Deux échelles spirites

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Echelles spirites

Ce mois-ci, nous vous présentons deux échelles spirites tirées de l'Evangile selon le spiritisme d'Allan Kardec et du livre des Esprits du même auteur. Un internaute, Celeide Dos Santos, nous a adressé ces deux tableaux qui font ressortir les textes du codificateur.

L'échelle des mondes

De l'enseignement donné par les Esprits, il résulte que les divers mondes sont dans des conditions très différentes les unes des autres quant au degré d'avancement ou d'infériorité de leurs habitants. Dans le nombre, il en est dont ces derniers sont encore inférieurs à ceux de la terre physiquement et moralement ; d'autres sont au même degré, et d'autres lui sont plus ou moins supérieurs à tous égards. Dans les mondes inférieurs, l'existence est toute matérielle, les passions règnent en souveraines, la vie morale est à peu près nulle. A mesure que celle-ci se développe, l'influence de la matière diminue, de telle sorte que dans les mondes les plus avancés la vie est pour ainsi dire toute spirituelle. Voyons plutôt :

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Le progrès est une des lois de la nature ; tous les êtres de la création, animés et inanimés, y sont soumis par la bonté de Dieu, qui veut que tout grandisse et prospère. La destruction même, qui semble aux hommes le terme des choses, n'est qu'un moyen d'arriver par la transformation à un état plus parfait, car tout meurt pour renaître, et rien ne rentre dans le néant.
En même temps que les êtres vivants progressent moralement, les mondes qu'ils habitent progressent matériellement. Qui pourrait suivre un monde dans ses diverses phases depuis l'instant où se sont agglomérés les premiers atomes qui ont servi à le constituer, le verrait parcourir une échelle incessamment progressive, mais par des degrés insensibles pour chaque génération, et offrir à ses habitants un séjour plus agréable à mesure que ceux-ci avancent eux-mêmes dans la voie du progrès. Ainsi marchent parallèlement le progrès de l'homme, celui des animaux ses auxiliaires, des végétaux et de l'habitation, car rien n'est stationnaire dans la nature. Combien cette idée est grande et digne de la majesté du Créateur ! et qu'au contraire elle est petite et indigne de sa puissance celle qui concentre sa sollicitude et sa providence sur l'imperceptible grain de sable de la terre, et restreint l'humanité aux quelques hommes qui l'habitent !
La terre, suivant cette loi, a été matériellement et moralement dans un état inférieur à ce qu'elle est aujourd'hui, et atteindra sous ce double rapport un degré plus avancé. Elle est arrivée à une de ses périodes de transformation, où de monde expiatoire elle va devenir monde régénérateur ; alors les hommes y seront heureux parce que la loi de Dieu y régnera.
Saint Augustin. Paris, 1862.

L'échelle spirite

La classification des Esprits est basée sur le degré de leur avancement, sur les qualités qu'ils ont acquises et sur les imperfections dont ils ont encore à se dépouiller. Cette classification, du reste, n'a rien d'absolu ; chaque catégorie ne présente un caractère tranché que dans son ensemble ; mais d'un degré à l'autre la transition est insensible et, sur les limites, la nuance s'efface comme dans les règnes de la nature, comme dans les couleurs de l'arc-en-ciel, ou bien encore comme dans les différentes périodes de la vie de l'homme. On peut donc former un plus ou moins grand nombre de classes, selon le point de vue sous lequel on considère la chose. Il en est ici comme dans tous les systèmes de classifications scientifiques ; ces systèmes peuvent être plus ou moins complets, plus ou moins rationnels, plus ou moins commodes pour l'intelligence ; mais, quels qu'ils soient, ils ne changent rien au fond de la science. Les Esprits interrogés sur ce point ont donc pu varier dans le nombre des catégories, sans que cela tire à conséquence. On s'est armé de cette contradiction apparente, sans réfléchir qu'ils n'attachent aucune importance à ce qui est purement de convention ; pour eux, la pensée est tout : ils nous abandonnent la forme, le choix des termes, les classifications, en un mot, les systèmes.


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Par ces données, la clarté se fait en nous et autour de nous ; notre route se précise : nous savons ce que nous sommes et où nous allons. Dès lors, il ne s'agit plus de rechercher des satisfactions matérielles, mais de travailler avec ardeur à notre avancement. Le but suprême est la perfection ; la voie qui y conduit, c'est le progrès ; elle est longue, et se parcourt pas à pas. Le but, lointain, semble reculer à mesure qu'on avance, mais, a chaque étape franchie, l'être recueille le fruit de ses peines ; il enrichit son expérience et développe ses facultés.
Nos destinées sont identiques. Il n'est point de privilégiés, point de maudits. Tous parcourent le même chemin et, à travers mille obstacles, sont appelés, à réaliser les mêmes fins. Nous sommes libres, il est vrai, d'accélérer ou de ralentir notre marche, de nous plonger dans les jouissances grossières, de nous attarder pendant des vies entières dans le vice ou l'oisiveté, mais tôt ou tard le sentiment du devoir se réveille, la douleur vient secouer notre apathie, et nous reprenons forcément notre course. Il n'y a entre les âmes que des différences de degrés, différences qu'il leur est loisible de combler dans l'avenir. Usant de notre libre arbitre, nous n'avons pas tous marché du même pas, et cela explique l'inégalité intellectuelle et morale des hommes ; mais tous, enfants du même Père, nous devons nous rapprocher de lui dans la succession de nos existences, pour ne former avec nos semblables qu'une seule famille, la grande famille des Esprits, qui peuple tout l'univers.
Léon Denis, Après la mort, chapitre le but de la vie.