Le docteur Lucien Moutin

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Lucien Moutin

Ce mois-ci, nous vous présentons Le docteur Moutin. Très tôt, il se passionna pour les phénomènes psychiques et le magnétisme. Même si ses idées différent parfois de celles spirites, notamment à propos de la réincarnation, il apporta par ses recherches des informations intéressantes sur les divers états et sensations que l'on éprouve lorsque l'on est en transe et le magnétisme ou le somnambulisme, nous ouvre une porte sur l'inconnu.

 Le magnétisme humain

Victor-François-Lucien Moutin nait dans le Vaucluse à Villes-sur-Auzon en 1854. Dès 19 ans, il montre un intérêt tout particulier pour le magnétisme cependant, il se lance dans des études de médecine qui lui permettent enfin de s'installer à Avignon.
Une fois médecin, il retourne alors à ses intérêts premiers et s’affirme au fil des livres et des articles qu’il rédige comme un réel spécialiste de l’hypnotisme et du magnétisme. C’est d’ailleurs, dans son ouvrage Le diagnostic de la suggestibilité qu’il développe sa célèbre méthode pour reconnaître les sujets qui sont susceptibles d’être endormis par le magnétisme.
Sillonnant la France pour réaliser ses démonstrations de magnétisme, Lucien Moutin obtient de nombreuses attestations qui viennent garantir de la qualité de ses expériences, il voit par ailleurs son travail récompensé par la presse de l’époque (Le Gaulois, Le Voltaire ou Le Figaro) qui se met progressivement à relater ses expériences.
Reconnu par ses pairs, il préside à Nancy La société française d’étude des phénomènes psychiques et dès 1890 la société psychomagnétique où il siège au côté du Docteur Gérard Encausse qui est bien connu des milieux occultistes sous le nom de « Papus ».
Cette société organise alors de brillantes soirées de magnétisme auxquelles participent le Tout-Paris de l’époque, on y retrouve des actrices célèbres venues présenter des extraits de leur pièce, des pianistes renommés jouant des airs à la mode. C’est au milieu de ces réunions qui ont parfois plus sûrement l’allure d’un salon mondain que le docteur Lucien Moutin présente ses plus récentes expériences comme le relate le journal L’initiation de mai 1890 : « contractures, paralysies, transferts, automatismes, sensations de chaleurs et de froid, tous ces phénomènes ont été subis par les sujets, très étonnés de ne pouvoir résister à la volonté de l’opérateur et riant les premiers de leur impuissance absolue ».
La reconnaissance dont il est l’objet l’amène à être nommé directeur de La revue illustrée d’études psychologiques en 1892 ou encore de se voir accréditer co-directeur (avec Papus) de L’Ecole pratique de magnétisme et de massage fondée par Hector Durville. Cette école qui s’affirme comme une vraie pionnière en la matière assure une formation diplômante pour les masseurs praticiens dans le but de « mettre le magnétisme à la portée des gens du monde » ; le diplôme obtient d’ailleurs un succès tel qu’il est bientôt reconnu par l’académie de Paris.
En 1899, la fédération spirite universelle qui se transforme en société française d’Etude des Phénomènes Psychiques nomme le docteur Moutin comme président.
Cependant, c’est au cours du congrès spirite du 16 septembre 1900 à Paris où Léon Denis est nommé président assisté de Monsieur H. Durville pour la section magnétisme et où se retrouve le docteur Encausse (Papus) que s’engage une vive polémique.
Entre Léon Denis et le docteur Moutin, les idées divergent sur la théorie de la réincarnation. Par la suite, la côte du magnétiseur semble connaître un lent déclin, il ne rédigera en effet plus qu’un article qui date de 1901 sur la qualité des masseurs et magnétiseurs non médecins « suffisamment instruits pour appliquer leur art au traitement des maladies » puis en 1907, Le Magnétisme humain, l'hypnotisme et le spiritualisme moderne considérés aux points de vue théorique et pratique et enfin en 1913, sa dernière publication qui est Le Manuel pratique d’ostéopathie.
Le docteur Lucien Moutin, nommé officier d'académie s’éteint avant la fin de la grande guerre, sans que les circonstances et la date de son décès ne soient déterminées.
Il laisse néanmoins un legs important avec sa méthode pour déterminer l’impressionnabilité d’un sujet et des ouvrages précurseurs en matière de somnambulisme.