Mémoires d'un suicidé

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Mémoires d'un suicidé

Ce mois-ci, Partons à la découverte de cette médium étonnante qu'est Yvonne Da Amaral Pereira, une psychographie au service de la doctrine spirite et qui a notamment écrit Mémoires d'un suicidé, un ouvrage traduit en français.

 Yvonne Da Amaral Pereira

Yvonne Da Amaral Pereira est née dans une petite ville - Santa Tereza de Valença - appellé aujourd’hui Rio das Flores, au sud de l’État de Rio de Janeiro, à 6 heures du matin le 24 décembre 1900. Elle est décédée le 9 mars 1984. Son père, Manoel José Pereira Filho était un petit commerçant. La mère s’appellait Elizabeth do Amaral Pereira.
A peine âgée de 29 jours, elle eut une toux suffoquante. Elle est restée dans un état de catalepsie pendant six heures. Le médecin et le pharmacien de la ville, devant l’inertie du nourrisson ont constaté son décès par suffocation. La famille s’apprêtant à l’enterrer, a vêtu la petite d’une robe blanche et bleue et comme d’habitude, ils ont mis une guirlande sur le petit cercueil blanc. Puis, sa mère, Elizabeth s’est recueillie et a prié ; après un court moment, le bébé s’est réveillé et s’est mis à pleurer.
Yvonne grandit dans une famille spirite. Son père, ayant fait faillite trois fois, trouva un emploi dans le service public, poste qu’il occupa jusqu’à la fin de sa vie, en 1953. En accord avec leur principe de charité et d’aide à son prochain, la famille hébergeait souvent de pauvres gens, expériences qui, selon Yvonne, marqueraient sa vie pour toujours.
Déjà vers l’âge de 4 ans, la petite fille disait qu’elle voyait et entendait des Esprits qu’elle considérait comme des personnes. Deux de ces amis invisibles venaient fréquemment auprès d’elle. Il s’agit tout d’abord de Charles, un Esprit qu’elle considérait comme son père puis de Roberto de Canalejas qui avait été un médecin espagnol durant la moitié du XIXème siècle.
Ces apparitions la tourmentèrent et elle revivait sans cesse sa dernière vie sur la Terre qui s’était déroulée en Espagne. Aussi de nombreux conflits notamment avec son père et ses frères éclatèrent. La plupart du temps et jusqu’à l’âge de dix ans, elle a vécu chez sa grand-mère paternelle.
Vers huit ans, la fillette vécut une nouvelle catalepsie. Pendant son sommeil, elle eut la vision du Senhor dos Passos, en train de demander du secours. Il lui disait : “Venez avec moi, ma petite, cela sera le seul moyen que vous aurez pour supporter les souffrances qui vous attendent.” La petite-fille, en acceptant la main tendue par l’Esprit, s’est mise à monter les marches de l’autel, puis elle s’est réveillée.
À partir de ce moment-là, elle commença à s’intéresser au spiritisme. Vers l’âge de 12 ans, son père lui offrit L’Evangile selon le spiritisme ainsi que le Livre des Esprits. L’année suivante, elle fréquentait les sessions pratiques d’un centre spirite.
A cause des difficultés financières de sa famille, elle ne put suivre que les quatre premières années de l’école primaire. Pour aider sa famille, elle travaillait comme couturière. Elle brodait aussi et réalisait de la dentelle.  Rio Das Flores

Comme Yvonne aimait la lecture et que sa culture était des plus restreintes, elle poursuivit en autodidacte la lecture de livres, des classiques comme ceux de Goethe, puis des ouvrages spirites comme ceux de Bernardo Guimarães, de José de Alencar, d’Alexandre Herculano, d’Arthur Conan Doyle et bien d’autres.
Quand arriva l’adolescence, sa médiumnité devint un phénomène très normal pour elle, elle recevait au moment du sommeil la plupart des informations d’outre-tombe. Il s’agissait de chroniques ou de contes qu’on lui racontait.
Au fil du temps, sa médiumnité se diversifia. Elle se consacra alors à la psychographie d’ouvrages comme cet important volume sur le suicide : Mémoires d’un suicide où elle raconte les affres d’un homme, Camilo Candido Botelho dont voici un extrait : “Ceux qui se trouvaient là, temporairement, comme ce fut mon cas, étaient de grandes figures du crime, des scories du monde spirituel, des phalanges de suicidés qui affluaient périodiquement, tous ces êtres étaient portés par le tourbillon des disgrâces où ils s’étaient enchevêtrées, et qui des suites de leur suicide sacrilège se trouvaient dépouillés de leurs forces vitales, encore intactes, qui revêtaient leur enveloppe physico-spirituelle. Ces malheureux, dépourvus de l’aide réconfortante de la prière, provenaient le plus souvent du Portugal, d’Espagne, du Brésil et des colonies portugaises de l’Afrique. Frivoles et inconséquents, fatigués de la vie qu’ils n’avaient pas voulu comprendre, ils s’étaient aventurés dans l’inconnu en quête de l’oubli en se jetant dans les précipites de la mort !”
Sur les conseils de ses Esprits protecteurs, Yvonne écriva des prescriptions homéopatiques qui lui étaient dictées. Elle participa aussi à des séances de matérialisation et travailla à de la désobsession dans divers centres comme dans les villes de Lavras, Juiz de Fora, Pedro Leopoldo dans l’état du Minas et Barra do Piraí à Rio de Janeiro où elle a résidé.
Espérantiste convaincu, elle a travaillé pour la diffusion de cette langue universelle à travers des correspondences autant au Brésil qu’à l’étranger.

Ce livre est disponible aux Editions Philman