William Thomas Stead et le bureau de Julia

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William Thomas Stead

Ce mois-ci, nous vous présentons William Thomas STEAD et le bureau de Julia. Né en 1849, ce fils de ministre fut un excellent médium psychographe et par l’intermédiaire d’un esprit, Julia, il organisa une correspondance entre le monde de l’au-delà et notre monde afin de donner à qui le désiraient des nouvelles des désincarnés….
Il nomma ce bureau : le bureau de Julia.

 William Stead

William a passé son enfance à Howden, près de Newcastle. Son éducation s’est faite dans la maison familiale avec des principes religieux fortement établis. A l’âge de 14 ans, il faisait son apprentissage chez un négociant mais comme cela ne l’intéressait pas, il s’orienta alors vers le journalisme. En 1871, il devint le rédacteur de « L’écho nordique » de Darlington où il soutint plusieurs causes notamment le vote des femmes, la pauvreté, l’éduction, la mise en place de la retraite mais aussi des organismes comme l’armée du salut ou le parti libéral afin de favoriser la réforme sociale. En 1880, il se rendit à Londres et devint rédacteur auxiliaire de la « Pall Mall Gazette », plus tard sous l’impulsion de son ami John Morley, il deviendra rédacteur et sera le premier à employer des hommes et des femmes pour un salaire identique.
Par des diverses relations qu’il avait dans le monde politique, il pouvait développer ses idées humanitaires. Il utilisa donc son journal pour dénoncer à cette époque là, le commerce éhonté de la prostitution auquel se livrait l’Angleterre en achetant lui-même pour 5 livres, une fillette de 13 ans. Il poussa même plus loin afin de faire réagir le Parlement, en enlevant illégalement un mineur ; il fut alors condamné à trois mois de prison mais sa forte personnalité obligea le Parlement a révisé certaines lois du droit pénal.

 William Stead

William Stead était connu pour sa loyauté mais aussi son courage et à l'occasion, si la vérité l'exigeait, il savait tenir tête à toute l'Angleterre. Au mépris de ses intérêts personnels, oubliant les nombreux millions dont il devait hériter de Cecil Rhodes, il osa citer publiquement ce dernier comme un des artisans responsables de la guerre sud-africaine. Il alla jusqu'à demander qu'on lui appliquât la peine des travaux forcés. Ainsi durant toute sa vie, son action se poursuivit afin de défendre l’opprimé que ce soit dans des grèves sanglantes ou des condamnations à la potence.
Dans les années 1900, ce journaliste découvrit sa capacité d’écriture automatique au travers d’un message reçu de l’esprit d’une jeune femme américaine. Il s’agissait de Julia Ames, morte à vingt-cinq ans et qui cherchait à témoigner à son amie Hélène de son existence après la mort. William l’avait connu en 1890 lors d’une représentation de la Passion à Ober-Ammerga.

 description A partir de ce moment-là, il reçut d’elle quotidiennement, des communications concernant l’autre monde, qui le plongeaient dans un océan de réflexions, lui et les lecteurs du « Borderland », journal psychique qu’il avait fondé et dans lequel il les publiait.
Au cours de ces échanges, Julia lui a souvent dit que, si ceux qui perdent des êtres chers sur la Terre étaient anxieux de savoir ce qu’ils étaient devenus, les Esprits de ces bien-aimés disparus étaient plus anxieux encore, de leur côté, de communiquer avec eux pour les rassurer et les consoler. Elle proposa donc à M. Stead d’ouvrir ce qu’elle appela le Bureau de Julia, qui aurait pour objet de permettre à quiconque, de quelque pays que ce soit, ayant perdu des êtres aimés, de s’adresser au bureau pour obtenir des messages consolateurs. Elle se chargeait d’obtenir des réponses aux demandes et de les lui communiquer pour être envoyées aux intéressés.
Bien sûr, tout cela devait être gratuit pour le public, mais cette gratuité coûtait à M. Stead environ 25.000 francs par an, car il avait dû s’adjoindre un personnel important et y consacrer un local spécial.
Il y eût ainsi six cent douze demandes, rien que de l’étranger, pendant les trois années que fonctionnèrent le bureau, et un nombre infiniment plus considérable de démarches personnelles. Les résultats furent surprenants et le réconfort, donné aux familles, sauva du désespoir beaucoup d’inconsolables. Ceux-ci le firent savoir, comme nous pouvons le constater dans cette lettre : « Bien que ne répondant pas à mes questions, il contient néanmoins l’évidence absolue de l’identité de mon mari défunt, ainsi que des détails au sujet de choses que lui seul et moi connaissions et qui sont d’une nature intime, trop personnelle pour intéresser qui que ce soit en dehors de nous. » et le bien que William Stead fit fut incalculable.
Nombreux furent ces demandes comme celle-ci venue des indes, de parents qui avaient perdu leur unique enfant et qui exprimaient d’avoir une communication avec lui pour savoir s’il ne voulait pas se réincarner le plus tôt possible parmi eux ou de cette dame très affectée de la mort de son mari et qui vint consulter le bureau. Le médium voyant qui était présent ce jour là lui fit l’observation qu’elle avait tout le temps été accompagnée d’un Esprit dont il donna la description et qui n’était autre que le premier mari de la dame et ayant alors montré au médium la photographie de son premier mari qu’elle portait dans un médaillon, il le reconnut aussitôt.
Voici un autre exemple : un jour, il reçut des Indes un petit porte-plume qui appartenait au fils de Mr King. Son médium, qui n’avait pas connaissance de la correspondance et ignorait la provenance de l’objet, décrivit alors le jeune garçon, donna sur lui des détails bien précis en mentionnant son âge apparent, il ajouta : « Je sens une couleur locale orientale et j’entends répéter plusieurs fois le mot shanti. » Lorsque ces résultats furent communiqués au père, celui-ci répondit, avec reconnaissance, que l’âge et l’apparence avaient été correctement décrits et il ajouta que le mot shanti signifiait, « Allez en paix » ou « La paix soit avec vous. » et que son fils avait l’habitude de le saluer de ces mots tous les matins.
Dans son étude du monde spirituel, il cherchait sans cesse des preuves de ce monde de l’au-delà. Un jour durant la période de guerre sud-africaine, il se rendit chez un photographe fort ignorant, mais doué de la seconde vue, pour voir s’il pouvait obtenir quelques phénomènes. Durant la prise de vues, le photographe vit entrer une apparition qui s'était déjà présentée, quelques jours auparavant, dans son atelier, il fut alors convenu qu'on essayerait de la photographier en même temps que lui. Pendant l'opération, à une question qui lui fut posée, le personnage, invisible aux yeux humains, dit s'appeler Piet Botha. Parmi tous les Botha connus de William Stead, il n'y en avait aucun portant ce prénom. Sur la photographie se dressait en effet, à ses côtés, la figure très nette, tout à fait caractéristique, d'un Boer.
Lorsque, la paix conclue, le général Botha vint à Londres, W. Stead lui envoya l'image obtenue. Dès le lendemain, il vit arriver chez lui un des délégués du Sud-Africain, M. Wessels. Celui-ci, fort intrigué, lui dit : « Cet homme-là ne vous a jamais connu ! Il n'a jamais mis le pied en Angleterre ! C'est un de mes parents, j'ai son portrait chez moi. »
- « Est-il mort ? » demanda Stead.
- « Il fut le premier commandant boer tué au siège de Kimberley, lui répondit son interlocuteur, Petrus Botha, mais nous l'appelions Piet pour abréger. »
A la vue de la photographie, les autres délégués des Etats libres reconnurent aussi le guerrier boer.

Malheureusement, le « bureau de Julia » fut interrompu par le naufrage du Titanic, où M. Stead trouva la mort. En effet, il devait donner une conférence en 1912 pour la paix à New-York au Carnegie Hall et donc s’embarqua sur le bateau pour s’y rendre. Cet homme droit refusa de monter dans les canots de sauvetage et il a été vu pour la dernière fois debout sur la plate forme du navire en prière.
Il est à noter qu’il avait édité en 1886, deux nouvelles sur des catastrophes en mer en imaginant un naufrage dans l’Atlantique, l’une d’elle s’appelait « du vieux monde au nouveau » et c’était l’histoire d’un navire qui heurtait un iceberg…
Le 21 mai 1912, il donna la communication suivante, au médium Mme Hervy, dans un groupe parisien :
« Chers amis, une ombre heureuse vient à vous ; inconnue quant à sa personne, son nom ne vous est pas ignoré, ni sa mort tragique sur le Titanic. Je suis Stead, et des amis communs, entre autres la duchesse de P..., m'ont amené ici pour me permettre de me manifester par l'intermédiaire de Mme Hervy, son amie. Peut-être serez-vous étonnés que mes Esprits familiers ne m'aient pas averti de la fatalité attachée au Titanic ; mais rien ne prévaut contre la destinée lorsqu'elle est irrémédiable, et je devais mourir sans qu'il fût possible à aucune puissance humaine ou spirituelle de reculer l'heure. L'agonie du Titanic a été quelque chose d'horrible et aussi de sublime. Il y a eu des désespoirs fous et des manifestations lâches et brutales de l'égoïsme humain. Mais combien aussi ont pris mesure de leurs coeurs et se sont sentis plus grands devant la mort, plus nobles et plus saints, plus près de Dieu. Savoir qu'on va mourir en pleine vie et en pleine force, sous l'action de ces puissances de la nature qui ne sont qu'indomptées sous leur apparente soumission ; mourir sous le scintillement des étoiles impassibles, mourir dans le calme funèbre de la mer glacée au milieu de cette solitude infinie, quelle angoisse pour la pauvre créature humaine ! Et quel appel éperdu vers ce Dieu dont, tout à coup, elle découvre la puissance!... Oh ! les prières de cette nuit, les prières, les renoncements, les éclairs soudains illuminant les consciences, et la foi s'élevant dans les coeurs avec le beau chant : « Plus près de toi, mon Dieu ! » Agonie de centaines d'êtres, oui, mais agonie qui pour beaucoup était l'aurore d'un jour nouveau. Il y a pour ceux qui ont vécu, pensé, souffert, pour ceux aussi qui ont trop joui de ces décevantes joies que la fortune dispense à ses victimes, un soulagement intérieur, et comme un élan d'espérance, à penser que dans quelques instants tout sera fini. L'âme tressaille dans la chair et la dompte, malgré les soubresauts inconscients de la bête. Et combien d'entre nous, aux paroles du cantique :
"Plus près de toi, mon Dieu ! » se sont sentis tout près de l'Etre ineffable qui nous enveloppe de sa toute-puissante sérénité ! Pour moi, j'ai vu venir la mort avec une étrange douceur, je me sentais soutenu par mes amis invisibles, pénétré par ce mystérieux magnétisme qui galvanisait ceux qui allaient mourir, et qui enlevait à la mort son horreur. Les morts ont peu souffert, moins que les vivants ; ceux qui étaient choisis étaient déjà à moitié dans le monde spirituel où tout rayonne d'une vie éthérée. La grande angoisse n'était pas pour eux, mais pour ceux qui, rivés à la chair, étaient entraînés sur les canots sauveteurs pour continuer ici-bas le pèlerinage de douleur dont ils n'étaient pas encore affranchis. »
W. STEAD.

Il y eut d’autres manifestations comme celle du vice-amiral anglais Usborne Moore qui était un ami de William. Il est entré en communication avec son ami par l'intermédiaire du médium Mme Wriedt. Il le raconte lui-même ainsi[1] :
« William donna trois admirables preuves d'identité - deux à Mlle Harper et une à moi. Le lundi matin, notre ami se montra lui-même à moi sous une forme éthérée, alors que je me trouvais seul avec le médium il était très brillant jusqu'au milieu du corps, mais il ne parla pas. Le même soir il se montra de la même façon à plusieurs amis intimes et parla pendant plusieurs minutes sur des sujets dont on savait que son esprit était préoccupé lorsqu'il quitta l'Angleterre.

Un autre ami de Stead, M. Chedo Mijatovitch, ministre plénipotentiaire de Serbie à Londres, a vu l'esprit de Stead et lui a parlé quelques instants. Là encore, l'Esprit donna des preuves formelles de son identité, en rappelant des souvenirs totalement inconnus du médium. M. Chedo Mijatovitch en a témoigné formellement dans une lettre publiée le 8 juin dans le Light.

 Apparition de William Stead

Il s’est également manifesté auprès de sa sœur Estelle.
Pour compléter ces informations sur ce médium, nous vous recommandons de lire « les Lettres de Julia ou Lumière de l'Au-delà » qu’il reçut quotidiennement. Le contenu de ce courrier reflète la pensée de Julia mais ce n'est pas forcément paroles de vérité…
Cet échange entre deux mondes pose bien les bases de cette fraternité qu’il existe entre les incarnés et les désincarnés qu’il est nécessaire de construire pour préparer l’avenir.

 Mémorial de Stead

Dans Central Parc, vous pouvez trouver un mémorial reconnaissant l'importance de son travail.

 

[1]Lettre du 9 mai 1912 publiée dans Light.