Léon Denis

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Léon Denis

Ce mois-ci, nous vous présentons une Biographie de Léon Denis par Henri Sausse...
"Ayant pendant trente-cinq ans, vécu en relation directe avec Léon Denis, en complète harmonie de sentiment, en union parfaite de pensées, de désirs de volonté de propager notre chère doctrine, comme en témoignent plus de deux cent cinquante lettres reçues de lui, je remercie Dieu et mes guides d’avoir été ainsi favorisé", il nous livre sa rencontre...

A ceux qui pleurent,
A ceux qui souffrent,
A ceux qui cherchent,
A ceux qui doutent,
Espérance et courage

A Léon Denis
Cher Maître et ami,

Lorsque j’eus terminé mes recherches et classé les documents qui m’ont servi à publier la biographie de notre Maître à tous, Allan Kardec, je formai un autre projet, et je l’ai caressé bien des fois depuis : c’était celui, non pas d’écrire votre biographie, mais de réunir quelques annotations pouvant être utiles à ceux qui, après nous, seront désireux de connaître, en même temps que notre chère doctrine, Allan Kardec qui en fut le fondateur, et vous, son disciple fidèle et son continuateur.
Ne m’en veuillez pas, cher Maître et ami, si je suis obligé de mettre parfois votre modestie à l’épreuve, mais, dans cette étude, que je veux faire sur vous et votre oeuvre, comme je l’ai fait pour Allan Kardec, je n’ai d’autres but que de servir avant tout la cause de la vérité est celle du Spiritisme.
Surtout n’allez pas voir dans mon geste celui du pavé du fabuliste, ou me reprocher trop de fleurs, ne voyez en cet écrit qu’un témoignage de sympathie et de fidélité du petit journal qui a vécu sous vos auspices et sous ceux d’Allan Kardec et qui avant de disparaître a voulu rendre hommage aux deux apôtres du spiritisme sous l’égide desquels il avait été placé.
Je sais bien qu’il n’est pas d’usage d’écrire la biographie des gens, de leur vivant, mais qui me dit que je ne recevrai pas avant vous mon ordre d’appel pour le grand voyage de l’au-delà ? Alors mon projet ne serait plus réalisable. Un précepte nous dit, d’ailleurs, de ne pas remettre au lendemain ce que nous pouvons faire le jour même ; je m’y conforme et vous prie de m’excuser si ce travail vous semble trop prématuré, car il est écrit, en tout bien, tout honneur, pur faciliter les recherches de ceux qui viendront après nous.

 Léon Denis

Notes biographiques sur Léon Denis

Léon Denis est né le 1er janvier 1846, à Foug, bourg de Meurthe-et-Moselle, à huit kilomètre de Toul. Son père petit employé de l’Etat, n’avait que ses modestes appointements pour toute fortune. Aussi pensa-t-il, de bonne heure, à mettre son fils au travail. Ce fut dans la métallurgie qu’il débuta, à l'âge de douze ans, en usant ses ongles et ses doigts à polir des cuivres. Sa santé délicate ne lui permit pas de continuer dans cette voie ; ce fut dans le commerce qu’il chercha dès lors à se faire une situation, plus conforme à ses goûts et à ses aptitudes. Dans l’ouvrage le Problème de l'être et de la destinée, page 307, Léon Denis nous déclare : “ j’ai gravi péniblement les sentiers de la vie ; mon enfance a été dure. De bonne heure, j’ai connu le labeur manuel et les lourdes charges de famille. Plus tard, dans ma carrière de propagandiste, je me suis meurtri aux pierres du chemin ; j’ai été mordu par les serpents de la haine et de l’envie. Et maintenant l’heure crépusculaire est venue pour moi ; les ombres montent et m’entourent ; je sens décliner mes forces et s’affaiblir mes organes. Mais jamais l’aide de mes amis invisibles ne m’a manqué ; jamais ma voix ne les a évoqués en vain, depuis mes premiers pas en ce monde, leur influence m’a enveloppé. C’est à leur inspiration que je dois mes meilleures pages, mes accents le plus vibrants. Ils ont partagé mes joies et mes tristesses et quand l’orage grondait, je les savais debout près de moi sur le chemin. Sans eux, sans leur secours, depuis longtemps j’aurai dû interrompre ma marche, suspendre mon labeur. Mais leurs mains tendues m’ont soutenu, dirigé dans la voie âpre. Quelques fois dans le recueillement du soir ou le silence de la nuit, leurs voix me parlent, me bercent, me réconfortent ; elles résonnent dans ma solitude comme une vague mélodie. Ou bien, ce sont des souffles qui passent, semblables à des caresses, des sages conseils murmurés, des indications précieuses sur les imperfections de mon caractère et les moyens d’y remédier. Que vers vous tous, esprits tutélaires, entités protectrices, monte ma pensée reconnaissante, le meilleur de moi-même, le tribut de mon admiration et de mon amour.”
Malgré cette protection d’en haut si évidente et si franchement reconnue, on peut dire de Léon Denis, en toute assurance, qu’il est absolument le fils de ses oeuvres. La haute situation morale qu’il occupe aujourd’hui, comme conférencier, et, dans le monde des lettres, comme philosophe et écrivain français, il l’a créée de toutes pièces, par son labeur opiniâtre, par ses études persévérantes, par son énergie soutenue, par une force de volonté toujours agissante et toujours dirigée vers le même but. Avec sa santé fragile, beaucoup d’obstacles auraient du lui barrer la route : il a tout surmonté, parce que, sous un aspect plutôt chétif, il possède une âme forte et solidement trempée, imprégnée des plus nobles et des plus généreuses aspirations. Son caractère posé, réfléchit, ses préférences natives, le poussèrent à la lecture, non des romans et des futilités, mais des ouvrages graves, sérieux qui lui formaient le coeur et l’intelligence, et dans l’étude et la méditation desquels prolongeait souvent ses veilles, à des heures fort avancées de la nuit, au grand dommage de sa vue, qui laissa toujours beaucoup à désirer.
En 1862, Léon Denis se fait recevoir Membre de la Loge des Démophiles de Tours ; il en devient bientôt l’orateur actif et écouté ; mais en 1877, après quinze ans d’activités ; il donne sa démission, à propos de la suppression des déclarations spiritualistes de la constitution de l’Ordre, ne voulant pas se plier au courant matérialiste et athée qui pénétrait alors dans la Franc-maçonnerie.
En 1870, l’année terrible le trouve à Tours, prêt à la défense du pays, engagé volontaire, malgré ses exemptions physiques. Il monte rapidement en grade et c’est comme lieutenant des Mobiles Indre-et-Loire qu’il fait partie de l’armée de la Loire. La tourmente passée, il revient à Tours, où le rappellent ses occupations et ses voyages.
En 1880, à la création de la Ligue d’Enseignement de Jean Macé, il devient l’âme du Cercle Tourangeau de la ligue de l’enseignement. Il en est le propagateur ardent et entraînant. Il fonde plusieurs cercles et bibliothèques populaires et inaugure l’ère des conférences publiques. Ses affaires l’appelant souvent en Normandie, en Bretagne, dans l’Anjou et la Mayenne, il en profite pour faire partout des conférences de propagande qui ont le plus vif et le plus légitimes succès. La ligue de l’enseignement étendant son influence de tous côtés, son jeune et brillant conférencier voit sa tâche grandir en conséquence. Il est appelé à Angers, Le Mans, Nantes, Orléans etc., et partout il se fait applaudir, à juste titre. Mais alors sa tâche se complique des soins qu’il apporte à la diffusion du spiritisme, dont il est fermement épris ; et il s’en va portant de tous côtés la bonne parole pour l’expansion de l’instruction laïque et la propagation de la Doctrine spirite.
Il ne faudrait pas croire qu’au début de son oeuvre de conférences, Léon Denis n’eut à vaincre aucune difficulté, loin de là. Le passage suivant de son livre : Le Monde Invisible et la Guerre, page 106, nous fixe à ce sujet : “en dehors du monde invisible, nous avons, dans notre tâche ardue de propagandiste, deux compagnons de lutte qui nous stimulent sans cesse et nous poussent en avant : le devoir et la vérité. Pendant quarante années, nous avons travaillé ensemble par la plume et la parole. Au début, surtout dans notre action orale, nous avons recueilli plus de sarcasmes que d'applaudissements ; le spiritisme était considéré comme une chose ridicule. Mais peu à peu, l’opinion publique est devenue plus accessible ; on consentait à nous écouter sans toutefois tirer un grand profit de nos enseignements. Aujourd’hui, on écoute, on réfléchit, on comprend. Cela ne suffit pas encore, il faut que la connaissance des lois supérieures se traduisent par des actes.”
Cependant, mu par ces deux ressorts de relèvement de l’humanité, il va partout où le devoir le réclame ; non seulement en France, mais en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Algérie, qu’il a déjà fréquentée comme voyageur de commerce. Ses courses à travers la côte barbaresque, dans les îles de la Méditerranée, sont pour lui l’occasion de faire ses premiers essais comme écrivain [1] et font l’objet d'intéressantes brochures depuis longtemps épuisées : La Tunisie, le Progrès, l’Ile de la Sardaigne, Giovanna, etc.
Dans Giovanna, Léon Denis estompe, avec cette poésie, cette délicatesse de touche qui lui est particulière, quelques épisodes d’une idylle, aussi charmante que juvénile, qu’un cruel destin faucha en sa fleur. Le décès de Giovanna, enlevée brusquement par le typhus, laissa son fiancé complètement désemparé et bouleversa tous ses projets d’avenir. C’est alors qu’il se replie sur lui-même et calme sa douleur en cherchant à consoler celle des autres.

Comme spirite, Léon Denis fit de nombreuses conférences à Paris dans la salle des fêtes de l'hôtel de la Duchesse de Pomar et surtout à la salle des Agriculteurs, au Grand Orient, à Trianon, à l’université de Genève, à la faculté de Toulouse, à l’Athénée de Bordeaux, à Bruxelles, à la Haye, etc., et partout son talent s’affirme de plus en plus.
Ce fut par sa petite brochure : Pourquoi la Vie, que Léon Denis commença son apostolat du spiritisme. Elle fut éditée en septembre 1885, et voici ce qu’il m’écrivait, à son sujet deux mois plus tard, le 5 novembre : “cet humble opuscule n’avait d’abord pour but que de servir d’auxiliaire dans mes conférences, il devait retenir encore après la conférence l’attention de l’auditoire sur les questions soulevées oralement, la parole produisant généralement un effet assez puissant, mais fugace. Quelques amis m’assurant qu’il était bon à répandre, j’en ai envoyé quelques exemplaires aux spirites militants, et voilà qu’en un mois quatre mille exemplaires m’ont été enlevés. Il n’en reste plus, il va falloir songer à une deuxième édition.”
Le succès de cette intéressante brochure ne s’est pas démenti depuis ; il a été si constant, au contraire, qu’aujourd’hui 105 éditions successives ne l’ont pas épuisés, toujours il en est demandé de nouveau.
Etant en relation par correspondance avec Léon Denis, je l’engageai fortement à venir se faire entendre et applaudir à Lyon ; il voulu bien accepter, mais à la condition formelle, sine qua non, que nous ne nous occuperions que des frais de la salle et de la publicité ; ses dépenses personnelles, frais de voyage et frais de séjour, étant son affaire, nous n’aurions pas à nous en occuper.
La première conférence que Léon Denis fit à Lyon eut lieu le dimanche 23 octobre 1887, dans la salle de la Scala, devant un auditoire de 1.800 personnes. Elle avait pour sujet : Les Mondes et la vie universelle ; les existences progressives de l'être. Le succès fut complet, l’orateur très chaleureusement applaudi, nous n’aurions pu espérer mieux. La conférence eut lieu sous les auspices de la Fédération spirite Lyonnaise, et une quête fructueuse fut faite au bénéfice des fourneaux de la Presse.
Léon Denis avait refusé toute invitation avant sa conférence ; mais il avait accepté d'être des nôtres le dimanche soir, à la condition que ce serait un repas de famille et non un banquet, auquel il était radicalement hostile.
Pendant le dîner, notre ami vint parler musique et nous fit l’éloge de l’orchestre de notre grand théâtre ; je lui fis part alors de ma surprise de l’avoir vu la veille au soir, alors que je croyais retenu en famille, se diriger seul vers notre théâtre. « N’en soyez pas choqué ; me dit-il, mais chaque fois que je puis entendre de la bonne musique avant ma conférence, je me fais un plaisir d’aller, non l’écouter, mais me laisser bercer par le rythme musical, et, à ses accords, préparer les prétoires de mes conférences qui ne sont pas écrites, mais seulement dans ma mémoire. Or, notez que mon plaisir serait plus grand, si je pouvais me délecter au jeu des grandes orgues ; leurs vibrations sonores éveillent en moi, dans ma pensée, tout un monde d’images et d’idées qui me sont d’une grande utilité pour mon travail d’inspiration ».
Léon Denis était d’une constitution délicate, ne peut toucher à tous les plats ; il est d’une sobriété très grande, soit chez lui, soit en ville. « Il mange comme un poulet, » me disait sa mère ; peu ou pas de viande, très peu de vin, étendu de beaucoup d’eau ; pas de sauces épicées, pas d’alcool, un vrai régime d’anachorète seul lui convient ; aussi en raison de sa vie austère, lui ai-je dit bien des fois : vous devez être un vieux moine dans une nouvelle peau. Il en rit, mais ne s’en défend pas.
Nommé Président d’honneur de la Fédération spirite Lyonnaise, Léon Denis a fait à Lyon une trentaine de conférence publiques. Il a créé ou aidé à se former, au cours de nombreuses tournées de propagandes, les Fédérations de Bordeaux, Nantes, Toulouse, Marseille, Alger, etc. Il est président de l’Union spirite française, de celle de Catalogne, du Brésil. Malgré tous ces honneurs, lui venant de tous les points du pays et du dehors, Léon Denis n’en reste pas moins ce qu’il fut toujours : prévenant, serviable, accueillant tous, simple et modeste, aimant la solitude, afin de pouvoir réfléchir plus à l’aise et de travailler à la préparation de ses ouvrages, dont les nombreuses éditions se succèdent, lui imposant beaucoup de travail et lui donnant peu de bénéfices, car il les livre souvent à prix coûtant, en vue de la propagande de notre chère doctrine, qu’il prêche non seulement dans ses livres et ses conférences, mais aussi par ses actes, toujours d’accord avec ses principes.
Bien que nous ayons eu le temps de causer longuement avec Léon Denis à ce premier voyage, je brûlais de désir de le rencontrer à nouveau, mais chez lui à Tours. Ce fut pour ce motif qu’en Mars 1888, ayant formé le projet d’assister à la cérémonie du 31 mars, au Père-Lachaise, je fis un crochet pour aller à Tours et me rencontrer à nouveau avec lui. Léon Denis était alors nouvellement installé rue de l’Alma, dans un petit appartement où il avait pour voisin M. Valentin Tournier, qui, devenu complètement aveugle, était venu se loger près de lui à Tours, afin de pouvoir s’entretenir avec lui des progrès de la doctrine, dont tous les deux étaient de zélés propagateurs.
Dans un jardin public se trouvant à leurs portes, Léon Denis guidant par le bras M. V. Tournier, ils faisaient tous les deux de longues promenades et d'intéressantes causeries sur l’avenir du spiritisme. Depuis, j’y suis revenu bien souvent à cette maison de la rue de l’Alma, où j’étais reçu comme un enfant et où Mme Denis était pour moi pleine de prévenances. Elle ne manquait pas, chaque fois que je m’en allais, de m’embrasser en me disant : « Cette fois c’est la dernière, vous ne me retrouverez plus lorsque vous reviendrez voir Léon. » Je protestais du contraire, que je la reverrais encore et mieux portante, et pendant près de quinze ans, c’est moi qui eus raison. Cette bonne maman Denis ne vivait que pour son fils, qu’elle adorait, autant qu’il la chérissait lui-même[2]. Notre ami eut la douleur de la perdre pendant un voyage à Lyon, où il devait donner deux conférences ; la première seulement eu lieu l’autre fut renvoyée à plus tard, en raison de ce décès.
Léon Denis fit une perte bien grande au décès de sa mère et je m'associai d’autant plus à sa douleur que je perdais une bonne maman, une sincère amie.

Le congrès de 1889, le premier congrès spirite français, devait se tenir, à Paris, au Grand Orient, rue Cadet ; délégué de la Fédération spirite Lyonnaise, j’étais venu y prendre part. Je cherchais à m’orienter pour trouver la section de propagande, lorsque je vis venir à moi Léon Denis, qui me dit : “on m’a nommé président du Comité de propagande ; puisque vous voilà, je vous engage d’office comme secrétaire. Venez avec moi, nous allons travailler.”
Il y eut de nombreux voeux soumis au Comité de propagande et bien des projets, mais celui qui réunit le plus de suffrages, ce fut le voeu de voir publier les ouvrages d’Allan Kardec en édition populaire ou de voir publier un ouvrage qui résumerait tous les principes de la Doctrine. « Voilà, » dis-je, à Léon Denis, « ce qu’il faut pour mener à bien cette œuvre ». Le 25 décembre 1890, Léon Denis réalisait ce voeu en publiant son immortel ouvrage : Après la Mort, qui pur chef-d’oeuvre, a, juste titre, rallie tous les suffrages.
Léon Denis fut président du Congrès de Paris en 1900, de celui de Liège en 1910 et de celui de Genève en 1913.

La vue de Léon Denis, qui fut toujours son plus grand souci, va toujours en s’affaiblissant de plus en plus. Peu à peu, notre Maître et ami rentre tard dans la nuit ; il y voit encore assez pour se guider, mais il ne peut plus lire, ni écrire et doit recourir à un secrétaire pour dépouiller son courrier et y répondre. Il a besoin également de ce secrétaire pour lui faire écrire les articles qu’il envoie aux journaux, pour écrire les oeuvres nouvelles qu’il dicte, faire les corrections des nouvelles éditions de ses ouvrages et tous les travaux d’écriture qui ne lui sont plus possibles.
Léon Denis s’enfonce dans la nuit avec le plus grand calme, la plus admirable résignation ; il accepte cette épreuve, comme toutes les autres, sans révolte, sans murmure ; il répète volontiers ces vers de Victor Hugo :
Quand L'oeil du corps s’éteint,
L'oeil de l’esprit s’allume
L’aveugle voit dans l’ombre un monde de clarté...

L’épreuve qui, au cours de la guerre, a le plus affligé notre ami, a été la perte de son excellent médium et secrétaire, Mme Forget, avec qui il avait obtenue de si belles preuves de l’au-delà et des instructions si éloquentes du monde invisible. Ce qui le peine le plus, c’est qu’il ne peut rien faire en l'absence de son secrétaire, et cette inaction lui est si pénible que pour chercher à y parer, à 70 ans, il apprit seul à toucher du piano, et à mon dernier voyage auprès de lui, il m’a donné une audition de ce talent que je ne lui connaissais pas. Il a appris aussi à lire par la méthode Braille et le contact des doigts. Malheureusement, ce ne sont là que des palliatifs qui ne sauraient lui rendre sa vue absente, et cependant il a encore d’autres ouvrages à publier :
Une réédition de la Grande Enigme, revue et modifiée, actuellement sous presse : une nouvelle brochure, Esprits et Médiums, “traité de spiritualisme expérimental, analyse et pratique de la médiumnité”, et d’autres travaux en préparation dont, sans se lasser, il poursuit la mise au point.
Abordons maintenant l’étude des divers ouvrages de ce grand apôtre du spiritisme, du disciple fidèle et du continuateur de notre Maître à tous, Allan Kardec. Soulignons cependant au préalable quelques appréciations de la presse sur ses talents de conférencier.

Notre Maître et ami Léon Denis s’étant fait une brillante réputation, non seulement comme écrivain, mais aussi comme conférencier, voici quelques opinions des journaux sur son merveilleux talent d’orateur.
L’Evénement, Paris, le 21 mars 1895 : « Orateur littéraire, armé d’une ardente conviction, Léon Denis a su vite conquérir l'auditoire mondain qui se pressait dans la salle des fêtes de l'hôtel de Pomar, et c’était un plaisir de voir cet essaim de belles dames de l’aristocratie parisienne, amusées au début par quelques pensées frivoles, modifiant peu à peu l’expression de leurs regards pour devenir graves et montrer une attentive fixité.”
Le Progrès, Nantes : “M. Léon Denis, que nous avons entendu hier à la Renaissance, est certainement un conférencier hors ligne, style imagé, idées nobles, élevées, émotions communicatives, l’organe et le geste, il a tout.”
La Petite Gironde, Bordeaux : “M. Léon Denis est un orateur de talent, à la parole nerveuse et colorée, très nette et souvent éloquente, doublé d’un artiste et d’un poète qui sait, sans efforts, dramatiser ses récits et leur assurer un saisissant relief.”
La Dépêche, Tours : « Léon Denis possède les qualités maîtresse qui font l’orateur : érudition profonde, élégance de la forme, rondeur de la période, sobriété du geste et, par dessus tout, le pecus qui rend son éloquence tout particulièrement communicative, et lui acquiert aussitôt les sympathies de l’auditoire.”
L’Est Républicain. Nancy : “Avec son éloquence chaude, imagée, aux phrases harmonieuses, aux vibrantes périodes, Léon Denis a traité du problème de la destinée. Sa conférence bien digne d'enthousiasmer et de consoler les âmes éprises d’idéal s’est terminée au milieu d’applaudissements et de félicitations de tous ses auditeurs. »

Analysons maintenant ses ouvrages dans l’ordre où ils furent publiés afin d’en connaître la trame et le but, puis nous signalerons le concert de louanges et d’approbations qui accueillit chacun d’eux.
Pourquoi la vie ? Solution rationnelle du problème de l’existence. Ce que nous sommes, d’où nous venons, où nous allons, publiés en 1885.

Après la Mort, exposé de la Doctrine des Esprits, solution des problème de la vie et de la mort, nature destinée de l'être humain ; les vies successives. (41 mille)

Christianisme et Spiritisme, la Doctrine secrète du christianisme, relation avec les esprits des morts, la nouvelle révélation. Ce livre étant un recueil de réfutations des arguments du clergé contre le spiritisme, la dernière édition 1920 contient un index pour faciliter la recherche des éléments qu’il renferme.

L’Invisible, spiritisme et médiumnité. Traité de spiritisme expérimental, les faits, les lois. Lorsque cet ouvrage parut en 1904, je me demandais si c’était l’auteur qui avait exposé les principes sur lesquels fonctionnait le Groupe Amitié de Lyon ou si c’était nous qui, avant cette publication, avions adopté sa méthode.

Jeanne D’Arc Médium, ses voix, ses visions, ses prémonitions.

Problème de l’Etre, de la Destinée et de la Douleur, études expérimentales sur les aspects ignorés de l'être humain. Les doubles personnalités ; la conscience profonde. La rénovation de la mémoire ; les vies antérieures.

La Grande Enigme, Dieu et l’Univers, la nouvelle édition actuellement sous presse sera une transformation de cet ouvrage qui sera considérablement agrandi et diminué de la Synthèse spiritualiste, qui forme une nouvelle brochure de propagande.

Le Spiritisme et ses Détracteurs Catholiques, deux brochures de réfutation des attaques du clergé.

L’Au-delà et la Survivance de l'être, nouvelles preuves expérimentales, témoignages des savants.

Le Monde Invisible et la Guerre, action des invisibles sur les événements de la guerre, documents divers sur ce sujet.
Pour compléter ce tableau, voici les appréciations de la presse sur ces divers ouvrages :

Pourquoi la vie ?

La Dépêche, Tours.
“En cette fin de siècle, où chacun s'efforce de répandre des doctrines de négation et de haine, il est doux et réconfortant de voir un écrivain, un philosophe aussi remarquablement doué que Léon Denis, réagir avec l’autorité qui s’attache à son nom et à son talent, contre cette oeuvre de malfaisance sociale. C’est ce qu’il fait une fois de plus dans son opuscule : Pourquoi la vie ? M. Léon Denis a eu la touchante idée de dédier da très attachante étude “à ceux qui souffrent” Elle devrait être, en effet, le vade mecum des innombrables meurtris et vaincus de l'âpre lutte pour la vie, ces pages, toutes empreintes de pitié fraternelle, de compassion émue pour les malheureux et les déshérites. Par la perspective d’un au-delà basé sur la loi de réincarnation, plus vrai, plus humain, moins rigoureux surtout que celui de la tradition chrétienne, elles consolent et réconfortent les affligés en même temps qu’elles apprennent aux puissants de ce monde à être doux fraternels et pitoyables aux faibles.”

Après la Mort, exposé de la Doctrine des esprit. Solution des problèmes de la vie et de la mort. Nature et destinée de l'être humain ; les vies successives. (41e mille)

L’ouvrage Après la Mort fut la réalisation d’un des voeux du Comité de propagande de 1889, mais la préparation en était commencée bien avant le congrès, comme en témoignent de nombreuses lettres reçues de Léon Denis avant cette époque. Ce beau livre et bon livre n’en vint pas moins à l’heure qu’il fallait, dans le milieu où il était attendu et nécessaire, provoquant par ses mérites, l’admiration de tous les lecteurs, même ceux étrangers à nos idées, qui ne peuvent se lasser d’en prôner la réelle valeur. Cet ouvrage atteint aujourd’hui son 41e mille en français. Un, a été traduit en dix langues différentes, portant à tous les déshérités, les affligés de notre terre, les consolations et les espérance qu’il prodigue à tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui ont besoin d'être consolés.

Le Journal, Paris, le 26 janvier 1890.
« Il y a un homme qui a écrit le plus beau, le plus noble, le plus précieux livre que j’aie lu jamais. Il a un nom : Léon Denis, et son livre : Après la Mort. Lisez-le, et une grande pitié, mais libératrice et féconde, vous viendra brusquement de nos manifestations de regrets, de notre peur de la mort et de notre grand deuil de ceux que nous croyons perdus. » Alex Hepp.

Le Temps, Paris. « Ce volume est vraiment remarquable. Il possède toues les qualités qui peuvent assurer le succès. Quoique éminemment classique, profond et sérieux, ses pages rayonnent pas moins d’une vive lumière et sont toutes imprégnées d’une brûlante éloquence. Ainsi que l’indique son titre il traite du formidable problème de la destinée humaine, et donne une solution à cette question si controversée dans tous les âges : le pourquoi de la vie, problème ardu, en vérité, mais traité avec un tel charme de style et d’élocution que, dans tout le livre, on ne rencontre pas une seule page d’une lecture fatigante ou dépourvue d'intérêt. »

Revue des Livres Nouveaux, Paris.
« Parmi les ouvrages qu’il m’a été donné de lire cette semaine, il n’en est certes pas qui m’aient procuré une plus grande somme de satisfactions morales que celui de M. Léon Denis ; Après la Mort. Je ne connais guère d’ouvrage mieux pensé, de livre écrit dans un style plus correct, plus élevé. Peut-être suis-je sceptique par rapport au spiritisme, quoique bien des raisons m’incitent à y croire. En tous cas, je ne connais pas de doctrine plus consolante, plus réconfortante, plus digne de respect. Le beau livre de M. Léon Denis prétend nous donner la solution scientifique et rationnelle des problèmes de la vie et de la mort, de la nature et de la destinée de l'être humain et nous démontre l’existence et la raison des vies successives. J’ai lu et relu son oeuvre, elle a rempli mon âme d’allégresse, et si les choses sont ainsi, je ne puis que louer et proclamer la Providence éternelle. » D’Hally.
M. Le Dr Istrati, inspecteur de l’enseignement supérieur, actuellement ministre de l’instruction publique en Roumanie, écrivait à l’auteur : “votre ouvrage après la mort, est un des meilleurs que je connaisse. Un tel recueil, pour une société comme celle de mon pays, laquelle, quoique très jeune, est déjà ravagée par le matérialisme terre à terre, serait utile pour relever les caractères, élargir la pensée pure et nous fortifier dans la lutte pour l’existence en rappelant à l’homme le but noble de la vie et ce qu’il se doit à lui et à ses frères. C’est pourquoi je viens vous demander la traduction en Roumain de votre travail.”

 Christianisme et spiritisme

Christianisme et spiritisme (12e mille)

Revue de la France moderne, Paris.
« M. Léon Denis est connu à un double titre : comme écrivain et comme conférencier. Ses nombreuses conférences, à Paris, chez la duchesse de Pomar, à la Salle des Agriculteurs et à Trianon, et à l’Université de Genève, à la Faculté des lettres de Toulouse, à Bruxelles, La Haye, Lyon, Bordeaux, Marseille, etc., ont eu un grand retentissement. Sa réputation comme orateur n’est plus à faire. Comme écrivain, nous pouvons dire que son principal ouvrage : Après la Mort a eu un succès considérable ; il a été traduit dans presque toutes les langues d’Europe, sous le titre Christianisme et Spiritisme son développement et ses transformations à travers les âges. Il en explique les “Miracles” c’est à dire les phénomènes occultes, en les rattachant à un ordre de faits constatés par la science contemporaine. Ces faits, dits spirites, l’auteur les examinent en détail, dans la deuxième partie de son ouvrage ; il relate ses expériences personnelles, poursuivies depuis trente ans.
Tous les problèmes philosophiques et sociaux de notre époque sont passés en revue dans ce livre, écrit d’un style clair et imagé, par un penseur animé d’un vif désir de conciliation, avide d’une synthèse qui satisfasse toutes les consciences fortes, tous les coeurs épris d’idéal, toutes les âmes vraiment religieuses. Cette synthèse, l’auteur la trouve dans cet enseignement supérieur universel, jusqu’ici partage exclusif de quelques sages, et qui, proclamé de nos jours sur tous les points de la terre par les voix d’outre-tombe, va devenir l’héritage intellectuel et moral de l’humanité entière.
C’est donc là à la fois, une lecture attachante et sérieuse. L’oeuvre de Léon Denis est semblable au semeur dont le geste, dans l’espace, répand la fertilité. Chaque phrase tombe comme une graine dans l’âme, y fait germer la réflexion et les profondes pensées. Celui qui la lit devient meilleur, plus ferme dans le devoir, plus accessible à la pitié, plus fraternel à ses semblables. Aussi nous la recommandons de tous ceux qui pensent et cherchent. »

Dans L’Invisible, Spiritisme et Médiumnité (12e mille)

L’Autorité, Paris.
« Les problèmes de l’au-delà attirent et passionnent de plus en plus à notre époque. Pour satisfaire cette curiosité, Léon Denis vient de publier un volume résumant, sous une forme claire, précise, entraînante, l’ensemble des travaux poursuivis depuis un demi-siècle dans le domaine du spiritualisme expérimental, en y comprenant les faits les plus récents. Aux témoignages des savants en faveur des manifestations d’outre-tombe, Léon Denis ajoute l’exposé de phénomènes nombreux et inédits, observés par lui au cours de trente années d’expérimentation. La place occupée par l’auteur parmi les écrivains de notre temps, sa compétence, son autorité en ces matières, qui lui ont valu l’honneur de présider le Congrès spiritualiste international tenu à Paris en 1900, donnent à cet ouvrage une importance et un intérêt exceptionnel. Il possède, à un degré éminent, les qualités de style et d’érudition qui ont fait le succès des précédentes oeuvres de Léon Denis. »

Mémorial de la Librairie française, Paris.
« En moins de cinq cent pages, d’un format commode, d’un texte clair, le lecteur trouvera, sous une forme et dans le style élégant et solidement documenté, la solution de tous les problèmes se rattachant au spiritisme. Il y a là, en vingt-six chapitres, dont l'intérêt va croissant, une exposition si attachante des lois qui régissent le monde occulte et la vie de l’au-delà, qu'après avoir lus, on reste étonné qu’un si court espace puisse contenir tant de choses. »

Le Mercure de France, Paris.
« M. Léon Denis est un homme de grand talent et d’une grande élévation de pensée. Orateur, il sait attirer, retenir et conquérir ses auditeurs par la parole entraînante, par la séduction de ses belles images et de ses lyriques envolées. Ecrivain, il fait montre des mêmes qualités, mais corrigées de ce que les hasards de l’improvisation laissent un peu trop relâché, d’imprécis dans l’idée et son expression, disciplinées, en quelques sortes, sous la règle d’une logique plus sévère.
Son dernier livre, Dans L’Invisible, est un traité de spiritualisme expérimental, mais ce traité, s’il est instructif comme un traité, est surtout attachant comme un roman. Et quel roman plus frissonnant de mystérieuses angoisses et triomphante joie que l’histoire de âme humaine !
Ce serait trahir l’écrivain que de mentionner en une froide nomenclature les matériaux de son travail. Ce n’est pas l’ossature de l’oeuvre qu’il faudrait faire entrevoir, c’est l’oeuvre elle-même, avec sa substance, sa carnation, sa moelle, mais aussi avec ses qualités de charme vigoureux et de délicate coloration. Ce sont les trouvailles d’idées et de mots. Ce sont les brèves observations frappées en formules lapidaires. Il faudrait pourvoir noter ces envolées éloquentes, ces pages entières qu’on se perd à vouloir relire pour les savourer encore, pages consacrées à la femme, à la force de la pensée, à la croyance universelle à la survie, etc., et ce délicieux chapitre sur la médiumnité glorieuse, tout irradiant de la flamme de cent génies ! »

France-Revue, Paris.
« Le nouveau livre de Léon Denis : Dans L’Invisible, est remarquable à tous les égards.
Documenté à souhait sur les diverses manifestations du spiritisme, qu’il étudie depuis trente ans, l’auteur, adepte convaincu lui-même et écrivain d’un rare talent, nous initie aux faits qui le caractérise et aux lois qui le régissent. D’une clarté d’exposition admirable, qui ne va pas sans un grand ses judicieux ; mais soutenu dans son coeur d'apôtre par une inspiration des plus hautes, où il puise les mouvements d’une éloquence parfois sublime, toujours noble et sereine, il nous met en présence d’un infini vivant, prolongement de notre monde visible... »

Jeanne D’Arc médium (6e mille)

Mercure de France, Paris, 1er février 1910.
« On a beaucoup écrit sur la grande Lorraine, mais jusqu’ici aucun auteur ne l’avait étudié au point de vue psychique. Léon Denis, l’écrivain puissant et ardent, vient de combler cette lacune en publiant Jeanne D’Arc médium. En quelques lignes, il indique les raisons qui l’ont poussé à écrire, lui aussi l’histoire de la Pucelle : “la plupart des phénomènes du passé, affirmés au nom de la foi, niés au nom de la raison, peuvent désormais recevoir une explication logique, scientifique. Les faits qui parsèment l’existence de la Vierge d’Orléans sont de cet ordre. Leur étude, rendue plus facile par la connaissance de phénomènes identiques observés, classés, enregistrés de nos jours, peut seule nous expliquer la nature et l’intervention des forces qui agissent en elle, autour d’elle et orientèrent sa vie vers un noble but ».
Léon Denis ne ressemble pas aux historiens de notre temps, qui se contentent d’accumuler des textes, des documents, en les accompagnait de notes, mais qui négligent de leur insuffler la vie. A travers les grandes scènes de l’histoire, il veut voir passer les âmes des nations, des héros : “si vous savez les aimer, dit-il, elles viendront à vous, ces âmes, et elles vous inspireront. C’est le secret du génie de l’histoire. C’est ce qui a fait les écrivains puissants, comme Michelet, Henri Martin, et d’autres. Ils ont compris le génie des races et des temps, et le souffle de l’au-delà court dans leurs pages”.

Revue des Etudes Psychologiques, Paris, février 1910.
« En un langage magnifique, qui fait de toutes les oeuvres de Léon Denis des modèles achevés de forme littéraire, l’auteur a élucidé le problème de Jeanne d’Arc. L'héroïne a, maintenant sa biographie définitive. C’est un monument fait de vérité et de beauté, une oeuvre qui par le fond et la forme atteint les plus hauts sommets de la pensée humaine et ne pouvait être signée que par l’auteur inspiré d'après la Mort.

 Le problème de l'être et de la destinée

Le Problème de l’Etre, de la Destinée et de la Douleur (13e mille)

Le journal, Paris.
« Léon Denis, déjà connu du grand public européen par ses précédents ouvrages, vient de publier nu nouveau livre. Le Problème de l’Etre, de la Destinée et de la douleur, nous offre une véritable révélation des côtés ignorés de l'être humain, de ses origines, de ses fins, ainsi que des puissances cachées en lui. La possibilité de reconstituer, expérimentalement, par la méthode hypnotique, la chaîne immense des souvenirs, des acquisitions, des péripéties des vies antérieures et successives, au cours desquelles s’est constitués notre moi et poursuivis sa lente évolution, tout cela est démontré en 500 pages d’un style éloquent, entraînant, lumineux. Toutes les déductions de l’auteur s’appuient sur des faits exposés avec précision et clarté et sur les témoignages de savants éminents, d’expérimentateurs autorisés, de penseurs appartenant à l’élite intellectuelle de toutes les nations.
Ce livre nous l’apprend : notre être est, en réalité, un petit monde encore peu connu, où dorment des énergies cachées, des forces latentes, des souvenirs étouffes, dans l’état de veille, sous l’éteignoir de la chair. Mais toutes ces richesses, nous pouvons les ressaisir, les mettre en action et par elles, nous édifier un meilleur avenir. Par là s’expliquent aussi la variété infini des aptitudes, des caractères, la passion, le talent, le génie, la haine, l’amour, la douleur. Les sombres énigmes de la vie se résolvent ; le mystère de la destinée s’éclaire d’une lumière intense. »

Le Mercure de France, Paris.
« Léon Denis est le plus grand écrivain spirite français. Nul n’écrit une langue aussi aisée, aussi simple et aussi pure et drôle, éloquence aussi naturellement persuasive et rayonnante. On a beau ne pas partagé toutes ces idées, on se laisse prendre tout de même aux charmes de son style. Son érudition est réelle et profonde. On devine, à le lire, qu’il a beaucoup fréquenté des grands penseurs, écrivains, philosophes et savants. Chez lui, l’âme est à la hauteur de l’esprit ; elle semble plus évoluée. Tous ces écrits sont empreints d’une grande beauté morale. Ils élèvent et purifient. Son Problème de l'être et de la Destinée, est la digne suite de Après la mort, Christianisme et Spiritisme, et dans l’Invisible... »

La Grande Enigme, Dieu et l’Univers, (8e mille)

Le Matin, Paris, le 15 juillet 1911.
« Depuis Lucrèce, que d’écrivains se proposèrent de libérer nos âmes de la tyrannie des préjugés et de l’angoisse atavique de Ténare ! Léon Denis a sa recette. Elle est efficace et antique. C’est la bonté, c’est l’amour. On pourrait sourire de cette métaphysique passionnée, si la vie de Léon Denis n’offrait elle-même l’illustration la plus éclatante de cette chaleureuse et stoïcienne doctrine. Parmi les Pascal inquiets que hante l’insoluble solution de la Grande Enigme, Léon Denis a toute la ferveur hautaine d’un Bossuet et la persuasion doucement obstinée d’un Fénelon. Quand, après des années qu’il faut espérer longues encore, l’auteur d'après la Mort aura franchi le pont qui tremble, le Grand Penseur, l'accueillera avec dilection. »
N.B. - Ce dernier ouvrage, actuellement sous presse, a subi des modifications profondes. La Synthèse qui terminerait les précédentes éditions a été publiée à part et forme un nouvel ouvrage de propagande, cette partie a été remplacée par la Loi Circulaire, la Vie, les Ages de la Vie, la Mort, la Mission du XXe siècle et des notes complémentaires.

En terminant ce travail à l’exécution duquel j’ai apporté tout l’effort de ma bonne volonté, qu’il me soit permis de formuler le voeu de voir notre Maître et ami Léon Denis continuer de produire et faire paraître, malgré sa cécité, les ouvrages qui doivent compléter son oeuvre, déjà si riche et si bien remplie. Les anciens disaient : l’amitié d’un grand homme est un bien fait des Dieux. Ayant pendant trente-cinq ans, vécu en relation directe avec Léon Denis, en complète harmonie de sentiment, en union parfaite de pensées, de désirs de volonté de propager notre chère doctrine, comme en témoignent plus de deux cent cinquante lettres reçues de lui, je remercie Dieu et mes guides d’avoir été ainsi favorisé.
Si nous croyons la fiction des poètes, le Cygne avant d’expirer adresse à l’Eternel son dernier chant. De même d’Allan Kardec et de Léon Denis, le spiritisme Kardéciste a tenu à renouveler aux Maîtres sous l’égide desquels il a vécu et lutté un dernier hommage de sa gratitude et de sa fidélité. Il y a parfois dans l’ordre des prénoms qu’on nous donne en baptême des rencontres imprévues, on pourrait même dire prémonitoires. Tel est le cas des prénoms d’Allan Kardec, fondateur du spiritisme, dans lesquels on trouve entier celui de Léon Denis, son disciple le plus éminent et son continuateur. Allan Kardec fut baptisé à St Denis, à la Croix-Rousse, avec les prénoms suivants : Hippolyte-Léon Denisard
Simple coïncidence ou heureux présage, dira-t-on. Nous n’en sommes pas moins très heureux d’avoir rendu les noms des fondateurs du spiritisme désormais inséparable. Allan Kardec et Léon Denis resteront unis dans l’avenir comme ils le sont désormais dans nos coeurs et dans la reconnaissance de tous les spirites, car l’oeuvres de Léon Denis, sous le charme de son style poétique, est la suite et le complément captivant de celle d’Allan Kardec.

Henri Sausse

[1] Voici comment Léon Denis évoque le souvenir de ces voyages dans Après la Mort : ”j’ai vu, couchées dans leurs linceuls de pierre ou de sable, les villes fameuses de l’antiquité : Carthage, aux blancs promontoires, les cités grecques de la Sicile, la campagne de Rome, avec ses aqueducs brisés et ses tombeaux ouverts, les nécropoles qui dorment de leur sommeil de vingt siècles sous la cendre du Vécue. J’ai vu les derniers vestiges des cités anciennes autrefois fourmilières humaines, aujourd’hui ruines désertes que le soleil d’Orient calcine de ses brûlantes caresses.” (Première page de l'introduction)

[2] Dans le problème de l’Etre et de la Destinée, page 116, je relève le passage suivant, qui montre combien Ils étaient unis l’un à l’autre : ”dans les derniers instants de sa vie, ma mère me voyait souvent près d’elle à Tours, quoique je fusse alors bien loin de là, en voyage dans l’Est.”