Mort - Sylvie - 15/11/16

 

Bonjour,
Récemment, j’ai assisté aux derniers instants de vie de ma tante. Sa mort m'a bouleversée. Je sais que notre âme survie et cela m’aide à surmonter cette épreuve. Mais par contre, je ne sais pas comment cette survivance se passe ni où va notre âme. D’où ma question que se passe-t-il au moment où l'on meurt ?

Bonjour,
Tout d’abord voyons de quoi sont constitués les humains. Le livre « Après la mort » de Léon Denis au chapitre 29, « l’homme être psychique » montre que les humains sont constitués de trois éléments qui se combinent en lui pour former une unité vivante. Ce sont : premièrement, le corps, enveloppe matérielle temporaire, que nous abandonnons à la mort, comme un vêtement usé. Deuxièmement, le périsprit, enveloppe fluidique permanente, invisible à nos sens actuels, qui accompagne l’âme dans son évolution, s’améliore et se purifie avec elle. Troisièmement, l’âme, principe intelligent, centre de force, foyer de la conscience et de la personnalité.
Le livre des Esprits d’Allan Kardec, livre deuxième – Monde spirite ou des Esprits, chapitre III – Retour à la vie corporelle à la vie spirituelle répond à la question de ce qu’il se passe au moment où on meurt. À la question 149 de ce chapitre il est dit que l’âme à l’instant de la mort, et donc de sa séparation d’avec le corps, redevient Esprit, c'est-à-dire qu'elle rentre dans le monde des Esprits qu'elle avait quitté momentanément, gardant toute son individualité et continuant à être elle-même avec ses défauts, ses qualités et ses capacités, comme le montre les réponses 150 à 152 de ce même chapitre. À la question 155, nous voyons qu'à l'instant de la mort le dégagement du périsprit n'est pas subitement complet ; il ne s'opère que graduellement et avec une lenteur très variable selon les individus ; chez les uns, il est assez prompt, et l'on peut dire que le moment de la mort est celui de la délivrance, à quelques heures près ; mais chez d'autres, ceux surtout dont la vie a été toute matérielle et sensuelle, le dégagement est beaucoup moins rapide et dure quelquefois des jours, des semaines et même des mois, ce qui n'implique pas dans le corps la moindre vitalité, ni la possibilité d'un retour à la vie, mais une simple affinité entre le corps et l'Esprit, affinité qui est toujours en raison de la prépondérance que, pendant la vie, l'Esprit a donnée à la matière. Il est rationnel de concevoir, en effet, que plus l'Esprit s'est identifié avec la matière, plus il a de peine à s'en séparer ; tandis que l'activité intellectuelle et morale, l'élévation des pensées, opèrent un commencement de dégagement même pendant la vie du corps et, quand arrive la mort, il est presque instantané. De plus, l'affinité qui, chez certains individus, persiste entre l'âme et le corps, est quelquefois très pénible, car l'Esprit peut éprouver l'horreur de la décomposition. Ce cas est exceptionnel et particulier à certains genres de vie et à certains genres de mort ; il se présente chez quelques suicidés.
Pour compléter la réponse à la question 155, toujours au chapitre III, livre deuxième du livre des Esprits, les réponses aux questions 163 à 165 montrent que l’âme quittant le corps n’a pas immédiatement conscience d’elle-même, il s’en suit une période de trouble. La durée du trouble qui suit la mort est très variable ; il peut être de quelques heures, comme de plusieurs mois, et même de plusieurs années, cela dépend de l’élévation des Esprits. Celui qui est déjà purifié se reconnaît presque immédiatement, parce qu'il s'est déjà dégagé de la matière pendant la vie du corps, tandis que l'homme charnel, celui dont la conscience n'est pas pure, conserve bien plus longtemps l'impression de cette matière. Ce trouble présente des circonstances particulières selon le caractère des individus et surtout selon le genre de mort. Dans les morts violentes, par suicide, supplice, accident, apoplexie, blessures, etc., l'Esprit est surpris, étonné et ne croit pas être mort ; il le soutient avec opiniâtreté ; pourtant il voit son corps, il sait que ce corps est le sien, et il ne comprend pas qu'il en soit séparé ; il va auprès des personnes qu'il affectionne, leur parle et ne conçoit pas pourquoi elles ne l'entendent pas. Cette illusion dure jusqu'à l'entier dégagement du périsprit ; alors seulement l'Esprit se reconnaît et comprend qu'il ne fait plus partie des vivants. Ce phénomène s'explique aisément. Surpris à l'improviste par la mort, l'Esprit est étourdi du brusque changement qui s'est opéré en lui ; pour lui, la mort est encore synonyme de destruction, d'anéantissement ; or, comme il pense, qu'il voit, qu'il entend, à son sens il n'est pas mort ; ce qui augmente son illusion, c'est qu'il se voit un corps semblable au précédent pour la forme, mais dont il n'a pas encore eu le temps d'étudier la nature éthérée ; il le croit solide et compact comme le premier ; et quand on appelle son attention sur ce point, il s'étonne de ne pas pouvoir se palper. Ce phénomène est analogue à celui des nouveaux somnambules qui ne croient pas dormir. Pour eux, le sommeil est synonyme de suspension des facultés ; or, comme ils pensent librement et qu'ils voient, pour eux ils ne dorment pas. Certains Esprits présentent cette particularité, quoique la mort ne soit pas arrivée inopinément ; mais elle est toujours plus générale chez ceux qui, quoique malades, ne pensaient pas à mourir. On voit alors le singulier spectacle d'un Esprit assistant à son convoi comme à celui d'un étranger, et en parlant comme d'une chose qui ne le regarde pas, jusqu'au moment où il comprend la vérité. Le trouble qui suit la mort n'a rien de pénible pour l'homme de bien ; il est calme et en tout semblable à celui qui accompagne un réveil paisible. Pour celui dont la conscience n'est pas pure, il est plein d'anxiété et d'angoisses qui augmentent à mesure qu'il se reconnaît.
Le livre « Après la mort » de Léon Denis au chapitre 30, « La dernière heure » répond aussi de façon précise à cette question.
Fraternellement,
Clarisse