Liberté – Jean-Pierre – 03/01/2018

 

Bonjour,
J’ai l’impression en lisant vos livres que nous sommes, des humains pas vraiment libres. Ça me choque un peu. Beaucoup d’obligations et de contraintes imposées comme les incarnations et les désincarnations, pas vraiment de liberté de mouvements. Mon impression est-elle fondée ? Si elle fondée comment être plus libre ?

Bonjour,
Notre liberté est effectivement restreinte, mais en perpétuel développement. Nous sommes vraiment mûrs pour la liberté que le jour où les lois universelles, extérieures à nous, sont devenues intérieures et conscientes par le fait même de notre évolution. Le jour où nous nous sommes pénétrés de la loi et en avons fait la règle de nos actions, nous avons atteint le point moral où nous nous possédons, où nous nous dominons et où nous nous gouvernons nous-mêmes. Ainsi, chaque être conquiert sa propre liberté au cours de l'évolution qu'il doit accomplir. Ses progrès ne sont pas autre chose que l’extension de son libre arbitre. Suppléée d'abord par l'instinct, qui disparaît peu à peu pour faire place à la raison, notre liberté est très limitée dans nos étapes inférieures et dans toute la période de notre éducation première. Elle prend une extension considérable dès que l'esprit a acquis la compréhension de la loi.
L'intelligence et la volonté arrivent à prédominer peu à peu sur ce qui représente à nos yeux la fatalité. Le libre arbitre est donc un épanouissement de la personnalité et de la conscience. Pour être libre, il faut vouloir l'être et faire les efforts nécessaires pour le devenir, en s'affranchissant des servitudes de l'ignorance et des basses passions, en substituant l'empire de la raison à celui des sensations et des instincts. Quelque soit notre évolution, il y a toujours une place pour notre libre volonté.
Nous pouvons dire que l’âme subit d'autant plus le poids des fatalités matérielles qu'elle est plus arriérée et plus inconsciente ; elle est d'autant plus libre qu'elle s'élève davantage et se rapproche du divin. Dans son état d'ignorance, il est heureux pour elle d'être soumise à une direction. Mais, devenue sage et parfaite, elle jouit de sa liberté dans la lumière divine.
Etant encore imparfaits, nous sommes comme des enfants qui ont besoin encore d’être guidés. Comme des enfants qui à mesure qu’ils grandissent et mûrissent, obtiennent plus de liberté, nous acquérons au fil de notre lente évolution plus de liberté.
Comment faire pour être plus libre ? Par une éducation et un entraînement prolongés de nos facultés : libération physique par la limitation des appétits ; libération intellectuelle par la conquête de la vérité ; libération morale par la recherche de la vertu. Ce travail est long et ils nous restent encore beaucoup de chemin à parcourir. Sachant, heureusement que toujours, à tous les degrés de notre ascension, nous sommes assistés, guidés, conseillés par des Intelligences supérieures, par des Esprits plus grands et plus éclairés que nous.
Le livre « Le problème de l’être et de la destinée » de Léon Denis au chapitre 22 apporte plus de précisions sur ce sujet.
Fraternellement,
Agnès