La trilogie spirite

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La trilogie spirite

Ce mois-ci, nous vous présentons le livre La trilogie spirite d'Arthur Conan Doyle. Il s'agit d'un ouvrage important de 600 pages récemment édité par les Editions Fantaisium. Ce livre regroupe trois cahiers de voyage. Le premier, Les pérégrinations d'un spirite raconte son voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le second, Notre aventure américaine, parle des états de l'Est et le troisième, Notre seconde aventure américaine couvre la côte pacifique et le Canada.

Les pérégrinations d'un spirite

Nous sommes en 1921, Conan Doyle, sa femme et leurs trois enfants décident d'un voyage pour l'Australie et la Nouvelle Zélande afin parler d'une vérité qui leur tiennent à coeur : le spiritisme. Ils vont visiter les divers centres qui existent et des conférences sont organisés à chaque ville qu'ils rencontrent.
Il dit : "Je n'ai aucune éloquence et je n'en fais profession mais je suis audible et je ne dis pas plus que ce que je veux dire et prouver de sorte que mes auditeurs sentiront que j'avais transmis vraiment la vérité telle que je pouvais la voir."
C'est une grande expédition qui commence et passe par Gibraltar, Bombay, Ceylan. Comme beaucoup d'anglais, il n'est enthousiasmé par l'idée de réincarnation et il pense qu'elle se produit rarement ou alors de manière très espacée.
Pour sa première conférence en terre australienne à Adélaïde, le succès est au rendez-vous. Il y a 2000 personnes pour l'écouter et le journal local commente :
"Le public nombreux, varié et sérieux, était, dans sa qualité et ses proportions, digne d'une célébrité mondiale et de sa mission. Nombre de grands intellectuels de la ville étaient présents, professeurs d'université, hommes d'affaires éminents, législateurs, chaque spécialité était représentée... Dans l'ensemble, sir Arthur est dominé par sa grande présence saisissante. Son visage a une force robuste, bienveillantes, tendue et sérieuse dans les moments graves... Ce n'est pas un sombre voyage qu'il fait dans l'ombre mais apparemment une expérience heureuse et une expérience tendre, de sorte que l'humour n'est pas nécessaiement exclu de la prestation... Le conférencier s'adressa à l'auditoire sans esprit de dogmatisme impatient, mais avec la capacité d'un esprit compréhensif cherchant à amener la lumière sur les doutes obscurs chez ceux qui n'avaient pas partagé ses grandes expériences..."
Son voyage se poursuit à Melbourne, il assiste à de nombreuses séances de matérialisation : des appartions de mains, des effets lumineux... Il y rencontre des médiums : Charles Bailey, George Spriggs par exemple avec le récit détaillé de ces séances. Le spiritisme semble bien développer en Australie après la première guerre mondiale.
Dans sa quête à la recherche de l'intervention du monde de l'autre, on trouve le récit d'une rencontre avec un médium guérisseur, un certain M. Bloomfiel : "Il n'accepta jamais de frais pour ses dons remarquables. L'année dernière, il donna 3.000 consultations... Si je comprends bien, il existe au moins deux formes très différentes de guérison psychique... La clairvoyance et la connaissance instinctives peuvent appartenir à l'individu. Puis, il y a l'action directe et les conseils d'un contrôle spirituel avisé, un médecin décédé en général, qui ajoute à ses connaissances matérielles."
A Sydney, il y a plus de 10 000 spirites dans cette ville et l'on organise trois conférences qui sont d'un grand succès : "Je battis encore le record d'affluence de la salle des fêtes... et je dus rester debout pendant dix longues minute à regarder le public avant que le calme soit suffisamment revenu pour que je puisse commencer... Ce n'est plus un simple succès, c'est un triomphe !"
Tout au long de cette lecture, vous pouvez apprécier ses déplacements à la découverte des coutumes locales et du paysage qu'il nous évoque avec intérêt : "C'est un jour à se souvenir. Je vis la belle Australie méridionale dans toute la beauté du printemps, l'enfance naissante de l'année avec toutes ses grâces grandissantes. Le vif jaune brillant s'effaçait sur les arbres mais le versant était recouvert de fleurs pourpres en forme d'étoile, et de fleurs endémiques familières, chacune subtilement modifiée par le transport. C'était de la brousse sauvage sur une partie du chemin... J'entendis parler d'étranges cigognes, les compagnons indigènes qui se rencontrent par vols de cinq cents individus pour leurs vols majestueux..."
La lecture se poursuit avec son voyage jusqu'en Nouvelle Zélande et des conférences à Auckland et Wellington.
Puis, cette première partie se termine par son retour en Europe. A Paris, il va à l'Institut Métapsychique. Il y rencontre le docteur Geley, Charles Richet et Gabriel Delanne.
Sir Arthur y donne une conférence dans un très mauvais français. Il déjeune ensuite avec Camille Flammarion et y apprend : "Tous s'accordent à dire que le spiritisme a beaucoup plus d'opportunités en Angleterre qu'en France car le tempérament français est essentiellement moqueur et parce que l'Eglise catholique y est en opposition frontale."
Son long voyage s'achève et son optinisme est débordant car il note : "Le genre humain est à la veille d'une formidable révolution de la pensée, marquant une ultime révulsion du matérialisme et il fait partie de notre philosophie éclatante et assurée que, même si nous n'assisterons peut-être pas au triomphe final de nos travaux, nous n'en serons pas moins engagés dans la lutte pour la victoire le jour où nous rejoindrons ceux qui sont nos camarades de combat, de l'autre côté."

Notre aventure américaine

En 1922, il repart à nouveau avec sa famille et ils arrivent à New-York en avril où il donne une conférence :
"Après mon entrée en matière... Je commençai par leur montrer les preuves indiscutables concernant les phénomènes physiques et à quel point il était idiot de nier devant les conclusions d'hommes comme Mare, Mapes, Challis, Mayo, Russel Wallace, Crookes, Varley, Richet, Zôllner, Lombroso, Barrett, Lodge et tous les autres qui examinèrent la question de manière approfondie. Je lis les mots mêmes de beaucoup de ces enquêteurs, définissant leur position exacte par rapport au sujet. Je prouvai que les opposants n'étaient jamais vraiment entrés dans le sujet, mais avaient formé leurs opinions à partir de préjugés religieux ou scientifiques. Enfin, je citai le récent dicton du professeur Hyslop selon lequel un homme qui nie ces choses est soit un ignorant, soit un lâche moral.
Mon public était avec moi, je le sentais.
Ensuite, je présentai ma propre recherche de la vérité et demandai à mes auditeurs de vérifier à quel moment je m'étais trompé. Je montrai comment j'avais commencé avec le matérialisme théiste, sans croire en toute vie au-delà de celle-ci. Ensuite, je montrai mes premières expériences psychiques, mes lectures au long cours, mes années de lutte contre les faits et mon acceptation finale forcée des phénomènes décrits par toutes ces sommités, mais sans aucune reconnaissance de leurs implications religieuses. Quelle religion pourrait-il y avoir dans une table qui saute ou un tambourin qui vole ?
Ensuite, je montrai comment la guerre nous avait rendus tous plus sérieux, comment les preuves des forces psychiques étaient entrées dans ma propre maison, me rapprochant au plus près du sujet, et comment, enfin, je comprenais clairement que tous ces phénomènes puérils étaient en réalité des signaux attirant l'attention de manière matérielle vers les messages spirituels qui les accompagnaient, adressés à nos esprits matériels.
Je montrai à quel point ces messages variaient peu, quel que soit le moyen utilisé pour les recevoir ou le pays d'origine. Je montrai également qu'ils constituaient une philosophie organisée et une explication de la vie et du destin très différentes de celles du monde d'avant, mais simples, raisonnables et crédibles, une fois que nous avions réglé la question de nos préjugés. Je montrai qu'ils portaient tous les signes d'une nouvelle révélation de Dieu à l'homme, envoyée à la race humaine à l'heure où il en avait besoin, mais que, à bien des égards, il semblait être l'ancien message chrétien primitif qui avait été mal interprété et oublié. Je donnai un certain nombre d'exemples personnels — comment j'avais parlé avec mon fils décédé, comment mon frère décédé m'avait donné le nom exact d'un guérisseur à Copenhague qu'il souhaitait que sa veuve consulte, comment j'avais clairement vu ma mère, sans doute ni questionnement... Je montrai que tous mes témoins étaient au nombre de six, huit ou dix, qu'ils avaient été présents et qu'ils avaient vu ou entendu la même chose que moi. Comment établir quoi que ce soit sur la terre si cela est rejeté ?
Mais cela n'est pas rejeté, et cela coïncide exactement avec ce qu'ont vécu des centaines d'observateurs dignes de foi."
Cette conférence fut un succès comme celles qu'il donne ensuite à Boston, Washington, Philadelphie mais il ne s'arrête pas là et poursuit son voyage jusqu'à Rochester, ville peu éloignée des premiers phénomènes des soeurs Fox à Hydesville.
A Toronto, il note : "Je passai quelques heures à faire le tour de Toronto, ville qui s'est considérablement étendue et améliorée depuis ma première visite, près de trente ans en arrière. Elle a une solidité massive toute canadienne. C'est un peuple merveilleux, fort, inflexible, obstiné, de bons amis et de dangereux ennemis. L'hostilité insensée de nombreux journaux américains à l'égard de l'Empire britannique les éloigna vivement de leurs voisins et leur loyauté est presque farouche. Nulle part ailleurs, dans tous mes voyages, je n'eus autant de "God Save the King" chantés en fin de conférence...
Le spiritisme est dans un état curieux à Toronto. Il y a six ou huit petites églises au stade embryonnaire, qui, je l'espère, s'uniront et s'élèveront vers un niveau supérieur. Il y a beaucoup de médiumnité indifférente, la plupart du temps d'un ordre très divin. En dehors de cela, il y avait une société qui s'appelait elle-même "Le vingtième plan", surtout connue parce qu'un de ses membres, le Dr. Watson, y écrivit deux livres ; l'un portant ce titre, et l'autre intitulé Death is Firth (La mort, c'est la naissance)."
A Détroit, il participe à des séances spirites et des phénomènes d'apparition.
Ce premier voyage aux Etats Unis se termine en juin. A New-York est organisé d'autres séances, il observe les résultats de médiums, des dessins et note consciencieusement tout ce qu'il voit : "Ce fut une expérience glorieuse et un privilège merveilleux d'être choisi pour ramener une reconnaissance plus complète de cette grande révélation."

Notre seconde aventure américaine

En 1923, Conan Doyle repart, il désire aller le long de la côte du pacifique et jusqu'au canada. Il commence son expédition et sa diffusion à Cleveland, une ville sinistre où il y a un excellent public. Il poursuit ensuite vers Indianapolis, Columbus, Chicago. Il y rencontre des médiums, visite une prison et échange des points vus sur les manifestations, les dialogues avec les Esprits. Il va à Kansas City : "Une jeune ville géante à moitié formée et tentaculaire...", toujours accompagné de sa femme et de ses trois enfants.
Les trajets se font en train, le paysage est souvent à couper le souffle surtout lorsqu'ils s'approchent des Rocheuses. Conan Doyle réalise même une conférence au sein de la communuauté Mormon :"5.000 personnes, au bas mot, se rassemblèrent dans le Tabernacle pour m'entendre. Je n'avais jamais abordé un public aussi sensible et intelligent."
A Los Angeles, il est invité par M. Baker, président de la Society of Advanced Psychic Research.
"Ils avaient comme médium M. et Mme Jonson, le premier ayant la réputation d'être l'un des médiums matérialiseurs les plus puissants du monde, tandis que sa femme disposait également de pouvoirs psychiques complémentaires considérables. J'avais entendu parler de Jonson à Toledo, car il était venu sur la côte pacifique pour raisons de santé, et j'avais depuis longtemps hâte de tester ses capacités. Cela fait, je peux maintenant affirmer avec assurance que ce que j'avais entendu n'était pas exagéré et que j'ai ajouté une formidable impression psychique à la longue succession de celles que j'eus le privilège de recevoir.
Le cercle était vaste et comptait vingt-quatre personnes. Il se réunissait une fois par semaine, ce qui lui conférait un pouvoir supplémentaire considérable. C'étaient tous des gens d'éducation et de réputation. La scène était impressionnante à notre arrivée, car c'était la coutume du cercle de mettre un surplis blanc sur leurs vêtements. L'effet dans la faible lumière était grave et saisissant. Jonson et son épouse étaient deux personnes âgées agréables et charmantes. Quoiqu'ils venaient de Toledo pour raisons de santé, la poignée de mains fut l'une des plus vigoureuses dont je me souvienne, alors j'imagine qu'il n'a plus à se plaindre à présent. Ses références comme médium sont nombreuses, car ses résultats furent obtenus dans toutes sortes de lieux et conditions. Entre autres choses, j'ai appris qu'un jour, un agent des services secrets des États-Unis fut chargé de surveiller les Jonson, et que des détectives avaient surveillé la maison pour trouver des complices... en vain.
Il y avait au bout de la pièce un étroit couloir qui menait ailleurs. Les côtés de ce couloir étaient faits de petits casiers. La porte du bout du couloir, que j'examinai, était câblée avec un gros fil métallique qui passait à travers la clé, autour de la poignée et autour d'un crampon, de sorte qu'elle semblait totalement infranchissable. Ce couloir pouvait avoir six pieds de long et quatre de large [env. un mètre quatre-vingts de long et un mètre vingt de large]. Il était utilisé comme cabinet. Après une musique remarquable, les manifestations commencèrent ; la lumière, provenant d'une lampe rouge, permettant de voir les contours de nos voisins mais pas le détail de leurs visages. Le médium et sa femme sortirent du cabinet et s'assirent bien en vue à l'extérieur du rideau qui enveloppait le petit couloir que j'ai décrit. Bientôt, le rideau s'ouvrit brusquement et une silhouetté en robe blanche entra dans la pièce. J'ai devant moi un compte rendu exact des faits pris en sténographie par une dame présente et je résume.
La silhouette en robe blanche se balança après son entrée, presque comme une robe suspendue remuée par le vent. Elle sembla alors renforcer à la fois sa force et sa forme. Elle avança d'environ quatre pieds [un mètre vingt) dans la pièce. Le médium et sa femme, comme je le répète, étaient bien visibles, assis à l'extérieur du cabinet, devant vingt yeux. On m'expliqua que cette figure blanche était Viola, la guide qui contrôlait le cercle. Elle commença à parler dans un fort murmure, en saluant divers noms, et ils renvoyèrent le message avec le même ton courtois que s'ils s'adressaient à un être humain respecté. Elle expliqua qu'elle avait beaucoup à faire et qu'elle devait laisser la place aux autres. Elle s'évanouit ensuite, mais je ne saurais dire avec certitude si c'était dans le cabinet ou juste au-dessous.
Se succédèrent alors plusieurs personnages sur un rythme soutenu. Le premier était une vieille dame rabougrie portant des lunettes. Je me levai et la saluai, à environ dix pieds [trois mètres] du cabinet. Je pouvais la voir très clairement et elle ressemblait à n'importe quelle vieille dame, à part une certaine raideur dans son attitud e.Elle se présenta comme étant la mère d'un des membres du cercle. Elle était vêtue de noir.
L'instant d'après, une deuxième vieille dame, mais vêtue de blanc, fut reconnue comme étant la mère du professeur Larkin, un astronome présent. Ma femme et moi nous avançâmes tous deux vers elle et elle posa sa main sur notre tête, comme pour une bénédiction. À la question de ma femme, elle répondit dans un murmure qu'elle était très heureuse.
La suivante, vêtue de blanc, était une femme de grande taille qui prétendait être la soeur de l'une des personnes présentes. Les deux soeurs se tinrent juste devant moi, toutes deux en blanc, et elles se res semblaient certainement beaucoup, bien que je ne pusse pas clairement en discerner les traits. Je peux dire que tous ces personnages avaient quelque chose de subtilement inhumain. Leurs visages variaient de la craie à la cire, ils ressemblaient à des masques, et leur tenue était curieusement raide et contrainte. En fait, ils ressemblaient à des oeuvres de cire, sauf qu'ils glissaient et parlaient parfois.
La matérialisation suivante fut une charmante fillette vêtue de blanc avec une ceinture colorée. Elle semblait beaucoup plus humaine que les autres. Je pouvais la concevoir comme une incarnation humaine, chose impensable avec ses prédécesseurs. Elle dit s'appeler Crystal Dahlgren et précisa qu'elle était morte dans le Dakota du Sud, mais ne pouvait pas dire quand. Elle s'assit par terre, les jambes nues croisées, et bavarda avec les personnes présentes. Lorsqu'on lui demanda ce qu'elle avait fait, elle répondit : "Oh, apprendre, progresser dans l'apprentissage de Dieu..."
Leurs aventures se prolongent de Los Angeles à San Francisco, outre ses rencontres, Conan Doyle mentionne également des attaques qu'il reçoit souvent de la part d'intellectuels, de journalistes :"Ces messieurs ignorants, méritent d'être présentés comme les béotiens qu'ils sont en matière psychique, aussi méritante que leur réputation puisse être dans d'autres branches de la science."
Au mois de juin, il quitte les Etats-Unis pour le Canada, Conan Doyle semble satisfait et il ne pouvait que "prier pour que la graine qu'il avait plantée dans ce long sillon pousse avec le temps."
A Vancouver, il fait une conférence devant 3000 personnes puis son périple se poursuit jusqu'à Montréal. Nous laissons le lecteur découvrir les lieux et paysages magnifiques qu'il rencontre avec sa famille dans cette immensité sauvage.
Nous terminons par le récit d'un cas de poltergeist. Conan Doyle dit : "Il me fut signalé pendant mon séjour à Montréal. Un couple, l'homme, journaliste expérimenté, époux d'une femme d'âge mûr plutôt nerveuse, vivait seul, leur seul enfant étant parti à la conquête du monde. Ces personnes étaient hantées par un ou des Esprits actifs et espiègles, mais en même temps innocents. La boîte de cubes qui avait été le jouet de leur enfant fut traînée et des bâtiments fantastiques furent érigés. Les parents les démolirent, mais ils furent remis en place aussitôt. Lorsque l'un de ces bâtiments fut photographié, une petite figure de nabot étrange apparut sur la photo derrière les cubes, et à côté, une tête de femme.
Il semblait y avoir deux Esprits, car des fragments d'écriture directe commençaient à, apparaître sur des morceaux de papier éparpillés dans la maison. Je les examinai, et trouvai deux scripts, l'un d'un adulte et l'autre d'un enfant, qui correspondaient à la photo. Contre un enfant espiègle et plutôt méchant, la seule arme est la rai¬son et la gentillesse. Une image de la maison avait également été dessinée, une construction extraordinairement haute et fine de douze étages, avec "The Middlesex House" écrit en bas, très bien dessinée.
Parfois, les farces étaient un peu moins innocentes. Les lumières électriques s'éteignaient à des moments difficiles, et les images étaient enlevées des murs. À deux reprises, le mari fut assailli par des oreillers jusqu'à ce que son incrédulité soit mise à mal. La prière semblait inutile.
Un prêtre vint pour exorciser la force et, en plein exorcisme, le tapis lui sauta dessus et lui enveloppa la tête et les épaules, de sorte qu'il s'enfuit de la maison, terrifié." Pour ce second voyage, Conan Doyle a réalisé plus de 40 conférences pendant 100 jours : "Le record était bon à mon âge et je suis convaincu que ma tâche a été remplie. Je fus obligé de limiter mes agapes et je fus toujours sobre dans mon alimentation, avec une préférence pour la nourriture végétarienne, ce qui favorise l'endurance. Au sommet de mon travail, j'avais un journal si rempli que ce volume fut pratiquement entièrement écrit au jour le jour, au fil des événements. Si je ne l'avais fait, ce serait un fouillis de souvenirs dans mon esprit. Une narration si rapidement rédigée a peu de mérite, mais je suis convaincu que le jour viendra où un récit de la situation psychique de cette époque intéressera profondément nos descendants, qui récolteront ce que nous avons semé."

En guise de conclusion

Travailleur infatigeable, cette même année 1923, il écrivit à Léon Denis pour lui demander l'autorisation de traduire Jeanne d'Arc Médium.
En 1925, Conan Doyle participa au congrès de la fédération spirite. Il y donna deux conférences. Des milliers de parisiens emplirent la salle. La presse s'émerveilla de ce succès et ne dissimula pas son étonnement de ce que Paris comptait tant de gens intéressés par le spiritisme. Léon Denis avait 80 ans et il se réjouissait beaucoup de l'empressement de la foule autour de Sir Arthur Conan Doyle.

Nous vous recommandons largement sa lecture qui montre tout le travail de Conan Doyle. Nous félicitons, Francois Montmirel, le traducteur et l'éditeur de cet ouvrage, grâce à lui, ces carnets de voyage sont sauvés de l'oubli. C'est une pierre de plus à l'édifice de la doctrine spirite dans sa diffusion.

 La trilogie spirite

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