Darwin et l'évolution

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Darwin

Ce mois-ci, nous vous présentons Darwin et l'évolution. Il peut paraître surprenant, au premier abord, de trouver un article ayant pour objet Darwin et sa théorie de l'évolution dans un site consacré au Spiritisme. Les théories scientifiques ordinaires, comme la relativité d'Einstein, modifient notre compréhension du monde mais ne touche pas à nos convictions propres, à nos croyances personnelles. Il n'en est pas de même de la théorie de l'évolution de Darwin qui bouleversa entièrement l'éthique et la religion. En proposant une compréhension purement matérialiste à l'apparition et au développement de la vie, le Darwinisme est devenu aujourd'hui une véritable religion, avec ses propres articles de foi, et ses prêtres.

Cet article est largement inspiré des œuvres de Michael Denton, biologiste moléculaire et auteur de Evolution : une théorie en crise, livre réunissant un ensemble de preuves accablantes des failles du Darwinisme, et du livre de Phillip Johnson, Le Darwinisme en question, où celui-ci dénonce l'attitude anti-scientifique et dogmatique des adeptes de Darwin, ainsi que les implications anti-théistes de la théorie. Nous ne saurions trop conseillé la lecture de ces deux ouvrages pour approfondir davantage le sujet.

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L'évolution selon Darwin

Jusqu'à la moitié du 19e siècle, la nature tout entière était considérée comme une création de Dieu, où toutes les espèces avaient été créées immuables.
En 1831, Darwin partît à bord d'un navire appelé le Beagle, dont l'expédition avait pour but d'achever des relevés topographiques en Amérique latine. Ce long périple, qui dura 5 ans, amena Darwin jusqu'aux îles Galápagos, 13 îlots volcaniques dotés de nombreuses espèces, animales et végétales, très variées. Darwin fut surpris de trouver, dans chaque île, des espèces très voisines, différant seulement par quelques modifications : « Mais ce qui me frappe d'émerveillement, c'est le fait que plusieurs îles possèdent leurs propres espèces de tortues, d'oiseaux moqueurs, de pinsons et de plantes, et que ces espèces ont les mêmes habitudes générales, occupent des situations analogues et remplissent évidemment les mêmes fonctions dans l'économie naturelle de l'archipel. »
Si toutes les espèces avaient été créées immuables par Dieu, dans quel but celui-ci avait-il créé des espèces uniques pour chacune de ces îles ? Darwin fût particulièrement frappé par 14 espèces de pinsons, de tailles et de couleurs différentes, et ayant des becs distincts. Ces différentes espèces pouvaient être classées en une séquence morphologique, comme si elles étaient issues d'une espèce unique qui auraient subi, à chaque fois, de légères modifications, d'île en île. Darwin comprit que les espèces n'étaient pas immuables et que de nouvelles espèces pouvaient apparaître par modification : « Enfin la lumière m'est venue, et je suis presque convaincu (tout à fait contrairement à mon opinion de départ) que les espèces ne sont pas (et c'est comme si j'avouais un crime) immuables. »
L'idée que des espèces pouvaient se modifier, évoluer en une nouvelle espèce n'était pas nouvelle. Elle avait déjà été formulée par Anaximandre de Millet en 550 av J.C. et fut reprise par Empédocle, Epicure et Démocrite. Ces philosophes, tous matérialistes, donnaient ainsi une explication de la vie par un processus d'évolution matérialiste, qui offrait une alternative à la croyance populaire en une création surnaturelle.
D'autres, comme Lamarck, avaient envisagé l'idée d'évolution, non pas par un processus matérialiste, mais par une force vitale, contenue dans les êtres vivants, et qui dirige l'évolution. Selon cette théorie, les espèces améliorent leurs caractéristiques et les transmettent à leurs descendants. Les girafes ont ainsi un long cou parce que, la nourriture étant difficile à atteindre sur les arbres, la force vitale à allonger leur cou ; caractère qui s'est ensuite transmis à leurs progénitures. Cette hypothèse fut peu à peu abandonnée au profit de la théorie de Darwin, et s'avéra inconciliable avec la découverte des gènes au 20e siècle.
Darwin formula une nouvelle théorie matérialiste de l'évolution. Son idée est que la lutte pour la vie entraîne la survie des individus les mieux adaptés parmi une espèce, et donc la sélection des modifications les plus avantageuses : La girafe a un long cou aujourd'hui car, la nourriture étant haute sur les arbres, les girafes ayant eu un cou un peu plus long que les autres ont pu survivre et avoir des descendants ; tandis que les girafes ayant eu un cou plus court, n'ayant pu se nourrir, sont mortes sans avoir eu de descendant. De génération en génération, la lutte pour la vie a sélectionné les girafes ayant les cous les plus longs jusqu'à obtenir les girafes actuelles. Selon Darwin, toute la vie aurait évolué à partir de la plus petite forme de vie connue : la cellule.
La théorie, qui impliquait deux processus : les modifications aléatoires des espèces et la sélection des modifications avantageuses par la lutte pour la vie, avait été formulée par Darwin dès 1838. Celui-ci ne publiera sa théorie qu'après 20 ans de réflexion, en 1859, dans son ouvrage : de l'Origine des espèces. Cette attente était due au désir de Darwin d'accumuler le plus de preuves possibles en faveur de sa théorie, et aussi, parce que, nous le verrons plus loin, Darwin commencera à douter de plus en plus de sa théorie.

 

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Les conséquences de la théorie de Darwin

Avant la théorie de Darwin, la science et la religion n'était pas en opposition : les savants, et notamment les biologistes, admiraient le Créateur dans l'harmonie des lois qui président l'univers ; chaque nouvelle découverte scientifique était présentée comme un preuve de l'existence de Dieu.
La première source de conflit entre les scientifiques et les religieux fut à propos des données géologiques. Celles-ci nécessitaient un âge pour la Terre, de plusieurs millions d'années, qui ne s'accordaient pas avec le récit biblique de la genèse. Quelques années plus tard, la théorie de Darwin allait entraîner une rupture nette entre science et religion ; des disputes emportées et virulentes éclatèrent entre religieux et scientifiques, ces derniers devenant encore plus matérialistes et anti-religieux sous l'effet des attaques de l'Eglise.
Quels désaccords opposaient les religieux aux partisans de la théorie de Darwin ? Celle-ci, affirmant que toutes les espèces descendent d'un ancêtre commun, était en contradiction avec le récit de la création écrit dans la genèse. Mais ce n'est pas là que portait le principal point de dissension qui allait provoquer le divorce entre science et religion ; on peut, en effet, rester croyant et voir, dans le récit de la genèse, un image qui n'est pas à prendre à la lettre. Si Dieu est tout-puissant, il a tout aussi bien pu créer la vie en 7 jours comme en plusieurs milliards d'années par le biais de l'évolution. Le véritable sujet de discorde portait sur le processus de l'évolution.
Selon la théorie de Darwin, les modifications précédant la sélection naturelle, sont le fruit d'un processus aléatoire entièrement aveugle. Le hasard, et le hasard seul est à l'origine de l'évolution. Celle-ci ne peut pas avoir de but, et il ne peut pas exister de plan divin. Aucune intelligence surnaturelle n'agit sur le mécanisme de l'évolution, et l'homme ne serait plus l'aboutissement d'une volonté créatrice, mais le résultat d'une immense loterie. « L'homme est le résultat d'un processus naturel et sans but, qui ne l'avait pas prévu. » écrira George Gaylord Simpson, darwiniste convaincu. L'évolution darwinienne, exclusivement matérialiste, est inconciliable avec l'idée d'un Créateur qui aurait dirigé l'évolution. La diversité de la vie n'est due qu'à la sélection des formes de vie les mieux adaptées à leur environnement, par suite de modifications accidentelles. Il n'y aurait donc ni créateur, ni révélation. Le prix Nobel Jacques Monod - appelé ironiquement le prophète français du néo-darwinisme par le juge Phillip Johnson - a écrit dans son livre le hasard et la nécessité : « L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers dont il a émergé par hasard. »
La découverte de l'ADN et des gènes au 20e siècle expliqua comment pouvait s'opérer les modifications des caractères, on ne parla plus alors de modifications mais de mutations ; la génétique fut alors intégrée au darwinisme sous le nom de théorie synthétique de l'évolution ou néo-darwinisme. Le triomphe du darwinisme, et du matérialisme sous-jacent, fut alors éclatant. Le zoologiste d'Oxford, Richard Dawkins, écrira dans son livre l'horloger aveugle, véritable apologie de l'athéisme : « Darwin nous donne les moyens d'être des athées intellectuellement comblés. »

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Les preuves en faveur de la théorie

Gardons bien à l'esprit que la théorie de Darwin n'est qu'une hypothèse. On peut fort bien admettre l'évolution des espèces sans pour autant croire que celle-ci a bien eu lieu par le processus décrit par Darwin. La science a pour rôle de confronter les théories à l'examen des faits, et, de les rejeter, si elle ne s'accorde pas avec la réalité.
La grande difficulté avec la théorie de Darwin est de savoir : comment la confronter aux faits ? L'évolution des espèces, qui s'étale sur plusieurs milliers d'années, ne peut pas être directement observé. Il faudra attendre 1950 pour obtenir une preuve que la sélection naturelle pouvait effectivement agir sur la nature : des papillons d'Angleterre, appelés géomètres du bouleau, étaient composés de deux variétés : l'une claire, l'autre sombre. La variété sombre, largement minoritaire, avait été jusqu'alors moins camouflée contre les prédateurs car elle était nettement plus visible dans son environnement naturel que la variété claire. Avec l'arrivée de l'industrie, l'environnement des papillons fut transformé, les arbres et les rochers furent noircis par la pollution. Les papillons clairs furent alors plus apparent pour les prédateurs, tandis que les sombres étaient moins visibles. En quelques années, le papillon sombre devînt prépondérant dans les régions industrialisés d'Angleterre.
Quelques années plus tard, on étudia plus de 600 espèces de mouche de l'île d'Hawaï qui présentaient un séquençage génétique parfait et qui mettait en évidence le fait que toutes ces espèces de mouche avait évolué à partir d'une espèce unique. Après plus d'un siècle de recherche, les darwinistes crurent enfin tenir des preuves que leur théorie est vraie, et n'hésitèrent plus à la présenter, non comme une hypothèse, mais comme un fait.
L'engouement des darwinistes pour ces preuves est-il bien fondé ? Force est de constater qu'il existe un immense fossé entre des changements mineurs observés chez les mouches d'Hawaï ou les papillons et la création de nouvelles espèces, de nouveaux organes. Comment comparer le changement de couleur d'un papillon (il ne s'agit d'ailleurs même pas d'un changement de couleur, mais plutôt d'un changement de proportions) et les changements qui accompagnent l'évolution d'un poisson en amphibien, d'un reptile en oiseau, etc.… La sélection naturelle a sans aucun doute le pouvoir de modifier la taille, la couleur ou d'autres caractéristiques mineures d'une espèce, mais n'est-ce pas extrapoler un peu loin de prétendre que cette même sélection naturelle ait pu créer toute la diversité de la vie à partir d'une simple cellule ancestrale ?
Prenons par analogie les lois qui déterminent les mouvements physiques : on sait que les lois de la mécanique de Newton sont justes à notre échelle, mais elles n'entrent plus en jeu dans un espace infiniment grand où les lois de la Relativité générale prennent le relais. De même, dans l'infiniment petit, ces mêmes lois ne sont plus valides, c'est le domaine de la mécanique quantique. Aussi, la sélection naturelle joue un rôle indéniable dans ce qu'on appelle la micro-évolution (changements mineurs) mais c'est s'avancer un peu vite d'affirmer qu'elle joue le même rôle au sein de la macro-évolution (création de nouvelles espèces, de nouveaux organes).

Les fossiles

Comment vérifier si la sélection naturelle a réellement un rôle dans la macro-évolution ? Selon la théorie de Darwin, l'évolution serait une accumulation de variations légères et successives. Darwin affirma que « le nombre de formes intermédiaires constituant les chaînons de transition entre toutes les espèces vivantes et les espèces perdues a donc du être infiniment grand ». Il était donc possible de confirmer la théorie par l'étude des fossiles. Si celle-ci était vraie, les fossiles auraient du présenter une continuité entre toutes les espèces et l'on aurait du trouver d' « innombrables maillons de transition reliant les espèces. »
Darwin encouragea vivement la recherche des fossiles, mais celle-ci s'avéra décevante. On ne découvrît que de rares formes de transition comme l'archéoptéryx, un intermédiaire entre les reptiles et les oiseaux. Toutefois, l'archéoptéryx possédait déjà des ailes et des plumes aussi complexes que celles des oiseaux d'aujourd'hui et était capable de voler. Aucune forme intermédiaire ne fut découverte entre l'aile et les membres postérieurs.
Les darwinistes avancèrent que le cœlacanthe, un poisson que l'on croyait éteint depuis des millions d'années, était un intermédiaire entre les poissons et les amphibiens. Cette croyance s'effondra en 1938 lorsqu'on repêcha, au large de l'Afrique du Sud, un spécimen de cœlacanthe que l'on croyait disparu ; l'étude de l'anatomie du poisson révéla que celui-ci n'avait rien de commun avec les amphibiens et qu'il n'était pas un intermédiaire.
Darwin reconnaissait les lacunes dans les documents fossiles : « Bien que des recherches géologiques aient incontestablement révélé l'existence passé d'un grand nombre de chaînons qui ont déjà rapproché les unes des autres bien des formes de vie, elles ne présentent pas, entre les espèces actuelles et les espèces passées, toutes les gradations infinies et insensibles que réclame ma théorie, et c'est là, sans contredit, l'objection la plus sérieuse qu'on puisse lui opposer. » Les plus fervents adversaires de Darwin n'était pas, comme on pourrait le croire, les ecclésiastique, mais bien les paléontologues. Darwin contourna le problème en interprétant le manque de chaînons de transition par l'« extrême imperfection » des documents fossiles de son époque.
Des générations de paléontologues ont recherché, depuis 150 ans, les formes de transition voulues par la théorie, mais en vain. Les recherches de fossiles ont, à l'inverse, mis en évidence l'absence d'intermédiaire entre les espèces. Il y a 600 millions d'années, période appelée le cambrien, il y eut une explosion prodigieuse du nombre de formes de vie. Les espèces ne sont alors pas apparu successivement, comme le nécessite la théorie, mais soudainement, déjà différenciées en groupe et sous groupe, sans que l'on puisse trouver le moindre ancêtre probable dans le pré-cambrien. Ce scénario s'est répété de nombreuses fois au cours de l'histoire de la Terre : pour l'apparition des plantes à fleurs, des poissons cartilagineux (raies et requins), des amphibiens, etc.… A chaque fois, les espèces apparaissent en différents groupes bien distincts, sans qu'aucune espèce ne puisse être l'ancêtre l'une de l'autre. Steven Stanley, professeur à l'Université de Yale, écrit dans Macroevolution : « les gisements fossiles connus ne fournissent pas un seul exemple témoignant de l'évolution graduelle en train d'accomplir une transition morphologique majeur et n'offrent donc aucune preuve de la validité du modèle gradualiste (Darwinien) ».

L'évolution créatrice

Seul le squelette des animaux est conservé dans les fossiles ; ceux-ci ne permettent donc pas d'étudier les parties molles : les organes. De même que pour les espèces, il a du exister d'innombrables formes de transition pour les organes ; ceux-ci n'ayant laissé aucune trace dans les fossiles, on ne peut qu'essayer d'imaginer les différentes formes intermédiaires qui ont été nécessaires pour parvenir aux organes actuels.
Cette recherche des formes intermédiaires hypothétiques permettant d'expliquer la formation des organes ne connut pas plus de succès pour les darwinistes que l'étude des fossiles. Expliquer, par exemple, la formation d'un organe tel que l'œil par la sélection naturelle embarrassa Darwin lui-même : « Il semble absurde au possible, je le reconnais, de supposer que la sélection naturelle ait pu former l'œil… J'ai trop bien senti moi-même la difficulté pour être étonné que d'autres hésitent à étendre aussi loin le principe de la sélection naturelle. »
L'œil opérationnel le plus simple que l'on puisse concevoir est déjà, biologiquement, d'une complexité incroyable, et nécessiterait des milliers de modifications successives pour apparaître. Or, chacune de ces modifications doit elle-même apportée un avantage pour l'espèce afin qu'elle soit conservée par la sélection naturelle. Tant que l'œil n'est pas complet, il ne peut pas permettre la vision et ne peut donc conférer un avantage pour l'espèce. Imaginons, une espèce dotée de l'ébauche d'un oeil. Celui-ci n'étant pas complet, il ne peut pas fournir une « ébauche » de la vision ; ne procurant pas d'avantages pour la survie de l'espèce, il ne sera pas favorisé par la sélection naturelle.
Le zoologiste français Pierre-Paul Grassé a écrit dans son livre Evolution of living organisms : « Quiconque endosse la conception aléatoire de l'évolution admet que l'œil et l'oreille, pour devenir ce qu'ils sont, nécessitèrent des milliers et des milliers de hasards heureux, synchronisés au besoin de leur fabrication. Quelle est la probabilité d'une réussite si merveilleusement fortuite ? » Lors d'une rencontre entre darwinistes et mathématiciens au Wistar Institute de Philadelphie, en 1867, le mathématicien Ulam calcula l'impossibilité mathématique du Darwinisme : l'œil nécessitait un nombre de mutations tellement grand que le temps imparti pour son évolution ne suffisait pas.
Comment expliquer l'apparition de l'aile ? Celle-ci apparaît déjà toute formée chez l'archéoptéryx. Sachant qu'une aile à moitié formée ne permet pas de voler et qu'un membre postérieur à moitié transformé en aile ne permet plus de courir, de grimper aux arbres, de saisir des objets, etc.…, quel avantage aurait donc pu procurer une forme intermédiaire entre les membres postérieurs et l'aile ? L'apparition de la plume est tout aussi mystérieuse : encore une fois, aucun intermédiaire n'a été trouvé entre les écailles et la plume. Et, de plus, la plume nécessite d'être complètement formée, afin d'être suffisamment étanche et rigide pour permettre le vol. L'absence d'intermédiaires pour expliquer les organes est un problème majeur pour les darwinistes. Pierre-Paul Grassé écrivit avec dérision : « Expliquez-moi l'œil, et je vous fais grâce du reste ! »
Darwin écrivit : « Si on arrivait à démontrer qu'il existe un organe complexe qui n'ait pu se former par une série de nombreuses modifications graduelles et légères, ma théorie ne pourrait certes plus se défendre. » Le professeur Richard Goldschmidt, généticien de l'université de Berkeley, reprenant les propos de Darwin, arriva à la conclusion que la théorie de Darwin était indéfendable. Il proposa, en contrepartie, une évolution par saltation, c'est-à-dire par saut. Goldschmidt postula que les adaptations, comme par exemple l'œil, apparaissait soudainement suite à un « accident » génétique qui donnait naissance à ce que Goldschmidt appela « un monstre prometteur ». Cette théorie fut rejetée par la majorité de la communauté scientifique car elle tenait davantage du miracle que de la théorie scientifique. On peut comparer le langage génétique contenu dans l'ADN au langage que nous utilisons : en prenant toutes les lettres d'un livre et en les mélangeant, on obtient à coup sûr un charabia. A l'inverse, la chance d'obtenir un livre ayant du sens à partir d'un ensemble de lettres mélangées au hasard est infiniment faible. L'œil nécessite tellement de modifications que, croire qu'il ait pu apparaître suite à un accident génétique, revient à croire qu'on puisse reconstituer Les Misérables de Victor Hugo en mélangeant des lettres au hasard. En admettant que ce prodige ait pu avoir lieu et qu'un individu d'une nouvelle espèce ait pu émerger subitement, on ait en droit de se demander avec quel partenaire celui-ci aurait-il bien pu se reproduire !

La biologie moléculaire

Les progrès de la biologie moléculaire ont fourni un moyen nouveau de tester la théorie de Darwin. L'étude du cytochrome c, une protéine présente chez tous les êtres vivants (employée à la production de l'énergie cellulaire) révéla que celui-ci était différent chez tous les êtres vivants. En comparant, sur la protéine, le nombre de positions où celle-ci diffère, il était possible de calculer un pourcentage de divergence entre les protéines de chaque espèce.
Si la théorie de Darwin était vraie, on aurait du trouver une séquence de protéines entre les espèces, et donc pouvoir déterminer quelle espèce est l'ancêtre de l'autre. Les résultats de ces études furent déconcertants : toutes les formes de vie, animale et végétale, sont à la même distance moléculaire de toutes les espèce unicellulaires. En d'autres termes, il n'existe aucune trace de la série évolutive poisson, amphibien, reptile, mammifère. Chaque espèce est unique, isolée, et non reliée à d'autres par des intermédiaires ; il n'existe aucune espèce biochimiquement primitive, aucune espèce ne peut être qualifiée d' « ancêtre ».
Afin de sauver leur théorie, les darwinistes ont inventé l' « horloge moléculaire », et prétendu que l'ADN diverge dans le temps selon une horloge interne. Le biologiste moléculaire Michael Denton, dans son livre Evolution : une théorie en crise, explique l'impossibilité d'une telle prétention. On a vu que toutes les espèces animales, comparé à un être unicellulaire, ont un taux de divergence égal de leur cytochrome c. Or, la souris ayant un cycle de reproduction cent fois plus rapide que celui de l'homme, elle devrait avoir un taux de divergence plus élevé que celui de l'homme. De même, le cycle de reproduction de la drosophile est un milliard de fois plus rapide que celui de la cigale, comment peuvent-elles alors avoir un taux de divergence égal ?
Michael Denton ajoute : « Il n'y a, tout simplement, aucune façon d'expliquer l'occurrence d'un taux d'évolution uniforme dans une famille de protéines homologues par le hasard et la sélection ; et même si l'on pouvait avancer une explication pour une famille particulière, resterait encore à élucider la raison mystérieuse pour laquelle les autres protéines auraient évolué à des vitesses différentes. Plus le problème est examiné en profondeur, plus il paraît insoluble en termes de hasard et de sélection.
Comment le processus aléatoire de l'évolution a-t-il pu aboutir à une structure aussi ordonnée que celle du vivant ? Malgré l'absence de réponse convaincante, l'idée du taux d'évolution uniforme est présentée dans la littérature comme si c'était une découverte empirique. L'influence du paradigme évolutionniste est si puissante qu'une idée qui ressemble plus à un principe de l'astrologie médiévale qu'à une théorie scientifique sérieuse du XXe siècle est devenue une réalité pour les biologistes évolutionnistes. »

La conscience

Une autre énigme pour les darwinistes est l'apparition de la conscience au sein du monde animal. Comment un processus matérialiste a-t-il pu donner aux êtres vivants la faculté de penser, d'avoir conscience d'eux-mêmes ? Comment la lutte impitoyable pour la vie a-t-elle pu engendrer des comportements tels que l'altruisme, le sacrifice de soi ?
John Eccles, neurologue et prix Nobel de médecine, écrit dans Evolution du cerveau et apparition de la conscience : « Il est gênant que les évolutionnistes se soient si peu préoccupés de la formidable énigme qu'oppose à leur théorie matérialiste l'apparition du mental au cours de l'évolution des espèces… Le moment est venu où l'on est en droit de dire qu'on ne fait pas disparaître un problème en refusant de le poser… L'apparition de la conscience reste tout aussi énigmatique qu'elle l'est pour l'orthodoxie évolutionniste comme un processus exclusivement naturel au sein d'un monde exclusivement matériel. » Karl Popper, le célèbre philosophe des sciences, ajouta que « l'apparition de la conscience dans le règne animal est peut-être un aussi grand mystère que l'origine de la vie même. »
Le naturaliste Alfred Russel Wallace, qui a formulé la théorie de l'évolution en même temps que Darwin, ne pensait pas que celle-ci soit exclusivement guidé par un processus matérialiste, mais qu'« un chrétien qui accepte l'évolution de l'homme par la sélection naturelle doit ajouter que l'homme a des attributs spirituels, le bien et le mal, qui ne résultent pas de l'évolution, mais sont d'origine surnaturelle. »

Pourquoi la théorie de Darwin a-t-elle autant de prestige ?

20 ans après la publication de l'Origine des espèces, la théorie de Darwin fut élevée au rang de dogme alors même que Darwin, n'ayant pu expliquer l'absence des chaînons de transition, était de plus en plus sceptique quant à sa validité.
Nous avons vu que la théorie de Darwin s'accorde parfaitement avec la micro-évolution, c'est-à-dire avec les changements mineurs tels que la couleur, la forme du bec, la taille, etc.… L'élargissement de cette théorie à la macro-évolution relève, en revanche, plus de la croyance que de la science : Elle est incapable d'expliquer la formation d'espèces nouvelles, pas plus que la formation d'organes nouveaux. Elle est en contradiction avec l'apparition soudaine des espèces et les données de la biologie moléculaire. Elle ne peut expliquer ni l'apparition de la première forme de vie ni de la conscience. Alors pourquoi la théorie de Darwin a-t-elle connue tant de succès, pourquoi fut-elle enseignée à des générations d'écoliers, pourquoi influença-t-elle tellement notre vision du monde au 20ème siècle ? - Parce qu'elle est l'unique théorie matérialiste pouvant rendre compte des origines de la vie. Abandonner la théorie de Darwin revient à abandonner toute compréhension matérialiste de la vie. Les paléontologues et les biologistes darwinistes ont toujours essayer de l'illustrer par leurs travaux sans jamais la remettre en question, sans jamais vérifier par l'examen si la théorie était, oui ou non, possible : Etant la seule alternative possible pour les matérialistes, cette théorie devait forcément être vraie !
Ainsi Richard Dawkins, darwiniste convaincu, n'a pas de scrupules à écrire dans le Gène égoïste : « La théorie est aussi peu douteuse que le fait que la Terre tourne autour du soleil. » Non, si l'évolution des espèces est un fait constaté par la paléontologie, la théorie de Darwin n'est qu'une théorie essayant de rendre compte de cette évolution, par le biais d'un processus exclusivement matérialiste : la sélection naturelle. On a vu que la sélection naturelle ne s'accordait pas avec les faits, mais, plutôt que de rejeter leur théorie, les darwinistes ont préféré rejeté les faits, adoptant une attitude relevant plus du dogmatisme religieux que de la démarche scientifique. Dans Problems of Empiricism, Paul Feyerabend écrit en parlant du mythe darwinien de l'évolution qu' « il continue d'exister uniquement par suite des efforts de la communauté des croyants et de ses chefs, ces prêtres aujourd'hui consacrés par le prix Nobel. Son succès est entièrement fabriqué. »

MICKAEL P.