Spiritisme et Parapsychologie : le cas de l'évêque Pike

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l'évêque Pike

Ce mois-ci, nous vous présentons Spiritisme et Parapsychologie : le cas de l'évêque Pike. Cet extrait du livre Spiritualisme vers la lumière de Louis Serré et Roland Tavernier commente le livre Dialogue avec l'Au-delà de l'évêque Pike et donne un exemple de désinformation du Spiritisme en faveur de la parapsychologie.
« Il y a superstition de la part de ceux qui couvrent de ce mot, ce que leur esprit ne peut comprendre ou accepter. » Cette citation d'origine chinoise, transcrite le mieux possible et dont nous partageons entièrement le sens, c'est tout ce que nous avons à signaler d'une pâle démonstration présentée à l'écran de TF1, sous le titre : « La parapsychologie à l'Université ».

Les protagonistes de cette émission Télé, en faisant mention de cette citation, ont bien involontairement rendu évidente cette attitude dans leurs propos. Le sommet de cette attitude superstitieuse a été atteint par le physicien de service s'élevant sévèrement contre ses collègues parapsychologues coupables d'activités non orthodoxes ; cela en dépit des précautions classiques souvent répétées par ces derniers, suivant lesquelles les phénomènes paranormaux devaient être attribués à une faculté du cerveau ou des cellules. Il ne saurait être question bien-entendu de l'explication spirite ou spiritualiste ; on ne mentionne jamais les travaux du spiritisme, le nom même étant exclu, malgré que ce soit là l'origine de leur recherche.
Mais le physicien farouchement opposé à l'expérimentation parapsychologique, a donné une édifiante démonstration de ce que le parti-pris « scientifique » peut provoquer : après sa première intervention, il obtint trois jours plus tard à l'émission « Droit de réponse », une nouvelle intervention où il brilla par une insolence rare, envers le parapsychologue, professeur de biologie ; agitant sans cesse comme un argument définitif la « loi de conservation de l'énergie » mêlée aux accusations de fraude.

Fraude, superstition, théories hasardeuses et vocabulaire abscons, constituent les armes opposées au spiritisme par les parapsychologues des milieux scientifiques ; elles sont retournées contre eux par leurs collègues irréductibles !
Les ouvrages ou écrits de tendance parapsychologique, qu'ils émanent d'authentiques savants ou de disciples, fourmillent de mises en garde et d'allusions aux fraudes, comme si cette recherche, plus que toute autre, ne réservait que déceptions, chausse-trapes et traquenards. Dans la crainte d'être accusés de légèreté par leurs collègues en science, les auteurs multiplient les références toujours les mêmes, à des théories que nous examinerons à la suite. Il fallait créer des appellations, des sigles, un jargon appliqués à des fonctions ou des facultés supposées, destinés à présenter des théories et des hypothèses plus que discutables, mais commodes pour écarter énergiquement toute intervention de l'esprit, et susceptibles de jeter le trouble ou le doute dans le public.
Le spiritisme est banni aussi bien d'ailleurs par les religieux qui y voient un concurrent sérieux, que par les scientifiques rationalistes ou matérialistes ; la métapsychique, cependant bien neutre, n'a pas trouvé grâce, son nom rappelant la psyché, on la baptise parapsychologie.
Quant aux formules permettant d'ignorer l'immanence de l'esprit, elles offrent un certain choix, mais sont aussi peu fondées les unes que les autres. En les citant, nous aurons l'occasion de faire un parallèle entre elles et l'aspect expérimental correspondant dans notre claire doctrine.

Nous nous appuierons pour notre démonstration sur un exemple assez particulier, présentant une caractéristique attrayante puisqu'il s'agit d'un ouvrage d'une personnalité marquante de la religion anglicane américaine.
L'évêque épiscopalien J. Pike (décédé tragiquement en 1969) est qualifié dans le texte de présentation de son livre de « spirite convaincu » titre complété par le commentaire suivant : « ... témoignage de première importance à verser au dossier du spiritisme ».
Nous pourrions nous considérer comblés et penser que nous avons mal choisi notre exemple ; mais voyons plus loin, remarquons la citation de l'auteur lui-même, figurant sur un rabat de la couverture : « On pourrait comparer écrit James A. Pike, l'inconscient collectif à un vaste ordinateur programmé de telle façon que toute personne individuelle puisse l'alimenter de ses propres informations et en recevoir d'autres en échange. »
C'est ainsi que l'on peut être gratifié du titre de « spirite convaincu » et défendre la théorie la plus usée de la parapsychologie matérialiste. Il s'agit penserez-vous de la présentation du livre par un commentateur anonyme - c'est exact, il faut cependant retenir la citation de l'auteur. Son ouvrage abonde d'ailleurs en contradictions de ce type et il apparaît que s'il était expurgé des théories parapsychologiques opposées à l'idée de survie de l'homme, il ne resterait que peu de pages à une acceptation réticente de la nature spirite des communications reçues ; acceptation assortie parfois, fi faut le reconnaître, d'arguments de valeur.
Or, l'évêque Pike fut favorisé de remarquables dialogues avec son fils, décédé dans des conditions brutales que nous ne commenterons pas ; elles sortent de notre intention d'examiner la valeur des explications parapsychologiques complaisamment réitérées, à l'évidence afin de « faire savant ».

L'évêque Pike habite à l'époque, San Francisco ; il se trouve pour des études à Cambridge en Angleterre et il juge le médium anglais littéralement incorporé par l'esprit de son fils, comme ayant pu avoir connaissance préalable des faits révélés. Il renouvellera cette hypothèse insoutenable de nombreuses fois en acceptant l'idée de fraude.
Il serait admissible que l'auteur ait fait dans le cours de son ouvrage, un examen de toutes ces hypothèses, afin de justifier la rectitude de son jugement. Mais il est irritant et cela provoque un certain malaise de constater à longueur de texte, ce jeu de balance entre des idées opposées avec une certaine insistance pour celles les moins fondées. Cela apparaît comme une méthode qui n'ose pas dire son nom.
Lorsque l'auteur tente une explication des remarquables communications spirites obtenues de son fils, il fait référence, sans le mentionner, à celles de la parapsychologie, dont on retrouve les expressions de pure imagination :
- Déchiffrement de mes pensées inconscientes (phénomène ESP),
- Transmission de pensées conscientes (ESP conscient),
- Transmission de pensée ;
Ces diverses transmissions s'opérant bien entendu entre le consultant et le médium ; il ne saurait être question qu'elles aient lieu entre le médium et le décédé, la survie n'étant pas admise.
Au sujet de l'ESP (Extra Sensory Perception) perception extra-sensorielle, l'auteur écrit : « Je voulais souligner l'unité... les rapports existant entre la perception extra-sensorielle, sous ses diverses formes, incluant la télépathie, la précognition, la rétrocognition et la clairvoyance, les expériences mystiques avec ou sans drogues psychédéliques, le don des langues, l'inconscient collectif, la télékinésie, les phénomènes parapsychiques ou apparentes communications avec les individus décédés. »
Vous avez bien lu : « ... apparentes communications avec les décédés ». L'élément mystérieux producteur de tous ces phénomènes, est l'élément PSI. Les médiums sont des êtres PSI ; chacun peut développer son PSI... Or, voilà ce que reconnaît un éminent (et imprudent) parapsychologue ; « PSI est un excellent terme parce qu'il ne veut absolument rien dire. » L'évêque Pike lui-même déclare : « … pour moi, la perception extra-sensorielle est un profond et merveilleux mystère qui est une preuve... de l'Unité du Monde c'est-à-dire de Dieu. » En somme, on se paie de mots et on se réfugie dans des généralités.

Pour notre part, nous voyons non pas dans l'inconscient, mais dans le subconscient, avec une certaine vraisemblance, le réservoir des enregistrements des expériences et des acquis au cours des vies successives, dont certains éléments arrivent au niveau de la conscience ; c'est l'explication de ce que l'on appelle à tort les « dons » c'est la source des automatismes, des réflexes et jugements réflexes c'est la preuve de la survie qu'apportent le spiritisme et l'hypnotisme.
Mais que signifie cet « inconscient » et surtout cet « inconscient collectif » dont on use et abuse ? Ainsi que le reconnaît l'évêque Pike, il faut beaucoup de foi pour croire que le médium en disant communiquer avec le décédé, puise dans un hypothétique amas d'informations collectives inconscientes, et soit capable d'y sélectionner celles relatives au décédé. !!
Le spiritisme révèle que les désirs bons et mauvais forment autour de notre planète, une atmosphère mouvante et trouble que nous appelons le monde des désirs : amas de forces opposées qui régissent notre sort collectif et nous rendent solidaires du destin de la terre. Mais ce n'est qu'une ambiance, importante certes, mais dans laquelle il serait vain de rechercher l'origine des communications entre l'au-delà et nous.
L'évêque Pike remet en cause son « inconscient » lorsqu'il rappelle avec émotion qu'il constata peu de temps après la disparition de son fils, des déplacements nombreux et mystérieux d'objets. En parapsychologie on n'est pas avare de mots : « poltergeist, psychokinésie, psychocinèse, hantise. »...
De nombreux ouvrages spirites enseignent que toute manifestation nécessite l'amalgame de deux énergies, celle que nous appellerons « spirituelle », provenant des êtres de l'au-delà, et celle émise consciemment ou non par nous que nous appellerons « matérielle ». Notre auteur penche une fois encore pour la parapsychologie en écrivant : « Il se peut que mon inconscient m'ait obligé en provoquant des poltergeist, à ramener mon attention sur mon fils ». Or, son livre nous apprend, pour ne citer que le plus curieux, les multiples mises en évidence de divers objets permettant par leur forme de représenter les aiguilles d'une horloge : tous présentant un angle de 140°, c'est-à-dire 8 heures 19, l'heure de la mort de son fils.
Ces appels, amplement confirmés par le fils lui-même dans ses Communications, rendent ridicule cette explication d'un « inconscient » supposé, ayant de tels pouvoirs. Les spirites ont heureusement dépassé ce stade d'aberration de l'esprit partisan.

Le livre de l'évêque Pike est surprenant sur d'autres points qu'il serait trop long de développer : le suicide, la drogue, la personnalité ; il voit dans la mémoire et les rêves l'intervention de ce même nébuleux « inconscient ». En ce qui concerne ses idées religieuses il déclare : « ... le christianisme conventionnel proche parent du matérialisme occidental ! »
S'il accorde assez fréquemment un doute favorable aux communications extraordinairement « vivantes » et précises de son fils, il sacrifie beaucoup à la parapsychologie dont nous avons dénoncé le parti-pris anti-spiritualiste, et spécialement anti-spirite. Il reprend ainsi les thèses des parapsychologues :
« Il m'était particulièrement désagréable de voir reprendre par le clergé et les échotiers de presse, l'accusation de donner dans le spiritisme. »
« Je cessai de soupçonner à priori la bonne foi des médiums... je l'avoue, je partageais le doute qui plane en général sur l'honnêteté ou la stabilité mentale des médiums. »
« Certaines églises spirites soutiennent que la médiumnité... etc. »

Curieux « spirite convaincu » qui devrait l'être vraiment par la qualité des messages reçus et qui termine son ouvrage par une subtilité de langage en répondant à la question : « Croyez-vous en une vie personnelle dans l'au-delà ? Croyez-vous que vous êtes entré en contact avec votre fils ? - il conclut : « Puisque vous ne dites pas « Savez-vous, mais Croyez-vous, je réponds - oui je le crois. »
A la lecture d'un tel ouvrage, les parapsychologues seront assez satisfaits, car ils observeront que pour un « spirite convaincu », le spiritisme se présente sous forme d'églises ; que les faits spirites ne prouvent rien et relèvent de fonctions mystérieuses inhérentes à la nature humaine sans qu'il soit nécessaire de les attribuer à un esprit. Remarquons l'absence complète du spiritisme dans la liste des organismes de recherches et de documentation publiée par le livre. C'est ainsi qu'un écrit baptisé « témoignage de première importance à verser au dossier du spiritisme » peut en réalité le desservir.
Notre travail de mise au point a donc toute son utilité ne serait-ce qu'au service de la documentation de nos amis spirites. En outre, la réalité de la nature spirituelle et immortelle de l'homme a une trop grande importance dans l'évolution de l'humanité pour que nous renoncions à dénoncer de fallacieuses spéculations.

 Dialogue avec l'au-delà de James Pike