La crise de la mort

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La crise de la mort

Ce mois-ci, nous vous présentons une étude réalisée par Ernest Bozzano sur la crise de la mort. Bien avant les nombreuses expériences des EMI, Ernest Bozzano, l’homme aux petites fiches, répertorie un ensemble de témoignages de désincarnés et établit la constatation suivante :

« Voici les détails fondamentaux au sujet desquels se trouvent d'accord les Esprits dans la majorité de leurs messages, sauf toujours les déceptions inévitables qui confirment la règle, et qui interviennent parfois en modifiant, en raccourcissant, en éliminant quelques-unes des expériences habituelles inhérentes à la crise de la mort, ou bien en déterminant la production d'autres expériences non habituelles dans la partie initiale de l'expérience spirituelle.
- Ils affirment tous s'être retrouvés en forme humaine dans le monde spirituel,
- Avoir ignoré pendant quelque temps, ou même pour longtemps, qu'ils étaient morts, (Il y a cependant des exceptions pour les Esprits ayant une bonne évolution spirituelle.)
- Être passés, au cours de la crise pré-agonique, ou peu après, par l'épreuve de la réminiscence syn thétique de tous les événements de leur existence, (Vision panoramique ou épilogue de la mort)
- Avoir été accueillis dans le monde spirituel par les Esprits des personnes de leur famille et de leurs amis décédés,
- Être passés, presque tous, par une phase plus ou moins longue de sommeil réparateur,
- S'être retrouvés dans un milieu spirituel radieux ou merveilleux (dans le cas de désincarnés moralement normaux) ou dans un milieu ténébreux et oppressant, (dans le cas de désincarnés moralement dépravés)
- Avoir trouvé que le milieu spirituel était un nouveau monde objectif, substantiel, réel, analogue au milieu terrestre spiritualisé,
- Avoir appris que cela était dû au fait que, dans le monde spirituel, la pensée constitue une force créatrice, au moyen de laquelle tout esprit existant dans le « plan astral » peut reproduire autour de lui le milieu de ses souvenirs,
- N'avoir pas tardé à apprendre que la transmission de la pensée constituait le langage spirituel, quoi que les Esprits nouveaux venus s'illusionnent et croient parler au moyen de la parole,
- Avoir constaté que, grâce à la faculté de la vision spirituelle, on était en mesure de percevoir les objets d'un côté, à l'intérieur et à travers eux,
- Avoir constaté que les Esprits peuvent se transférer instantanément d'un endroit à un autre - même très éloigné, grâce à un acte de volonté - ce qui n'empêchait pas qu'ils pussent aussi se promener dans le milieu spirituel ou survoler à quelque dis tance du sol,
- Avoir appris que les Esprits des décédés gravitent fatalement et automatiquement vers les sphères spirituelles qui leur conviennent, grâce à la « loi de l'affinité ».

Tels sont les douze détails fondamentaux sur lesquels tous les Esprits qui se communiquent se trouvent d'accord. Je remarquerai qu'il suffit de les analyser l'un après l'autre, et puis dans leur ensemble, pour se convaincre qu'ils présentent aux incarnés un tableau schématique complet des événements qui attendent tous les humains au cours de la crise de la mort, et des impressions qui nous attendent à notre arrivée dans le milieu spirituel. Il n'existe, par contre, dans les récits en question, pas un seul élément important dans lequel les Esprits qui se communiquent à nous, diffèrent entre eux de manière à nous faire considérer l'élément dont il s'agit, comme étant contradictoire. Qui ne voit pas que cette constatation revêt une valeur théorique immense en faveur de l'origine authentiquement spirite des « révélations transcendantales », prises dans leur ensemble ?
Ajoutons que les cas que je viens d'examiner, outre les concordances sur les détails fondamentaux, on en présente d'autres de nature secondaire, qui, ainsi que je l'ai fait remarquer, sont théoriquement plus importantes que les concordances primaires, puisqu'il vient de plus en plus malaisé de les expliquer par les hypothèses des coïncidences fortuites et de la cryptomnésie au fur et à mesure que les détails dont il s'agit concernent des incidents toujours plus insignifiants ou inattendus ou étranges.
Parmi les détails secondaires rencontrés dans les cas que j'ai reproduits, je signale les suivants :
- Les défunts qui se communiquent sont d'accord pour affirmer que les Esprits des personnes mortes auxquelles nous avons été liées dans la vie interviennent pour accueillir et guider les nouveaux désincarnés, avant que la phase du « sommeil réparateur » n’ait commencé,
- Lorsque les Esprits racontent avoir vu leur cadavre sur le lit de mort, ils parlent généralement du phénomène du corps éthérique qui s'est condensé au-dessus du corps somatique. Ce détail concorde, la plupart du temps, avec ce qu'ont affirmé les médiums voyants auxquels il est arrivé de se trouver au chevet des mourants,
- Ils disent d'un commun accord que, de même qu'il ne peut pas y avoir des individualités vivantes absolument identiques, de même il ne peut exister des individualités désincarnées identiques au point de devoir parcourir la même échelle d'élévation spirituelle. Il s'ensuit que, même pour ce qu'on appelle des « âmes jumelles » de l'existence terrestre, le moment arrive où elles doivent se séparer dans le monde spirituel, quoiqu'elles puissent toujours se revoir quand elles le désirent,
- Ils se trouvent d'accord pour affirmer que bien que les Esprits soient à même de créer plus ou moins bien, par la force de la pensée, ce qu'il leur faut, cependant, quand il s'agit d'œuvres complexes et importantes, la tâche est confiée à des groupes d'Esprits qui se sont spécialisés en cela,
- Ils sont unanimes à affirmer que les Esprits des défunts dominés par des passions humaines de meurent attachés au milieu dans lequel ils ont vécu - ceci pour une période de temps plus ou moins longue. Il s'ensuit que, ne pouvant pas jouir de l'avantage du sommeil réparateur, ils persistent dans l'illusion de se croire encore vivants, bien qu'en proie à un rêve bizarre ou à un cauchemar oppressant. Dans ce cas, ils deviennent souvent des Esprits « obsesseurs »,
- Ils nous apprennent unanimement que, dans le monde spirituel, les Esprits hiérarchiquement inférieurs ne peuvent apercevoir les Esprits qui leur sont supérieurs, ceci en raison de la tonalité vibratoire différente de leurs « corps éthériques »,
- Ils tombent d'accord pour affirmer que les crises déchirantes de douleur qui se présentent fréquemment au lit de mort, non seulement sont pénibles aux Esprits des défunts, mais elles les empêchent d'entrer en rapport avec les personnes qui leur ont été chères et les retiennent dans le milieu terrestre,
- Enfin, ils n'ont qu'une voix pour affirmer que quelquefois, lorsqu'ils se trouvent seuls et en proie à des incertitudes et des perplexités de toutes sortes, ils perçoivent une voix qui leur parvient de loin et les conseille sur ce qu'ils doivent faire. C'est une voix provenant d'Esprits protecteurs qui, ayant perçu télépathiquement leurs pensées, s'empressent de transmettre leurs conseils.

On ne peut s'empêcher de se rendre compte que les concordances cumulatives au sujet de nombreux détails secondaires de cette sorte, sont inexplicables par toutes les théories, sauf pour celle selon laquelle on suppose que les personnalités médiumniques, étant effectivement des Esprits trépassés, elles relatent des circonstances véridiques qui sont communes à l'expérience de tous. Dans ce cas, le fait des concordances dans les révélations transcendantales, n'impliquerait point une énigme à résoudre, tout s'expliquerait de la façon la plus simple et naturelle.
Cette conclusion se dessine déjà comme rationnellement inévitable. Il nous reste toutefois encore à discuter le deuxième problème soulevé par la thèse dont nous nous occupons : c'est-à-dire concernant la possibilité que ces concordances puissent être attribuées à des «coïncidences fortuites » ou à des réminiscences subconscientes de connaissances acquises par les médiums (cryptomnésie).
J'exclus sans plus l'hypothèse des « coïncidences fortuites » qui ne tient pas en face de la nature des concordances signalées, surtout si l'on songe que leur efficacité démonstrative revêt un caractère cumulatif. Reste l'hypothèse selon laquelle les médiums auraient appris d'avance les renseignements qu'ils donnent sur le monde spirituel - dans ces conditions, même s'ils ne s'en souvenaient plus, il faudrait supposer que ces informations ont émergé de leur subconscient par suite des conditions médiumniques. On peut combattre cette hypothèse par de nombreuses objections - réfutations - dont la première consiste en ceci : il serait absolument arbitraire et contraire à la logique de supposer que tous les médiums par lesquels les messages ont été obtenus dussent se trouver en des conditions d'érudition complète relativement à la doctrine spirite. Le bon sens suffirait a priori pour démontrer que cette thèse n'est pas sout