Médiumnité et rétribution, pourquoi cela n’est pas possible…

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Médiumnité et rétribution

Ce mois-ci, nous vous présentons Médiumnité et rétribution, pourquoi cela n’est pas possible… La médiumnité, qui permet la communication entre les Esprits et les hommes, est une faculté que beaucoup de personnes ont dès leur naissance, indépendamment de la religion ou de la doctrine de vie qu'ils adoptent. Le Spiritisme qui respecte toutes les religions et formes de pensée, prône ce principe moral : "Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement".

 Les Messagers

La médiumnité est une faculté fugitive et variable et elle ne peut exister sans le concours des Esprits. 
C'est un travail spirituel. Il a pour but d’établir des échanges entre le plan matériel et spirituel par l’acquisition d’informations. Il permet, par l’apprentissage, l'aide réciproque et la fraternité entre les incarnés et les désincarnés. 
Cet échange a besoin d'être accessible à tout être humain en général, pour qu'il reçoive des éclaircissements, retrouve de l'aide et bénéficie de cet échange entre incarnés et désincarnés. 
Seuls les médiums révélés possèdent les conditions pour pratiquer cette interaction entre le plan matériel et spirituel, même si, pour l’instant, ils sont en minorité dans l’humanité, ce travail d'interaction n’est possible qu’avec le concours des Esprits désincarnés. Le médium est donc un intermédiaire, ce sont les Esprits qui parlent, écrivent, enseignent et produisent les effets. 
Allan Kardec nous le rappelle dans son ouvrage Le livre des médiums : « Dieu veut que la lumière arrive à tous ; il ne veut pas que le plus pauvre en soit déshérité et puisse dire : je n’ai pas la foi parce que je n'ai pas pu la payer ; je n'ai pas eu la consolation de recevoir les encouragements et les témoignages d'affection parce que je suis pauvre. » 
Il rajoute dans l’Evangile selon le spiritisme : « La médiumnité sérieuse ne peut être et ne sera jamais une profession car elle serait discréditée moralement et bientôt assimilée aux diseurs de bonne aventure. C’est ce trafic, dégénéré en abus, exploité par le charlatanisme, l’ignorance, la crédulité et la superstition, qui a motivé l’interdiction de Moïse. Le spiritisme moderne, comprenant le côté sérieux de la chose, par le discrédit qu’il a jeté sur cette exploitation, a élevé la médiumnité au rang de mission. La médiumnité est une chose sainte, qui doit être pratiquée saintement, religieusement. » 
Dans l’ouvrage  Les Messagers dicté au médium Chico Xavier, André Luiz nous raconte l’histoire suivante.
« Je suis parti de Nosso Lar[1]hissant de bénédictions. L'une de mes bienfaisantes, ministre de la communication, a pris personnellement des mesures concernant ma nouvelle tâche sur terre ; rien ne manqua pour favoriser la santé du corps et l'équilibre de la pensée. Après avoir formulé de grandes promesses auprès de mes instructeurs, je suis parti vers une des grandes villes brésiliennes, au service de notre colonie. 
Le mariage était dans mon itinéraire. Ruth, ma compagne dévouée, collaborait avec moi pour une meilleure réalisation de mes tâches. La première partie du programme s’accomplit et à vingt ans, je suis appelé au travail médiumnique en recevant un énorme soutien de mes bienfaiteurs invisibles. Je me souviens encore de cette sincère satisfaction de mes compagnons dans mon centre spirite. La clairvoyance, l'audition, la psychographie, ces dons que le Seigneur, dans sa grande miséricorde m'accorda, constituaient des facteurs décisifs pour réussir dans mes activités. La joie de tous n'avait pas de limite. 
Cependant, malgré les précieuses leçons reçues, je me suis mis à transformer mes facultés en source de revenu. Je n'étais pas disposé à attendre d’avoir fait mes preuves dans le travail pour recevoir les bienfaits du Seigneur. 
Ceux qui se sont engagés dans le sacerdoce catholique ne recevaient-ils pas de rémunération pour leurs travaux spirituels et religieux ?  N'était-ce pas un service comme un autre ? Si nous payons tous pour des services relatifs au corps, pour quelle raison devrions-nous fuir les paiements touchant aux services de l'âme ? Des amis inconscients du caractère sacré de la foi approuvèrent mes conclusions égoïstes. Au fond, le travail essentiel était celui des désincarnés mais il y avait également ma collaboration comme intermédiaire qui devait être rétribuée. 
Vainement, mes amis spirituels se sont manifestés, me conseillant de meilleurs chemins. Mais les compagnons incarnés m'appelaient toujours. Je me suis attaché à des intérêts inférieurs et ne changeais plus ma position : je resterais définitivement au service des clients.
J'ai évalué le prix des consultations, faisant des tarifs spéciaux pour les pauvres et les malheureux. Mon cabinet se remplit alors de monde. Le succès était là, entre ceux qui souhaitent des améliorations de leur santé et ceux qui cherchaient la solution de leurs affaires matérielles. Un grand nombre de riches familles me prit comme consultant attitré pour tous les problèmes de la vie courante. Les leçons de la spiritualité supérieure, la fraternité amicale, le travail rédempteur de l'Évangile et les enseignements des émissaires divins, sombrèrent dans l'oubli. Terminé l'école de la vertu, l'amour fraternel, l'édification supérieure. Tout était remplacé par la concurrence commerciale, les liaisons humaines légales ou criminelles, les caprices passionnés, les affaires judiciaires et tout un cortège de misères humaines dans leurs expériences les plus indignes. Le paysage spirituel qui m'entourait avait complètement changé.
Pour gagner de plus en plus, je m'entourais de criminels. Les inquiétudes de mes clients m'enfermèrent dans de sombres prisons psychiques. J'en suis arrivé à me moquer de l'Évangile de notre Seigneur Jésus ; j'en oubliais que les affaires délictueuses des consciences viciées attirent des entités pernicieuses qui s'y intéressent depuis les plans invisibles. J'avais changé ma médiumnité en une source de revenu matériel et de bas conseils.
Mais la mort est arrivée mes amis. Elle m'a arraché à la fantaisie, poursuivit-il plus gravement. Depuis l'instant de cette grande transition, la ronde noire des consultants criminels qui m'avaient précédée au tombeau m'encercla, réclamant des prévisions et des orientations de nature inférieure. Ils voulaient des nouvelles des complices incarnés, des résultats commerciaux, des solutions aux liaisons clandestines.
J'ai crié, pleuré, supplié mais j'étais menotté à eux par de sinistres liens mentaux, faute de mon imprévoyance dans la protection de mon patrimoine spirituel. Pendant onze années consécutives, j'ai expié ma faute, entre le regret et l'amertume.
Acelino s'est alors tu, très ému, versant des larmes abondantes. Profondément touché, Vicente fit une remarque :
– Ne vous tourmentez pas de la sorte. Vous n'avez commis ni meurtre, ni nourri l'intention délibérée de répandre le mal. A mon avis, vous vous êtes trompé, comme tant d'entre nous.
Essuyant ses pleurs, il répondit :
– Je n'ai été ni assassin, ni simple voleur. Je n'ai pas non plus cherché à blesser qui que ce soit par mes propos, ni manqué de respect aux familles. Mais, en allant sur Terre, au lieu d'aider les créatures de Dieu, nos frères, à la croissance de leur spiritualité en Jésus, j'ai simplement apporté le vice dans la croyance religieuse, m'entourant de délinquants occultes, de mutilés de la foi et d'estropiés de la pensée. Je n'ai pas d'excuse car j'étais éclairé. Je n'ai point de pardon car l'assistance divine ne manqua jamais.
 Puis, après une longue pause, il conclut :
– Pouvez-vous évaluer l'ampleur de ma faute ?»
Ainsi comme on le voit dans ce récit, le médium prend le risque de ne plus être maître de sa médiumnité parfois dans sa vie terrestre et plus souvent une fois que cette vie est terminée. Erré dans ce monde du Seuil[2], à la merci d’Esprits obsesseurs en attendant que des Esprits plus élevés viennent à son secours est le résultat de son erreur.

  

 

[1] Colonie spirituelle dans l’au-delà, voir ouvrage du même nom : Nosso Lar, même collection.

[2] Lieu où de nombreuses âmes se trouvent après le décès.