D’une vie à l’autre

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D’une vie à l’autre

Ce mois-ci, nous vous présentons un récit bien que fictif, qui éclaire les liens qui peuvent exister entre les personnes d'une même famille. D’une vie à l’autre est une histoire est racontée par Régis Verhaegen et tirée de la revue spirite belge d’avril, mai, juin 2015. Elle est simple et claire, elle permet de comprendre comment chaque vie passée prépare la suivante.

« Je m'appelle Sophie, j'ai 31 ans. Joseph, mon mari, est un homme bon, que j'aime profondément mais parfois, j'ai plus l'impression que c'est davantage un compagnon qu'un époux. Une amitié profonde et sincère nous unis. J'imagine que ce n'est pas si mal. Beaucoup de gens n'ont même pas la moitié de ce que nous avons tous les deux. Je m'entends très bien avec ma maman, Maria, depuis toute petite. On est presque inséparables. Quand on est loin l'une de l'autre pendant quelques jours, c'est comme si mon cœur se déchirait en deux. C'est bizarre. J'aimerais bien avoir des enfants un jour mais j'ai peur. J'imagine souvent qu'on me les enlèvera un jour. J'ignore pourquoi mais ça me terrifie, alors je n'ose pas tomber enceinte, pour l'instant. Ca c'est ce qui va bien. Parlons maintenant de ce qui va mal. Je suis souvent pris d'une inexplicable tristesse, comme si j’étais seule au monde. Je suis aidée par un psychologue mais ni lui, ni moi ne comprenons ce qui se passe parce qu'apparemment tout va bien à ce niveau-là. Avec mon père, Raphael, ca ne va pas trop.
On ne s'est jamais très bien entendu. Il est froid et sévère, tout le contraire de ma maman. Quand j'étais petite, il ne jouait jamais avec moi. Chaque fois qu'il me parlait, c'était pour crier sur moi. Je crois que ce n'est pas sa faute, n'est pas très doué. Il veut bien faire mais il n'y arrive pas. Enfin, c'est mon papa alors je l'aime. Et puis, il y a ma sœur. Avec ma sœur, Katty, c’est compliqué, très compliqué. Je la déteste. Ma maman me dit que nous sommes des sœurs et que nous devons nous entendre mais je n'y arrive pas. Moi, je la déteste. Elle n’a rien fait pour ca enfin, presque rien. Elle essaye de bien faire mais rien ne marche.
Il y a quelque chose en moi qui me dit que je dois la haïr. Le pire c'est que normalement je suis gentille avec tout le monde sauf elle. Je la déteste et le pire dans tout ca, ce qui est le plus étrange, c'est qu'il m'arrive de la désirer. Je ne comprends pas. Pourtant je ne suis pas attirée par les filles et en plus c'est ma sœur. Est-ce que je suis normale ? »
Tout semble bizarre à Sophie qui a du mal à comprendre ce qui se passe avec sa famille et avec elle-même. Pourtant, si l'on regarde la situation sous l'angle de la réincarnation, tout s'éclaire.

Pour plus de facilité, nous garderons les mêmes prénoms : Sophie, Joseph son mari, Maria sa maman, Raphael son papa et Katty sa sœur.

« Je m'appelle Sophie, j'ai 52 ans et nous sommes en 1873. Un jour, j'ai cru au bonheur mais le monde n'est pas fait ainsi. Depuis toute petite, tout n'a été que larmes. Ma mère, je ne l'ai jamais connue : elle est morte en me mettant au monde. Mon père, Raphael, m'en a toujours voulu. Il a commencé à boire à ce moment là. Il me battait souvent. J'ai failli mourir, plus d'une fois. Parfois de coups, parfois de faim. Pour acheter à boire, il y avait toujours de l'argent mais pour du pain et des légumes... Heureusement qu'il y avait Joseph, un ami de mon papa. Je crois que c'est la seule personne bien que j'ai rencontré dans ma vie. Plus d'une fois, il a partagé son repas avec moi alors qu'il n'avait même pas de quoi nourrir sa propre famille.
Un jour pourtant, tout s'est illuminé. Je suis tombée amoureuse d'un beau jeune homme. Il s'appelait Katty. Je l'aimais et il m'aimait en retour, disait-il. Il était tellement beau : toutes mes amies étaient vertes de jalousie. Nous avons eu une petite fille ensemble Ma­ria.
Elle était le soleil de ma vie. Katty aussi adorait la petite. A ce moment, j’étais heureuse. On ne roulait pas sur l'or mais au moins on s'aimait. Puis, peu à peu Katty s'est fait plus distant et un jour, il n'est plus revenu, ni lui, ni la petite Maria. J'ai appris, bien plus tard était parti avec une fille plus jeune et plus jolie que moi. Ils sont partis vivre dans le nouveau monde. Ma vie était brisée. La lumière est partie. Je suis tombée dans un profond abattement. J'ai perdu mon travail et l'envie de vivre. Je serais morte depuis longtemps si Mon­sieur Joseph ne m'avait pas accueilli chez lui. Il était déjà bien vieux. Nous avons survécu ensemble. Il est un peu comme le père que je n'ai jamais eu. Le plus dur dans tout ca, c'est ma fille, elle me manque tellement.»

Les années passant, nos personnages, comprenant la souffrance qu'ils avaient causée furent pris de terribles remords. Les larmes aux yeux, ils supplièrent tous pour une nouvelle opportunité. Chacun demanda l'une ou l'autre chose.
Raphael demanda :
- J'ai été un si mauvais père, tellement fait souffrir ma petite fille. Elle ne méritait pas ca. Je donnerais tout ce que j'ai pour pouvoir recommencer et réparer le mal que j'ai fait.
Katty dit :
- J'étais jeune, je me suis laissé aller Je sais que je ne le mérite pas mais j'aimerais tellement que Sophie me pardonne. Je m'en veux, quel idiot j'ai été.
Maria supplia :
- Ma maman m'a tellement manqué, je voudrais être près d'elle. Et, si c'est possible, j’aimerai voir mon père et ma maman se réconcilier. Je les aime tous les deux.
Et Sophie demanda :
- Ma petite fille m'a tellement manqué pendant toutes ces années. Dieu, permets-moi de rester près d’elle. Je sais que j'ai encore beaucoup à régler mais je ne suis pas sûre d'avoir la force de le faire. Permets que Joseph soit près de moi pour me soutenir et m'aider à supporter toutes ces épreuves. J’aimerais aussi pouvoir, un jour, lui rendre la pareille. Il m’a tellement aidé.»

Pour compléter cette réflexion, nous rappelons que vous pouvez trouver beaucoup d’exemplaires similaires dans l’œuvre de Chico Xavier. Il y a également des récits intéressants dans le fascicule Amalia Domingo Soler, un médium au service du spiritisme.