mais comprendre comment accompagner la personne et l'aider à développer ses forces intrinsèques. Il faut toutefois éviter l'amateurisme : les troubles psy­chologiques sont complexes, les souffrances réelles, et leur traitement ne peut se limiter à «quelques tours de passe-passe divinatoires par de pseudo-thérapeutes, insiste Julio Peres, psychologue clinicien. On ne va pas triturer dans l'inconscient des gens impunément ! La mémorisation des vies antérieures, par exemple, est un outil de compréhension, pas un traitement en soi. Si on fait régresser les patients sans maîtriser ensuite la prise en charge des contenus traumatiques, leur situation peut empirer. »
Lui-même raconte avoir identifié, par régression mémo­rielle, des traumas liés à des vies passées : « Une jeune Brésilienne de 16 ans avait une peur panique du bruit. Ton­nerre, feux d'artifice... Elle savait que ses réactions étaient exagérées, mais ne parvenait pas à les contrôler. Rien dans son existence actuelle ne justifiait ce trouble. Quand on l'a fait régresser, elle a dit se retrouver en Crète, en 1941, dans la baie de Suda, sous les bombardements allemands. Elle est morte sous l'éclat d'un obus. »
Un contenu que Julio Peres a d'abord traité comme symbolique, jusqu'à apprendre que la bataille avait bien eu lieu, dans les circonstances décrites par l'adolescente. « Cette thérapie lui a permis de travailler sur sa peur. Il est plus facile de se libérer des symp­tômes quand on comprend à quoi ils sont liés. »

Tiré de l’article « Les médecins et les Esprits » du bulletin Inexploré numéro 17, janvier, février, mars 2013